Comment garder le moral dans un monde en surchauffe ?

19 Aug 2026 · 49 min · 23 chapters

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In short

How to keep morale and act in the face of record-breaking heatwaves and drought in Europe/Switzerland, and what “adaptation” should mean versus “mitigation”.

Guests (backgrounds)

  • Bertrand Piccard: explorer, psychiatrist, Solar Impulse president; UN environment ambassador; EU special adviser; advocates clean-tech solutions.
  • Sonia Seneviratne: Swiss climate scientist, professor; vice-chair of the GIEC working group on physical science basis.
  • Antonio Gers: former Swiss State Councillor; authored the “Manifeste pour une écologie de l’espoir”; former lead on land-use planning.
  • Sophie Swatton: philosopher/economist; teaches at UNIL (Institute of Geography and Sustainability).

Key claims

  • This summer’s heat/drought fits climate projections; Switzerland is hit about twice the global average per degree.
  • Adaptation is necessary but has limits; without mitigation it becomes a “bandage” and can’t prevent intolerable impacts.
  • Psychological resilience should be paired with action, not denial or despair.

Notable examples

  • Sion recorded 50+ days above 30°C; July had ~500 more deaths than expected.
  • Geneva’s climate plan and “Cool City” (removing concrete, adding trees).
  • Barcelone asphalt/bitumen programs; Solar Impulse lists ~1650 solutions (agrivoltaics, water recovery, cool roofs).

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Chapters

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Setting the Stage for Climate Discussions

2:04 to 3:21

Overview of the current climate situation and its emotional impact on society.

“On dirait, comme tous les mercredis soir, à 20h10, avec quatre très grands invités ce soir pour un très beau plateau de rentrée.”

Extreme Weather Patterns and Their Implications

3:21 to 4:36

Discussion on the records of heat and drought, and their future implications.

“On va commencer avec vous madame la climatologue puisqu 'on a la chance de vous avoir.”

Climate Change: Trends and Variability

4:36 to 7:30

Exploring the trends in climate change and the variability of weather patterns.

“C 'est plus ou moins la trajectoire qu 'on a pour l 'instant au niveau des émissions.”

Understanding Climate Disruption

7:30 to 8:26

Analyzing the broader context of climate disruption beyond just warming.

“Mais ceux qui sont en train de diriger le monde, ils sont pris dans d 'autres logiques et c 'est eux qu 'il faut convaincre.”

The Need for Action and Adaptation

8:26 to 9:35

Emphasis on the urgency for action and adapting to the changing climate.

“Et les forêts, voilà, on en a besoin pour lutter contre les éboulements, contre la boue, énormément de choses pour stocker le carbone.”

Regional Adaptation Strategies for Climate Change

9:35 to 11:28

Exploring how different regions must adapt to new climate realities.

“Voilà, vous me servez ma dernière question sur le constat de ce qui nous arrive.”

Architectural and Technological Innovations for a Hotter Future

11:28 to 14:02

Discussing architectural solutions and technological innovations to cope with heat.

“Oui, mais dans les modèles, il y avait déjà cette anticipation, et notamment un point qu 'on oublie souvent.”

Le Plan Climatique de Genève

14:02 to 16:41

Discussion on Geneva's climate plan and its effectiveness over the years.

“On a quand même l 'arrivée du moustique-tigre avec des maladies qui peuvent revenir, qui s 'étaient perdues, la dengue, etc.”

Urgences et Adaptation

16:41 to 18:51

Exploration of the urgent need for adaptation strategies in response to climate change.

“Tous les politiques se réveillent en disant qu 'il faut un plan urgent, canicule, un plan sécheresse.”

Dilemme de l'Adaptation vs. Mitigation

18:51 to 21:00

Debate on the limitations of adaptation measures compared to the need for mitigation of climate issues.

“On sera en train de se dire mais on va déménager parce que ça ne marche plus.”
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Anticipation et Efficience

21:00 to 24:25

Discussion on the importance of anticipation and efficiency in climate response strategies.

“Ce qu 'il faudrait, c 'est le mot anticipation.”

L'Adaptation et ses Limites

24:25 to 28:00

Analysis of the potential pitfalls of relying solely on adaptation to climate change.

“Donc, il faut voir les conséquences de cette adaptation.”

Adaptation et Responsabilité Générationnelle

28:00 to 29:26

L'importance de l'adaptation face aux défis climatiques et les conséquences de l'irresponsabilité générationnelle.

“C 'est ce que dit Bertrand Picard, il a peut -être raison.”

Transition Énergétique et Souveraineté

29:26 to 31:28

Comment les énergies renouvelables peuvent renforcer la souveraineté et créer des opportunités économiques.

“C 'est ça que vont lire les écoliers dans 100 ans.”

Limites de l'Adaptation et L'urgence d'Agir

31:28 to 33:56

Les limites de l'adaptation au changement climatique et la nécessité d'une action proactive.

“Donc, il y a moyen de capter l 'extrême droite dans cette transition énergétique.”

État d'Esprit et Optimisme Face au Changement

33:56 to 36:54

Comment garder un état d'esprit positif et constructif face aux défis du réchauffement climatique.

“a été vécu globalement, probablement, y compris par vous, comme une calamité.”

Récits et Narratifs Écologiques

36:54 to 42:00

Le besoin de réenchanter le récit écologique pour inspirer les générations futures.

“Mais il faut profiter de la vie pour la protéger.”

L'Importance de l'Action Collective

42:00 to 42:40

Apprenez pourquoi il est crucial de prendre des mesures collectives face au réchauffement climatique.

“On l 'a vu, encore un barrochtique qui découvre le réchauffement climatique cet été.”

Un Nouveau Discours sur le Climat

42:40 to 43:36

Découvrez la nécessité d'un changement de discours sur l'action climatique pour inspirer les générations futures.

Les Enjeux Psychologiques pour les Enfants

43:36 to 44:46

Explorez comment aborder le changement climatique avec les enfants pour maintenir leur moral.

“Mais Greta Thunberg a largement adapté son discours sur l 'espoir.”

Reconnecter avec la Beauté du Monde

44:46 to 46:04

Apprenez comment se ressourcer et trouver de la beauté malgré les défis environnementaux.

“les manches, peut -être, tu seras un jour heureux et on s 'en sortit, ces enfants ?”

Bonnes Nouvelles sur le Climat

46:04 to 47:38

Découvrez les opportunités et les solutions positives pour la transition énergétique.

“Mais on ne doit pas perdre le moteur premier qui est pourquoi on se bat.”

Changement de Narratif pour un Impact

47:38 to 48:39

Comprenez comment changer le narratif pour amener ceux qui ne sont pas sensibles à la beauté du monde à agir.

“Bertrand Picard, vous aviez un mot ajouté ?”
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Transcript

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0:00Générique

0:21L 'Europe dévorée par les flammes. Des glaciers qui disparaissent par dizaines. Le Rhin à son niveau le plus bas jamais enregistré. Sécheresse, dégradation des sols, les arbres, les animaux en souffrance, nos organismes mis à rude épreuve durant cet été qui explose tous les records de 2003. On est en train de vivre, et je le répète, une des années les plus froides du reste de notre vie. Déjà 50 journées à plus de 30 degrés mesurées à Sion. La chaleur a fait des ravages sur l 'ensemble du pays. juillet, c 'est 500 décès de plus que prévu. Ces canicules sont-elles désormais la nouvelle norme ? Horaire de travail, horaires scolaires, nos modes de vie, notre habitat, faut-il tout revoir ?

1:11Comment s 'adapter pour ne pas subir les prochaines canicules qu 'on annonce plus extrêmes encore ? Dans cette fournaise, comment garder la tête froide ?

1:265 vagues de canicules déjà depuis le mois de mai. Des champs à sec, des alpages à sec, des fleuves à sec, des feux qui ravagent les forêts chez nos voisins. Nos montagnes qui fondent de manière spectaculaire. L 'été 2026 n 'est pas fini, mais il a déjà battu tous les records en matière de chaleur, de réchauffement climatique. Alors cet été n 'est-il qu 'un avant-goût de ce qui nous attend dans les années et les décennies à venir ? Que faire ? Quelle priorité pour s 'adapter à cette nouvelle donne de toute évidence brûlante ? Et puis surtout, comment garder le moral ? Comment continuer de faire rêver, espérer nos enfants dans une ambiance de fin du monde ?

2:01Il faut se le dire. Bonsoir à tous. En tout cas, une chose est sûre, c 'est que je suis très heureux de vous retrouver pour cette rentrée sur le plateau d 'Infra-Rouge. On dirait, comme tous les mercredis soir, à 20h10, avec quatre très grands invités ce soir pour un très beau plateau de rentrée. Bertrand Bécarette est avec nous. Bonsoir. Bonsoir. Merci mille fois d 'être là, explorateur comme chacun le sait, psychiatre, ambassadeur des technologies propres, président de Solar Impulse, la fondation, ambassadeur des Nations Unies pour l 'environnement, conseiller spécial auprès de la Commission européenne, on arrête là, sinon on pourrait continuer à un moment.

