In short
Black Friday/Black Week as a symbol of contradictions in consumption: “responsible” intentions vs ever-increasing buying, and the role of Chinese e-commerce platforms (Temu, AliExpress, etc.) and fast fashion. The episode asks whether society has “gone mad” and what the real costs are (environment, labor, consumer protection, and local shops).
Guests (backgrounds)
- Sophie Michaud-Gigon: Secretary general of the Fédération Romande des Consommateurs; also a Green Vaud National Councillor.
- Vincent Maître: Vice-president of the Centre; pro–local shops; strongly anti-Black Friday.
- Guillaume “Toto” Morand: Entrepreneur; runs Pump It Up and previously a “solderie”/local retail model; critiques online giants.
- Nicolas Youtzel: Deputy director, Institut libéral; argues for freedom with responsibility and warns against “irresponsible liberalism.”
- Pascal Meyère: Founder/owner of Illoutranchef; Swiss e-commerce pioneer aiming for more responsible/durable online retail.
Key claims & examples
- Black Friday is imported (US/Thanksgiving) and “superfluous” because Switzerland already has sales year-round; in Switzerland, sales rules were liberalized (since 1995).
- Platforms benefit most: reported examples include Temu offering jeans at ~13–11 francs vs ~60–90 francs elsewhere.
- Concerns: price manipulation (“fake discounts”), weak consumer recourse, and product safety/quality; an example cited is a “sex doll” listing removed after controversy.
- Local commerce is harmed: guests describe empty streets in late November/December and argue online competition (Zalando since 2011, then Shein/Temu around 2022) accelerated retail closures.
- Consumer behavior: two-thirds reportedly buy planned items; others buy impulsively via neuromarketing (price barring, ratings, free gifts/returns, smartphone-driven loops).
- Some nuance: one guest says Black Friday can be used for solidarity fundraising (raising about half a million francs in one day), but the overall system is portrayed as a “race to the bottom.”
Written by AI. May contain mistakes. Listen to the episode to check what was said.
Chapters
Tap a time to open that second in VOGuest Introductions and Perspectives on Black Friday
0:46 to 2:40
The host introduces guests and their varying opinions on Black Friday and consumption.
Personal Views on Black Friday
2:41 to 3:56
Guests share their personal experiences and feelings towards Black Friday.
“ouais, c 'est vendredi, puis c 'est cette semaine la Black Week vous n 'êtes pas cliente ?”
Cultural Context of Black Friday
3:57 to 5:15
Discussion about the cultural origins of Black Friday and its unfit nature in non-American contexts.
“C 'est pas vulgaire, oui c 'est vulgaire.”
Impact of E-commerce and Fast Fashion
5:16 to 8:42
Examining the effects of fast fashion and e-commerce platforms on traditional retail.
“Donc, c 'est encore une fête commerciale de plus qui vient des États-Unis.”
Challenges for Small Retailers
8:43 to 12:30
Discussion on how Black Friday affects small businesses and their pricing strategies.
“Autre écueil, comment contrôler contrefaçon produits dangereux ou jouets toxiques alors que tous les jours des centaines de milliers de colis déferlent sur la Suisse en provenance de Chine ?”
Ethical Considerations of Black Friday
12:31 to 14:00
Exploring the ethical implications of consumerism and how companies navigate this.
“en plus – Mais oui, parce que je veux dire, vous savez ce que c 'est, pour un commerçant de vendre à prix réduit, c 'est qu 'il baisse sa marge, et après il ne fait plus de…”
Lever des Montants pour des Causes Nobles
14:00 to 14:27
Discussion on using consumer frenzy for charitable causes.
Le Dilemme des Commerçants Face au Black Friday
14:28 to 15:24
Exploring how small merchants feel pressured to participate in Black Friday.
“Et moi, je vais parler des commerçants qui sont honnêtes, c 'est -à-dire le commerçant qui fait vraiment un vrai rabais, pas celui qui va vendre ses vitamines à Pascal Meier au même prix que...”
Consommation Responsable et Rationnelle
15:25 to 16:36
Debate on whether consumer behavior during Black Friday is rational or impulsive.
“d 'engrenage où tout le monde va parler de ce Black Friday, Black Week, on va avoir depuis le 1er novembre, on va entendre parler de Black quelque chose lié au Black Friday et je trouve que c 'est dommage.”
Les Conséquences du Black Friday sur le Commerce
16:37 to 17:34
Impact of Black Friday on sales trends and consumer expectations.
“Donc c 'est plutôt un acte assez réfléchi de mon point de vue et je n 'aime pas tellement cette façon de regarder des adultes comme des enfants.”
Show all 35 chapters
Vérifier les Promotions: L'Importance de la Transparence
17:35 to 18:29
Discussion on the importance of price transparency during sales events.
“Alors, si vous prévoyez d 'acheter quelque chose et que vous avez surveillé l 'évolution des prix, à ce moment-là, c 'est une bonne occasion.”
La Jungle du Commerce Mondial
18:30 to 19:23
Challenges consumers face in the global commerce landscape.
“C 'est un travail que vous faites avec la FRC de vérifier dans ce Black Friday qu 'est-ce qui est du lard ou du cochon ?”
Le Psychologique Derrière les Achats au Black Friday
19:24 to 20:43
Exploring the psychological factors influencing shopping behavior.
“Alors ça, ce sera un sujet majeur du deuxième chapitre.”
Les Gagnants et Perdants du Black Friday
20:44 to 21:57
Identifying who benefits and who loses during Black Friday sales.
“n 'achètent pas par besoin, mais par envie ou par sentiment, je ne sais pas, d 'appartenir à une certaine classe sociale.”
La Frénésie d'Achat et son Impact sur les Commerçants
21:58 to 23:14
How the rush of purchases affects merchants' sales throughout the year.
“des plateformes et pour conclure largement sur Black Friday, parlons des gagnants et des perdants du point de vue consommateur et du point de vue commerçant.”
Les Complications des Soldes et Promotions
23:15 to 24:20
Discussing the complications of discounts and promotions for retailers.
Problèmes de Transparence des Prix
24:21 to 25:36
The issue of price inflation before sales and its effects on consumers.
“les commerçants qui scient la branche sur laquelle ils sont tombés.”
Les Médias et le Black Friday: Co-responsabilité
25:37 to 26:28
How media involvement influences consumer behavior and Black Friday.
“on joue vraiment dans une zone qui n 'est pas, à mon sens, très cool.”
La Mondialisation et ses Effets sur le Commerce Local
26:29 to 28:00
Exploring the implications of globalization on local commerce.
“C 'est quand même un tout petit peu étonnant, ce monde.”
La Morale et les Contrats
28:00 to 29:28
Explore the relationship between morality, legality, and contracts in commerce.
“mais un cadre qui garantit finalement l 'essentiel, c 'est -à-dire, en gros, la morale, la lycéité, la morale, on s 'entend bien, je dis rien d 'autre que ce que dit...”
Impact of Black Friday
29:28 to 30:55
Discuss the influence of Black Friday on consumer behavior and local businesses.
“Mais je suis tout à fait d 'accord sur le fait qu 'il ne faut pas légiférer sur tout et n 'importe quoi.”
The Rise of Online Shopping Platforms
30:55 to 33:09
Analyze the growth of platforms like Temu and their effects on retail.
“Et quand on parle des grandes plateformes internationales, le nom a été évoqué auparavant, Digitech et Galaxus se font une énorme place aussi en ligne.”
Concerns Over Product Safety
33:09 to 35:21
Examine the safety issues and regulations concerning products from online platforms.
“ne répondent pas aux standards, voire même sont dangereux.”
Environmental and Economic Impact
35:21 to 37:34
Discuss the environmental consequences and the economic impact of online shopping.
“– Vous êtes inquiet, mais parce que vous avez une petite morale.”
Changing Consumer Habits
37:34 to 39:44
Explore how consumer habits are evolving with the rise of online platforms.
“vous, vous me dites clairement ça tue le commerce de détail en Suisse, ça tue les centres-médiaires, c 'est en train de fermer les magasins, en gros c 'est ça qui est en jeu.”
Neuromarketing Tactics
39:44 to 42:01
Understand the impact of neuromarketing techniques on consumer behavior.
“Écoutez ce que Julien Intertalia spécialiste du neuromarketing précisément disait à ABE c 'était il y a une année.”
Impact of Digitalization on Consumer Behavior
42:01 to 43:37
Exploring how digitalization and cognitive biases influence consumer purchasing decisions.
“Elles existent depuis longtemps, mais là, on a connu un bond en avant.”
Critique of Liberalism in Consumerism
43:38 to 45:58
Discussing the critiques of liberal consumerism and the influence of data on purchasing decisions.
“étaient à l 'école publique ne sortent pas avec cet état d 'esprit autant perturbé.”
The Role of Dark Patterns in Marketing
45:59 to 48:11
Examining how digital manipulation techniques affect consumer choices and the ethical implications.
“Donc il faut toujours savoir comment le commerçant utilise ces données.”
Challenges for Traditional Retailers
48:12 to 49:31
Addressing the challenges faced by traditional retailers in the era of online shopping and platform monopolies.
“Ça va être le monde à l 'envers, je ne vais pas commencer à descendre.”
Regulation of Online Marketplaces
49:32 to 52:41
Debating the need for regulation of online platforms to ensure consumer safety and fairness.
“Le commerçant de base, aujourd 'hui en Suisse, il est soumis à plein de contraintes, plein de règles, heureusement, qu 'il doit respecter.”
Responsibility in Consumer Choices
52:42 to 56:00
Discussing the balance between consumer responsibility and the need for regulation in the marketplace.
“et qui est soutenue aussi par les commerçants les commerces de détail évidemment parce qu 'eux subissent une concurrence déloyale par rapport à ça et eux doivent respecter les lois.”
Responsabilité individuelle et éducation des consommateurs
56:00 to 57:20
Discussion sur la nécessité d'éduquer les consommateurs plutôt que de les infantiliser par des mesures législatives.
“Il y a des lois qui existent déjà, notamment en termes de concurrence déloyale, etc., puisqu 'on parlait du marketing mensonger, agressif, déloyal tout à l 'heure.”
Taxation des produits et conditions de travail
57:20 to 58:44
Propositions sur la taxation des produits en fonction des conditions de travail dans les usines asiatiques.
“et des commerçants et des consommateurs.”
Réflexion sur la régulation et choix des consommateurs
58:44 to 1:00:09
Réflexion sur l'impact des choix de consommation et la nécessité de régulations pour une consommation responsable.
“Toto Trump de Suisse, vous êtes en train de donner des idées à tout le monde.”
Transcript
Automatic transcript. May contain errors.0:16Bonsoir tout le monde, il est 21h04, ravi de vous retrouver en direct sur le plateau d 'InfraRouge avec une sorte de tentative de thérapie de groupe ce soirée en cette semaine de Black Week. ou de Black Friday. Impossible d 'y échapper désormais à cette grande fête annuelle de la consommation à gogo. Des prix cassés, une grande fête venue évidemment des Etats-Unis et qui s 'est imposée chez nous à peu près aussi définitivement qu 'Halloween. Et comme Halloween, il y a ceux qui adorent le Black Friday, il y a ceux qui détestent le Black Friday. Ce qui est sûr, c 'est que le Black Friday révèle quelques-unes de nos contradictions.
0:49Nous avons plein de bonnes intentions sur la consommation responsable, mais nous consommons de toute évidence toujours plus et ce sont les plateformes géantes du commerce en ligne souvent chinoises, Chine, Tému vous en entendez beaucoup parler qui raflent absolument toutes les mises pendant que nos commerces tirent la langue pendant que les magasins ferment 12 millions de colis arrivent tous les jours en provenance très largement de Chine alors sommes-nous devenus un peu fous ? 5 invités pour essayer de répondre à cette grosse question Sophie Michel-Gigou, bonsoir secrétaire général de la Fédération Romande des Consommateurs donc consommatrice en chef finalement conseillère nationale verte vaudoise qui aimerait bien mettre un peu d 'ordre dans ce commerce si j 'ose dire, Vincent Maître est avec nous, bonsoir vice-président du centre, conseiller national Genevois, attaché comme tout le monde à nos petits commerces de proximité mais très libéral sur le sujet et un peu fataliste ma foi, c 'est comme ça, les gens font ce qu 'ils veulent Guillaume Toto Morand est avec nous, bonsoir entrepreneur légendaire patron de Pump It Up et pompe funèbre avant, pour ceux qui s 'en souviennent, une sorte de donkey shot du commerce de proximité qui se bat contre les moulins ou en l 'occurrence les géants du commerce online.
2:02Nicolas Youtzel, bonsoir. Bonsoir. Habitué de ce plateau, directeur adjoint de l 'Institut libéral, après avoir été mille autres choses, il a déjà mille vies avec son jeune âge et des références qui lui permettront de nous rappeler que la responsabilité, la liberté sans la responsabilité, eh bien ça peut aboutir à quelques vilainies. Et enfin, Pascal Meyère est avec nous. Bonsoir. Fondateur et patron d 'Illoutranchef Dans votre langage de coca Que vous connaissez, vous lui avez certainement acheté une fois Un baromètre, un autocuiseur, peut -être même une Porsche Je ne sais pas Pionnier du e-commerce en Suisse Mais un e-commerce qu 'il veut un peu responsable Et durable Alors du Black Friday aux plateformes chinoises Sommes-nous devenus complètement fous ?
2:40Bienvenue dans Infrarouge Vous m 'attendiez là-dessus Et vous savez que j 'ai commencé Peut -être ne le saviez-vous pas Mais j 'ai envie de vous entendre sur votre rapport personnel vous-même, le Black Friday, la Black Week et vous, Sophie Michaud-Gigon entre nous, comme ça, les yeux dans les yeux personne ne nous regarde, personne ne nous écoute c 'est quoi votre rapport au Black Friday ? vous achetez quoi ? vous achetez un écran LED ? vous achetez des vacances au Maldives ? c 'est maintenant le Black Friday ? ouais, c 'est vendredi, puis c 'est cette semaine la Black Week vous n 'êtes pas cliente ?
3:10pas tellement mais j 'ai entendu le coaching sportif que j 'ai pris, il m 'a dit prenez 10 sessions plutôt que 6, c 'est notre offre Black Friday. Et vous avez pris ? J 'ai pris, bon, je comptais de toute façon les prendre. Voilà, mais donc on peut être la consommatrice en chef. J 'ai aucune idée si c 'était une action ou pas. On peut être la consommatrice en chef dans ce pays et succomber comme ça à l 'offre du coach sportif. Vincent Maître, vous, vous êtes Black Friday, vous ? Pas du tout, je porte ça vraiment en détestation. C 'est vrai ? C 'est une sainte horreur de ça. Non mais surtout de voir à quel point, à chaque année quand je vois les images qui nous proviennent des Etats-Unis ou de la France où les gens en un quart de seconde, toute perte, toute civilité s 'écrabouille, s 'empoigne, se batte pour un écran plat ou une nouvelle friteuse, ça me fout le bourdeau.
3:55Il y a trop de monde pour vous, c 'est un petit peu vulgaire. C 'est pas vulgaire, oui c 'est vulgaire. Le comportement, je trouve, est assez vulgaire et non, je déteste ça, je déteste cette ruée à la consommation, en tout cas, telle qu 'elle est faite. Attention, on va vérifier cette semaine, si vous êtes tout à coup dans un magasin, vous serez outé. En plus, il se trouve que tous ceux qui me connaissent pour en la tester, je consomme exclusivement dans ma commune, je ne vais même plus en ville de Genève. Bon, ça, c 'est pour des questions de suppression de places de parking, de trafic, de bouchons, etc.
4:25Mais je ne mets plus les pieds en ville pour consommer. Nicolas Yousset, très jeune papa d 'un tout nouveau-né, un chauve-biberon à 30 % sur une plateforme suisse ou chinoise, ça vous a tenté ? En expérience avec le Black Friday un peu désespérante, chaque année, je me rends compte que j 'ai besoin de rien. Donc, mon vie est un peu nullée, finalement, désespérante. Cette année, je vais peut -être commander des couches en grande quantité pour ça. En fait, vous êtes une sorte de libéral qui est en train de devenir stoïcien avec le temps, mais beaucoup plus vite que les autres. C 'est ça qui nous dit.
4:50Je suis un jeune vieux, c 'est pour ça. Guillaume Morand, je ne vous pose pas la question, vous. Alors moi, le Black Friday ne m 'a jamais séduit, déjà, parce que c 'est une autre culture, donc il faut savoir que tout le monde le sait, mais le Black Friday est lié à Thanksgiving, ça n 'a absolument rien lieu d 'être. Comme Halloween, je disais. Oui, comme Halloween. Donc, ça n 'a absolument rien à faire, d 'autant plus que ça vient des États-Unis, qui est le pays emblème de la surconsommation mondiale. Donc, c 'est encore une fête commerciale de plus qui vient des États-Unis. Donc, pour moi, Black Friday, no thanks.
5:23Ouais, en même temps, vous nous dites les États-Unis, temple de la consommation, etc. Vous avez vendu aussi de la basket américaine pendant longtemps. Vous portez, enfin, voilà. Vous avez un rapport ambivalent à cette culture-là. Écoutez, ce n 'est pas parce qu 'on vend quelque chose d 'américain qu 'on va fêter une fête de la surconsommation. J 'espère que mes clients, pour la plupart, achètent des produits qu 'ils adorent et qu 'ils n 'achètent pas. le prix uniquement. Eh bien, écoutez, c 'est en tout cas tout le mal qu 'on vous le souhaite. Pascal Meier, quand on vend des bonnes affaires à tout le monde chaque jour de l 'année, est-ce qu 'on profite soi-même des bonnes affaires du Black Friday ?
5:54Alors, je suis assez proche, en fait, de ce que a dit Madame Michaud Gigon dans le sens où j 'ai dû racheter des vitamines cette semaine et puis j 'ai vu une offre Black Friday. Je me suis dit, c 'est génial. Mais en fait, le truc, c 'est que quand j 'ai acheté, je me suis rendu compte que je payais la même chose qu 'avant. mais il y avait écrit moins 40 % le bleu c 'est cool de toute façon je dois racheter ces vitamines je les rachète tous les 3 mois ça se trouve ça a augmenté l 'efficacité des vitamines même peut -être c 'est l 'effet magique du Black Friday j 'avais trouvé ça assez fun parce que je suis assez sensible à regarder un peu les choses qui se passent à gauche et à droite je me disais je vais commander je suis allé jusqu 'à la fin du processus j 'ai repris ma facture il y a 3 mois et puis en fait elle est identique mais là j 'ai eu 40 % soit disant donc je suis très content tout est presque un petit peu dit sur le Black Friday finalement après ce premier tour de table.
6:36Mais non, pas tout à fait. Comment est-ce que ce jour-là, qui suit Thanksgiving, est devenu la grande messe incontournable ? On va souligner trois fois ce mot, peut -être le mettre en question, à la fois pour les consommateurs et pour les commerçants. Pourquoi est-ce que tout doit absolument disparaître fin novembre, alors que les commerces tirent la langue toute l 'année ? Le brief de Christophe Siron.
7:00Le Black Friday et ses bousculades des grands jours. à travers le monde, c 'est le signal du départ pour les achats de fin d 'année. Un terme mené aux Etats-Unis dans les années d 'après-guerre pour désigner la ruée vers les magasins le vendredi qui suit Thanksgiving. L 'Europe importe cette tradition il y a une dizaine d 'années via Amazon et ses ventes en ligne. En Suisse romande à l 'époque, cette grande enseigne donne le temps. J 'ai fait tous les achats de Noël, comme ça je suis tranquille. Un vendredi à petit prix, vite devenu une Black Week, une semaine à petit prix. L 'an dernier, chez nous, hors secteur alimentaire, les ventes ont doublé durant cette période par rapport à une semaine normale.
7:37Chiffre d 'affaires global, 460 millions en légère baisse. Cette année, l 'inflation va encore freiner les consommateurs. 266 francs, c 'est ce qu 'il prévoit de dépenser en moyenne durant cette grande messe des bonnes affaires. Freinez-y, certes un peu moins marquée, mais bien là, à grand renfort d 'opérations marketing et publicitaires. Matraquage agressif, petit prix, c 'est la même recette mais poussée à l 'extrême qu 'appliquent toute l 'année les plateformes de e-commerce comme Temu depuis 3 ans. Ça n 'arrête pas en fait des messages de tous les côtés pour jouer, pour gagner des bons. Alibaba, Chine, Temu, les business models chinois cassent littéralement le marché.
8:17Les jeans que j 'achète chez Alando à 60 francs 90 ou autre, je peux l 'acheter à 13 francs, à 11 francs chez Temu. On a l 'impression d 'être riche. Comment réguler ces plateformes ? Temu et ses 700 millions de chiffres d 'affaires estimés en Suisse en 2024, Chine et ses 250 millions, ses enseignes ont longtemps échappé à la TVA et ne payent toujours pas de taxes de recyclage. Autre écueil, comment contrôler contrefaçon produits dangereux ou jouets toxiques alors que tous les jours des centaines de milliers de colis déferlent sur la Suisse en provenance de Chine ? Éthiquement parlant, jusqu 'où accepter les méthodes de ces plateformes ?
9:01L 'ultra fast fashion dénoncé par de nombreuses ONG pour son impact environnemental et l 'exploitation de ses travailleurs. E-commerce chinois ou Black Friday importés des Etats-Unis, pourquoi toujours vouloir consommer plus en payant moins ? Ces prix cassés, fausse bonne idée ou aubaine au contraire ? Et jusqu 'où le petit commerce va-t-il pouvoir résister ? Ou pour le résumer d 'une phrase, quel sera un jour le véritable prix à payer ? Je vais commencer par les commerçants. Toto Morand, si vous l 'avez vu débarquer, vous, il y a 10 ans, maintenant, ce Black Friday, pourquoi est-ce que c 'est devenu, je disais incontournable, on va souligner trois fois, parce que c 'est plus qu 'une mode, c 'est devenu une sorte de modèle d 'affaires quasiment obligatoire pour tout le monde.
9:43C 'est devenu une espèce de tradition qui, en fait, il existait une fête de la consommation. Il existe encore dans certains pays, dans toute l 'Europe, une fête de la consommation. C 'est ce qu 'on appelle simplement les soldes. Les soldes. Les soldes. Donc, les soldes, ça existe encore. C 'est une grosse fête de la consommation dans les pays comme la France, l 'Italie, l 'Espagne. Même l 'Angleterre qui continue à réglementer les soldes. donc les soldes par exemple pour cette saison ça commence pour tous ces pays autour du 7 janvier les anglo-saxons commencent le lendemain du 25 décembre, le 26 décembre ce qu 'ils appellent en anglais le boxing day le boxing day c 'est donc une fête qui existait c 'est pour liquider les avendus en gros exactement, pour liquider les avendus de la saison maintenant en Suisse on est en cas particulier car la Suisse n 'a absolument aucune réglementation sur les soldes depuis 1995, donc elle a complètement libéralisé les soldes, ce qui fait que quand j 'ai ouvert mes magasins, les soldes commençaient comme en Italie ou en France à l 'épiphanie, c 'est -à-dire début janvier, il y avait les soldes de saison.
10:51Quand la libération a été faite, les premières grandes anciennes suisses ont commencé à mettre ça le lendemain du 1er janvier, donc le 2 janvier. Après, c 'est passé, comme les anglo-saxons, le 26 décembre, et depuis 10-15 ans, on voit que les grandes enseignes ont fait le pas, ils commencent les soldes début décembre. Donc, en fait, le Black Friday étant fin novembre, les soldes sont en fait en Suisse, spécialement, parce que les autres pays régulent quand même ça, des pays très... – Très libéraux. – Très libéraux, l 'Angleterre et les États-Unis, on peut dire que c 'est des pays très libéraux.
11:30La Suisse est le pays le plus libéral au monde pour les soldes, avec l 'Autriche, l 'Allemagne qui a aussi libéralisé ses soldes en 2004, 10 ans après la Suisse. Donc ce qui se passe en Suisse, c 'est qu 'à longueur d 'année, je pense que tout le monde peut le voir, c 'est qu 'il y a des soldes en fait toute l 'année. Ils appellent ça un peu de toutes les façons. Il y a les mid-season sales, il y a les spring sales, bientôt il y aura les infrarouges sales. Pourquoi pas ? Vous nous donnez des idées, Toto. Oui, donc il y a des soldes absolument en permanence en Suisse. Donc ce Black Friday est totalement superflu.
12:04Mais il s 'est imposé. et maintenant on ne peut pas passer à côté quand on est commerçant moi je ne fais pas Black Friday ou je fais semblant que ça n 'existe pas je suis perdant alors nous en tant que commerçant, moi je n 'ai jamais suivi le Black Friday donc je suis tellement contre le Black Friday donc je ne suis pas le Black Friday mais c 'est devenu un truc avec les médias absolument indispensable alors que ça a remplacé une ancienne tradition par une nouvelle tradition américaine qui est complètement superflu on n 'avait pas besoin de cette période en plus – Mais oui, parce que je veux dire, vous savez ce que c 'est, pour un commerçant de vendre à prix réduit, c 'est qu 'il baisse sa marge, et après il ne fait plus de…
12:40il n 'arrive plus à payer les loyers, etc. – On va y revenir sur les conséquences très concrètes sur le commerce. Pascal Meillère, je vous posais la même question, je suis allé sur votre site, alors pas de Black Friday sur Coca, en revanche on a, qu 'est-ce qu 'on a ? J 'ai vu aujourd 'hui, on a du destock Tech & Co, c 'est -à-dire que c 'est les jours où il faut, on fait tout le destock sur la tech, pas le Black Friday, mais ça ressemble beaucoup, non ? Non, je pense que chez Coca, finalement, toute l 'année, on va proposer de mettre en avant un produit au meilleur prix de Suisse pendant une durée de 24 heures ou 48 heures.
13:11Ce qui peut arriver en fin d 'année, c 'est effectivement qu 'une fois par mois, on aille d 'un coup des stocks à pousser dehors, mais on ne va pas faire un Black Friday sur un produit. L 'essence même du Black Friday, c 'est d 'attirer les gens sur un méga discount sur un produit actuel. Ce n 'est pas de liquider, finalement, un produit qui peut être... Vous vous dites, c 'est vrai, nous, on liquide nos stats, on en profite pour liquider nos stats. Non, alors pas, parce qu 'en fait, ce qu 'on fait, qui est assez intéressant, c 'est que moi, je suis un méga fan du Black Friday. En fait, je vais vous dire la réalité, et je pense que tout le monde autour de la table sera assez d 'accord avec moi, et sera aussi assez fan, au final, c 'est qu 'en fait, on sent qu 'il y a une frénésie d 'achat.
13:46Donc, comme il y a une frénésie d 'achat, je me dis, mais pourquoi pas l 'utiliser pour finalement avoir un impact positif ? Donc, nous, en fait, le jour du Black Friday, on transforme Coca en Solidarité. Et ça nous permet de soutenir 5, 6, 7 causes et puis d 'utiliser en fait cette frénésie d 'achat pour lever des montants qui sont incroyables et c 'est tellement fun de le tourner comme ça parce qu 'au final les gens ont tellement envie d 'acheter un truc que vous dites que vous en faites un truc positif et moi je pense que c 'est fun de le faire comme ça et chez nous en tout cas ça marche ce que je peux vous dire c 'est qu 'on a réussi à lever ce qui est juste complètement dingue sur une journée, un demi-million de francs qui a permis d 'aider plusieurs causes qui étaient relativement nobles selon moi et ça je trouve que c 'est cool d 'utiliser finalement cette frénésie d 'achat où les gens sont dans un...
14:30Pour en faire quelque chose. Mais bien évidemment, parce qu 'en fait, ce qui me gêne un petit peu, et je pense que Toto l 'a bien résumé, c 'est qu 'en fait, on est en train de pousser, puis vous avez justement abordé légèrement le sujet, c 'est qu 'il y a des commerçants aujourd 'hui qui se sentent obligés de faire un Black Friday. Et moi, je vais parler des commerçants qui sont honnêtes, c 'est -à-dire le commerçant qui fait vraiment un vrai rabais, pas celui qui va vendre ses vitamines à Pascal Meier au même prix que... Et en Suisse, heureusement, j 'ai le sentiment en tout cas en Suisse que la plupart des commerçants sont, peut -être que je suis un peu naïf, mais je pense qu 'ils sont très corrects et le problème qu 'il y a c 'est que les petits commerçants ils disent je dois absolument surfer sur cette mode et en fait ils baissent le prix à un montant où ils perdent de l 'argent, ils sont vraiment ric-rac et ils sont obligés de le faire parce qu 'ils se disent on va suivre le trend de ce qui se passe mais ils le font parce qu 'ils n 'ont pas le choix en fait et ça je trouve que c 'est dramatique en fait, parce qu 'en fait c 'est un espèce d 'engrenage où tout le monde va parler de ce Black Friday, Black Week, on va avoir depuis le 1er novembre, on va entendre parler de Black quelque chose lié au Black Friday et je trouve que c 'est dommage.
15:37Mais on reviendra dans quelques minutes sur vraiment ces conséquences, j 'aimerais savoir si le Black Friday finalement c 'est bon pour les commerçants et pour les consommateurs. D 'abord sur le principe pour ce premier grand tour de table, Nicolas Youtsef, frénésie de consommation, alors vous l 'avez tourné en quelque chose de positif, vous vous souvenez il y a quelques années on parlait beaucoup de consommation responsable de consommation durable de consommer mieux pas plus etc c 'était avant le Covid en gros tout ça c 'est fini c 'est le monde d 'avant comment ça se fait que moi j 'aime pas tellement cette façon de parler des gens je pense pas qu 'on on doive parler de frénésie d 'achat ça me donne l 'impression que c 'est les enfants qui maîtrisent pas tellement leur pulsion quand on regarde les chiffres on en parle beaucoup dans les médias c 'est vrai mais deux tiers des gens c 'est des épiphénomènes deux tiers des gens ne veulent rien acheter par exemple le Black Friday, donc visiblement ça ne marche pas tellement.
16:25S 'il y a beaucoup de propagande, la plupart des gens ne veulent pas y participer. Et quand on regarde le détail des chiffres, 60 % des gens achètent des choses qu 'ils avaient déjà prévu d 'acheter. Donc ce n 'est pas vraiment une frénésie, c 'est plus un acte rationnel. J 'ai prévu d 'acheter quelque chose d 'achet cher. J 'attends que ce soit moins cher et j 'achète. Donc c 'est plutôt un acte assez réfléchi de mon point de vue et je n 'aime pas tellement cette façon de regarder des adultes comme des enfants. Au final, c 'est des gens qui ont le droit de voter, de payer des impôts. Mais on y reviendra aussi Oui, parce qu 'on déploie beaucoup d 'ingénierie pour les infantiliser, ces adultes.
16:50Mais on y reviendra. N 'importe quel producteur sait que c 'est difficile de vendre des produits. Vous le faites au quotidien. Vous savez que c 'est très dur de convaincre des gens d 'acheter quelque chose. Donc d 'avoir des tactiques pour arriver, moi, ça ne me choque pas. Je n 'aime pas du tout cette façon de traiter toute la Suisse comme un grand jardin d 'enfants, alors qu 'au final, la plupart des gens se comportent bien. Sophie Michaud-Gigon, on a thématisé dans pas mal d 'émissions récemment la révolution culturelle qui est en marche dans pas mal de domaines. est-ce que là aussi en matière de consommation elle est en marche, finis les grands élans la bonne conscience, les bonnes intentions tout ça c 'était avant, c 'était le monde d 'avant maintenant le monde est dur, retour à la bonne vieille consommation qui rassure, on prend les mêmes et on recommence Votre reportage l 'a montré le Black Friday c 'est 90 % des plateformes c 'est elles, soit celles qui nous montent les pubs soit celles qui nous vendent les produits qui sont les plus gagnantes de cette messe et puis par ailleurs il n 'y a plus vraiment de moments où on ne peut pas faire des actions respectivement des actions qui soient vraiment des actions ou des fausses actions c 'est open bar toute l 'année depuis qu 'on a allégé l 'ordonnance sur l 'indication des prix et elle est entrée en vigueur en début d 'année C 'est de plus en plus simple en gros de faire ce qu 'on veut Bien sûr, c 'est de plus en plus simple et la FRC avait déposé des plaintes il y a quelques années contre des enseignes qui abusaient de ce principe d 'actions et qui pratiquaient des fausses actions, ce serait très compliqué aujourd 'hui de faire quelque chose comme ça.
