Défense : l'armée suisse est-elle un mirage ?

15 Apr 2026 · 49 min · 24 chapters

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In short

Diagnostic de la défense suisse: l’armée est-elle “un mirage” face aux menaces modernes (missiles, drones, cyber, renseignement, guerre hybride) et que faut-il corriger (priorités, effectifs, budgets, stratégie, coopération).

Guests (backgrounds)

Denis Froidevaux, officier général, ancien chef du service sécurité civile et militaire du canton de Vaud, ancien président de la Société Suisse des Officiers. Pierre-Alain Fridé (nom cité), conseiller national socialiste jurassien, auteur de “F-35, histoire d’une manipulation ou d’un scandale d’État”. Olivier Raymond, officier spécialiste, auteur du blog “Livret de Service”. Neuil Mirotène, juge militaire, ancienne chauffeur poids lourd à l’armée, membre de l’association pour la promotion de l’engagement citoyen. Martin Pfister, conseiller fédéral centriste en charge du DDPS (interview).

Key claims

l’armée “bonsaï” manque de ressources; seulement ~30% des effectifs seraient équipés; défense sol-air et anti-drones insuffisantes; cyber/renseignement sous-dotés; absence de “contrat opérationnel” (profil de prestation) et manque de vision politique; Patriot/F-35 et acquisitions critiquées; besoin de prioriser espace aérien, cyber, renseignement, forces spéciales, protection de la population; coopération indispensable mais autonomie défendue.

Notable examples

27 canons DCA Hürlicon et 96 missiles Stinger; Patriot retardé ~5 ans; “saga” F-35; drones/espionnage près d’infrastructures (dépôt carburant, réacteurs nucléaires); incidents attribués à services étrangers (Russie/Chine supposés); manque de ~15’000 personnes en protection civile; discussion sur hausse budgétaire (0,8% TVA, 31 milliards/10 ans) et horizon capacités “début 2030”.

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Chapters

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Assessing the Current Defense Landscape

3:15 to 5:30

Discussion on the effectiveness of the Swiss Army and its historical context.

“Vous êtes le plus haut gradé du plateau.”

Current Threats and Military Response

5:30 to 9:22

Insights on the current threats faced by the Swiss Army and responses required.

“Je vais vous poser à peu près la même question à tous pour un premier tour de table.”

Strategic Vision for Security

9:22 to 13:10

Exploration of the need for a comprehensive security strategy in Switzerland.

“les pandémies, l 'énergie, le blackout, environnementaux, alimentaires, l 'espionnage.”

Risks and Threats to the Swiss Army

14:00 to 14:56

Explore the current risks and threats facing the Swiss army, particularly in cyber defense.

“C 'est pour l 'armée à l 'ancienne, avec les chars, les attaques contre le territoire.”

Insights from Martin Pfister

14:56 to 15:34

Hear Martin Pfister's assessment of Switzerland's defense capabilities, highlighting current shortcomings.

“C 'est évidemment le conseiller fédéral en charge du DDPS, du département de la Défense, Martin Pfister, le centriste.”

Priorities in Swiss Defense Strategy

15:34 to 17:58

Discuss the strategic priorities for enhancing Switzerland's defense, including intelligence and airspace control.

“C 'est pourquoi, dans notre message de l 'armée, cette année, on a mis des projets de la défense de longue portée et aussi contre les drones.”

Budget Constraints and Military Preparedness

17:58 to 19:56

Examine the budgetary challenges facing the Swiss military and the implications for preparedness.

“sous la juridiction de l 'ancien chef de l 'armée.”

New Forms of Warfare and Espionage

19:56 to 21:54

Discuss the modern threats of cyber warfare and espionage, including the use of drones.

“L 'Allemagne a clairement dit, nous voulons être prêts à faire la guerre en 2028.”

Human Factor in Security

21:54 to 23:24

Reflect on the critical role of human error in security breaches and the need for better training.

“Là, on n 'est pas dans le futur, on est dans le présent, on est même dans le passé.”

Political Perspectives on Military Spending

23:24 to 24:42

Explore different political views on military spending and the urgency for reforms in defense.

“se sont unis, c 'est un mariage étonnant, dans la commission dans laquelle vous siégiez pour débloquer un peu de budget pour l 'Office fédéral de la cybersécurité, en gros pour doubler le budget.”
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The Changing Nature of Conflict

24:42 to 26:31

Investigate how recent conflicts have changed warfare dynamics, focusing on drone technology.

“Pardon, dans le programme du PS, c 'est écrit « