Comment sauver les vins suisses?

6 May 2026 · 50 min · 23 chapters

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In short

Crise de la viticulture suisse et pistes pour “sauver” les vins suisses face à la baisse de consommation, la concurrence des vins étrangers, l’accumulation de stocks et des arrachages subventionnés.

Guests (backgrounds)

  • Vili Crotoni: vigneron à Satigny; président de l’Association suisse des vignerons en caveau indépendant.
  • Noémie Graff: vigneronne à Beugnien, domaine Le Satigny; s’exprime sur les arrachages et la transition.
  • Alexandre Truffert: président du Mondial du Chasselas; créateur du blog romandduvin.ch; ancien rédacteur en chef de Vignom.
  • Damien Cotier: conseiller national PLR (Neuchâtel); président de Vignoble Suisse (Fédération suisse des vignerons); membre de l’interprofession vigne-vin.

Key claims

  • Production suisse ~30% de la consommation; pas de “surproduction” en soi, mais baisse rapide de la demande et gestion de l’offre.
  • Coûts suisses élevés + manque de protection commerciale; difficulté à exporter (prix de revient vs prix international).
  • Arrachages douloureux: patrimoine et engagement pluri-décennal; subventions pour réduire la surface.
  • Solution discutée: lier droits d’importation (contingent tarifaire 170 millions de litres) à un soutien/effort pour vendre du vin suisse; label “Vin Suisse Durable”.

Notable examples

  • Arrachage de vignes plantées par des grands-parents (Valais/ Saviès) et images de pelleteuse.
  • Chine: fermeture de marché après avoir appris à produire, entraînant surproduction européenne.
  • Été 2024 “pourri” impactant particulièrement les rosés.
  • Suisse romande vs Tessin/Lucerne: vignoble romand réduit, vignoble ailleurs en hausse.

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Chapters

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The Crisis of Swiss Wine

0:00 to 1:27

Learn about the existential crisis facing Swiss vineyards and the cultural implications.

“On ne peut pas forcer les gens à boire s 'ils ne veulent pas boire, même si j 'aimerais bien qu 'ils boivent plus.”

Emotional Impact of Vineyard Loss

3:12 to 6:30

Discussion on the emotional toll of uprooting vineyards and the generational connections to the land.

“C 'est des images, je parle à l 'homme, c 'est des images qui font mal, j 'imagine.”

Addressing the Crisis: Perspectives

6:30 to 7:51

Guests share their views on the current crisis in Swiss wine production and the impact of consumer behavior.

“J 'aurais aimé peut -être que les montants soient plus élevés car ils ne couvrent pas les frais d 'arrachage.”

Understanding Market Dynamics

7:51 to 11:00

An exploration of the external factors affecting Swiss wine consumption and market challenges.

“Bien sûr, qui est réel mais là on fait vraiment face à une baisse qui est très meuse.”

Future Strategies for Swiss Wine

11:00 to 14:00

Discussion on potential strategies and innovations to revive the Swiss wine industry.

“On est en deçà et c 'est là qu 'on a un problème.”

Trends in Swiss Wine Consumption

14:00 to 18:26

Discussion on the decline of wine consumption in Switzerland and its implications.

“Vili Kretny, je vais vous apprendre les chiffres de la consommation.”

Challenges Facing Youth Interest in Wine

18:26 to 21:08

Exploration of why young people are less interested in Swiss wines and strategies to engage them.

“Malheureusement, les jeunes s 'y intéressent moins.”

Cultural Perceptions of Wine

21:08 to 24:38

Examination of how cultural perceptions influence wine consumption and production methods.

“Les jeunes à cave ouverte, c 'est de la folie.”

Economic Factors Impacting Swiss Winemakers

24:38 to 28:00

Discussion on how global economic conditions and local production costs affect Swiss winemakers.

“fortement renforcée par le Covid, on nous a répété pendant deux ans à quel point il fallait prendre soin de sa santé.”

The Challenges of Swiss Viticulture

28:00 to 28:34

Explore the unique challenges faced by Swiss winemakers and the impact of production costs.

“Et dans d 'autres entreprises, si vous fabriquez des voitures, par exemple, et que tout à coup, vous avez vos stocks qui s 'accumulent, vous arrêtez l 'usine.”
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The Long Road to Quality

28:34 to 29:26

Understand the lengthy process and difficulties involved in achieving quality wine production.

“c 'est est-ce que la viticulture suisse porte une part de responsabilité dans ce qui lui arrive ?”

Support from Political Bodies

29:26 to 30:08

Discuss the lack of historical support for Swiss wine compared to other regions and its implications.

“Donc là, on voit un petit peu l 'ampleur et la difficulté de la chose.”

The Role of Government Aid

30:08 to 31:19

Analyze how government aid can help the Swiss wine industry and the need for structural changes.

“On n 'a pas de Philippe Le Hardy, duc de Bourgogne qui force tout à coup, toute la Bourgogne à passer au Pinot Noir plutôt qu 'au Beaujolais.”

Exploring Solutions for the Industry

31:19 to 31:56

Identify potential solutions for the Swiss wine industry amidst ongoing challenges.

“mais on n 'a pas fait des changements structurels.”

The Emotional Impact of Vine Removal

32:10 to 33:58

Discuss the emotional and cultural implications of vineyard removal in Switzerland.

“J 'aime bien vous voir arriver comme chaque semaine, mais vous êtes taraudé comme chaque semaine.”

Economic Factors in Vineyard Decisions

33:58 to 36:09

Examine how economic factors influence vineyard decisions and the wine market.

“– La problématique du vin, c 'est que c 'est un produit qui est économique.”

Regional Wine Dynamics in Switzerland

36:09 to 36:59

Investigate the regional dynamics of wine production and consumption in Switzerland.

“Le vin, c 'est d 'abord un problème économique, et c 'est pas que ça.”

Local vs Swiss Wine Perception

36:59 to 38:04

Explore the differences in perception between local and Swiss wines among consumers.

“Et c 'est plutôt une bonne chose si cette culture se développe un peu, peut -être pas trop.”

The Historical Context of Swiss Wine Regulation

38:04 to 41:45

Delve into the historical regulations affecting Swiss wine production and importation.

“mais il faut comprendre ça, ce problème quand même, je pense.”

Balancing Importation and Local Production

41:45 to 42:01

Discuss the balance between importing wine and supporting local Swiss production.

“Juste sur le contingent, sans cette opération.”

Discussion on Swiss Wine Protection Measures

42:01 to 44:24

Learn about the proposed measures for protecting Swiss wines and the challenges faced.

“Il faudra qu 'ils aient fait un certain effort dans la vente, dans la promotion aussi des vins suisses sur le rayon, pour ensuite avoir des droits d 'importation.”

Views on Importer Support and Agricultural Protection

44:25 to 48:22

Explore varying perspectives on supporting local wine production versus import dependencies.

“l 'OMC, je ne sais pas, je vous prête des intentions qui ne sont peut -être pas justes.”

Final Thoughts and Future of Swiss Wines

48:23 to 49:42

Hear insights on the potential for Swiss wine exports and the importance of local consumption.

“la seule porte et la seule fenêtre qu 'il va fabriquer, c 'est pendant son apprétissage.”
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Transcript

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0:02On ne peut pas forcer les gens à boire s 'ils ne veulent pas boire, même si j 'aimerais bien qu 'ils boivent plus.

0:12Aujourd 'hui on trouve des vins qui sont importés en Suisse à 40 centimes le litre, moins cher qu 'une bouteille d 'eau. Les vignes là-bas, les cèpes, ils ont passé 50 ans, je les ai plantés avec mon grand-père, alors ils demandent pardon. C 'est une partie de leur cœur qu 'on arrache, des parcelles de l 'héritage culturel helvétique qu 'on sacrifie. Les vignerons, en pleine crise existentielle, dans un pays où près de 7 bouteilles sur 10 du vin consommé proviennent de l 'étranger. Et même si les vins valaisons reprennent des couleurs, les Suisses boivent globalement moins qu 'avant et les stocks s 'accumulent.