18:19Alors, si vous prévoyez d 'acheter quelque chose et que vous avez surveillé l 'évolution des prix, à ce moment-là, c 'est une bonne occasion. Mais le reste du temps, il y a aussi beaucoup d 'actions qui ne sont pas forcément des actions. C 'est un travail que vous faites avec la FRC de vérifier dans ce Black Friday qu 'est-ce qui est du lard ou du cochon ? On l 'a eu fait. Maintenant, Maintenant, avec l 'explosion aussi des endroits où ça se vend et le matraquage aussi des consommateurs, comme l 'embarquement un peu des commerces, ça devient vraiment quelque chose de compliqué. Mais c 'est important aussi de rappeler, disons, une personne, au départ, qui va faire un acte d 'achat, elle souhaite acheter un produit avec le meilleur rapport qualité-prix, elle souhaite que ce produit ne fasse pas cramer son appartement, ne mette pas en danger la santé de ses proches.
19:12Et puis, idéalement, que s 'il y a un souci, la personne puisse se retourner auprès du vendeur. Voilà. Donc ça, on va revenir sur les plateformes et les problèmes aussi qu 'on a aujourd 'hui avec le fait qu 'il n 'y a personne. Alors ça, ce sera un sujet majeur du deuxième chapitre. Comment est-ce qu 'on fait dans cette commerce mondiale qui est devenue une jungle au sens propre ? C 'est -à-dire qu 'on n 'a pas d 'interlocuteurs souvent quand on a un problème. Je termine juste sur les principes, Vincent Maître. deux tiers nous disaient Nicolas Yousset des gens veulent pas acheter au Black Friday en gros les gens nous disent moi le Black Friday comme vous j 'aime pas ça pourtant les gens se ruent et ça continue de fonctionner même si dans les temps plus difficiles c 'est plus difficile c 'est quoi ?
19:51c 'est un trouble collectif de la personnalité ? on est... moi je sais pas je suis pas psychologue et puis... vous êtes politicien c 'est un peu pareil malheureusement pas si mais non non moi j 'en sais rien ce qui motive les gens réellement à aller se ruer sur des produits de consommation au Black Friday ou pendant les soldes ou je ne sais pas quand. C 'est pas très clash publicitaire. Moi, je dis juste que, ouais, mais ça, c 'est un peu prendre les gens pour des imbéciles de penser qu 'il suffit juste de balancer une pub pour qu 'ils aient acheté en masse vos produits. Mais je crois qu 'il n 'y a pas une seule réponse et un seul comportement type.
20:26Et effectivement, ceux qui le font de façon tout à fait réfléchie en disant, tiens, j 'ai identifié tel produit dont j 'ai besoin depuis un moment et j 'attends que le prix soit le bon pour pouvoir aller l 'acheter. Très bien. Le fameux acte rationnel. Il y a probablement aussi une bonne partie des gens qui, peut -être de manière compulsive, n 'achètent pas par besoin, mais par envie ou par sentiment, je ne sais pas, d 'appartenir à une certaine classe sociale. On a entendu ce monsieur qui dit « j 'ai l 'impression d 'être riche ». Qui disait tout à l 'heure « moi j 'ai l 'impression d 'être riche ».
20:56À l 'heure où les gens ont le sentiment qu 'on leur rabâche à longueur de journée. Donc ils ont le sentiment d 'avoir leur pouvoir d 'achat qui diminue, peut -être que ça leur donne un petit peu de plaisir, etc. En tout cas, de nouveau, moi, vous avez compris, je ne suis pas fan, je déteste ça, je n 'aime pas faire du shopping, mais il ne me viendrait jamais à l 'idée d 'aller interdire aux gens qui ont envie de le faire de le faire, et c 'est pour ça que je n 'ai pas envie... Non, mais la question n 'est pas encore faut-il interdire le Black Friday ? Oui, mais en tout cas, qu 'on réglemente, qu 'on légifère toujours plus.
21:26Il ne faut pas oublier une chose quand même, c 'est que manifestement, si ce Black Friday s 'est bien installé apparemment de façon durable dans notre pays, c 'est qu 'il y a des commerçants qui y trouvent aussi leur compte et ce n 'est pas forcément des gros des grosses chaînes internationales chinoises ou que sais-je, online, il y a aussi des plus petits commerçants qui font des appels d 'oeuvres, qui font du solde ou du black friday, qui y trouvent leur compte des petits commerçants comme Galaxy et puis il y a aussi des consommateurs qui ma foi, ont le droit d 'acheter ce qu 'ils veulent quand ils veulent Alors parlons, avant de parler des plateformes et pour conclure largement sur Black Friday, parlons des gagnants et des perdants du point de vue consommateur et du point de vue commerçant.
22:05D 'abord du point de vue des consommateurs. Je vous pose la question à vous deux. Il y a des bonnes affaires quand même pendant le Black Friday ? On se pince le nez, nous, on trouve ça vulgaire, c 'est pas chouette, c 'est tout ce qu 'on veut, mais en même temps, on peut faire des bonnes affaires. Comme M. Maître a dit, si quelqu 'un a des dépenses importantes à faire, il pourra profiter du Black Friday pour avoir acheté une machine à laver, un téléviseur, etc. Maintenant, c 'est pour des grosses dépenses. Après, il y a les dépenses compulsives, les achats compulsifs. C 'est ça le nerf de la guerre de Black Friday.
22:34Ça, c 'est un peu n 'importe quoi où les gens vont dire « je vais acheter du prix ». Donc, moi, par expérience, je remarque que quand les clients achètent vraiment uniquement du prix, ils font des erreurs. Ce ne sont pas des chaussures qu 'ils vont mettre tous les jours, c 'est des chaussures qu 'ils vont peu mettre. Donc, les chaussures les plus chères, à la fin, c 'est celles qu 'on ne met pas. Et puis pour le commerçant Le côté complètement dramatique Du Black Friday C 'est que ça tue tout le mois de novembre Et tout le mois de décembre C 'est -à-dire que là il y a une retenue La semaine passée, je vous le dis franchement M.
23:07Favre, j 'ai fait la moins bonne semaine De toute l 'année C 'est -à-dire que les rues sont désertes Parce qu 'il savait que c 'était cette semaine qu 'il fallait venir Mais oui, parce que les gens vont se ruer pendant 2-3 jours C 'est -à-dire que vendredi et samedi On va cartonner, on va faire des bons chiffres Mais tout le mois de novembre est pourri donc ça a niqué le mois de novembre du terme mais ça a niqué aussi le mois de décembre jusqu 'au 20 décembre on ne vend plus rien tellement cette fête de la consommation cette hyper consommation a été violente que les gens même les gens sont dégoûtés de retourner acheter et ils ne viennent plus – Oui mais pardon, trivialité pour trivialité si tout à coup vous le faites pas mais si tout à coup vous décidez de le faire vous vous goinferez pendant une semaine, ça compense – Non parce que comme Pascal l 'a dit il y a une espèce de frénésie d 'achat dans ces deux jours qui durent vendredi, samedi peut -être ça commencera demain mais jusqu 'à aujourd 'hui c 'était nul les chiffres d 'affaires mais nul, nul, nul donc là on récupère un petit peu de chiffres mais je suis aussi obligé, même si je ne fais pas le fragdé de proposer des soldes parce que les gens viennent vraiment pour ça donc on va vendre beaucoup de soldes ces quelques jours donc des soldes avec aucune marge qui ne vont absolument pas résoudre les problèmes des commerçants donc si tu voulais toute cette histoire de Black Friday c 'est les commerçants qui scient la branche sur laquelle ils sont tombés.
24:24Et puis malheureusement, il y a eu quelqu 'un qui a commencé, les grosses enseignants suivis, puis après les petits qui doivent suivre. Mais en fait, ça ne profite à aucun commerçant. C 'est un gâchis. – Vous êtes d 'accord avec ça, Pascal ? – Je suis assez d 'accord. Je suis un peu plus nuancé parce qu 'il y a effectivement certains petits commerçants qui vont peut -être en tirer profit sur une certaine gamme de leurs produits. et puis qui vont bénéficier de cette frénésie ou de ce moment où les gens ont très envie d 'acheter. Même si je pense qu 'il y a des gens qui font ces fameux achats où ils se disent j 'attends de voir Black Friday si le prix descend.
25:02Ce qui me gêne un peu plus. Et puis là, ça rejoint peut -être un petit peu plus tout ce qui touche les lois. C 'est que j 'ai le sentiment que, alors peut -être un peu moins en Suisse, mais j 'ai quand même ce sentiment qu 'autour de nous, il y a quand même des plateformes qui vont augmenter le prix quelque peu de temps avant pour donner le sentiment de ce discount et ça c 'est une réelle problématique et c 'est une réelle problématique pour nous consommateurs mais c 'est aussi une réelle problématique pour les commerçants qui veulent faire juste et ça on encourage ça et peut -être que le fait que la loi ait été assouplie c 'est peut -être pas une bonne chose mais pour les deux parties et là je pense que on joue vraiment dans une zone qui n 'est pas, à mon sens, très cool.
25:44Là, c 'est un peu dommage. Vous êtes en train de me servir la transition sur un plateau parce que ce Black Friday, finalement, qui fait vraiment son beurre avec le Black Friday, y compris chez nous, ce n 'est pas tellement de commerce, ce sont les médias qui font une émission, évidemment, dessus. Les médias ont beaucoup d 'annonces avec le Black Friday. Alors, certaines co-responsabilités de toute la société. Parce que dans la presse écrite, il n 'y a plus d 'annonces à part dans la période du Black Friday. Et c 'est les grandes plateformes, ces fameuses plateformes en ligne qui ne sont pas en reste en matière de Black Friday puis qui peuvent avoir toutes les techniques les plus agressives avec un paradoxe quand même, Vincent M.
26:14Pour nous, petit à petit, on va venir aux plateformes. Mais voilà, le Black Friday qui est une fête américano-américaine, symbole, on l 'a dit, de la surconsommation à l 'américaine, qui est en train de faire le beurre de qui ? Les Chinois. Sur le dos de qui ? De nous. C 'est quand même un tout petit peu étonnant, ce monde. C 'est tout simplement la résultante de la mondialisation, qu 'elle soit chinoise, américaine ou que sais-je. Puis vous savez, en fait, moi je pense que c 'est toujours une question de point de vue de savoir finalement à qui ça profite, qui ça étouffe qui, etc. J 'étais frappé par vos propos, M.