2:30Sonia Seneviratne, bonsoir. Bonsoir. Vous aussi, vous avez un CV long comme le bras, climatologue, professeur Alopé, FZ, merci d 'avoir fait le voyage, vice-présidente du groupe de travail Base scientifique physique du GIEC, qui fait autorité en la matière. Antonio Gers, qu 'on est ravis de retrouver, bonsoir. Bonsoir. sans sa veste puisqu 'il n 'est plus conseiller d 'État. Ancien conseiller d 'État, je le vois. Mais vous avez bien raison. Ça, c 'est l 'adaptation, on va en parler. Notamment en charge, à l 'époque, de l 'aménagement du territoire. Sujet au cœur de notre dossier. Et auteur du Manifeste pour une écologie de l 'espoir.

3:00C 'était chez Géorgue en 2023. Gros succès de librairie. Et enfin, Sophie Swatton, bonsoir. Bonsoir. Un bonheur de vous retrouver. Philosophe, économiste, maître d 'enseignement et de recherche à l 'Institut de géographie et de durabilité à l 'UNIL. C 'est un plaisir de vous avoir. Alors comment garder le moral dans la fournaise ? Vaste programme, bonne question j 'espère, bienvenue dans Infrarouge. On va commencer avec vous madame la climatologue puisqu 'on a la chance de vous avoir. On va parler beaucoup d 'adaptation ce soir, y compris d 'adaptation psychologique, ce qui pour beaucoup apparaît malheureusement comme quelque chose de spectaculaire et d 'assez nouveau.

3:35Mais d 'abord on va commencer par cet été qui nous a tous laissés littéralement assommer, avec cette question, année exceptionnelle ou comme le disait Madame sur France Inter, ce sera l 'année la plus fraîche du reste de nos vies ? Dans tous les cas, c 'est clair, ça s 'inscrit dans le réchauffement climatique. On sait que ces étés chauds sont de plus en plus fréquents. Comme ça a été mentionné, on a dépassé des records de température cet été aussi au niveau de la sécheresse. Il semble que ça va être probablement l 'été le plus sèche qu 'on n 'a jamais eu. On a de nombreuses conditions qui sont plus sèches qu 'en 2022.

4:07Lors de 2022, on a dit que c 'était l 'été le plus sec depuis 500 ans. Donc c 'est juste pour remettre ça dans le contexte. Alors c 'est vrai... Il y a toujours cette année de 1540 qui statistiquement pose problème puisqu 'elle a été horriblement sèche. Elle était très sèche et probablement aussi très chaude. Mais disons, si on avait les mêmes genres de conditions qu 'on avait à l 'époque maintenant, avec le réchauffement climatique, avec les gaz à effet de serre, ce serait absolument catastrophique. Voilà, donc ce qu 'on sait, c 'est qu 'on a plus de gaz à effet de serre dû à la combustion d 'énergie fossile.

4:35On sait que pour l 'instant, les émissions ne diminuent pas. Donc ça va continuer. donc cette perspective de dire oui cet été, il y aura certainement des étés beaucoup plus chauds si on continue comme ça qui seront bien pires encore, après bien sûr qu 'il y a toujours un peu de variabilité donc peut -être que l 'été prochain sera un peu moins chaud mais dans tous les cas, il faut s 'habituer à ce genre d 'été d 'ailleurs on sait, il y a une étude de Météo Suisse qui vient juste d 'être publiée qui montre que les conditions qu 'on a eues cet été correspondent à peu près au climat moyen qu 'on aurait à 3 degrés de réchauffement global Les conditions de cet été correspondent à ce qu 'on aurait avec 3 degrés de réchauffement global et 3 degrés de réchauffement global ces scénarios médiants chez vous ?

5:08C 'est plus ou moins la trajectoire qu 'on a pour l 'instant au niveau des émissions. Juste sur cette question de la variabilité, Bertrand Piccard, un des gros problèmes de ce dossier climatique, c 'est aussi cette articulation difficile, y compris en termes de communication, on en parlera tout à l 'heure, entre le temps très long du climat et le temps court du ressenti. Comment est-ce qu 'on fait pour ne pas tomber dans le piège et ne pas éventuellement déduire d 'une année exceptionnelle quel est forcément l 'échantillon représentatif du futur et si tout à coup il fait 17 degrés l 'été prochain, qu 'est-ce qu 'on raconte aux gens ?

5:38Comment on fait pour s 'y retrouver entre ces deux temporalités ? Mais le changement climatique, ce n 'est pas que le réchauffement. Il y a des endroits où ça se refroidit, il y a des endroits où il y a des inondations, il y a des endroits où il y a des sécheresses, il y a des endroits où la biodiversité s 'écroule, il y a des endroits qui sont invivables pour l 'homme. Donc c 'est un dérèglement climatique, il faut dire. Nous, on a la partie chaude. Les autres, ils ont tout à fait autre chose. Donc, il faut arrêter d 'être myope, d 'avoir un court terme, de regarder uniquement dans notre petit jardin.

6:09Il faut voir qu 'aujourd 'hui, on est en train de payer au prix fort un développement économique, de mobilité, de confort, de population, etc. C 'est vrai, il y a des gens qui disent « Regardez comme ça va bien, on a des vaccins, on a de la santé, on a de l 'éducation, même dans les pays les plus pauvres, il y a moins de pauvreté. » le prix qu 'on paye, c 'est un dérèglement majeur. Et il faut qu 'on se réveille. Il faut qu 'on se réveille. Alors, heureusement, quand on a une canicule, tout à coup, on se réveille. Le tout, c 'est juste de ne pas oublier qu 'il faut continuer à agir. C 'est pour ça.

6:45Le titre de l 'émission, c 'est « Est-ce qu 'il faut garder le moral ? » Ce n 'est pas le moral qu 'il faut garder. Il ne faut pas garder l 'insouciance. Il faut garder l 'action. Il faut quand même garder, en bout d 'espoir, un bout d 'envie de s 'en sortir. C 'est de l 'action qu 'il faut. C 'est de l 'action, on ne sait pas être là en disant « oui, j 'ai le moral, c 'était chouette, on a eu des barbecues ». Ce n 'est pas l 'effondrement, la dépression en disant « on va tous s 'écrouler ». On l 'entend beaucoup ce discours. Mais ni l 'un ni l 'autre, ni juste. Ce qu 'il faut, c 'est agir. La seule manière de sortir de la dépression et de l 'éco-anxiété, c 'est d 'agir.

7:15Et pour agir, il faut des solutions. Et pour que les solutions soient attrayantes, il faut qu 'elles soient économiquement rentables pour l 'économie, viables pour l 'industrie, intéressantes pour le monde de la finance. parce que c 'est eux qu 'il faut convaincre. Nous, on est convaincus. Mais ceux qui sont en train de diriger le monde, ils sont pris dans d 'autres logiques et c 'est eux qu 'il faut convaincre. – Ils sont toujours souvent des problèmes de temporalité. J 'insiste un peu, pardon, je pinaille peut -être Sophie Swatton sur cette question de temporalité, mais je me souviens, on a beaucoup reproché au climato-sceptique, à juste titre, souligné trois fois, de remettre en cause le réchauffement climatique dès qu 'il y avait trois mètres de neige.

7:51En disant, regardez, vous nous dites que ça se réchauffe et puis on n 'a jamais eu autant de neige. est-ce qu 'il n 'y a pas un danger de faire la même erreur que eux, c 'est -à-dire de dire il a fait très chaud cet été, c 'est donc la règle Non, comme l 'a dit Bertrand Piccard effectivement, ce que je comptais rebondir aussi là-dessus, c 'est le dérèglement climatique donc il se pourrait qu 'il fasse très froid il se pourrait qu 'il y ait une variabilité mais les faits sont actés il y a déjà une étude sans attendre le mois de mai que vous avez à juste titre relevé en janvier déjà de cette année 2026 une étude a relevé que les arbres en Suisse, pas besoin d 'aller au bout du monde, manquer d 'eau.

8:27Et les forêts, voilà, on en a besoin pour lutter contre les éboulements, contre la boue, énormément de choses pour stocker le carbone. Et des arbres qui manquent d 'eau, déjà, dès le mois de janvier, c 'est déjà pas bon signe. Donc pas besoin non plus d 'aller au bout du monde pour accuser les autres ou dire qu 'ils ne sont pas contents quand on voit qu 'on a des baisses de 25 millions sur un plan de soutien et d 'adaptation aux forêts. Voilà. c 'est bien aussi de remettre l 'église au milieu du village et de voir de quelle temporalité il s 'agit donc il y a du court, il y a du long mais il y a aussi des choses qu 'on peut faire chez nous maintenant et voilà, qu 'on doit ressouligner, donc ça c 'est depuis janvier par exemple Alors on va clore ce premier chapitre, vraiment sur là Oui bien sûr, sur là Je voudrais juste ajouter quand même un point parce qu 'on a parlé du réchauffement mais comme ça a été mentionné par Bertrand Piccard, il y a aussi des augmentations de précipitations extrêmes ou de sécheresse par exemple 2021, si vous regardez la température, elle était nettement plus basse cette année, mais par contre, on a eu vraiment des précipitations extrêmement élevées, aussi en Allemagne, il y a des inondations, donc en fait, on est touché en Suisse à la fois par les canicules et par les précipitations à l 'extrême et aussi les sécheresses.

9:34Donc, un été moins chaud, ce n 'est pas forcément mieux. Voilà, vous me servez ma dernière question sur le constat de ce qui nous arrive. Si on doit faire une espèce de portrait du climat qui attend la Suisse dans les années à venir, c 'est quoi ? Des étés de plus en plus chauds, même s 'il peut y avoir des variations et des exceptions, beaucoup des épisodes de précipitations des épisodes intempéries de plus en plus extrêmes et puis moins de neige en hiver moins de neige en hiver donc une augmentation du nombre de canicules du nombre de jours chauds plus de risques de sécheresse en été plus de précipitations extrêmes qui peuvent induire des inondations moins de neige en hiver aussi le permafrost qui se dégèle le pergélisol qui se dégèle dans les montagnes donc des montagnes qui sont plus instables avec des chutes de pierres forcément aussi la fonte des glaciers.

10:21Dans le pire des cas, on pourrait perdre la plus grande partie des glaciers en Suisse. Dans le meilleur des cas, on pourrait encore en sauver quelques-uns. Et est-ce qu 'on sait dans quel sens il faut... Je me souviens qu 'on a beaucoup parlé du Gulf Stream. On vous a dit qu 'en Europe, peut -être que le Gulf Stream pourrait s 'arrêter. Auquel cas, il se passe l 'inverse. A savoir, il fait très froid en Europe. Du coup, votre discussion actuelle politique sur les climatiseurs n 'aura plus aucun sens. Est-ce qu 'on sait exactement dans quel sens il faut aller maintenant pour s 'adapter ? Je peux mentionner là-dessus.

10:47Donc ça, c 'est la question de la circulation thermohaline dans l 'Esséan. C 'est vrai que c 'est une possibilité d 'un point de bascule, en fait, que cette circulation s 'arrête. Et dans ce cas, on aurait donc des températures beaucoup plus basses. Les probabilités sont assez basses que ce ait lieu. En même temps, on voit un ralentissement comme la circulation. On ne peut pas l 'exclure. Il faut en tenir compte. Le prochain rapport du GIEC va avoir un chapitre sur les points de bascule. Donc on va aussi traiter ce genre de sujet. Mais pour l 'instant, bien sûr, le problème principal, c 'est l 'augmentation des températures.

11:14Des températures particulièrement en Europe. Peut -être qu 'on peut préciser, c 'est que, déjà en termes de surprise, ce qui s 'est passé cet été, c 'est ce qui était prévu. Jusqu 'à présent, le plan se déroule comme prévu. Voir même un peu plus tôt que prévu. Oui, mais dans les modèles, il y avait déjà cette anticipation, et notamment un point qu 'on oublie souvent. Albert Rocher était surpris, nous l 'avions. Oui, justement, et c 'est peut -être là le problème, parce qu 'en fait, il n 'y a pas de surprise. Si vous mangez des fast-foods tous les jours, votre vie, vous rajoutez du coca, au bout d 'un moment, vous aurez des problèmes de diabète, vous n 'aurez pas de problème de santé.

11:47Et donc, ce qui se passe aujourd 'hui, c 'est plutôt l 'effet de surprise. Parce qu 'en fait, ce qui s 'est passé d 'un point de vue météorologique rentre totalement dans les modèles, avec un point quand même qu 'on oublie de mentionner, même si c 'est toujours une part d 'incertitude, c 'est que sur le plateau où on est, nous les Suisses, eh bien, pour chaque degré que prend la planète, on est plutôt sur le double. Donc nous, on est dans une région du monde qui prend plus que la moyenne planétaire. Donc on est globalement deux fois plus touchés. Et ça, il faut aussi en tenir compte, parce qu 'il y a des phénomènes régionaux divers, et nous on est, par la force, disons, bio-géochimique et l 'organisation des terrains planétaires, eh bien, on est dans une région particulièrement touchée, donc avec des phénomènes qui ont été...

12:29– Alors, vous aurez remarqué, toutes et tous, que le mot de l 'été, c 'était évidemment canicule, mais juste après, c 'était adaptation, adaptation, s 'adapter, l 'adaptation, la nécessité de le faire au plus vite, etc. Comment s 'adapter à cette fournaise, à celle qui s 'annonce, on l 'a bien compris, Je vous rends la parole à Anthony Rogers. Ça veut dire quoi pour des sociétés européennes historiquement tempérées, mentalement tempérées, que de s 'adapter à des périodes où il fait 40 degrés ou presque pendant deux mois ? Oui. Alors, je pense que la question de l 'adaptation, elle est aussi peut -être presque plus simple à appréhender que celle du dérèglement climatique parce qu 'elle redevient locale.

13:06Nous, les romans, les suisses du plateau, on doit s 'adapter d 'une telle manière. les Napolitains doivent s 'adapter d 'une autre manière, les gens d 'Afrique du Nord, ça va être encore autre chose, puisque les effets, justement, climatiques, ne sont pas les mêmes sur les régions, on ne part pas des mêmes conditions. Donc, nous, on avait fait ces études à Genève, c 'est valable pour tout le plateau romand, on va rejoindre en 2050, 2070, en gros, le climat du sud de l 'Italie, Naples, voire les Pouilles. Donc, il y a des choses qui doivent être faites en matière de protection de la chaleur, je pense qu 'il faut assez vite, dans le débat politique, normer on ne peut pas travailler dans telle condition de froid on ne peut pas travailler dans telle condition de chaud et puis anticiper ces questions-là pour en matière d 'aménagement d 'organisation territoriale d 'équipement, d 'appareil de refroidissement etc.

13:55et bien aller vers l 'investissement c 'est exactement ce que disait Bertrand Piccard tout à l 'heure c 'est -à-dire que la manière, on y reviendra sur la question du récit, mais fondamentalement on doit faire face et ça nous enlève de l 'angoisse de dire qu 'on a un plan dans le plan climat du canton de Genève, mais ce n 'est pas là pour tous les cantons, ça fait plus de 10 ans qu 'on a la moitié du plan climat à sa adaptation, c 'est réduire et s 'adapter. Ça fait 10 ans, moi j 'ai porté ça 12 ans, un peu dans l 'indifférence politique générale, mais on a des chapitres et des fiches d 'action qui vont prendre la question de l 'eau, la question de l 'agriculture, la question de la santé publique.

14:28On a quand même l 'arrivée du moustique-tigre avec des maladies qui peuvent revenir, qui s 'étaient perdues, la dengue, etc. Et donc, si vous voulez, on doit prendre tous les domaines de la société, le domaine aussi du droit du travail, il y a les chantiers, il y a les gens sur les champs, etc. On doit reposer les choses. D 'un point de vue architectural, on peut beaucoup s 'inspirer quand même de ces pâtes méditerranéens qui se sont installés historiquement dans ces régions-là et qui ont trouvé des solutions qui ne passent pas par la simple pose d 'une bête clim. C 'est bien, on en fera aussi quand il faut.

14:57Mais il y a d 'autres outils et aussi les outils de la technologie aujourd 'hui. C 'est vraiment ce qu 'on a fait. Vous nous dites, on a tout prévu depuis 2000 ans, mais c 'est vraiment ce qu 'on a fait à Genève. j 'ai l 'impression, j 'ai l 'impression, j 'ai l 'impression qu 'on a bétonné leur canton dans tous les sens, qu 'on a fait l 'exact contraire, peut -être qu 'ils sont trompés. Oui, je pense que le problème, c 'est l 'effet, pardon, Exime, l 'effet myopie des médias, on n 'a pas un arbre, c 'est tout là-dessus. Encore les médias ! Le plan d 'arborisation de 200 000 arbres à Genève qui en cours, dont le crédit est voté, etc., il n 'y a pas eu de couverture là-dessus, et donc, il y a un peu tout qui est comme ça, ouais.

15:28Je pense qu 'aujourd 'hui, il y a, par exemple, tout le projet Cool City, où on avait dit beaucoup de préaux, beaucoup de préaux des années 60-70, le béton, c 'est très années 60-70, ce n 'est pas d 'aujourd 'hui en fait. Eh bien, on a enlevé du béton, on a mis des arbres, etc. C 'est vrai qu 'il n 'y a eu, je dois le dire, aucune couverture médiatique sur ces points-là. Donc, si ça renvoie sur la question du récit, je suis désolé, la question des médias, qui ont parlé des récits, on doit parler de ce qu 'ils retiennent. Et ce qu 'on retient, c 'est le générique de cette émission. C 'est les feux de forêt, c 'est cette angoisse-là et tout ce qui s 'est patiemment construit, qui existe, qui est insuffisant, mais qui existe, existe dans les faits, mais pas dans l 'esprit des gens.

16:04Et ça, c 'est une source d 'angoisse. Et ça, il y a un enjeu collectif du récit pour dire on ne va pas dans une bonne direction, mais il y a quand même des pistes qui existent. Et oui, il y a un document qui s 'appelle Plan climat cantonal qui existe, qui est public, et qui liste tout ce qu 'on peut faire en matière d 'adaptation. Juste en quelques minutes, très concrètement, je vais vous entendre sur les urgences, les priorités, ce qui peut être réalistement fait, non pas Bertrand Piccard pour résoudre le problème du réchauffement à long terme, parce que là, malheureusement, les solutions sont sur la table et connues depuis longtemps, mais pour s 'adapter l 'année prochaine.

16:34Heureusement, oui. Pardon. Non, mais malheureusement, parce qu 'elles ne sont pas mises en œuvre. Elles ne sont pas utilisées. Voilà, c 'est ça. C 'est pas du tout, mais heureusement, elles sont connues. C 'est quoi les priorités ? Aujourd 'hui, il n 'y a pas que les médias. Tous les politiques se réveillent en disant qu 'il faut un plan urgent, canicule, un plan sécheresse. Les villes qui disent, Berne, attention, pourquoi est-ce que Berne n 'a jamais rien fait ? Ils n 'ont jamais rien fait non plus. Enfin, bref, tout le monde se réveille. C 'est quoi l 'urgence réaliste ? L 'urgence réaliste, c 'est de comprendre que l 'adaptation ne va pas résoudre le problème.

16:58OK. Qu 'il y a des métiers qui ne pourront pas s 'adapter. Il y a des tranches de la population qui ne pourront pas s 'adapter. Il y a des pays qui ne pourront pas s 'adapter. Et qu 'on est en train de parler pour se rassurer de mettre un emplâtre sur une jambe de bois. OK. Donc, bien sûr qu 'il faut répondre à certains problèmes. Bien sûr qu 'il faut avoir moins de feux de forêt. Bien sûr qu 'il faut avoir une atmosphère plus fraîche dans les hôpitaux et les maisons de retraite. Bien sûr qu 'il faut mettre plus d 'arbres dans les villes. Bien sûr qu 'il faut récupérer l 'eau, etc. Mais ça, ça ne résoudra pas le problème.

17:34C 'est -à-dire que la vie va devenir de plus en plus compliquée si on se contente de s 'adapter plutôt que de mitiguer. Mais pourquoi se contenter de s 'adapter ? Il n 'est pas question pour l 'instant, je ne dis pas... Personne ne parle de contenter de s 'adapter. il se trouve, j 'ai entendu sonner un sémiratné qui m 'a dit, on a toujours eu deux piliers mitigés, atténués et s 'adapter donc moi je parle du deuxième là vous le dites, il n 'a aucun intérêt c 'est parce que tous ceux qui ne veulent pas faire les efforts nécessaires pour diminuer le problème se disent, mais c 'est génial maintenant c 'est l 'État qui va payer pour qu 'on s 'adapte et puis nous on pourra continuer à brûler notre pétrole comme on veut, on pourra continuer à polluer comme on veut, on va continuer à baisser la biodiversité avec toutes les activités humaines, qu 'on s 'en fout, on s 'adapte.

18:22Et puis, c 'est les autres qui s 'adapteront. Puis, c 'est les autres qui paieront. Il faut arrêter de voir ça comme ça. Aujourd 'hui, la canicule, elle est supportable. Elle est supportable pourquoi ? Parce qu 'il y a une certaine quantité de CO2 dans l 'atmosphère. Et cette quantité, elle va rester un certain nombre d 'années. Donc, il n 'y a pas de raison que la température redescende rapidement. Ça, on le sait. Mais si on continue à en émettre, la température va continuer à augmenter. Et on aura un infrarouge d 'ici quelques années où on ne sera même plus en train de s 'adapter. On sera en train de se dire mais on va déménager parce que ça ne marche plus.

18:59Et il y aura des vagues migratoires, il y aura des métiers qui disparaîtront. Et puis ceux qui resteront au centre du problème, ils souffriront. Mais c 'est vous Bertrand Piccard, l 'apôtre de l 'écologie heureuse par la science, le progrès. C 'est ça qui est très religieux, j 'ai l 'impression d 'entendre Pierre Rabhi. Non, vous avez l 'impression d 'entendre quelqu 'un qui dit arrêtons de nous rassurer avec l 'adaptation parce que ce qui doit nous rassurer, c 'est les solutions à mettre en place aujourd 'hui pour arrêter de brûler du pétrole, pour être efficient, c 'est -à-dire arrêter de gaspiller.

19:30C 'est pour avoir les solutions techniques. On parle de solutions. En Suisse, si on veut conserver une agriculture, on doit passer à l 'agrivoltaïsme. C 'est -à-dire qu 'on doit protéger les cultures avec des panneaux solaires pour pas que les cultures brûlent. Et en les protégeant avec des panneaux solaires, vous pouvez conserver de l 'humidité, conserver la température qu 'il faut et produire de l 'énergie propre. C 'est ce genre-là de choses qu 'il faut. Mais il faut y mettre les solutions. Il ne faut pas simplement se dire, on va parer au plus urgent. Je comprends parfaitement ce que vous dites.

20:04Je bute quand même toujours sur une période qui va en gros de maintenant jusqu 'à la fin du siècle. Qu 'est-ce qu 'on fait dans cette période, Sophie Swatton ? Si tout le monde écoute religieusement Bertrand Piccard, vous écoute, vous écoute, etc., que le monde devient parfait, qu 'on arrête, qu 'on n 'émet plus un gramme de CO2 demain matin, il va quand même faire de plus en plus brûlant jusqu 'à la fin du siècle. Non, non, non, c 'est pas vrai. Si on arrête les émissions, la température se stabilise. Mais demain, les projets se stabilisent. Elle se stabilise, mais il y aura les effets quand même.

20:33Non, non, mais ça ne verra plus tard. Est-ce qu 'on est d 'accord qu 'il va faire chaud, un peu trop chaud par rapport à ce qu 'on a connu jusqu 'à la fin du siècle, quoi qu 'on fasse ? Oui. Il va faire chaud dans tous les cas, les conditions qu 'on a actuellement. Apparemment, c 'est un problème. Mais si on arrive à zéro émission, le climat se stabilise. On ne peut pas revenir en arrière, mais ça ne va pas virer non plus. C 'est très important de le dire. Je suis d 'accord. Mais bref, il va faire très chaud. C 'est à la fin du siècle. Peut -être pas plus chaud, mais au moins aussi chaud. C 'est ce que vous venez de m 'expliquer pendant 10 minutes.

20:58Ce qu 'il faut dire, c 'est qu 'il n 'y a plus de monde d 'avant. Voilà. Il n 'y a plus de monde d 'avant. Ce qu 'il faudrait, c 'est le mot anticipation. passion. On n 'est plus dans l 'adaptation. L 'adaptation, c 'est les années 70, c 'est le développement durable qui a échoué dans la protection de la terre et dans la réduction des inégalités. Même si, comme on en parlait, oui, il y a eu des améliorations, effectivement, la croissance, bien sûr, a amené des belles choses, mais aujourd 'hui, la théorie du ruissellement ne fonctionne plus avec la croissance. Ça ne bénéficie plus ni aux emplois, ni au maintien du système terre, ni aux innovations technologiques.

21:27Donc, on est face à un... On n 'a jamais eu autant d 'inégalités sociétales au niveau mondial. à l 'intérieur des pays et entre les pays. Et on l 'a vu dans le générique, là où ça nous conduit. Donc le mot adaptation, j 'avoue qu 'il est compliqué, ça fait plus de 10 ans qu 'on dit, on a une fourchette de 10 ans pour agir, et aujourd 'hui, on y est. Donc, c 'est de l 'anticipation. Anticipation, ça veut dire prendre des mesures aujourd 'hui. Alors, agriculture, mais aussi peut -être pour revoir la manière de produire. Le glyphosate, il y a beaucoup de... Comment on accompagne dans la transition aussi, comment on fait du soutien aux emplois.

22:02Je vous entends, mais qui dans la population va vous suivre si vous ne lui apportez aucune espèce de solution pour sa vie de tous les jours jusqu 'à la fin du siècle ? Il faut aider, monsieur Favre. Non, non, mais je ne comprenais pas ma question, mais les gens qui nous regardent, ils la comprennent. Ils ont chaud, ils vont avoir chaud, puis ils ont des gens qui vont leur dire plus, mais on va régler le problème dans 150 ans. Non, ce n 'est pas régler le problème dans 150 ans. Je crois que les fondaments... Il faut prendre de ces pas-dossiers, par exemple. Le jour dans la rue, on doit planter beaucoup plus d 'arbres.

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22:25Si vous allez dans les villes du Sud, vous avez des rangées d 'arbres qui créent une ombre naturelle sur les trottoirs. Dans les bâtiments, il y a la question de la rénovation thermique qui fait que l 'hiver, on est mieux protégé, mais l 'été aussi, on est mieux protégé de la chaleur. Puis après, les hôpitaux, on doit équiper, les crèches, on doit équiper. Mais Bertrand Picard me dit que faire tout ça, c 'est s 'assurer qu 'on doit repousser le problème. Non, parce que je pense qu 'il faut... Ce qu 'on dit, c 'est que ça ne sert à rien de dire qu 'on s 'adapte si on ne réduit pas. Parce que ça veut dire quoi ?

22:57De marques de sang. Si l 'eau de baignoire... Si votre baignoire est trop chaude, et puis que vous rajoutez de l 'eau froide, mais vous laissez tourner le robinet d 'eau chaude, c 'est absurde, c 'est ça que dit Bertrampica. Donc, bien sûr qu 'on doit s 'adapter, et à la fin, vous savez ce qui va se passer, c 'est quand même les départements, non plus de l 'environnement, etc., c 'est les départements de santé publique qui vont reprendre la main. Ça va être comme pendant la Covid. Il faut comprendre les personnes âgées, les nourrissons, les situations, les personnes vulnérables, les gens précaires aussi, qu 'il y a une différence sociale importante en fonction des revenus, sur comment on reçoit la chaleur ou pas.

23:31Et donc, à la fin, c 'est pour ça qu 'on ne peut pas répondre de but en blanc. C 'est comme pendant la Covid, on s 'est adapté. On s 'est adapté de manière pressivité. Sauf qu 'il y a eu le retour d 'avance. Mais c 'est normal parce que le virus, on l 'a maîtrisé, mais là, il n 'y aura pas. C 'est ça la différence. Il n 'y a pas de retour avant. On va avoir des débats extraordinaires sur l 'adaptation parce qu 'on ne va pas pouvoir s 'adapter en climatisant sans énergie nucléaire. Parce qu 'on ne va pas brûler encore plus de pétrole. il n 'y en a pas assez de solaire, d 'éolien et de... Attendez, moi j 'ai lu un énergéticien qui m 'a dit l 'autre jour que c 'est génial parce que le besoin de clim, il arrive en même temps que le soleil et donc le photovoltaïque va pouvoir résoudre le problème de la clim.

24:09Je lis des experts qui me disent ça. Il faut l 'installer. Il faut l 'installer, mais pour l 'instant, et c 'est pour ça que je dis que le débat risque de déraper, c 'est que pour l 'instant, le nucléaire est présenté comme la solution qu 'il faut pour donner l 'énergie, pour climatiser et pour s 'adapter. Par Emmanuel Macron. Par beaucoup de monde. Non, non, par beaucoup de monde. Donc, il faut voir les conséquences de cette adaptation. Ce n 'est pas simplement, oui, oui, on va mettre de l 'air conditionné partout, puis on va mettre des arbres, etc. Qu 'est-ce que ça implique ? J 'aime beaucoup alors Sophie qui dit qu 'il faut anticiper, que le vrai terme, c 'est l 'anticipation.

24:46Et le photovoltaïque, c 'est la pression sur l 'extraction des minerais et des terres rares, etc. Donc, on ne peut pas, même pour faire du renouvelable, il faut du sale, en fait. Donc c 'est l 'héroï, l 'énergie retourne. Alors là, vous n 'êtes pas d 'accord. Non, parce que ça veut dire que là aussi, oui, il faut, mais à un moment donné, il y aura aussi un pic d 'extraction. La pression sur le cuivre en Suisse, il n 'y a plus ces gisements spontanés. Donc oui, mais réduction. Il faut de l 'efficience. Anticipation, efficience, ça veut dire prendre en compte le taux de croissance, ça c 'est sûr, pour être efficient et anticipé.

25:18Ça veut dire économie circulaire plutôt que toujours prendre. Il faut du circulaire et il faut de l 'efficience. L 'efficience, c 'est ce qui permet de faire une réduction avec un bénéfice au lieu de faire une réduction avec un sacrifice. C 'est ça qui est important dans l 'efficience. On n 'est pas dans un sacrifice, on n 'est pas dans une sobriété, on n 'est pas dans un renoncement. On est presque dans l 'adaptation. On est dans une manière d 'obtenir mieux, on obtient mieux, on produit mieux avec beaucoup moins. En plus, sur le couple circulaire, l 'économie circulaire, on n 'a plus besoin d 'extraire autant.

25:51Mais c 'est dans cette direction là qu 'il faut aller. On ne va pas tout résoudre avec ça, mais on va déjà résoudre. Beaucoup, beaucoup. Sonia Senviratné, si je vous embête, parce que j 'ai bien compris que je vous embête avec mes questions de journalistes, non pas climato-sceptiques, mais sceptiques, c 'est mon métier d 'être sceptique. Est-ce qu 'on n 'a pas sous-estimé, sous-thématisé cette histoire de l 'urgence de l 'adaptation au sein de la communauté scientifique ? Si je me permets de vous poser la question, c 'est parce que c 'est votre éminent confrère François Gemmène, l 'un des auteurs du sixième principaux du sixième rapport du GIEC qui émet cette hypothèse émettait cette hypothèse le 11 juillet dernier sur BFMTV écoutez-le Je vais davantage insister sur l 'adaptation il faut reconnaître que jusqu 'à il y a quelques années le discours sur l 'adaptation c 'était le parent pauvre du discours sur le climat on disait c 'est un discours de renoncement c 'est un discours de défaitisme on le voyait même parfois comme une manœuvre des industries fossiles pour affaiblir la cause de la décarbonation alors qu 'il faut faire les deux Il faut à la fois décarboner l 'économie et nous adapter à un climat qu 'on ne connaît pas encore.

26:52– Vous parle de quoi, François Gemmène, là ? De la vente, cette espèce de… – Non, mais ce n 'est pas vrai qu 'on a négligé l 'adaptation. Dans le rapport du GIEC, il y a trois groupes du GIEC. Il y a le groupe sur la physique du climat, il y a le groupe sur l 'adaptation et le groupe sur la mitigation. Ces groupes, ils existent depuis le début, dans les années 90. Donc, on a toujours eu aussi l 'adaptation. Il n 'y a pas du tout de question là-dessus. Maintenant, le point principal, c 'est de dire qu 'il faut à la fois s 'adapter et faire la mitigation. Et la raison pour laquelle maintenant, on est obligé de parler d 'adaptation, c 'est que si on avait fait la mitigation il y a 20 ans, on n 'aurait pas eu besoin de faire l 'adaptation maintenant.

27:27Donc maintenant, ça devient un sujet parce que le changement climatique s 'est tellement développé qu 'on n 'a plus le choix. On est obligé de s 'adapter, mais on doit quand même faire la mitigation parce que sinon, ça va devenir intolérable. Donc on n 'a plus le choix, on doit faire les deux. Il a quand même fallu attendre 2026 pour que l 'adaptation soit plus un gros mot. Non, ce n 'est pas ça, il s 'est toujours été un sujet. Je pense que c 'est vrai qu 'il y a peut -être eu, du côté des mouvements larges, scientifiques ou écologistes, cette idée de dire, si on peut s 'adapter, alors on ne va pas changer.

27:56C 'est ce que dit François Gemay, non ? Oui, mais ça se comprend. C 'est peut -être vrai, d 'ailleurs. Non, mais moi, quand j 'ai commencé... C 'est ce que dit Bertrand Picard, il a peut -être raison. Si on peut s 'adapter, alors on n 'a aucune raison de changer. Oui, mais sauf que là, on arrive sur des seuils où... Bon, moi, je crois que l 'être humain va toujours s 'adapter. Après, on a sur le cœur et la grande peste. il y a un européen sur trois qui m 'a, c 'est -à-dire on peut s 'adapter dans les conditions humainement catastrophiques. C 'est -à-dire que... Il faut s 'entendre sur ce que ça veut dire, adaptation.

28:21Est-ce que l 'humanité va se faire ? Oui, mais dans quelles conditions ? Et c 'est ça, c 'est là-dessus où il y a un problème. C 'est là-dessus où on a quand même un enjeu, je trouve, de récit, c 'est que si s 'adapter, c 'est un prétexte pour continuer, comme on le disait avant, on va détériorer nos conditions de vie. Et on va péjorer nos conditions de vie. Et c 'est ce qui s 'est passé, et c 'est ça qu 'on dit. C 'est -à-dire que, oui, on va mettre, bien sûr qu 'il y aura des urgences, puis l 'éclime, etc., mais dans le fond, ce qui est bête, dans ce moment-là, l 'histoire de l 'humanité, quand les petits écoliers, dans 100 ans, ils vont étudier ce momentum de l 'humanité, ils sont bêtes ou quoi ?