0:54Le marché va-t-il pouvoir se rééquilibrer grâce aux millions de subventions débloquées par la Confédération et les cantons en urgence, non seulement pour faciliter l 'arrachage d 'un dixième du vignoble, mais aussi pour financer la transition vers des vignes plus résistantes au changement climatique. En attendant, ce monde viticole en émoi bat le rappel. Il prépare une initiative populaire pour faire grimper les taxes sur les produits étrangers. Tout cela va-t-il suffire pour inciter à boire local ? Ce sacrifice du vignoble est-ce un mal pour un bien ? Comment sauver la vigne et le vin ?

1:35Rien ne va plus dans nos vignes, au pays du chasselat, du pinot noir, du vignoble classé au patrimoine mondial de l 'humanité. Les Suisses boivent de moins en moins de vin. Bonsoir à tous, merci d 'être avec nous en direct sur le plateau d 'Infrarouge, comme tous les mercredis soir à 20h10. Sujet identitaire ce soir, sujet culturel, sujet patrimonial s 'il en est. La viticulture suisse, vous l 'avez vu, est en crise face à la baisse de la consommation, face à la surproduction, face à la concurrence des vins étrangers, alors que les vignerons sont encouragés à arracher leur vigno, doit-on nous préparer à voir une partie, toute ou partie du vignoble romand disparaître, purement et simplement, de nos paysages de carte postale ?

2:13Quatre spécialistes ce soir pour en parler. Vili Crotoni est avec nous. Bonsoir. Oui, bonsoir. Merci d 'être ici, vigneron à Satini, président de l 'association suisse des vignerons en caveur indépendant, qui se bat sur tous les fronts pour défendre la vignée et le vin en Suisse. Noémie Graff, bonsoir. Bonsoir. Merci mille fois d 'être ici. Vignerone à Beugnien, domaine le satire. Vous nous direz à quel point il faut être inventif aujourd 'hui quand on est vignerone pour s 'en sortir. Alexandre Truffert est avec nous, bonsoir. Bonsoir. Ravi de vous accueillir, président du Mondial du Chasse-là, ça c 'est important.

2:44Créateur du blog romandduvin.ch, ancien rédacteur en chef de la revue Vignom, ici en Suisse romande, qui a des critiques à formuler sur le secteur du vin suisse et un œil tout à fait asséré. Enfin, Damien Cotier, bonsoir. Bonsoir. conseiller national PLR Neuchâtelois, chef de groupe aux chambres, ça tout le monde le sait. Ce que les gens savent un peu moins, c 'est que vous êtes aussi président de Vignoble Suisse, la Fédération Suisse des Vignerons, et membre de l 'interprofession de la vigne et du vin. Alors comment sauver les vins suisses ? Bienvenue dans Afrarouge. Je vais commencer avec vous, Vili Crotoni.

3:13Avant de rentrer dans les détails, de décrypter les ingrédients de cette crise, etc., j 'aimerais revenir sur ces images qui nous ont frappées, qui vous ont certainement frappées, ces gens, vos confrères, qui sont contraints d 'arracher aujourd 'hui des vignes plantées parfois par leur grand-père. C 'est des images, je parle à l 'homme, c 'est des images qui font mal, j 'imagine. Oui, c 'est des images qui font mal, surtout que la production suisse couvre seulement 30 % de la consommation, donc il n 'y a pas vraiment de raison d 'arracher, il suffirait d 'un léger effort par rapport à l 'importation.

3:48L 'importation devrait être le variable et pas la production suisse. Donc aujourd 'hui, il faut reconnaître, et j 'ai entendu tout à l 'heure le terme surproduction des vins en Suisse. Vous n 'aimez pas ça. Non, parce qu 'il faut dire certaines choses. C 'est que la Suisse a été un des pays qui a été le premier à faire un cadastre viticole rigide. C 'était en 1957 où on a fixé à 15 000 hectares la surface maximum de vignes. On s 'y est tenu pendant des années. Jusqu 'à maintenant, on s 'y est tenu. On est même moins plus bas qu 'avant cette crise. On était déjà plus bas que ces 15 000 hectares, à 14 500 hectares.

4:34Et puis, on a depuis la fin des années 80 vraiment limité les récoltes, mis des limites, on ne les a pas dépassées. On ne peut pas parler qu 'on a dépassé ces récoltes et fait de la surproduction. Donc là, il y a quelque chose qui n 'est pas acceptable. On va parler de toutes les solutions de faire la, mais encore une fois, je m 'adresse à l 'homme quand on est vigneron, quand on voit des images de pelme mécanique dans les vignes, en train d 'arracher des cèpes, plantées depuis 50 ans. On a vu les gens pleurer. Oui, c 'est normal. C 'est un engagement qui est fort. On plante et on plante pour des années.

5:10C 'est une culture pérenne. Donc, c 'est des cultures, souvent, on reprend les vignes qui ont été plantées déjà par les générations précédentes. Donc, c 'est clair qu 'il y a... J 'entendais dernièrement, je ne sais plus si c 'est sur une émission, des gens qui parlaient des suicides, des vignerons ou des paysans dans certaines zones. Essayer arracher des vignes qui ont été plantées par les générations précédentes, C 'est un échec, c 'est presque une trahison pour certains qui finissent par se suicider parce qu 'ils ne supportent pas d 'être ceux qui ont mis un terme à ce travail. Même sentiment pour vous dans les migraves, ces images quand on est vigneronnes, on les accueille comment ?

5:57Oui, c 'est véritablement pour nous une amputation. Souvent, le vigneron, la vigneronne va rester pudique dans l 'expression de ses sentiments. mais il y a aussi derrière nous la colère parfois, le désespoir de nos familles, de nos parents, qui ont été la génération précédente, quelquefois les grands-parents, mais aussi des conjoints, des conjointes qui nous soutiennent et nous supportent chaque jour. Vous n 'avez pas dû racher encore, vous, Noémie Graff ? Non, je ne me suis pas inscrite dans ce programme. Je salue pour les situations d 'urgence qu 'il existe. J 'aurais aimé peut -être que les montants soient plus élevés car ils ne couvrent pas les frais d 'arrachage.

6:37Les situations diffèrent de canton à l 'autre. Nous avons dans le canton de Vaud aussi la possibilité d 'arracher, sans subvention fédérale bien sûr, et de replanter avec des aides, des cépages ou résistants ou plus adaptés aux changements climatiques qui ne démarchent peut -être dans lesquels je m 'inscris plus aujourd 'hui. Pour qu 'on comprenne bien, je reviens vers vous. Après je vous entends Damien Cotier, Alexandre Truffert. C 'est la pire crise que vous ayez connue en tant que professionnel ? Oui, c 'est la pire crise. Depuis un siècle ou un demi-siècle ? Alors depuis, je pense en tout cas 50-60 ans, c 'est la pire crise.

7:10On a traversé des crises, mais on n 'a pas eu une chute pareille de la consommation, des changements. On peut dire qu 'on ne s 'est pas relevé et on n 'est pas les seuls du Covid. Il y a eu des changements dans la consommation très importants. Il y a un changement aussi générationnel dans la manière de consommer. qu 'est-ce qu 'on consomme ? Il y a une offre énorme de produits autres pour la consommation donc les jeunes se tournent de plus en plus vers des autres produits que le vin. Il y a tout ce qui est dit par rapport au danger de la consommation de vin qui existe aussi. Bien sûr, qui est réel mais là on fait vraiment face à une baisse qui est très meuse.

8:00Très précédent de mémoire de Vili-Croix-Tenit. Oui, tout à fait. Damien Cotier, je le disais, tout le monde, vous ne savez pas si proche des milieux du vin. Pourtant, vous l 'êtes. Comment est-ce que la Suisse et ses vignobles de carte postale, véritablement, en sont arrivés là ? Oui, j 'ai grandi dans les vignes. J 'habite dans les vignes. C 'était celle de mon grand-papa. Et peut -être d 'abord quand même une remarque sur cette image et cette question que vous avez posée, cette pelle mécanique. Évidemment que c 'est quelque chose de triste et de dur. et les vignerons qui vivent cette crise, c 'est quelque chose de fort.

8:33Après, moi j 'aimerais donner un message aussi positif dans cette situation. On sait que le mot chinois pour crise veut aussi dire la chance et je pense qu 'on doit vraiment la saisir. On était aujourd 'hui dans le canton de Genève avec les vignerons suisses, on avait l 'Assemblée générale de vignobles suisses à Satigny, dans le magnifique vignoble Genevois, Vili Crétigny était aussi là. et à cette occasion on a lancé un nouveau label, Vin Suisse Durable, j 'ai pris ici, voilà on a un joli logo qui va être diffusé, aussi sur le bouchon d 'ailleurs, que les viticulteurs, que les encaveurs qui veulent pourront reprendre pour démontrer qu 'ils ont un souci de la durabilité du vin suisse dans les trois domaines de la durabilité, économie sociale et environnementale et puis aussi évidemment dans les critères de production.

9:26– Souci appelé à devenir un argument de vente alors. – Oui, et qui remplacera le label Vinatura qui existe actuellement. Et puis avec un logo qui insiste sur la suissitude, si je peux dire, parce que c 'est vraiment un des aspects déterminants, un des critères de ces vins suisses, c 'est qu 'ils sont durables, ils sont proches, ils sont profondément enracinés dans notre terroir, dans notre culture. Ça fait plus de 2500 ans qu 'on cultive la vigne en Suisse, et c 'est quelque chose qui définit notre identité, et c 'est particulièrement vrai en Suisse romande ou en Suisse latine, c 'est quelque chose qu 'on ne doit pas oublier, ça va bien au-delà d 'un produit de consommation, c 'est quelque chose de culturel, c 'est quelque chose de social aussi, c 'est un moment de partage, c 'est un moment de passion le vin, et ça c 'est quelque chose sur lequel on doit construire pour retrouver des parts de marché, pour convaincre les jeunes de s 'intéresser davantage au vin, pour trouver des nouveaux marchés peut -être aussi à l 'étranger d 'ailleurs, et peut -être même en Suisse alémanique, parce que là, il faut qu 'on travaille pour avoir plus de parts de marché de vins suisses en Suisse alémanique.

10:27Donc, il y a des chances. Ça prendra du temps. Il faut y travailler, mais c 'est ce que la branche fait. Et moi, je suis ravi d 'y contribuer dans cette fonction à la tête de vignoble suisse parce qu 'on a vraiment quelque chose de merveilleux, des paysages merveilleux, un produit merveilleux. Et puis, il faut simplement le faire savoir. Il faut que les Suisses essaient les Suisses. quand ils ouvrent une bouteille, ils ouvrent un peu plus souvent les vins suisses, un petit peu moins souvent des vins étrangers, même s 'ils sont bons aussi. Ça ne veut pas dire que c 'est interdit. Ce n 'est pas interdit de boire un Grand Bordeaux si on en a les moyens.

10:55Non, mais ce qu 'on vise, c 'est d 'avoir au moins 40 % de consommation de vins suisses, peut -être même un petit peu plus ces prochaines années. On est en deçà et c 'est là qu 'on a un problème. Absolument. Alexandre Truffert, je termine ce premier tour de table avec vous. Alors, Vili Crotoni nous dit on a fait juste, on n 'a pas dépassé, il y a un problème de consommation. C 'est quoi pour vous les vues de très haut, on va les détailler les uns après les autres, les éléments de cette crise multifactorielle, mais pourquoi on en est là aujourd 'hui ? Alors je crois qu 'il y a plusieurs problèmes, le premier problème c 'est qu 'on a beaucoup, beaucoup planté de vignes pendant ces 30-40 dernières années, en Suisse mais aussi dans le monde, en Chine c 'est par exemple 400 000 hectares, c 'est -à-dire près de 30 fois la surface du vignoble suisse, la Chine était un marché qui justement absorbait du vin européen, quand ils ont planté, ils ont appris à faire du vin, quand ils ont su faire du vin, Ils ont fermé la frontière en disant qu 'on ne pouvait plus acheter des Bordeaux en mettant des lois anticorruption dessus.

11:48Donc on se retrouve ensuite avec des pays européens, la France, l 'Espagne, l 'Italie, qui se retrouvent en surproduction avec des marchés qui se ferment. Il y a des problèmes avec les États-Unis également. Tout ça fait qu 'en fait, vous avez un effet boule de neige. Vous avez à côté une baisse de la consommation. On a une baisse de 20 % à peu près en 30 ans et de 10 % en 20 ans mondial. Alors qu 'on a une augmentation de la population, on a des chiffres. Si on prend par exemple le chiffre moyen d 'une bouteille de vin à l 'export sur le marché international, c 'est 3 ,30 euros le litre. C 'est -à-dire que le prix de production en Suisse d 'un kilo de raisin, c 'est plus cher que le prix de vente d 'une bouteille sur le marché international.

12:39Et ça, ça fait que, évidemment, c 'est difficile d 'exporter. Donc, on est sur un marché qui est interne. Ce marché interne, comme on l 'a dit, la consommation baisse. Il y a un certain nombre de points. On peut parler du 0 ,8 au 0 ,5. On peut parler du changement de génération. On peut parler du fait que l 'apéro à midi, quand vous travaillez, C 'est de moins en moins socialement accepté. Il y a le problème de la Suisse-Alémanie, qui est un marché quasiment d 'export pour nous, qui est un marché étranger, qui ne fonctionne pas selon les mêmes codes et qu 'on maîtrise assez mal. Et puis, il y a une chose dont on parle assez peu, c 'est qu 'on a une structure des appellations en Suisse qui est, à mon avis, extrêmement mauvaise, qui est un problème de base, qui a été mal construite il y a 30 ans, parce qu 'il y avait une crise et que ça a été une réponse à une crise et qu 'on paye maintenant.

13:31Avec le système d 'AOC, c 'est un système pyramidal. En disant l 'AOC, c 'est le sommet, les grands crus, c 'est le sommet du sommet. Et en Suisse, on a une AOC où on a 98 % de la production. On va y revenir tout à l 'heure parce que c 'est important. Tout le monde est AOC sauf le 20 tables et le 20 pays. C 'est une table toute plate en fait, avec un tout petit pied. Et ça, ça pose un problème. Alors ça ne réglera pas la question d 'aujourd 'hui, mais ça évitera peut -être la crise dans 5 ou 10 ans. Alors, on reviendra sur cette question des appellations et de la structure du marché, parce que c 'est probablement, effectivement, très intéressant.

14:01Vili Kretny, je vais vous apprendre les chiffres de la consommation. Je reste sur la consommation. Avec cette baisse spectaculaire, on va juste l 'illustrer quand même. En 1995, on boit en Suisse presque 300 millions de litres, 293 millions de litres, avec une bonne proportion de vins suisses. 30 ans plus tard, en 2025, on est passé à 211 millions, ça fait 30 % en moins, avec une part de vins suisses qui diminue. Est-ce qu 'Alexandre Truffert vient de faire la liste de tout ce qui explique cette baisse de la consommation ? Baisse de la consommation, c 'est détournement des jeunes ? On a fait le tour de cette question ou il y a encore d 'autres choses qui expliquent la baisse de la consommation ?

14:42Alors sur la consommation mondiale, totale en Suisse, il y a plusieurs phénomènes, justement plein de nouvelles boissons qui sont sur le marché. Il y a toutes les campagnes par rapport à la santé qui sont mises en avant pour essayer de faire diminuer la consommation d 'alcool. Vous voulez regretter ces campagnes ? Parce que c 'est difficile d 'opposer la culture du vote à la santé des gens. Mais dans nos communications, on reste toujours quand même sur une consommation avec modération. on n 'aurait pas besoin d 'une explosion de la consommation pour avoir juste un peu plus. Mais il y a toutes ces campagnes et je dois dire qu 'il y a une part de mystère dans comment ça se fait qu 'aussi rapidement ça baisse.

15:36Alors il faut quand même le reconnaître, il y a la situation mondiale aujourd 'hui qui fait que les gens sortent peut -être moins ou ont besoin de s 'évader. On le voit à Genève, les gens ont tendance, dès qu 'il y a un week-end ou comme ça, de partir pour trouver d 'autres paysages, pour se sortir un petit peu de la situation actuelle, pour aller changer les idées. et je pense que ça, ça joue un rôle, les gens qui partent. Et je pense qu 'avec la guerre, avec l 'inflation, là, ils entendent parler de la montée du pétrole, du prix du pétrole, il y a quand même les logements et tout ça, toutes les charges sont très hautes.

16:24Et je pense qu 'il y a un climat, là, actuellement, on fait face à un climat qui est négatif au niveau de la consommation. Maintenant, si on parle du vin suisse, c 'est clair qu 'en Suisse, quel que soit le produit, que ce soit un produit agricole, artisanal ou industriel, quand c 'est produit en Suisse, c 'est clair que ça coûte plus cher. Et là, on a un véritable problème de manque de protection par rapport à nos produits. C 'est -à-dire, nous, on ne pourra jamais sortir des bouteilles à 3 ,30 francs la bouteille en magasin. Et quand bien même, vous n 'auriez peut -être pas très envie de le faire, d 'ailleurs.

17:05C 'est -à-dire que nous, on veut pouvoir payer nos ouvriers un salaire correct. Et moi, je le dis clairement, aujourd 'hui, on n 'arrive pas à payer des salaires corrects. On respecte la loi, mais je regrette. Mais dans l 'agriculture et dans la viticulture, aujourd 'hui, on nous met en sous pression sur les prix, on nous empêche de payer des salaires corrects. D 'ailleurs, la preuve, c 'est qu 'on a de la peine à engager des jeunes de chez nous pour la viticulture. Cet après-midi, on avait la séance, je discutais avec un collègue du canton de Vaud qui a été professeur à Changin. Il me disait qu 'il y a de moins en moins de jeunes qui vont à Changin.

17:52et il me disait que dans le groupe qui vient de sortir des cours avec son fils, il me dit qu 'il y en a pratiquement point qui sont intéressés à reprendre le domaine familial. Parce qu 'il y a une situation qui est trop difficile. Donc, je pense qu 'on a fait beaucoup d 'efforts. Il y a la question des appellations, je ne suis pas tout à fait d 'accord. Non, non, on y reviendra. On s 'est battus par rapport à cette question. Il y a un moment où vous ne serez pas d 'accord. autour de cette table. Moi, il est arrivé gentiment. L 'instant, chacun fout de lui ses armes. Je reste juste une seconde sur la consommation.

18:25C 'est un truc de vieux, le vin ? C 'est devenu un truc de vieux ? Malheureusement, les jeunes s 'y intéressent moins. Et je pense qu 'il faut casser ça. Et d 'ailleurs, c 'est dans la stratégie de Swiss Wine Promotion, qui est l 'organe de promotion des ventes au niveau national, de véritablement faire des actions spécifiques pour convaincre la jeunesse que c 'est un produit qui est plaisant et qui peut être intéressant. Et vous allez vous faire tomber dessus par les milieux de la prévention qui nous regardent. Et justement, c 'est là-dessus que je voulais réagir, parce que je pense que vous avez raison de soulever cette question.

18:53Il y a véritablement un excès dans les messages qu 'on reçoit, notamment, et Dieu sait si je suis un défenseur du multilatéralisme et de la Genève internationale, mais quand on entend les messages d 'organisations comme l 'OMS, dans des questions comme celle-ci, on nous donne le message zéro. Ça, ça a été dévastateur possible, c 'est nouveau. Zéro alcool, zéro tabac, zéro, zéro, zéro. D 'ailleurs, on aura bientôt zéro foie gras, peut -être, parce qu 'il y aura une votation populaire sur ce sujet en Suisse. la vie ne va pas être très marrante. Si on veut rester tellement en pleine forme qu 'on ne consomme bientôt plus rien, et je pense qu 'on ne doit pas être dans l 'excès.

19:25Moi, je suis aussi à la Commission des transports, vous savez. C 'est comme si on nous disait, il y a des risques à circuler sur la route, alors il faut circuler à zéro kilomètre heure. C 'est ça à peu près le... – Le moyen de transport le plus dangereux étant la marche à pied, statistiquement. – Oui, mais pas à zéro kilomètre heure, idéalement, si on veut se déplacer. Et donc, il faut qu 'on sorte de cette logique. Il y a d 'ailleurs un postulat qui a été accepté au Conseil des États récemment à ce sujet pour dire n 'exagérons pas dans ces messages. Oui, la consommation avec modération. Oui, il faut faire attention à la santé, il y a des éléments.

19:52Mais le but ne doit pas être zéro. Et je pense qu 'on peut parfaitement y arriver avec la consommation de vin. C 'est un des critères, une des raisons pour lesquelles la consommation baisse au niveau mondial, au niveau européen, pas seulement au niveau suisse. Mais on doit sortir de cette logique. Et puis d 'ailleurs, les jeunes… Vous allez recevoir quelques mails, vous le savez. Les jeunes, oui, je les réponds. Les jeunes, on en reçoit souvent. et c 'est très bien d 'ailleurs, on a ce contact direct avec la population dans la politique suisse. Vous en tant que du chatelois avec Philippe Maurice, vous défendez et le vin et le tabac, ils doivent vous détester du côté d 'addiction suisse.

20:23Je pense qu 'on ne doit pas être dans l 'exagération, on doit être dans les équilibres. Et la modération, ce n 'est pas zéro. Et ça, c 'est vraiment un message. Et par rapport aux jeunes, ils consomment moins de vin, ça ne veut pas dire qu 'ils ne consomment pas d 'alcool du tout, et il y en a qui consomment des trucs qui sont très sucrés, très industriels et très chimiques. Je ne pense pas que c 'est mieux, ni pour nos paysages, ni pour notre culture, ni pour leur santé. Je pense que, par rapport aux jeunes, moi je fais le marché des grottes tous les jours. Très couru par la jeunesse. Très couru par la jeunesse.

20:52Les jeunes viennent boire du blanc, viennent boire plutôt blanc et rosé. Les caves ouvertes sont un succès. Les caves ouvertes sont un succès. Je pense que ce qu 'on doit travailler aujourd 'hui, c 'est refaire de l 'offre pour les jeunes. On n 'a pas assez d 'offres qui correspondent aux jeunes. Les jeunes à cave ouverte, c 'est de la folie. Ils passent une journée magnifique, ils boivent des verres. On n 'a pratiquement pas de cas à cave ouverte. Moi, j 'ai rarement eu un problème de personnes complètement bourrées et qui fait du chien et tout. Vous avez fait quelques caves ouverts, j 'en ai croisés quand même.

21:30Mais il y a quelques caves où il y a eu des problèmes, mais je peux vous assurer, nous, on a eu des caves où il y a beaucoup de monde qui arrive parce qu 'on est tout près de la gare. mais on a très peu de cas de gens alcoolisés trop fortement alors quand on gagne les fonds dans les prochains jours alors c 'est ça dans le Valais c 'est 13-14 je crois mais ensuite ce sera les Vaudois et puis ensuite ce sera la fin du mois pour ceux qui veulent N 'oublions pas le Tessin dans 10 jours mais en fait je m 'étonne de votre question parce que vous le présentez comme un défaut d 'être une boisson de vieux c 'est pas gentil pour les vieux on a envie d 'avoir des boissons nous aussi.

22:08On est dans un pays de vieux, donc ce serait plutôt une bonne nouvelle que ce soit une boisson de vieux, puisque c 'est eux qui ont de l 'argent et qui sont nombreux. Mais en étant inclusif, c 'est vrai qu 'on peut aussi, nous, en tant que vignerons, proposer des boissons qui peuvent plus résonner aux oreilles des jeunes. Ce n 'est pas forcément un problème de vin, mais c 'est vrai que dans la tradition, le vin européen s 'inscrit dans une mise en valeur des terroirs. Ce sont des connaissances, des expériences qui sont longues à acquérir. Le Nouveau Monde a eu l 'intelligence, la pertinence économique de se dire, c 'est trop compliqué de déterminer les appellations Bourgogne, Bordeaux, on va faire simple, on va faire cépage, on va faire marque.

22:42J 'ai envie de dire que naturellement, cette évolution a continué, puisque maintenant, on parle beaucoup presque de méthode de production. Le consommateur, notamment jeune, avec moins d 'expérience de dégustation, qui lui viendront avec les années, pas de souci, va parler de, peut -être, méthode de production, va choisir un vin bio, va choisir un vin nature, ou alors se tourner vers ces vins qui ne donnent pas forcément une sensation d 'exclusion, s 'il n 'a pas les connaissances adéquates, les rosées, les bulles, sont faciles d 'accès, on a moins l 'image pesante du grand-père le dimanche qui découpe le jugo pendant des heures avec le vin étranger à carafé.

23:18On a besoin de cette vision-là. Moi, j 'ai quand même le sentiment qu 'en termes de palette des vins, notamment en Suisse, nous avons de quoi toucher les gens de la même façon que tout le monde finit par trouver son chasse-là. Le consommateur de tout âge peut trouver, ben voilà, un vin classique, traditionnel, orange, barriquets ovnis comme on dit parfois je garde cette phrase, tout le monde finit par trouver son chasse là c 'est une très jolie phrase d 'ailleurs les blancs sont moins frappés par la crise actuellement et ça correspond à ce que dit madame on a montré, je vous laisse la parole on a montré tout à l 'heure les chiffres de la consommation sur 30 ans donc c 'était vraiment le temps très long si on avait été très très granulaire année après année on aurait vu une petite bonne nouvelle récemment sur la consommation de 28, c 'est -à-dire que la consommation baisse, mais la part des vins suisses dans la consommation générale réaugmente un tout petit peu.

24:08C 'est notamment le cas en Valais, on a appris ça hier. Est-ce que ça veut dire qu 'on a un début, début, bout de lumière au bout du tunnel qui se dessine, que le problème est déjà en train de se régler un peu tout seul ? Ou alors c 'est une année, c 'est une variation annuelle ? Je dirais que 30 ans, le temps long, dans les 8500 années d 'histoire de la viticulture, on est encore à petite échelle, on ne peut pas nier qu 'il y a eu une baisse de la consommation pour différents facteurs historiques, sociétaux, qui seraient évidemment passionnants d 'aborder ici. Mais cette baisse de consommation structurelle, fortement renforcée par le Covid, on nous a répété pendant deux ans à quel point il fallait prendre soin de sa santé.

24:44On a découvert le jogging, avec bonheur pour certains. Malheureusement, la sortie du Covid s 'est doublée de l 'été 2024, qui a fait une bascule importante dans la consommation des vins, avec ce qu 'on appelle vulgairement un été pourri. donc les vignerons qui avaient misé dans le rosé ça n 'a pas été dans le moment pas de soleil, pas de rosé pas de terre, pas de rosé pas de prosecco, donc c 'est vrai que ça a fortement influencé la rigueur, je vois des facteurs beaucoup plus positifs pour l 'année le millésime 2025 Alors avant de passer au chapitre solution dans quelques minutes ou quelques secondes j 'aimerais quand même revenir sur cette question qui vous fâche de la production sur le front de la production on entend parler de surproduction c 'est -à-dire qu 'on a des stocks qui s 'accumulent, c 'est un peu la définition de la surproduction.

25:32Je vais vous poser des questions qui fâchent, je ne sais pas qui va répondre. Est-ce que la viticulture suisse paye le fait d 'avoir peut -être produit trop longtemps, trop, et surtout trop de vrac, pardon, trop de piquettes ? Non, je pense qu 'on ne peut pas être d 'accord avec ça. C 'est une question. Il n 'y a qu 'à voir les concours aujourd 'hui, les vins suisses. Oui, mais pas tous, il y a des superbevins. On ne peut pas parler de mauvais vin pour expliquer la crise actuelle. C 'est plus cette question de la baisse de la consommation qui a été rapide. Et puis, ça va très vite. Il suffit qu 'il y ait une baisse assez rapide.

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26:11Il y a eu cet été 24. C 'est juste Naomi, là, avait raison soulevé ça. Avec des gens qui, plus c 'était pourri, partaient au sud et tout, donc n 'étaient pas là pour consommer. Et en plus, ils allaient boire du vin italien. Ils allaient boire du vin et du vin ailleurs. Donc là, on ne peut pas parler de surproduction, on ne peut pas parler de qualité des vins qui ne seraient pas bonnes. C 'est vraiment, il y a la question, il y a quand même une chose qu 'on n 'a pas encore dite, c 'est la marge sur les vins étrangers. C 'est quand même, parce qu 'il y a une baisse de la consommation, mais il y a quand même encore une consommation quand même assez forte de vins étrangers.

26:53Donc, il y a une marge très importante pour les importateurs, pour les commerces qui travaillent avec les vins étrangers, beaucoup plus qu 'avec nos produits. On l 'a vu depuis une année où il y a des commerces ou des restaurants qui, tout d 'un coup, changent de gamme parce qu 'ils essayent de retrouver des marges suffisantes. Avec centrifuge sur la qualité, je pose la même question. Je pense qu 'il n 'y a pas de problème de qualité. ce qui est dit est juste, il y a un problème de gestion de l 'offre par contre. De gestion de l 'offre ? Et on n 'a pas géré l 'offre, ou on l 'a géré en baissant les quotas, mais ce n 'était pas une bonne manière de gérer l 'offre.

27:33L 'arrachage permettra de mieux gérer l 'offre à mon avis. Et puis ce qui se passe, c 'est qu 'à partir du moment où vous avez une baisse de consommation et que vous avez un produit agricole, c 'est -à-dire qui va revenir chaque année, si vous avez une offre qui monte, à un moment vous allez avoir les prix qui se cassent la figure. C 'est la même chose dans le cochon, c 'est la même chose dans le gruyère. Et puis le gruyère, quand ils voient que ça ne va pas bien, ils réduisent les quantités. Clairement, ils ont un système de gestion de l 'offre qui permet de faire ça. Et dans d 'autres entreprises, si vous fabriquez des voitures, par exemple, et que tout à coup, vous avez vos stocks qui s 'accumulent, vous arrêtez l 'usine.

28:09Vous fermez l 'usine, vous mettez au chômage technique. Les vignerons, ils vont avoir une nouvelle année viticole. Je veux dire, vous pouvez stocker, mais au bout d 'un moment, ça revient. il y a une nouvelle récolte, vous ne pouvez pas faire la même chose. Donc il y a quand même cette problématique qui fait que si les stocks commencent à s 'accumuler d 'année en année, au bout d 'un moment vous arrivez à une situation de bascule et c 'est un peu là où on est là-dedans. Ma question, qui forçait un peu à l 'introspection quand on est dans ce milieu-là, c 'est est-ce que la viticulture suisse porte une part de responsabilité dans ce qui lui arrive ?

28:38Il n 'y a pas de raison de faire porter la responsabilité unique à d 'autres mais c 'est vrai que c 'est difficile de reprocher quelque chose de la viticulture suisse dans le sens où les viticultures des autres pays traversent les mêmes crises. Donc ce n 'est pas forcément inhérent et spécifique à la Suisse. C 'est vrai que... Sauf que nous, on a des coûts de production extraordinairement élevés qui peut -être nous obligent à forcer un peu ce tournant qualitatif qui a été pris il y a quelques temps et qui n 'est peut -être pas arrivé au terme du tournant. Alors au-delà de la responsabilité du vigneron dans sa production, rappelons déjà la difficulté d 'amorcer un virage.

29:12C 'est -à-dire que quand on veut, par exemple, viser un autre encépagement, on plante ces quatre ans d 'attente, il faut prendre un petit coup de main et sur les vignes, sur la cave, on passe à 10 ans, on veut que les racines descendent dans le terroir, on passe à 15. Au bout d 'un moment, on arrive pour maîtriser un cépage au même temps qu 'il faut pour amener un enfant de la naissance au CFC ou au baccalauréat. Donc là, on voit un petit peu l 'ampleur et la difficulté de la chose. Mais c 'est vrai que la viticulture, au niveau mondial, Alexandre Truffert l 'a rapporté sur la question de la Chine, les politiques investissent ce secteur.

29:42la Champagne s 'est construite avec le soutien des rois, la Bourgogne avec celui des moines et des ducs, que dire de Bordeaux qui s 'est construit avec le soutien au combien glamour de la cour d 'Angleterre c 'est quelque chose que la Suisse n 'a pas, alors que finalement le vin, moi j 'aime beaucoup cette image on peut dire d 'une certaine façon que notre terroir c 'est le marbre de Carrard et que le vigneron c 'est Michel-Ange, disons haut, mais par contre il faut des médicis, c 'est -à-dire des gens qui font en sorte que le David de Florence existe donc moi je pose la question, où sont nos médicis ?

30:08On n 'a pas de Philippe Le Hardy, duc de Bourgogne qui force tout à coup, toute la Bourgogne à passer au Pinot Noir plutôt qu 'au Beaujolais. Est-ce que ça c 'est pour vous ? C 'est vous Philippe Le Hardy ? C 'est vous qui êtes visé les politiques ? Je ne suis pas sûr que j 'ai envie de revenir à la période des rois de France ou des rois de Prusse d 'ailleurs. Mais il y a un rôle pour les pouvoirs publics. Clairement. Il n 'y a pas rien qui se fait d 'ailleurs. Il existe quand même des paiements directs. Il existe des sublits, par exemple, à l 'encépagement des cépages durables, résistants, pardon, des variétés résistantes.

30:40existantes. Et puis il y a cette aide, elle a été évoquée avant, qui a été votée par la Confédération, par le Parlement fédéral d 'ailleurs, le Conseil de France, on ne voulait pas l 'année passée, pour ces restructurations, ces arrachages qui se font dans certaines régions, parce que la situation est différente d 'une région à l 'autre. Toutes les régions de Suisse n 'ont pas les mêmes enjeux, n 'ont pas les mêmes tailles de vignobles d 'ailleurs, mais là où ces mesures doivent être prises parce que les entreprises ne peuvent pas faire autrement, il y a un coup de main de la Confédération et parfois du canton derrière.

31:08Et donc ces mesures, elles sont là, tant qu 'à mettre de l 'argent pour soutenir la viticulture, autant le faire intelligemment et éviter que la prochaine crise revienne dans trois ans parce qu 'on a seulement aidé les gens à passer le cap, à faire le dos rond, mais on n 'a pas fait des changements structurels. Mais il ne faut pas seulement voir ces soutiens du côté de réduction, non plus des pouvoirs publics. Évidemment, la branche doit se prendre elle-même en main, il y a un rôle du consommateur, mais il faut aussi le voir du côté justement d 'une amélioration, d 'un développement de l 'offre, et ça a été évoqué avant.

31:37Des nouveaux produits, il faut innover. il faudra apprendre à exporter les autrichiens l 'ont fait on doit pouvoir le faire, enfin il y a un tas de domaines dans lesquels on peut aussi faire développer en fait la branche. Vous me faites le sommaire de la deuxième partie de l 'émission qu 'on attaque maintenant puisqu 'on va parler des solutions, vous pourrez largement parler Vili Crotoni parce qu 'il y en a l 'arrachage malheureusement peut -être fait effectivement partie des solutions qui sont sur la table et il se trouve que cette mesure interroge, je vous le donne en mille un certain Jean-Marc Callen, c 'est la question longue de cette émission

32:09Bonsoir Jean-Marc. Bonsoir Alexis, bonsoir tout le monde. J 'aime bien vous voir arriver comme chaque semaine, mais vous êtes taraudé comme chaque semaine. Et du coup, je suis un petit peu déstabilisé. Dites-nous ce qui vous tracasse. Moi, je suis taraudé, mais un peu comme tout le monde autour de cette table, par les images qu 'on a déjà vues au début de l 'émission, cet arrachage de vignes, l 'émotion de ces vignerons. Celle qu 'on voit ici, ça se passe dans un domaine familial à Saviès, en Valais. Il faut dire que la vigne, ce n 'est pas des patates. Quand on arrache une parcelle, on touche à notre patrimoine, à notre culture, à notre identité.

32:42Et aujourd 'hui, cet arrachage, désormais, il est subventionné par la Confédération, par certains cantons. On paye les vignerons pour qu 'ils réduisent la surface du vignoble dans le but de s 'adapter, on l 'a dit, à la baisse de la consommation. Pourtant, supprimer des parcelles, ce n 'est pas quelque chose de totalement nouveau. Si on regarde les cantons romands, qui représentent quand même l 'immense majorité de la production suisse, suisse, le vignoble s 'est déjà réduit, c 'est particulièrement spectaculaire. En Valais, moins 11 % de la surface viticole depuis 25 ans. Le vignoble vaudois aussi, alors dans des proportions moindres, mais aussi un petit peu rétréci.

33:19Et puis à Genève, on a aussi arraché pas mal de vignes ces dernières années. On arrache donc en Suisse romande, mais ce qui est étonnant, c 'est que si on dézoome un petit peu, puis qu 'on regarde au niveau national, ça reste stable, la surface viticole reste stable. Pourquoi ? Simplement parce qu 'on plante ailleurs, Au Tessin, par exemple, qui est le... Plante du Merlot. Voilà, exactement. Plus 15 % la surface viticole depuis les années 2000 au Tessin. Et puis, on commence aussi à planter de la vigne dans des régions qui n 'avaient pas forcément de culture viticole. C 'est le cas en Suisse centrale et notamment à Lucerne.

33:49Alors, Alexandre Truffert, est-ce qu 'il n 'y a pas quelque chose de totalement paradoxal quand d 'un côté, on subventionne à coup de millions d 'arrachages de vignes et puis de l 'autre, on laisse d 'autres régions planter du vignoble ? – Oui, prendre l 'ampleur. – La problématique du vin, c 'est que c 'est un produit qui est économique. C 'est -à-dire que souvent, on dit la vigne, elle pousse ça. On va faire de la vigne ici parce qu 'il y a un climat qui est adapté. C 'est faux, on fait de la vigne ici parce qu 'on peut vendre un vin qui va derrière. Si vous prenez par exemple l 'Angleterre, c 'est un pays qui a toujours eu du vin.

34:23À une époque, comme l 'expliquait Madame, ils sont allés à Bordeaux. Ils se sont rendus compte que le vin à Bordeaux était quand même meilleur que celui d 'Angleterre. Donc, les vignobles en Angleterre, ils ont décru, il n 'y avait plus que quelques vignerons qui en faisaient pendant un certain nombre d 'années. Ils ont fait venir des vins de Bordeaux, c 'est resté une tradition, on va dire, jusqu 'au milieu du siècle passé. Et puis ensuite, il y a eu des tensions parfois avec la France et maintenant il y a eu le Brexit. Et les Anglais, ils sont prêts à payer cher pour des vins qui sont anglais.

34:57Donc, on replante de la vigne en Angleterre. Alors effectivement, il y a un réchauffement climatique qui fait que c 'est plus facile, mais ce n 'est pas passé d 'impossible à possible. C 'est devenu une notion économique. Et vous pouvez faire la même chose sur tous les vignobles. Vous pouvez prendre par exemple le Mexique pour sortir d 'ici. C 'était un pays qui avait à peu près 400 caves avant qu 'il signe des accords sur l 'OMC. Deux ans plus tard, ils ont été envahis de vins qui venaient d 'Amérique du Sud essentiellement. On est passé de 400 à 3 caves. C 'est pas une question de climat, c 'est une question de l 'économie.

35:30Et là, c 'est exactement la même chose. Si vous êtes à Schwitz et puis que vous avez un petit bout de terrain, vous pouvez faire la vigne, vous savez que vous allez pouvoir le vendre parce qu 'il y a 45 000 schvitzois qui vont être contents d 'avoir du vin du canton. Et puis à ce moment, c 'est normal que là-bas, on plante de la vigne. Et en fait, si vous faites la comparaison, vous verrez qu 'il y a peut -être 20 ans, à part les grands cantons, vous aviez peut -être 5 ou 6 cantons qui n 'avaient pas de vigne. Et actuellement, il n 'y a plus de cantons. – Ce que vous dites, c 'est qu 'il faut sortir de cette idée que le vin, c 'est le Valais, le canton de Vaud, Genève, et puis en Suisse, maintenant, on est en train de confédéraliser tout ça.

36:05– Il faut sortir du côté un petit peu, le vin, c 'est la culture, le vin, c 'est le climat. Le vin, c 'est d 'abord un problème économique, et c 'est pas que ça. Mais si on occulte ça, on a de la peine à comprendre ce qui se passe. – Mais ça veut dire qu 'il y a quelque part, finalement, quasiment un problème de répartition du vignoble. Il faudrait que le vignoble soit mieux réparti en Suisse. – Alors, c 'est ce qui est en train de se faire naturellement. C 'est ça, ça se corrige tout seul. C 'est mon problème pour la Suisse romande, si je peux. Je veux dire, c 'est éthique. Si il y a une culture qui se développe en Suisse alémanique et que les Alémaniques boivent un peu plus de vin suisse, la Suisse romande peut aussi tirer un certain avantage.