26:48Morand, parce qu 'en fait, si je me place d 'un autre point de vue, c 'est une question de cul-sœur. Je pourrais tout à fait dire qu 'on est toujours un peu la grande enseigne ou le hard discounter de quelqu 'un d 'autre. Vous êtes commerçant, mais il se trouve que vous avez une chaîne de magasins, de plusieurs magasins qui vendaient de la Nike, de la Vans produite au Vietnam, en Chine, etc. Alors de la Vans qui coûte à peu près 100 balles et qui est produite au Vietnam. Peut -être qu 'on trouvera certainement un petit cordonnier de quartier qui dira, moi, Pompidop, ça m 'a tué mon business parce que maintenant les gens achètent des Vans à 100 francs plutôt que venir faire réparer leurs chaussures chez moi.
Read the full transcript
27:29Si vous connaissiez mes magasins, vous sauriez qu 'il y a une solderie où il y a un assortiment absolument de fous à moitié plus dans toute l 'année. Je le dis à dessein sur le ton de la provoque, parce qu 'il se trouve en plus que je suis client chez vous. Mais c 'est juste une question de point de vue. Est-ce que finalement, on doit, parce que ça déplait à un certain nombre de personnes, absolument légiférer, restreindre, empêcher le commerce au sens large ? Bien sûr qu 'il faut des normes, bien sûr qu 'il faut un cadre, mais un cadre qui garantit finalement l 'essentiel, c 'est -à-dire, en gros, la morale, la lycéité, la morale, on s 'entend bien, je dis rien d 'autre que ce que dit...
28:09La morale au sens du droit. La morale au sens du code des obligations qui vous dit à peu près dans ses premiers articles qu 'un contrat, certains contrats, peuvent pas être conclus parce qu 'ils sont immoraux ou parce qu 'ils sont illégals. C 'est d 'ailleurs pour ça qu 'on n 'a pas le droit d 'acheter de la cocaïne en libre vente sur Internet ou dans un commerce, où je vois là une photo de la fameuse poupée pédopornographique, pédosexuelle de Chine, à mon sens, c 'est évident que c 'est un truc qui est de facto interdit et illicite en Suisse, donc ça pose... C 'est autorisé à la vente en Suisse, mais c 'est pas très...
28:41Je peux vous garantir que non. Vous tombez sous le coup de norme pénale avec ça, il n 'y a pas de souci. Juste pour dire qu 'en fait, qu 'il y ait un cadre pour éviter des dérives, c 'est une bonne chose, mais qu 'on veuille légiférer parce que telle concurrence ou telle influence prétériterait trop certains secteurs ou certaines branches que d 'autres, je pense que c 'est une mauvaise chose. On est tout le hard discounteur de quelqu 'un d 'autre. Je pense qu 'il y a une autre façon de promouvoir l 'économie, et notamment par des incitations, c 'est ce qu 'on fait tous les jours avec Mme Michaud-Gigon au Parlement, mais réglementer pour réglementer et interdire pour interdire, moi, ce n 'est pas la société dans laquelle j 'ai envie de dire.
29:22Non mais, si vous m 'avez arrêté, je suis assez d 'accord sur le fond de dire qu 'il ne faut pas interdire pour interdire, légiférer à tout va, etc. Je ne pense pas que ce soit le sens du propos, le sens du propos c 'est simplement de dénoncer qu 'il y a un effet de mode qui est organisé au mois de novembre, qu 'on a cette influence qui vient des Etats-Unis et qu 'il y a certaines personnes qui font n 'importe quoi mais je pense que vous avez raison je pense que vous avez raison sur le fait vous êtes d 'accord qu 'il y a des clients quand même pour ça ? bien sûr, ça répond à une demande moi je ne me permets pas de juger de quoi les gens ont envie ou besoin c 'est juste et vous avez totalement raison là on est allé sur cet aspect là ce que je trouve juste dommage c 'est que ça puisse mettre en péril certains commerçants parce qu 'ils veulent surfer, en fait, sur le truc.
30:02Mais je suis tout à fait d 'accord sur le fait qu 'il ne faut pas légiférer sur tout et n 'importe quoi. Mais je pense qu 'il est quand même important de relever qu 'il y a certains commerçants qui souffrent de ça parce qu 'ils veulent aussi pouvoir s 'aligner face à certains gros commerçants, à certains mastodontes. Donc, ils veulent essayer de jouer pour aussi être dans le jeu. Et je trouve que c 'est un petit peu... C 'est là où il y a un effet un peu pervers. Mais bien évidemment que... C 'est mastodonte, on va en parler, Pascal Meyer, juste une dernière question pour le philosophe de l 'étape.
30:34Vous n 'êtes pas philosophe, mais presque, Nicolas Juchet. Est-ce que les grands penseurs du libéralisme, qui vous sont chers, avaient prévu ça ? Une espèce de grand souk mondial avec un Black Friday américain qui fait le beurre des Chinois ? Non, pas directement. Quand on regarde l 'histoire de l 'économie, c 'est des épisodes qui se répètent tout le temps. Un des symboles aujourd 'hui de la Suisse, c 'est la Migros. La Migros, c 'est une inspiration américaine. Gottlieb Doudweiler, il allait aux Etats-Unis, il a trouvé ce modèle aux Etats-Unis, il l 'importait en Suisse et les réactions à l 'époque étaient les mêmes qu 'aujourd 'hui la Migros tue le commerce local concurrence déloyale il travaille de manière pas légale ils remettent en question ils veulent nous faire arrêter de boire de l 'alcool alors qu 'on aime bien notre témoralisateur ils abandonnent la rue lâchement non mais il y avait les mêmes arguments qu 'aujourd 'hui on détestait la Migros aujourd 'hui c 'est le symbole de la Suisse et la Migros se plaindrait sans doute du commerce international parce que ça leur fait de la concurrence c 'est ce que disait on est tous le harddiscounter de quelqu 'un la Migros a tué le game à son époque En gros, l 'histoire se répète souvent et on a une facilité à détester ce qui vient en oubliant qu 'on y participe nous-mêmes.
31:28Et quand on parle des grandes plateformes internationales, le nom a été évoqué auparavant, Digitech et Galaxus se font une énorme place aussi en ligne. C 'est des commerces qui sont suisses, donc on pourrait le saluer, comme on salue le fait que Coca ait pris une énorme place. Et je pense que Coca a aussi été inspiré par des exemples peut -être internationaux, par des tendances qui ne sont pas seulement suisses. Donc je me méfie un peu comme pays d 'exportation et de production de l 'influence étrangère qu 'on voit plutôt négativement. Donc il y a plein de choses dont on peut s 'inspirer. Alors vous l 'aurez compris, le Black Friday c 'est maintenant, fin novembre.
31:54Mais la terre brûlée du commerce de détail par les grandes plateformes en ligne, qu 'elles soient chinoises ou pas, c 'est toute l 'année. Et figurez-vous que ça interroge une fois de plus Jean-Marc Hélène, c 'est la question longue de cette émission. Bonsoir Jimbo, pardon, bonsoir Jean-Marc. Bonsoir Alex, c 'est incorrigible. Incorrigible, mais j 'aime tellement ce surnom, il vous va tellement bien, j 'ai appel à faire le deuil. Enfin voilà, vous voilà taraudés, encore et toujours. Bien sûr, parce que ce Black Friday, c 'est quasiment un épiphénomène par rapport à la déferlante de ces plateformes de vente en ligne.
32:25Wish, Temu, Chine, Amazon. AliExpress. Exactement, qui brasse des milliards à travers le monde. Rien qu 'en Suisse, c 'est 250 millions de chiffres d 'affaires pour Chine l 'an passé, 700 millions pour Temu. Et encore, ce sont des estimations, c 'est peut -être plus un Suisse sur deux qui a commandé sur une de ces plateformes l 'année passée. C 'est un carton absolu. Et pourtant, pourtant, oui. Vous avez fait exprès des cartons. C 'est un carton absolu. Merci de le relever Alexis. Pourtant, ces plateformes sont de plus en plus décriées. On dénonce un commerce extrêmement polluant, des conditions de travail catastrophiques, des produits non conformes.
33:02Plusieurs études en Suisse, en Europe, montrent que plus de 80 % des jouets qui sont vendus sur ces plateformes ne répondent pas aux standards, voire même sont dangereux. Le symbole absolu de cette dérive, on l 'a tous vu, c 'est cette poupée-là. Oui, on en parlait, vous ne l 'avez pas vue, mais on en parlait. Absolument, d 'apparence enfantine qui est en fait une poupée sexuelle qui a été mise en vente sur Chine. Évidemment, Tolé Général, elle a été retirée de la vente, bien sûr, mais ça illustre quand même le manque de contrôle de ces plateformes qui font un petit peu ce qu 'elles veulent. Procédure judiciaire en cours quand même en France, etc.
33:33Absolument, mais on peut faire presque un parallèle avec ce qui se passe avec les GAFAM, les réseaux sociaux qui nous ont aussi envahis, dont on est totalement dépendants et qu 'on a un mal fou à réguler et à imposer, à taxer. et en plus on les alimente en leur donnant nous-mêmes nos données. On est un peu les hamsters qui courent dans la roue finalement. Qu 'est-ce que ça dit de nous, Nicolas Jutzet ? Nous, Suisses, Européens, on a l 'impression d 'être un petit peu devenus le jouet des Américains, des Chinois. Il faut faire quoi ? Il faut qu 'on mette de l 'ordre dans tout ça ou au contraire, vive le libéralisme ?
34:05Je dirais qu 'une des explications, c 'est qu 'on a mis trop d 'ordre et du coup rien ne s 'est créé chez nous. Il n 'y a pas de fatalité au fait que rien ne s 'invente en Europe et que tous les produits qu 'on utilise se produisent ailleurs. on a évoqué Galaxus avant Galaxus c 'est un exemple suisse Spotify c 'est un exemple des pays du nord donc c 'est pas impossible sur le continent européen d 'avoir des produits modernes qui correspondent à l 'ère numérique mais il faut se poser la question pourquoi il y en a autant peu et c 'est pas forcément au prix auquel sont vendues ces collines pas nécessairement mais vous avez dit que la moitié des Suisses ne vont jamais sur des plateformes chinoises j 'y vais jamais par exemple c 'est pas du tout une obligation d 'y aller tout le temps et si ils vont non mais par contre ceux qui veulent le chiffre 57 collines en moyenne par personne en Suisse 57 collines par année par personne.
34:42Il y en a un sur deux qui y va. – C 'est un record de collier Rossi et aussi le record de retour envoyé. – Retour en plus. – On est très concentrés sur les plateformes chinoises. Ça fait quand même 15 ans que Zalando a absolument massacré tout le commerce de détails. – C 'est eux qui ont inventé le concept livraison auto-platform. – C 'est -à-dire que Shine et Tému arrivent sur un champ de ruines. Ils arrivent sur un champ de ruines créé par Zalando. – Quand on regarde en détail qui consomme sur ces plateformes, c 'est plus des gens à la campagne que dans les villes. Donc il y a aussi un espèce de moralisme très citadin, peut -être très éduqué, qui est à la télévision ou dans le reste des médias, explique aux gens comment se comporter et que faire.