28:58Ils avaient tous les rapports pour préserver leurs conditions, et nous, les Occidentaux, avant tout, qui sommes quand même parmi les plus riches du monde, les mieux dotés du monde, eh bien, on a continué à brûler, à faire comme avant, alors qu 'on avait plein de solutions techniques de prospérité, de créativité, d 'innovation, de réindustrialisation de l 'Europe. Vraiment, pas du tout un truc de renoncement. Au contraire, un projet motivant, puis non, non, on va faire comme ça parce qu 'on aimait bien brûler le pétrole qu 'on importe d 'Arabie Saoudite et le gaz de M. Poutine. C 'est ça que vont lire les écoliers dans 100 ans.

29:29C 'est bête. On est dans une situation bête. Et la colère des jeunes, elle est liée à cette bêtise. Maintenant, vous l 'avez dit, on a le climat qu 'on a, on a fait la bêtise et l 'irresponsabilité générationnelle qui a eu ces dernières années, ces dizaines dernières années en matière politique, elle est là. Et maintenant, c 'est qu 'est-ce qu 'on fait ? Oui, on va s 'adapter, on va s 'adapter à la Covid. On doit, de toute façon, n 'importe quel élu politique, au bout d 'un moment, s 'il y a de la souffrance, il doit y aller. Il y a de la souffrance dans les hôpitaux, dans les crèches, etc., on devra y aller.

29:56Ça va être des emplades sur une jambe de bois. On fait souvent comme ça en politique, dans l 'urgence, ce qu 'on a fait avec la Covid, etc. Là, ce qui est bête, c 'est que la Covid nous est tombée du ciel, alors que là, on le savait, tout ça est annoncé j 'ai vu tous les politiciens qu 'est-ce qu 'on peut faire il fallait lire le rapport le ministre de l 'environnement suisse n 'a pas lu le rapport sur son bureau donc ce niveau d 'irresponsabilité il provoque une colère les Verts n 'ont pas lu le rapport non plus les Verts appellent votre parti à installer de la climatisation dans les endroits sensibles comme les hôpitaux, les EMS j 'ai jamais vu les Verts appeler à installer la climatisation ils n 'ont pas vu passer Vous pouvez faire, en France c 'est le grand débat Tout ça à cause des verres Mais je ne dis pas que c 'est à cause des verres Je dis simplement que personne n 'a vu passer ce poc Mais attendez, moi j 'étais ministre de l 'énergie J 'ai installé du refroidissement Pendant 12 ans de mandat Donc il fallait quoi que je fasse un petit rapport Regardez, j 'installe une clim Non, je l 'ai fait parce que c 'est notre job Parce que c 'est le job de n 'importe quel gouvernement Le débat aujourd 'hui C 'est s 'adapter forcément Mais on insiste là-dessus C 'est que si on continue à brûler au bout d 'un moment, l 'adaptation va être terrible.

31:06Et impossible. Et impossible. Et c 'est dans ce sens-là que oui, on va s 'adapter, mais oui, on doit arrêter. Bertrand Picasso, Ness, et lui, là-bas. Moi, ce qui me donne de l 'espoir, beaucoup plus que l 'adaptation, c 'est le fait que la période géopolitique actuelle nous montre que les énergies renouvelables permettent d 'augmenter la souveraineté et l 'indépendance, qui était un grand argument de campagne de l 'extrême droite. Absolument. Donc, il y a moyen de capter l 'extrême droite dans cette transition énergétique. On voit qu 'on a, pour les énergies renouvelables et les efficiencies énergétiques, des développements économiques extraordinaires.

31:43On peut capter le centre. Ça fait baisser les factures énergétiques des gens les plus démunis. Ça permet d 'avoir une qualité de vie nettement meilleure pour les gens les plus démunis. Ça permet d 'avoir les socialistes avec nous. Et les écologistes, de toute façon, seront là, parce que de toute façon, il s 'agit de protéger l 'environnement. Donc, il y a un côté fédérateur dans la crise actuelle et géopolitique actuelle qui peut même faire dire que celui qui a le plus aidé les énergies renouvelables depuis 20 ans, c 'est Trump. – Alors, il faut suivre, hein, chez vous, il faut suivre. – Accrochez-vous.

32:14– Non, je voulais revenir sur cette question d 'adaptation. Juste pour dire ce mot, on ne l 'a pas découvert en 2026. – Non, je suis d 'accord. – Il y a eu la littérature là-dessus. Et puis, en plus, c 'était plutôt justement toujours l 'excuse par le passé, même en Suisse, de dire, de toute façon, on est riche, on va pouvoir s 'adapter. Et au contraire, je dirais que le dernier rapport du GEC, ce que le dernier rapport du GEC a montré, c 'est qu 'il y a aussi les limites de l 'adaptation. Ça, c 'était un des sujets principaux qui est en fait revenu dans ce rapport. Et là, justement, on voit déjà les limites de l 'adaptation parce qu 'on a des personnes, par exemple, qui décèdent.

32:44En 2022, on a eu à peu près 60 000 personnes qui sont décédées des conséquences de la canicule en Europe. Jusqu 'à présent, on ne sait pas encore combien de personnes on aura cet été, mais certainement autant, peut -être même plus. Donc, les limites de l 'adaptation, on les atteint déjà maintenant. – Et des études aussi qui montrent les limites sur le cerveau, donc ça veut dire plus de violences conjugales, plus de féminicides notamment, donc c 'est les souffrances animales, on a vu beaucoup de choses terribles, et puis aussi des phénomènes irréversibles, quand on est dans la ciflification des océans, quand on est dans le réchauffement des océans, donc il y a aussi des phénomènes, il n 'y a pas d 'adaptation possible, il y a un basculement, d 'où ce qui fait peur aux scientifiques, c 'était d 'un basculement du système Terre vers des situations qu 'on ne peut même pas anticiper, et qu 'on ne peut même pas programmer.

33:29Donc ça, c 'est bien d 'avoir en tête pour se dire au moins qu 'on puisse anticiper ce qu 'on connaît parce que le reste, on n 'est pas sûr et ça peut être la théorie des dominos. Donc c 'est la suraction qu 'il faudrait maintenant et pas une suradaptation, mais une suraction pour anticiper l 'avenir. Alors, j 'aimerais qu 'on passe le dernier petit quart d 'heure de cette émission sur l 'adaptation psychologique. Nos esprits, nos sourires, notre état d 'esprit face à tout ça, vous avez compris qu 'il y a une tension là-autour. Il ne vous aura pas échappé que cet été brûlant a été vécu globalement, probablement, y compris par vous, comme une calamité.

34:01Eh bien, figurez-vous que ce réflexe a interpellé Jean-Marc Allon, le coproducteur de cette émission, et c 'est sa question longue, ce soir. Bonsoir, Jean-Marc. Oh là ! Bonsoir, tout le monde. Bienvenue. Je suis aussi sur le plateau. Ça me fait plaisir de vous retrouver, même si vous êtes taraudé très tôt dans la saison, cette année. Oui, comme tout le monde, j 'ai l 'impression qu 'on a vécu une bascule cet été. D 'habitude, l 'été, ça rime avec plaisir, vacances, farinientes, avec une certaine insouciance. Et j 'ai l 'impression que cet été, vraiment, on a un peu perdu cette insouciance. Il y a des images qui nous ont marquées.

34:36Chez nous, ici, en Europe, avec ces rivières asséchées, ces incendies, évidemment, ces montagnes qui fondent, qui tombent. Et puis, il y a ce qu 'on a ressenti vraiment physiquement, la fournaise, la peau qui brûle sous le soleil, les nuits difficiles, les nerfs à fleurs de pente. Le stress, vraiment. Vraiment, je crois que c 'est une des premières fois où énormément de monde a été touché physiquement, on va dire, par le réchauffement climatique. Et tout ça, c 'est angoissant. C 'est angoissant aussi parce qu 'on l 'a bien compris, ça ne va pas s 'arrêter du jour au lendemain. On est parti pour avoir des athées brûlant encore pendant des années, peut -être des siècles.

35:10On n 'espère pas. On n 'espère pas, mais on est quand même un peu parti dans cette direction-là et on ne peut pas stopper le chauffage du jour au lendemain. Alors, qu 'est-ce qu 'on fait avec ça ? Il faut agir, bien sûr, mais il faut aussi continuer de vivre. et on ne peut pas faire que s 'inquiéter. Et au milieu de tous les discours anxiogènes, catastrophistes, ce n 'est pas facile de se projeter. Qu 'est-ce qu 'on dit, par exemple, à nos enfants pour qu 'ils envisagent un avenir heureux et qu 'ils ne vivent pas avec la peur au ventre ? Est-ce que nous, on ne doit pas changer un petit peu le narratif, notre état d 'esprit, trouver une manière peut -être plus positive d 'aborder l 'avenir sans nier le problème ?