36:37Sauf que s 'ils produisent le vin qu 'ils boivent, ça ne va pas changer grand-chose pour moi. Oui, alors il ne faut pas qu 'ils augmentent massivement la production. Ils font des bons vins, les Suisses allemands. Mais il y a peu de culture du vin en Suisse alémanique et la consommation est beaucoup plus de vin étranger, pratiquement 80%. Si on arrive à augmenter la part de vin suisse en Suisse alémanique, qui est quand même la grande partie du pays, on aura résolu nos problèmes. Donc c 'est un des éléments sur lesquels on doit travailler, je pense. Et c 'est plutôt une bonne chose si cette culture se développe un peu, peut -être pas trop.

37:06Alors moi, j 'ai un avis un petit peu différent sur la Suisse alémanique. On a fait, il y a quelques années, au Mondial du Chancelat, une étude pour voir comment les Suisses alémaniques voyaient le vin. Et ce qui est arrivé de cette étude, qui a été pilotée par Changin, c 'était que les Suisses alémaniques ne buvaient pas du vin suisse, ils buvaient du vin local. Chose qui est fondamentalement différente. Donc du vin local à Turic, c 'était du vin de Turic, éventuellement de Schaffer, on pouvait aller jusqu 'au Grison. Mais du vin de Genève à Turic, ce n 'est pas du vin local. C 'est de l 'argentin.

37:34C 'est 4 heures de route et 3 heures de train. Et en fait, pour eux, un vin du nord du Piémont, un vin du sud de l 'Allemagne, éventuellement un vin autrichien, était dans la même catégorie qu 'un vin genevois. Et on a de nouveau un problème d 'offres et de demandes, avec des vignerons romans qui considèrent faire du vin suisse qui veulent vendre à des Suisses, qui eux veulent boire du vin local et pas du vin suisse. Et là, il y a un problème d 'impréhension. – C 'est des choses qui peuvent évoluer, et puis on peut faire un travail. – Alors c 'est des choses qui peuvent changer, mais il faut comprendre ça, ce problème quand même, je pense.

38:07– Jean-Marc Joulibert, vous retournez en régie, j 'ai besoin de vous dans mon oreillette pour ne pas... – Retourne. – Pour ne pas vous trahir de secret. – Ce que dit Alexandre Truffert par rapport à la consommation suisse-allemande, il faut quand même se rendre compte qu 'il y a 30 ans en arrière, avant les nouvelles règles au niveau de l 'importation avec l 'OMC, avec l 'introduction du contingent tarifaire... 170 millions de litres de contingent tarifaire, on va y venir. C 'était un contingent de volume avant. On est passé à 170 millions parce qu 'on consommait 310 millions de litres en Suisse, et puis il y avait 140 millions qui étaient des vins suisses.

38:46Mais moi, quand j 'ai lancé mon domaine en 1990, pendant plusieurs années, on faisait des camions de vin pour la Suisse allemande. Parce que la Suisse allemande buvait du vin suisse. Mais ils n 'en faisaient pas. Alors, ils en avaient moins, ils n 'en avaient pas assez, mais ils buvaient du vin suisse. Ils buvaient du vin suisse ou du vin aussi avec des étiquettes où ils mettaient vin Genevois dessus. Moi, j 'en vendais à Sainte-Margretonne, à L 'Istal et tout ça. Il faut savoir qu 'avant 1994, la Confédération, il y avait dans les lois, il y avait une compétence de la Confédération à intervenir sur le marché s 'il y avait un problème de sur...

39:32pas de surproduction, mais de surstock, de trop de stock dans les vins suisses à cause d 'une belle année. tu as parlé avant du lait mais je rappelle que l 'année passée le lait n 'est pas en bonne situation maintenant mais l 'année passée ils ont fait une magnifique année parce qu 'il y a eu de l 'herbe qui avait une bonne qualité et ils ont fait plus de lait aujourd 'hui on ne reconnait plus que la production elle est comme ça au niveau agricole ou viticole donc là avant il y avait cette compétence de la Confédération, qui fait qu 'il n 'y avait pas encore l 'article 22 alinéa 2B, parce qu 'on n 'avait pas de contingent tarifaire, mais il y avait un deal entre Confédération et ce qu 'on appelait les importateurs historiques, où en fait, la Confédération pouvait intervenir et dire aux importateurs maintenant vous prenez un certain volume de vin suisse pour corriger le marché.

40:32Alors l 'article 22 alinéa, je ne sais plus combien, on va y venir, parce que ça vous concerne très directement, Damien Cotier. On a une ordonnance, une modification d 'ordonnance sur proposition d 'un vigneron vaudois, je crois, qui s 'appelle Guy Barmelin. – D 'un conseiller fédéral. – D 'un conseiller fédéral, oui, mais qui est aussi vigneron, qui s 'appelle Guy Barmelin. – Oui, il n 'est plus. Vigneron un jour, vigneron toujours, non ? – Le currier. – Oui, ça oui. – Le currier. L 'idée, je parle sous votre contrôle, dites-moi si c 'est bien ça. L 'idée, c 'est qu 'aujourd 'hui, il y a un contingent d 'importation, 170 millions de litres, et puis les importateurs, premier arrivé, premier service s 'inscrivent et puis obtiennent des droits d 'importation.

41:07L 'idée de la modification, si j 'ai bien compris, c 'est de lier les droits d 'importation à un soutien à la production suisse. C 'est -à-dire, on pourra importer seulement si on achète du raisin suisse, c 'est ça ? C 'est ça, si on vend du vin suisse, en fait, c 'est l 'idée. C 'est quelque chose qui se fait avec la viande. De dire, il doit y avoir un certain soutien à la vente de produits nationaux pour obtenir des droits d 'importation et de faire ce lien aussi dans le domaine du vin. Le problème avec le contingent, c 'est que moi, je ne pense pas qu 'il faut réintroduire des contingents très bas ou des interdictions d 'importation.

41:38Je ne crois pas qu 'on doit forcer les Suisses de boire du vin suisse. On doit les convaincre que c 'est le meilleur et qu 'il y a de très bonnes raisons de le faire. Ils doivent le vouloir. Juste sur le contingent, sans cette opération. On n 'a jamais atteint ce contingent. On n 'a jamais emporté. Il a été fixé trop haut, ce plafond de contingent. Il n 'a jamais été atteint. La consommation a baissé depuis. On met un plafond pour mettre un certain niveau de protection et il n 'est jamais atteint. La protection ne fonctionne pas. C 'est la raison pour laquelle la branche s 'engage auprès du Conseil fédéral, et on est très heureux que le Conseil fédéral nous ait entendu et ouvert cette consultation pour cette modification de l 'ordonnance qui veut gérer autrement les parts d 'importation que les importateurs, que les revendeurs auront le droit d 'utiliser.

42:19Il faudra qu 'ils aient fait un certain effort dans la vente, dans la promotion aussi des vins suisses sur le rayon, pour ensuite avoir des droits d 'importation. – Une dose de protectionnisme à la Suisse en fait, c 'est ça ? – Un petit peu, c 'est modéré, c 'est une certaine protection, mais on le voit bien, ça a été dit très clairement avant, Les coûts de production, les conditions de production, pas seulement pour les raisons, parce que les choses sont plus chères en Suisse, souvent, mais aussi parce qu 'on a des exigences environnementales, etc., qui sont plus élevées que dans la plupart des pays.

42:45Les coûts de production sont plus élevés. C 'est un produit qu 'on ne peut pas délocaliser. L 'agriculture, les vignerons qui produisent ici, ils sont ici. Et il ne faut pas les mettre dans des conditions de concurrence qui sont impossibles parce que les prix ont été évoqués avant. Les coûts de production sont plus élevés. simplement produire du raisin que certains vins sont vendus en Suisse, donc il faut une certaine dose il faut réorienter un peu les choses c 'est ce que propose le Conseil fédéral vous ne devriez pas le dire protectionnisme mais vous êtes trop libéral pour ça je ne crois pas que c 'est du protectionnisme mais c 'est un peu de protection je sais que vous osez le dire mais j 'ai une chose à corriger et ça existe dans d 'autres domaines comme la viande très très vite Vili-Crotny, corriger ce qu 'il y a à corriger il faut savoir qu 'on parle de contingents tarifaires pourquoi ça s 'appelle tarifaire c 'est parce que c 'est une offre qu 'on a faite aux autres pays via l 'ONC c 'est qu 'on a offert des droits de production très bas qui sont un problème pour nous par rapport au prix de nos vins on n 'a pas, en dehors du contingent, on peut importer tout ce qu 'on veut, mais avec des taxes plus élevées, et on a toujours dépassé jusqu 'à il y a 3-4 ans en arrière, on a toujours en termes d 'importation dépasser les 170 millions de litres.