35:18Et je ne pense pas tellement que ça marchera si on le fait. – Vous êtes un moraliste en fait, c 'est ce qu 'on est en train de vous dire. – Vous croire. – Vous êtes inquiet, mais parce que vous avez une petite morale. Ou une grande morale. Merci Jean-Marc Hélène. Je vous libère ? – Absolument. – Vous aviez une relance ? Non, je vous libère. Merci mille fois. Est-ce qu 'on a pris la mesure juste ? Je m 'arrête deux secondes, la question de Jean-Marc Ayala tombe bien du phénomène 700 millions de chiffres d 'affaires pour TEMU plus 250 même si c 'est des peut -être c 'est plus ça fait un milliard un milliard si on fait 10 francs par colis on divise ça fait 312 000 j 'ai fait le calcul ça fait 312 000 colis par jour en Suisse qui arrivent 312 000 colis qui arrivent de très très loin donc qui ne vont pas dans les on est conscient de ça ?
36:03À l 'évidence non je pense que personne n 'est conscient en réalité des chiffres et de la vérité du commerce mondial personne n 'est réellement conscient que 98 % du fret mondial se fait par bateau ces fameux super tankers porte-conteneurs gigantesques vous vous baladez comme moi dans les centres-villes de Genève de Lausanne vous voyez ces arcades qui ferment c 'est maintenant que c 'est en train de se passer il suffit d 'aller à quelques rues d 'ici pour voir qu 'un bon nombre de commerces sont fermés ça n 'a rien à voir avec Témou, la mondialisation que sais-je, c 'est plutôt une magistrate de ville de Genève qui a tout fait pour faire des travaux et faire capoter les commerçants ce qui est autrement plus criminel à mon avis que...
36:44On va prendre ça vous aussi sur les plateformes étrangères et les géants numériques On me demande pourquoi il y a des commerces qui ferment Je prends les exemples que je connais de chez moi dans ma ville Je pense qu 'il y a plusieurs explications il n 'y a pas que les grosses plateformes qui vont fermer des commerces Mais pour répondre à votre question, oui, plutôt, je suis absolument convaincu qu 'on n 'a pas conscience, on au sens large, les gens n 'ont pas conscience effectivement du... – Parce que ce qu 'il nous dit, c 'est que c 'est en train... – Des effets collatéraux, des dommages collatéraux dus à la livraison de colis, à l 'impact environnemental, etc.
37:20Mais quelque part, heureusement, parce que sinon, franchement, on vivrait terrorisé, horrifié, éclaterait chez soi du matin au soir, tellement on aurait peur de ce qu 'on est en train de faire de cette planète. – Si je parle de prendre la mesure du phénomène, Toto, Morand, vous, vous me dites clairement ça tue le commerce de détail en Suisse, ça tue les centres-médiaires, c 'est en train de fermer les magasins, en gros c 'est ça qui est en jeu. – C 'est pas Shine et Temu qui sont... – Je dis c 'est, les plateformes, c 'est un phénomène qui dure depuis 15 ans. Zalando a été créé en 2011, ils ont fait des dégâts considérables, parce qu 'il faut savoir que le marché suisse est le marché où Zalando a la plus grande pénétration, c 'est -à-dire qu 'en Allemagne, ils ne font même pas deux fois le chiffre d 'affaires que Zalando réalise en Suisse, pour montrer, Zalando est vraiment la boutique des Suisses.
38:08C 'est 80 % des ventes fashion sur le net, donc ils ont un monopole quasi, c 'est encore plus grand que Migros et Cop sur la bouffe. Pour l 'instant ! Oui, évidemment, il y a chaîne qui arrive, mais Zalando a fait des dégâts absolument incroyables, je veux dire, des chaînes entières ont disparu, vous prenez des Karl Feugle, des Charles Feugle. Karl Feugle a vendu à CCC en polonais en 2018, donc 7 ans après l 'apparition de Zalando. Ça a absolument laminé tout le commerce de la mode en Suisse. Donc il y a eu des centaines de fermetures. Maintenant, l 'apparition de Shine est émue. Évidemment, c 'est l 'estocade, pour prendre un terme de Toromachi.
38:48C 'est le coup final pour les petits commerçants, parce que ça va nous faire perdre encore 10-15%. dans une situation, déjà je parlais de champ de ruines, on a passé quand même ces 20 dernières années, la mort du commerce de détail a commencé il y a 20 ans avec un fort taux de concentration, avec l 'apparition de la fast fashion, d 'Enès Maurice, Zara qui ouvrait à Thiers-Larigaud, des grandes enseignes qui ouvraient des magasins spécialisés et complets. Après, comme j 'ai dit, l 'apparition de Zalandon en 2011, les grandes chaînes qui ont disparu, Après, vous savez ce qui s 'est passé. Il y a eu le corona qui a fait démultiplier les ventes sur Internet.
39:28– On n 'est jamais revenu en arrière. – On n 'est jamais revenu en arrière. Et si vous voulez, l 'apparition de Shine et de Temus, c 'est 2022. Après 20 ans de galère du commerce de l 'État et 20 ans de corrida de Morland, vous voyez. – Elle est stockade et elle arrive tard. – Elle est stockade, ouais. Sophie Michaud-Gigaud, j 'aimerais qu 'on s 'interroge, qu 'on s 'intéresse peut -être quelques minutes à cette idée que, finalement les habitudes de consommation changent et que le consommateur reste libre et que on est tous le hard discounter de quelqu 'un. Vous connaissez vous évidemment en tant que consommatrice experte les techniques agressives de neuromarketing de ces plateformes mais c 'est pas forcément évident pour tout le monde ce qui est mis en oeuvre pour vous faire acheter des choses.
40:10Écoutez ce que Julien Intertalia spécialiste du neuromarketing précisément disait à ABE c 'était il y a une année. Toutes les mécaniques comme les prix barrés, les systèmes de notation, le billet de gratuité avec les commandes qui sont offertes, les retours offerts, etc. Tout ça participe à, comment dire, quand le risque perçu financier est faible. Généralement, on n 'évalue pas trop d 'alternatives à côté. La partie rationnelle de notre cerveau, celle de nos valeurs et de nos convictions, et donc comme engourdi lorsque nous surfons sur Timou, anesthésié par tous ces messages qui suscitent en nous l 'exquise sensation de faire une bonne affaire et favorisent un comportement d 'achat automatique.
40:57On appelle ça même une boucle de rétroaction. Ça veut dire que plus on ressent ce sentiment temporaire de satisfaction, plus on a envie d 'y retourner de manière extrêmement rapide. En fait, c 'est ça qui est intéressant et qui souligne un peu cette ambiguïté du comportement humain. C 'est -à-dire qu 'on peut vraiment avoir dit quelque chose ou avoir des valeurs qui nous sont essentielles. Et puis de l 'autre côté, le temps de quelques minutes sur un site comme Temu, par exemple, faire fi de ces valeurs. C 'était un sujet de Cyril Dépraque qu 'on salue. Sophie Michaud-Gigon, est-ce que le consommateur reste un consommateur libre quand on déploie toutes ces techniques pour le ferrer, le garder.
41:43Allez, vous gagnez tel jeu, vous allez avoir 12 % de promotion. Vous restez, vous restez, vous restez. Ça reste encore, on est dans un rapport de consommateur libre à vendeur éclairé ? Je trouve que c 'est une excellente question. Les ficelles du marketing, elles sont connues depuis quelques temps maintenant. Elles existent depuis longtemps, mais là, on a connu un bond en avant. La numérisation et ces techniques, ces biais cognitifs qui sont utilisés, ce matraquage aussi, fait qu 'effectivement, là, on a atteint une autre sphère. 52 % des ventes en ligne se font, des achats en ligne se font sur smartphone.
42:23Ça va donc très vite. Et à l 'FRC, on avait montré sur des produits que vous trouvez en magasin, en grande surface, comment le marketing influençait et pouvait décupler jusqu 'à six fois clairement l 'acte d 'achat et là, avec les techniques qu 'on connaît sur les plateformes en ligne, on est vraiment passé à un autre niveau. Ça pourrait être une question de mathu, de philo ou de socio, non, on ne fait pas de socio en mathu, mais Nicolas Youtsef, est-ce que véritablement, on peut encore parler, est-ce qu 'il n 'y a pas une petite ficelle, un petit sophisme Est-ce qu 'on peut encore parler de fonctionnement normal, libéral, de consommateurs éclairés qui achètent en connaissance de cause quand tout à coup on se retrouve à acheter une coque d 'iPhone à 23 centimes dont on n 'a pas besoin parce qu 'on est tombé dans le piège d 'un jeu qui nous a fait gagner 10 % de promotion sur les 23 centimes qu 'à la fin c 'est gratuit que je le commande.
43:21C 'est vraiment encore un rapport sain et libéral ? Je dirais déjà que ce n 'est pas du tout l 'aspect représentatif de l 'achat sur TEMU. Là c 'est une caricature que vous faites qui n 'est pas représentative. Les coques d 'iPhone, il y en a pas mal qui arrivent tous les jours. Et puis des petits pointeurs laser aussi. Vous présentez un zombie qui est sur son téléphone et qui achète n 'importe quoi à longueur de journée. J 'espère que des citoyens qui, pendant 20 ans, étaient à l 'école publique ne sortent pas avec cet état d 'esprit autant perturbé. Ce que je dirais, c 'est qu 'il y a des critiques libérales de la numérisation qui fait que quand quelqu 'un a trop de données sur moi, il me connaît presque mieux que moi-même et du coup, il peut m 'influencer.
43:50Donc cette thématique, elle existe, c 'est une discussion qui est ouverte. Vous êtes ouvert donc à cette critique-là. On est dans un dévoiement, une sorte d 'abus de libéralisme. Elle est intéressante parce que tout le chemin qui mène à la liberté, c 'est un chemin d 'apprentissage à résister à ses pulsions, à ses tensions. C 'est le rôle de l 'école, c 'est le rôle de la famille, c 'est le rôle de l 'expérience de la vie. Et évidemment, quand il y a des nouveaux facteurs qui arrivent et qui perturbent ce chemin, il faut réagir. Et un des critères qui, moi, effectivement, peut m 'effrayer, c 'est que si quelqu 'un connaît l 'ensemble de mes consommations ou de mes comportements au fil de la journée, il peut mieux m 'influencer que peut -être vous, Alexis Faf, vous me connaissez un peu moins.