35:43Sinon, Sophie Swatton, c 'est un peu la double peine. Non seulement on va suffoquer, mais on est aussi condamné à angoisser et à déprimer, non ? Oui, alors Barcelone est un bon exemple. Tu parles, Antonio, des pays du Sud. Barcelone est en train, lance en septembre de cette année aussi, tout un programme sur l 'asphalte aussi pour essayer de mettre à partir de millions, alors ce n 'est pas de l 'agriculture, mais à partir des noyaux de l 'huile d 'olive, aussi tout un programme par rapport au bitume, qui est aussi quelque chose de catastrophique au niveau des gaz à effet de serre, au niveau du stockage, au niveau du carbone.

36:16Donc voilà, je ne dis pas qu 'il n 'y a pas ce genre de solution. donc ça, ça montre que tout de suite en Barcelone il y a eu quelque chose, en Autriche en Allemagne, en France, il y a des plans aussi pour les forêts, de soutien, de prolongement donc il y a des solutions qui existent à court terme et pour les enfants ben non, le but, enfin en tout cas mes enfants Oui, ben oui, on en a, on en a Et c 'est de je dirais la bonne nouvelle dans ce qui nous a émus, dans ce qui nous fait du mal, dans ce qui est troublant, c 'est aussi l 'augmentation de la sensibilité aux vivants il n 'y a jamais eu autant d 'élans de coopération des lampes de solidarité, donc c 'est terrible d 'être obligé d 'en arriver là peut -être pour agir mais en même temps c 'est peut -être ce qui va faire la force du sursaut si on va retenir comment garder le moral et donc d 'éveiller les enfants, de protéger encore plus ce qu 'on aime, ça veut dire d 'aller au lac, les arbres, d 'entretenir cette sensibilité qui est non pas quelque chose d 'esthétique pour être complètement neuneux et que c 'est merveillé, mais pour l 'entretenir et la transformer en moteur d 'action.

37:14Ce mot il est important, l 'action, c 'est -à-dire comment, quel que soit le métier qu 'on fait, quelles que soient les études qu 'ils vont faire, que ce soit du marketing à la banque, la finance, l 'emploi, l 'archéologie, la manière de construire, de pouvoir avoir ces limites planétaires en tête, de pouvoir avoir ces étés brûlants, mais de faire en sorte que l 'on aille vers du positif, vers de l 'action, pour la préservation et la vraie anticipation. C 'est ça que je leur dis. Mais il faut profiter de la vie pour la protéger. Bertrand Bégaard, je m 'adresse aux psychiatres. Donc, on arrive à…

37:43Le cerveau, il peut s 'adapter, il doit s 'adapter ou finalement, est-ce qu 'il faut aussi peut -être garder une certaine angoisse pour agir ? Mais il y a deux types d 'angoisse. La l 'angoisse qui est propagée par les marchands de peur et les marchands de problème pour dire on est foutu et ça justifie le fait qu 'ils existent. Et puis, il y a une autre angoisse qui est celle qui doit nous obliger à utiliser des solutions pour améliorer la situation. Si on n 'est pas angoissé devant ce qui se passe en ce moment, c 'est qu 'on est fou. C 'est qu 'on est fou. C 'est qu 'on est complètement inconscient.

38:18Donc, l 'angoisse qui nous pousse à agir, l 'angoisse qui nous pousse à appliquer des solutions, qui nous pousse à essayer de fédérer autour de cette lutte climatique, elle est bénéfique. Mais elle est compatible avec le bonheur ? Mais bien sûr. Je pose la question. J 'ai vécu longtemps dans ma vie avec de l 'angoisse, une vraie boule comme ça. Je n 'étais pas très heureux. Non, mais l 'angoisse est incompatible avec le bonheur si on n 'agit pas. Par contre, l 'angoisse qui nous pousse à agir, c 'est un soulagement, parce qu 'on atténue notre angoisse en agissant. Mais agir, ça veut dire appliquer toutes les solutions.

38:51À la Fondation Solar Impulse, on en a 1650, répertoriés, qui viennent du monde entier. On en a plein d 'ailleurs du canton de Vaud. Des solutions extraordinaires pour recapter la chaleur perdue dans les parkings souterrains pour l 'hiver. De l 'agrivoltaïsme, des systèmes qui récupèrent de l 'eau. il y a le cool roof qui réfléchit la chaleur vers l 'extérieur pour baisser les îlots de chaleur mais tout ça ça c 'est de l 'adaptation non baisser les îlots de chaleur baisser les îlots de chaleur ça fait comme pas de baisser le CO non Alexia on est dans la troisième partie je suis d 'accord je vais respecter mon propre schéma un point qui m 'a beaucoup préoccupé ces dernières années c 'est un peu quel est le récit le récit autour de ces questions écologiques dans le fond et c 'est vrai que le récit un peu dominant mais il est légitime, celui de Greta Thunberg c 'est la panique, avant de dire la panique, c 'est l 'angoisse et quelque part le récit qui va derrière on essaie de sauver les meubles on va essayer de sauver ce qu 'il nous reste de biodiversité ce qu 'il nous reste de forêt et ce récit-là, il n 'est pas très enthousiasmant et à l 'égard de nos enfants notamment, c 'est difficile moi aussi j 'ai trois enfants petits de dire ta vie, ça va être d 'essayer de sauver les meubles que les baby-boomers ont laissés en désordre.

40:09Et donc, dans ce sens, je crois qu 'il y a un vrai travail ici, politique à faire, en matière de réenchantement de la transition écologique que l 'on doit faire. Et une grande part, je vous suis persuadé aujourd 'hui, Bertrand l 'évoquait tout à l 'heure, elle tient quand même au fait que, et c 'est le slogan qu 'il y avait en France pendant la crise pétrolière de 73, ici, on n 'a pas de pétrole, mais on a des idées. Et cette fierté – C 'est -à-dire l 'Europe, parce que, pourquoi je parle de ça ? Parce qu 'il y a la crise environnementale, il y a quand même les crises de guerre, quand même, qu 'on voit l 'attitude des États-Unis, l 'attitude d 'Israël, à Gaza, on voit, bien sûr, la guerre en Ukraine par les Russes, les offensives chinoises, il y a quand même quelque chose à sauver en Europe, là, mes chers.

40:56Je dois dire qu 'il y a quelque chose qu 'on doit préserver de notre civilisation européenne, et ce patriotisme-là, continental, il doit passer bien évidemment par une souveraineté énergétique. Et cette souveraineté énergétique, qu 'est-ce qu 'elle doit faire ? C 'est qu 'on va mettre en œuvre toutes les idées que Bertrand péniblement récolte de partout, qu 'on doit y aller. C 'est de l 'innovation, c 'est de l 'emploi. On n 'est pas des vendeurs de pétrole, on n 'est pas des vendeurs de gaz. Allons-y avec ça. Qu 'est-ce qu 'on attend ? On doit aussi réindustrialiser. On a laissé nos industries partir en grande partie en Chine et créer du sous-emploi chez nous.

41:31ramons les batteries, on en a besoin 90 % sont produits de là-bas recréons des filières c 'est pas tout évident parce qu 'il y a des impacts énergétiques, c 'est pas évident mais un vrai projet, et c 'est pas le débat de ce soir parce qu 'il y aura aussi le projet de la souveraineté militaire en matière de sécurité sur laquelle l 'Europe doit aussi commencer à se bouger par rapport à l 'évolution du monde mais je fais le lien entre toutes ces souverainetés-là ces indépendances, et c 'est vrai que c 'est incroyable que l 'extrême droite qui devrait être la plus sensible à la question de la souveraineté, l 'UDC c 'est la pire partie de l 'environnement en Suisse.

42:00On l 'a vu, encore un barrochtique qui découvre le réchauffement climatique cet été. Ils sont pas là pour se défendre. Non, c 'est vrai, mais je tiens à le dire parce que peut -être il y a une part de mer à coup de part, puisqu 'on en parlait des verts en disant, on doit arrêter de focaliser tout le temps sur le problème, mais aussi inciter sur la solution et pas dire que la solution c 'est juste sauver ce qu 'on peut sauver. C 'est de peut -être dire à nos enfants, mais non, on se retrousse les manches, on y va, on investit et le monde qu 'on va te laisser, on espère qu 'il sera meilleur que celui d 'aujourd 'hui.

42:25parce que c 'est le seul discours que tout parent peut tenir à l 'égard de son enfant. Le monde que je veux te laisser sera meilleur que le mien. Et tant qu 'on n 'est pas capable de dire ça à nos enfants... Voilà. Et c 'est l 'action. Et c 'est cette action-là. Et ça veut dire aussi définir collectivement quel est ce monde-là qu 'on veut, et nous aussi à notre échelle, suisse, européenne, de dire, ben voilà, ça, en 2050, oui, on aura le réchauffement, oui, on aura les changements climatiques, mais on aura mis ça et ça et ça en oeuvre, comme nos arrières-grands-parents on met en place les barrages, on met en place les réseaux ferroviaires il y a eu des investissements énormes qui ont été faits par certaines générations dont on bénéficie encore j 'aimerais qu 'on dise ça dans 100 ans ils étaient un peu nuls quand même de ne pas tenir compte des climatologues mais au moins ils ont fortement investi pour au bout d 'un moment corriger le tir vous voulez que je vous libère Jean-Marc Allen je sens que vous voulez en réagir je pense que vous avez besoin de moi en réagir j 'ai besoin de voix, j 'ai besoin de vous toujours en toutes circonstances Fini J 'allais dire finis Greta Thunberg Fini le I want you to panic Fini ce discours-là, on change de logiciel maintenant ?