44:01Parce qu 'il y a toujours eu des vins importés en dehors. On a toujours été dans les 180, 190 millions de litres au total. Point corrigé. Noémie Graf, vous qui êtes la fille de Noémie Graf, seule vigneron communiste du monde, ou presque. Je ne connais pas tous les vignerons du monde. Moi non plus, mais je ne sais pas. C 'est une impression. Vous qui avez probablement manifesté contre l 'OMC, je ne sais pas, je vous prête des intentions qui ne sont peut -être pas justes. Ça vous parle, ce demi-protectionnisme un peu à la Suisse, l 'idée de dire les importateurs d 'accord, mais vous filez un coup de main à la production suisse ?

44:37Alors, par définition, on aimerait un soutien un peu plus fort, incontestablement, mais je suis déjà contente qu 'il y ait un pas qui soit fait dans cette direction. J 'ai envie d 'être positive pour une raison toute simple, à mon niveau en tout cas, c 'est la seule chose qui soit ma portée, qui ne soit pas hors budget, véritablement. Bien sûr, de cette crise vont sortir des situations assez différentes. Là, on évoquait Lucerne tout de suite en se braquant, en disant « Ah, mais mon Dieu, si les Suisses allemands s 'en mêlent ! » Mais à la rigueur, moi, je trouve très positif que Lucerne, notamment, commence à produire du vin, parce qu 'il ne faut pas se leurrer.

45:12On parle notamment de l 'eunotourisme, mais où vont les touristes de l 'étranger ? Eh bien, ils vont avec bonheur sur le pont de Lucerne, parce que pour une raison qui m 'échappe, malheureusement, l 'amphithéâtre de Nyon n 'est pas encore aussi connu que les arènes de Nîmes. Donc il faut profiter de ce capital qu 'on a. Et les gens vont passer un moment merveilleux à Lucerne, avec nos vins, et retourneront dans leur pays. Et quand on voudra nous, enfin pas moi personnellement, mais les vignerons suisses et leurs bons crus être exportés, ce sera beaucoup plus facile d 'avoir ces ambassadeurs. Donc on ne va pas commencer à se tirer entre les pattes au niveau vignerons en Suisse.

45:45C 'est normal que les gens aient envie de faire le plus beau métier du monde. Alexandre Ruffin, mon petit doigt me dit que ce n 'est pas votre tasse de thé, cette idée de Guy Parmelin. Alors, je pense que le protestionnisme, c 'est la chose qui permet à l 'agriculture de tenir en Suisse. Clairement, toutes les choses qui fonctionnent dans l 'agriculture, c 'est parce qu 'il y a une protection à la frontière, et quand vous n 'avez pas de protection, sincèrement, ça ne marche pas. – Alors c 'est une bonne idée ce que propose Guy Parmelin. – Alors, le problème, c 'est est-ce que c 'est réaliste ou pas ?

46:11Est-ce que c 'est désirable, c 'est une chose ? Est-ce que c 'est réaliste ou pas ? Alors ce que propose Guy Parmelin, ça a quand même été attaqué extrêmement rapidement par l 'Association du commerce des vins. – Donc les importateurs ? – Donc les importateurs. – Donc c 'est peut -être le signe que c 'est une bonne idée si ça fonctionne ? – Je n 'ai pas dit que c 'était… Mais par contre, on va avoir dans ces importateurs, Migros, Coop, on va avoir Rutiz Aosè, enfin tous les gros importateurs, on a tous les gros acteurs du marché. On a vu que très rapidement après ça, il y a eu des articles qui sont passés tout à coup en Suisse alémanique où on expliquait que si on faisait ça, on allait retrouver les piscines.

46:47C 'est quand même ça qui a été dit, c 'est complètement faux. mais il y a eu une attaque politique qui a été extrêmement rapide et puis je vais me faire des amis mais s 'attaquer à COP et Migros c 'est quand même assez dangereux dans ce pays surtout si on attaque l 'Idiot en même temps elle n 'a pas de chance cette proposition le marché sera contre les gros acteurs du marché seront contre donc c 'est mort ils ne seront pas, ils sont ils l 'ont déjà dit en disant on ne veut pas cette limitation on est contre cette proposition et voilà, après, est-ce qu 'elle serait... Il y a une consultation, puis le Conseil fédéral décidera.

47:24C 'est ça, on est en cours de consultation jusqu 'au jour. Il nous reste, malheureusement, il nous reste 1 minute 30, j 'aimerais que cette émission dure 4 heures, vous parlez de protectionnisme. Il y a une autre idée, c 'est de taxer les importations. Mais bien sûr qu 'il faut... On a des coûts qui sont différents d 'un pays à l 'autre. Moi, j 'avais fait une brochure avec une amie vignorante qui s 'intitulait « Le protectionnisme, une politique d 'ouverture ». C 'est -à-dire que c 'est reconnaître les choix de chaque pays, les normes de chaque pays et les respecter. Et il faut arrêter de dire qu 'il n 'y a que l 'agriculture qui a besoin du protectionnisme.

47:57Le 1er janvier 2024, la Confédération a supprimé les taxes à l 'importation sur tous les biens artisanaux et industriels. Vêtropa qui est parti, la sidérurgie, on la subventionne pour qu 'elle reste en Suisse. Tout ce qui est délocalisé, un apprenti menuisier, Moi, je ne crois pas qu 'on doit être trop défensif. On doit être offensif aussi. Il finit, puis nous aurons le mot de la fin. Mais un apprenti menuisier aujourd 'hui, la seule porte et la seule fenêtre qu 'il va fabriquer, c 'est pendant son apprétissage. On est en train de démolir énormément de métiers parce qu 'on ne veut pas protéger ce qui est légitime les métiers qui sont...

48:3620 secondes pour terminer, vraiment 20 secondes. La Suisse a des vins remarquables. Trump le fait, pourquoi on ne le fait pas de la protéine protectionniste ? Mais on doit être offensif, on ne doit pas être défensif. On doit apprendre à exporter nos vins aussi. on doit trouver des nouveaux marchés au plan national on doit développer le notorisme vous l 'avez évoqué j 'évoquais avant l 'Autriche, ils ont réussi à exporter et aujourd 'hui ils exportent pratiquement 30 % de leurs vins alors qu 'ils étaient pratiquement à rien il y a 30 ans et ils font des vins de qualité, c 'est un secteur sur lequel la Suisse peut se positionner, il faut retravailler sur la question des appellations pour y arriver et pour finir, moi j 'aimerais vous dire, passons au concret j 'ai un oeil de perdri de Neuchâtel c 'est pas de la pub parce que c 'est le vôtre et vous le vendez pas il faut aussi consommer le vin suisse Bon, ben écoutez, voilà.

49:14On ne le trouve pas dans le commerce. Avec modération, bien évidemment. Et encore une fois, ça n 'est pas de la pub. C 'est votre vin à vous qui s 'appelle La Tourelle. Vous en avez un aussi. Vous en avez aussi. Ça, c 'est de la pub. La Tourelle. Et là, il faudra qu 'on s 'explique avec Damien après l 'émission. Merci à tous les quatre. Infrarouge, c 'est déjà terminé, vous l 'avez compris. On se retrouve la semaine prochaine avec un nouveau débat d 'actualité. On parlera peut -être du G7. Le sujet est en train de mûrir tout de suite. Quatre mariages et un enterrement avec Hugh Grant au sommet de son art.

49:39Excellente soirée sur la RTS ou ailleurs. Bye bye.

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C'est un véritable crève-cœur pour de nombreux vignerons qui doivent se résoudre à arracher une partie de leurs vignes. Pour faire face à la concurrence des vins étrangers et à la baisse de la consommation, les autorités encouragent les viticulteurs à diminuer leur production en subventionnant l'arrachage de ceps. Alors, la réduction du vignoble est-elle inévitable pour permettre aux vignerons de survivre ? Jusqu'où la vigne va-t-elle disparaître de nos paysages ? Et ne faut-il pas plutôt tenter de mieux réguler les importations de vins étrangers ? "Comment sauver les vins suisses?" C'est le débat d'Infrarouge, mercredi 6 mai.

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