44:19Donc là, je serais assez sensible, par exemple, au fait qu 'on puisse cocher une case pour que, je ne sais pas, Coca sache un peu moins une chose sur moi ou que Galaxus ou Amazon en sache un peu moins en fonction de mon parcours d 'achat. Donc ça, c 'est des thématiques sur lesquelles beaucoup de libéraux se posent des questions, notamment parce qu 'à la fin, on espère, on essaye de sauvegarder l 'espèce de liberté de pouvoir décider entre différentes options. Donc ce n 'est pas le fait de consommer à la fin que je dénonce, mais c 'est simplement si les règles du jeu sont entre guillemets forcées.
44:42Et se servir sur nos données autant, justement, ça permet vraiment ce ciblage et ça permet également, grâce à l 'utilisation des dark patterns, ces manipulations... Des dark patterns, expliquez-nous. La manipulation numérique, tous ces biais aussi qu 'on a vus, qu 'on essaye de dénoncer, mais qui ne sont pas si simples non plus parce qu 'ils sont extrêmement nombreux. Ce n 'est jamais vraiment totalement illégal, ce n 'est jamais vraiment un problème, on peut offrir un jeu. On a maintenant un rapport du Conseil fédéral, suite à un postulat déposé là-dessus, mais les pistes sont vraiment faibles et les personnes enfin on parlait avant les gagnants les perdants, les plus grands gagnants du Black Friday aussi c 'est les plateformes mais les plateformes de communication qui elles se servent de nos données mais également ponctionnent ceux qui vendent et ceux qui achètent alors que elles-mêmes ne créent aucune richesse.
45:45Donc quand on parle des big tech ou des gens numériques, on parle aussi de ces acteurs-là qui ont en plus une influence au-delà de notre acte d 'achat, vu qu 'ils ont une influence sur notre débat démocratique également. Donc ça pose quand même encore d 'autres questions. – Sans aucune mauvaise intention, Pascal Meyer, mais est-ce que ces techniques-là, elles peuvent aussi vous inspirer, vous, l 'idée de vous dire, attention, il ne reste qu 'une seule offre à ce prix-là, attention, plus que 10 secondes pour le faire, vous connaissez ça ? Très très bien, je pense qu 'il y a une chose à noter, c 'est que la différence entre un dark pattern qui a pour but de tromper le consommateur ou de le pousser à un achat versus à ce que nous on peut faire, de dire, chez nous les règles du jeu sont claires, une offre elle dure 24 heures, qui reste 50 % du stock ou qui reste 1 % du stock, chez nous c 'est clair, c 'est net et on ne joue pas avec ça.
46:35Maintenant ce qui est hyper intéressant, et je rejoins en fait ce qui est dit là, sur le fait qu 'en fait, il y a beaucoup de données qui sont données par ces GAFAM qui permettent après de dire tiens, je vais cibler plutôt un homme de 35 ans pour ce type de produit-là parce que c 'est plus adapté. Donc il faut toujours savoir comment le commerçant utilise ces données. Est-ce qu 'il les utilise dans le but de se dire de toute façon, allez, je m 'attraque et puis j 'ai ma cible et puis je moniteur pour vendre plus ou est-ce que c 'est aussi une aisance pour l 'utilisateur de se dire mais attendez, moi, j 'ai plus d 'enfants qui a besoin de pampères que je reçois des offres pour des pampères.
47:04Donc il y a un équilibre à trouver par rapport à ça et moi je trouve assez juste le fait de dire et j 'espère et je pense qu 'en Suisse on est quand même assez réglementé par rapport à ça mais je pense qu 'il est juste de pouvoir dire qu 'un utilisateur peut en tout temps dire écoutez, moi je ne veux pas que mes données soient utilisées à ce type de faim. Ce qui serait intéressant c 'est de ne jamais recevoir de pub pour des pampers. C 'est intéressant, cette fois je prends la casquette du commerçant de zone, comment le commerçant pourrait potentiellement vendre son produit ? Je prends l 'exemple d 'un nouveau commerçant qui arrive sur le marché.
47:36Disons que si j 'ai besoin de Pampers... Mais comment vous allez... C 'est complètement faux, c 'est -à-dire la publicité. Vous allez aller comment vers ce commerçant-là ? Et je prends vraiment la casquette du commerçant qui démarre. Le pauvre, il démarre, il va... Non, non, je ne parle pas de ça. Je parle, je scrolle sur Instagram et je vois des pubs de Pampers. Pourquoi je verrais des pubs de Pampers ? Vous disiez juste avant, je n 'ai plus besoin de Pampers. Pourquoi je vois des pubs de Pampers ? Je préférerais avoir des pubs pour autre chose. Disons que quand je fais, quand je vais chercher, je ne sais pas, quand je scroll sur Instagram, je n 'ai pas envie de recevoir des pubs pour quoi que ce soit.
48:09Vous pouvez prendre un abonnement payant chez eux et vous ne recevrez plus de pub. Ces gens doivent... Ça va être le monde à l 'envers, je ne vais pas commencer à descendre. Ces gens doivent bien gagner leur vie. Ces gens doivent gagner leur vie d 'une façon ou d 'une autre. Comment ils le font ? Ils utilisent les commerçants pour dire écoutez les gars, on va faire de la pub, ça va vous coûter tant. Les commerçants, ils rackent, puis eux derrière, ils peuvent aisément mettre leur publicité. Mais si vous voulez ne pas avoir de publicité, il existe un abonnement payant qui vous évite de... Mais bon comme commerçant, si vous vouliez ne pas être fonctionné pour justement pouvoir vendre...
48:39Alors je fais comment pour donner de la visibilité aux produits que je vais proposer ? C 'est exactement cette problématique du monopole parce que vous posez la question de la responsabilité. Moi je peux être responsable si j 'ai toutes les informations et également si j 'ai des alternatives. Or, j 'ai pas d 'alternative au monopole des géants numériques. Mais comment vous n 'avez pas d 'alternative ? Il n 'y en a jamais eu autant justement, mais c 'est justement ce qui a l 'air d 'être critique, c 'est qu 'il y a l 'international, alors maintenant c 'est la Chine, alors que ça l 'était peut -être beaucoup moins il y a 10 ans, les États-Unis, il n 'y a jamais eu autant de choix et d 'alternatives.
49:12Donc à un moment donné... Quelle est la solution ? La question c 'est, Vincent Maître, est-ce qu 'on est dans le libéralisme sain ou est-ce qu 'on est dans l 'abus de libéralisme ? En quel cas on a peut -être un problème. Dans tout mouvement, si je peux l 'appeler comme ça, il y a des abus et puis il y a des... J 'ose espérer la majorité des acteurs qui se comportent de façon saine et cohérente. mais il y a des plateformes qui ne respectent pas nos lois parlons-en puisqu 'il ne nous reste 10 minutes il ne nous reste 10 bonnes minutes c 'est vrai qu 'on parle de ce qu 'on fait maintenant est-ce qu 'on régule, est-ce qu 'on ne régule pas un peu passionnément la folie je commence là-dessus pour moi effectivement le débat on va se concentrer plus sur ces plateformes qui envoient de l 'étranger moi je ne suis pas contre le fait que les gens achètent des produits à gauche ou à droite moi ce qui me gêne un petit peu plus et là je vais prendre la casquette du commerçant je ne prends pas la casquette du e-commerçant, mais du commerçant de base.
50:02Le commerçant de base, aujourd 'hui en Suisse, il est soumis à plein de contraintes, plein de règles, heureusement, qu 'il doit respecter. Vous en avez cité d 'autres avant, que ce soit l 'OIP, que ce soit d 'autres choses, et tant mieux, parce que nous, en tant que consommateurs, on a envie aussi que les choses soient clean, et on a la chance d 'être dans un pays où les choses se passent plutôt bien. C 'est un état de droit, en gros. Mais la problématique qu 'on a, c 'est qu 'on a toutes ces plateformes qui envoient, ces mastodontes chinois qui envoient des produits en Suisse, qui, au passage, payent très peu de frais de port, je tiens à le préciser, parce qu 'il y a aussi pas mal de problématiques autour de ça.
50:34Et c 'est très simple. C 'est central, la question du frais de port. Ce qui est choquant pour moi, en fait, c 'est finalement l 'égalité du produit qui peut être envoyé. Pour moi, le fait que quelqu 'un puisse commander un produit qui peut être dangereux pour la santé et qui peut être mauvais pour... Enfin, à plein d 'égards, vous parliez du pointeur laser. Vous avez vu le nombre de colis qui viennent par jour, qui proviennent de ces plateformes. Donc les douaniers, vous leur dites, les gars, il faut contrôler l 'équipe. Puis vous croyez que nous, on a la possibilité et qu 'on a les gens pour contrôler ça ?
51:04Ben non, alors on a des pointeurs laser qui arrivent, on a des gens qui se font brûler la rétine, machin de ça. Alors, ce n 'est pas la généralité, je suis d 'accord avec vous. Mais on voit qu 'il y a une majorité de produits qui viennent qui sont vraiment de la M, pour ne pas dire autre chose. Mais là, il y a quelque chose de très simple qu 'on peut faire. Et aujourd 'hui, je termine juste, je dis juste qu 'en fait c 'est très dommage parce qu 'en fait quand vous avez la police du commerce qui vous tombe sur le dos et que vous vous dites non mais nous on essaie d 'être juste machin etc, puis que vous vous corrigez et que vous avez le seco encore qui vous tombe dessus parce que c 'est pas bien machin etc et puis qu 'en fait vous avez ces plateformes qui elles font des faux rabais envoient des produits qui sont pas aux normes et puis en fait elles sont pas punies et bien nous ce qu 'on dit c 'est pas de problème acheter sur ces plateformes mais alors qu 'elles aient une entité en Suisse et puis qu 'on puisse si un produit n 'est pas conforme au moins qu 'elle puisse jouer à Armégal avec les autres commerçants.
51:50Ça, ça fait partie de ce que vous avez proposé très concrètement. Qu 'elles aient une présence juridique en Suisse, par exemple. Effectivement. C 'est un des leviers. Ça, c 'est un des leviers. C 'est d 'avoir un référent à un représentant légal en Suisse afin qu 'autant les consommateurs que les autorités suisses puissent se retourner. Des fois, c 'est juste des questions. Clairement. Un service client. C 'est vrai que quand vous avez une plateforme... Un interlocuteur. Un interlocuteur. Quand vous avez une plateforme.ch, vous partez du principe en fait que ça respecte les lois de votre pays mais en l 'occurrence vous pouvez être.ch et vendre depuis ailleurs pour l 'instant ça n 'est absolument pas régulé d 'avoir un représentant juridique ça permet aussi par exemple au SECO de dire excusez-nous là ce n 'est pas correct changez ça s 'il vous plaît si vous n 'avez personne à qui vous adresser c 'est extrêmement compliqué de faire respecter nos lois ça c 'est une motion que j 'ai déposée et qui est soutenue aussi par les commerçants les commerces de détail évidemment parce qu 'eux subissent une concurrence déloyale par rapport à ça et eux doivent respecter les lois.