43:31C 'est vrai que le I want you to panic le moins qu 'on puisse dire c 'est qu 'il n 'a pas porté ses fruits Personne n 'a paniqué Si, il y a eu un mouvement en 2019 Qui n 'a pas porté ses fruits dans les rues Si, il y a eu quand même des changements Maintenant on a quand même une loi sur le climat en Suisse Ça a quand même fait bouger les choses Il ne faut pas obliger que cette loi du climat C 'était le résultat d 'une initiative populaire Ce n 'est pas le gouvernement qui a développé cette loi elle venait d 'initiatives populaires sur les glaciers. Ah oui, d 'accord. Mais Greta Thunberg a largement adapté son discours sur l 'espoir.

43:57Elle a sorti un livre quelques années plus tard avec beaucoup d 'auteurs. Elle-même est sorti. Elle-même, elle a dit, la seule manière de bouger, c 'est l 'espoir par l 'action. Exactement le discours qui a été tenu autour de ça. Juste pour dire aussi, pour ne pas faire le procès d 'une jeune femme qui a mobilisé une génération. Mais je pense que ce n 'est pas suffisant. Et ça, pas juste à quelques militants, c 'est aussi les responsables politiques d 'articuler un projet enviable, qui donne envie et qui fait qu 'on crée des majorités pour aller là et qui ne soit pas juste de l 'écologie, je dirais, défensive.

44:26Et nos enfants vont s 'en sortir psychologiquement, eux qui sont déjà confrontés au péril majeur, et peut -être même encore plus immédiat de l 'IA, et au péril d 'un monde qui part complètement en vrille. Si on leur dit à l 'approche de l 'été, ne te réjouis pas de la piscine, mais souviens-toi que si et seulement si tu te retrouches les manches, peut -être, tu seras un jour heureux et on s 'en sortit, ces enfants ? Là encore, on n 'a toujours pas un problème de récicl. Je ne suis pas psychologue, mais je ne leur dis pas ça. Vous êtes philosophe. Non, c 'est de partir, encore une fois, de ce qu 'on a envie de faire.

45:00C 'est toujours de soi vers le monde, en fait. Si on est en paix avec soi, si on est connecté ou vivant, mais je ne dis pas vraiment de ressentir cette harmonie. Si on fait la paix avec soi-même... Vous avez une bonne secrète, je vous pose la question à vous, Sophie Swatton, parce que vous êtes, vous avez les nés dans les indicateurs, vous êtes paniqué à juste titre par ce qui se passe au niveau climatique mondial, et pourtant vous avez un sourire solaire permanent. Donc vous-même, vous avez peut -être une recette à faire profiter dont on pourrait tous profiter, pour garder le moral. Je vais au parc, je me reconnecte.

45:30Quand je suis complètement désespérée, je vais essayer de me ressourcer. Voilà, comme le font, comme on l 'a fait, toute une partie de l 'humanité, comme le font, c 'est quand même la bonne nouvelle, c 'est que 5 % de l 'humanité des communautés autochtones préservent près de 80 % de la biodiversité mondiale. Ils ne sont que 100%. Donc, si on est même 3 % augmentés chez nous, ça ferait aussi augmenter. Donc, je dirais, moi, ce qui me ressource, c 'est de ne pas oublier la beauté du monde. Voilà. Donc, d 'arrêter ces images. Au début, c 'était dur de voir ça aussi. Quelquefois, tout éteindre, on le sait.

45:59On le sait. Donc, maintenant, ce n 'est pas... Qu 'est-ce qu 'on va faire de ce qu 'on sait, en fait ? Sartre qui disait, voilà, on n 'a jamais été autant libre que sous la guerre, en fait. On ne peut rien faire, on peut agir. Voilà. Donc, là, on le sait. donc quels vont être les moteurs d 'action et les enfants le savent aussi donc le monde est beau, pas mentir le monde reste beau la poésie est importante vous me dites pour ça, le monde reste beau et on manque de récits là je rejoins Antonio c 'était une des propositions du conseil du climat qu 'on avait fait sur le laboratoire culturel on a besoin de récits, on a besoin de joie on a besoin de danser et là je reviens aussi de rencontres avec les peuples autochtones ils nous disent, on danse pour ne plus être triste ça ne veut pas dire qu 'ils ne se battent pas, ils se font décimer Leur lutte, elle est constante contre la déforestation.

46:41Ils s 'engagent en politique. Mais on ne doit pas perdre le moteur premier qui est pourquoi on se bat. Et pourquoi on se bat ? Pour être heureux. C 'est quand même la finalité de tout. La finalité de tout, c 'est être heureux. Sauver l 'humanité, ça sert à ça. C 'est être heureux et en harmonie. En harmonie avec le vivant, avec les non-vivants, avec ce qui fait notre humanité. C 'est important pour moi de dire quand même qu 'il n 'y a vraiment pas seulement des mauvaises nouvelles dans le rapport du GIA. Il y en a beaucoup de très bonnes nouvelles. Donc par exemple, si vous regardez le rapport sur la mitigation, Vous regardez quel est le potentiel de réduction d 'émissions d 'ici 2030.

47:12Juste dans quelques années, on voit qu 'on a un énorme potentiel dans le solaire, dans l 'éolien. En très peu d 'années, c 'est possible. On peut réduire les émissions d 'à peu près 20 % dans quelques années si on investit là-dedans. Et en plus, si on regarde les chiffres, c 'est meilleur marché que de dépenser notre argent pour les énergies fossiles. Je veux dire, il y a beaucoup, beaucoup de bonnes nouvelles. On n 'en parle pas assez. Donc, personnellement, je ne suis pas déprimée. mais je pense simplement qu 'il faut que l 'humanité se réveille, réalise que c 'est possible de changer. Les solutions sont là.

47:40Avec le sourire. Bertrand Picard, vous aviez un mot ajouté ? Oui, moi je disais que c 'est vrai que le monde est beau, mais ce qui est triste, c 'est que la beauté du monde ne suffit pas pour que l 'humanité protège le monde. Donc il faut amener un autre narratif pour ceux qui ne sont pas sensibles à ça. Nous, on est sensibles à la beauté du monde, on fait déjà tout ce qu 'on peut, mais les autres, qui sont toujours dans le fossile, qui sont toujours dans la pollution, ou qui sont toujours dans l 'excès. On fait comment pour les faire changer, eux, puisqu 'ils ne sont pas sensibles à la beauté ?

48:09C 'est beau l 'idée de les séduire par la beauté, moi j 'aime bien ça. Oui, mais je pense qu 'il y a des gens qui ne sont pas sensibles à ça. Et je pense que ces gens-là, ils sont sensibles à leur business, ils sont sensibles à leurs habitudes, ils sont sensibles à leur pouvoir. Il faut leur montrer qu 'avec toutes les solutions qui existent aujourd 'hui, leur business ira mieux, leur pouvoir ira mieux. Et ils gagneront le moral, ils retrouveront le moral. Et surtout, ils vont se diversifier dans des nouvelles manières de faire qui seront beaucoup plus utiles au monde pour qu 'ils restent beaux.

48:39Merci mille fois Bertrand Piccard, je suis obligé de vous interrompre pour arriver au terme de cette émission, je vous écouterai toute la soirée. Mais la bonne nouvelle, ou l 'autre bonne nouvelle, c 'est qu 'on ne va pas finir de parler du climat, donc on vous reverra les uns les unes les autres autour de ce plateau, je l 'espère, tout de suite, enfin nous on se retrouve la semaine prochaine. Je ne sais pas de quoi on parlera, on verra ce que nous oser. L 'actualité, tout de suite, Robert Redford va murmurer à l 'oreille des chevaux, parfaitement sur la RTS. Vous êtes une excellente soirée sur notre chaîne ou ailleurs.

49:05Bye bye. ...

49:12... ... ...

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Sécheresse, feux de forêts, éboulement en montagne : avec cinq épisodes caniculaires depuis le mois de mai, l'été 2026 a d'ores et déjà battu tous les records de chaleur sous nos latitudes. Peut-on encore parler de phénomènes extrêmes ou faut-il s'habituer à cette nouvelle réalité ? Comment s'adapter pour ne pas subir? Et comment garder le sourire dans un siècle parti pour être brûlant, quoi qu'il advienne? Comment garder le moral dans un monde en surchauffe ? C'est le débat d'Infrarouge, mercredi 19 août.

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