52:53Ça c 'est un levier, présence juridique. Mais il y a un autre levier et là le texte, je l 'ai déposé, mais aussi d 'autres collègues de tous les partis l 'ont fait. Et ce texte, on l 'attend impatiemment à l 'ordre du jour d 'une session, on aimerait vraiment que ça arrive également, c 'est sur la sécurité justement des produits, faire en sorte que les colis qu 'un consommateur, une consommatrice achètent à titre privé doivent aussi répondre et remplir nos lois. De même que des commerces en Suisse doivent le faire. Donc à titre privé également que les plateformes étrangères qui vendent en Suisse doivent respecter nos lois.
53:34Mais en creux vous êtes en train de nous dire que ça traîne. On aimerait bien que ça vienne mais ça à mon avis ça a vraiment une chance d 'être majoritaire. et j 'aimerais beaucoup effectivement que ça passe à l 'heure du jour parce qu 'il faut quand même passer deux chambres Demander à des vendeurs de produits de respecter le droit suisse quand ils livrent des produits en Suisse vous allez nous dire pas besoin ça existe déjà mais si ça existe déjà pourquoi est-ce qu 'on a des tongs remplis de phtalates ou des produits cancérigènes qui arrivent Alors je vais à mon avis le B.A.B. qu 'effectivement des produits qui sont commercialisés en Suisse même depuis l 'étranger respectent le droit suisse et c 'est vrai nous avons déjà pléthore de législation en la matière pour garantir la sécurité ou encore la santé.
54:19Ce qu 'ils vous disent, c 'est que ça s 'applique aux acteurs suisses qui sont très enquiquinés, mais pas aux... Je termine juste. Maintenant, je crois que Mme M. Gigon confond un tout petit peu ce que dit la loi et comment elle est appliquée. Et c 'est vrai qu 'on a un problème d 'application des lois puisque par définition, sur les millions de colis que tout un chacun peut commander sur Internet, on ne va pas pouvoir mettre un douanier derrière chaque colis. Et c 'est dans l 'application, dans le contrôle, qu 'effectivement, il y a des problèmes, des problématiques. En l 'occurrence, ce n 'est pas dans le contrôle.
54:51Qu 'est-ce qu 'on fait, Vincent Mette ? Ce n 'est pas dans le contrôle parce que le Conseil fédéral a répondu à mes textes. Oui, mais parce que vos textes ne disaient pas que ça. Qu 'est-ce qu 'on fait, Vincent Mette ? Je donne un exemple. La communauté européenne, type qui vit un peu vite. L 'Union européenne, pardon, s 'inquiète beaucoup du problème. Elle nous parle de risque systémique avec cette invasion de colis, c 'est 12 millions de colis par jour pour les Européens. Et ils sont en train de bouger, ils sont en train de revenir sur l 'exemption de taxes douanières pour les colis de moins 150.
55:21Ils sont en train, la France est en train de faire le pas. Vous parlez de deux choses différentes. Si on parle des taxes douanières, c 'est complètement autre chose que la sécurité des produits. Ce que je veux dire, c 'est qu 'ils sont en train de se dire on a un problème et il faut qu 'on a mis... Je vais pouvoir terminer une phrase une fois, ça serait super sympa. Si on parle de taxes douanières, ça n 'a rigoureusement rien à voir avec la sécurité ou la fiabilité des produits. C 'est deux choses différentes. Ensuite, moi, ce que je vois, comment on fait ? Il y a pléthore de législation, on peut toujours probablement l 'améliorer, parce que aussi les produits, la qualité des produits, ou les matériaux évoluent sans cesse.
55:52On trouve aujourd 'hui des phases dans certaines tongs, ou que sais-je, qu 'on n 'arrivait pas forcément à détecter avant. Voilà, certes. Mais moi, je crois que, par exemple, s 'il doit y avoir des mesures étatiques, moi je crois beaucoup plus aux mesures entre guillemets préventives éducatives, informatives par exemple justement en ayant on peut aller jusqu 'à dicter certaines normes, je répète si vraiment il en faut, pour informer la population le mieux possible mais ensuite le contrôle en tant que tel l 'acte technique donc ça reste responsabilité du consommateur moi je pense au final, je crois dur comme fer à un principe qui s 'appelle la responsabilité individuelle.
56:35Il y a des lois qui existent déjà, notamment en termes de concurrence déloyale, etc., puisqu 'on parlait du marketing mensonger, agressif, déloyal tout à l 'heure. Il y a des lois qui existent pour réprimer ça. Il n 'empêche qu 'à un moment donné, je pense que les gens doivent aussi faire l 'effort de ne pas... C 'est pas faire l 'effort. Ne doivent pas être infantilisés, doivent faire l 'effort justement de savoir ce qu 'ils consomment et comment ils le consomment. Et ça, on peut les inciter, on peut les éduquer en quelque sorte. Je mets plein de guillemets à ça, à ce terme, mais parce que je ne l 'aime pas.
57:08Oui, l 'éducation, c 'est pas génial. Mais c 'est de la prévention et puis c 'est surtout de la sensibilisation plutôt que d 'arriver à coups de bataillons législatifs qui ne font qu 'une chose, c 'est entraver finalement la liberté et des commerçants et des consommateurs. Toto Boron, qu 'est-ce qu 'on doit faire ? Il y a des leviers. On doit intervenir comme les Européens sur les frais de port, sur les frais de livraison, sur la taxe au retour, ce genre de choses ? Moi, je suis évidemment pour les retours. Je suis pour une taxation payée par le consommateur pour les retours qui freinerait, qui changerait complètement le business model des sites de vente en ligne.
57:38Maintenant, là, on oublie un petit peu... Les Français, ils ont décidé ça aujourd 'hui. Aujourd 'hui, ils ont décidé une taxe de 2 francs pour tous les colis inférieurs à 150 euros. La suite aurait dû le faire d 'abord. La Salando n 'aurait pas fait tous ses dégâts. Maintenant, Shine et compagnie et tout, comme les produits fabriqués par Nike que je vends dans mes magasins, il y a quand même un petit problème de base, c 'est qu 'il faudrait qu 'on revienne un peu à toutes ces usines où il y a des gens misérables qui gagnent des clopinettes. Donc pour moi, il n 'y a qu 'une chose à faire, c 'est de taxer la majorité des pays d 'Asie qui fabriquent tous les vêtements du monde, mais de ne pas les taxer à la Trump sur le déficit de la balance commerciale, mais de les taxer sur les conditions de travail des employés.
58:23Sur les principes légitimes. Quelqu 'un qui n 'a que deux semaines, moi j 'ai visité des usines en Chine, qui n 'a que deux semaines de vacances par année, plus deux jours pour le nouvel an chinois, qui travaille 10-12 heures par jour, le samedi compris, tous ces pays, moi je mettrais 39%, 39%. Non mais je mettrais tous ces 39 % si j 'étais Toto Trump de Suisse. Je mettrais des taxes sur... Toto Trump de Suisse, vous êtes en train de donner des idées à tout le monde. Non mais c 'est un gag. Non mais je veux dire, ces gens au Bangladesh, les gens gagnent 100 dollars de l 'heure, je veux dire il faudrait déjà un salaire minimum de 300-350 dollars par mois peut -être, Nicolas, 100 dollars par mois peut -être, pardon 100 dollars par mois, il faudrait déjà un salaire minimum de 350 dollars par mois pour garder un certain niveau de dignité humaine Nicolas Yudset, c 'est le drame de toute cette fabrication asiatique, c 'est qu 'elle est faite dans des conditions absolument déplorables des conditions de travail des travailleurs, pour satisfaire une surconsommation en Europe et aux Etats-Unis.
59:27Mot de la fin pour Nicolas Jutzet, est-ce que entre les taxes douanières, la guerre commerciale des uns, les plateformes et le métode agressive de l 'autre, est-ce que ce n 'est pas le temps pour nous, les Européens, les Suisses, de développer, d 'assumer un contre-modèle ? Quelque chose d 'un peu entre les deux ? Un peu plus vertueux ? Un peu plus intelligent ? Ça existe ? Oui, mais la question, c 'est est-ce que ça va passer par la loi ou par des choix ? Moi, typiquement, je sais que peut -être Temu et Shine font un poids avec une partie de leurs produits, donc c 'est un argument fort pour ne pas consommer chez eux.
59:56Si j 'étais Galaxus, je ne demanderais pas tellement que Shine et Temu aient des règles plus responsables, parce qu 'à la fin je perds mon argument de vente principal, qui est de dire que moi je faisais beaucoup mieux, bien chez moi, parce que moi je suis vertueux, donc je ne suis pas tellement sûr qu 'on rendrait Shine moins fort si on les réglementait beaucoup plus fort. Donc de mon point de vue, laissons les gens faire des choix, et parfois effectivement mes concitoyens font des choix que je n 'aime pas, mais je dois vivre avec. Certains dimanches de votation, je perds, mais j 'accepte quand même de continuer de vivre avec eux.
1:00:19Donc c 'est la même chose quand ils font un choix de consommation que je peux regretter. Libéral en jour, libéral toujours. Alexis Raoult, on ne peut quand même pas dire que c 'est un secteur, vous venez d 'expliquer que c 'était en pleine croissance, on ne peut pas dire que c 'est un secteur qui est hyper légiféré. C 'est un secteur où il y a des lacunes Non, mais on peut en revanche dire et ce sera la conclusion de cette émission que c 'est en train de bouger. Pas par rapport au... C 'est en train de bouger un peu partout. Il est en train de se passer quelque chose et c 'est peut -être
1:00:48Anticiper à cette discussion qui aura fait avancer un peu le schmilblick, je l 'espère. On se retrouve la semaine prochaine ou pas. Vous avez des doutes, Vincent Maître. On se retrouve. Si, si. Méfiez-vous, vous allez vous entendre sur un certain nombre de choses. On se retrouve la semaine prochaine, même lieu, même heure. On verra de quoi nous parlerons. Excellente soirée. Tout de suite, Doc à la Lune, je crois, sur la RTS. Excellente soirée. Ici ou ailleurs. Bye bye. Sous-titrage ST' 501
From the publisher
Impossible d'y échapper, le Black Friday est partout : dans les vitrines, sur le web et cette fête de la consommation ne se résume plus seulement à un vendredi. On parle désormais de Black Week ! Et cela, alors que les plateformes de vente en ligne n'ont jamais été aussi offensives. Temu, Wish et Shein cristallisent les critiques en poussant le modèle de la fast fashion à l'extrême. Alors, que révèle cette frénésie consommatrice ? Pourquoi toujours plus et toujours moins cher ? Quel impact sur le commerce de détail ? Et quelles conséquences pour la planète ? Black Friday, Shein, fast fashion... sommes-nous devenus fous ? C'est le débat d'Infrarouge, mercredi 26 novembre.




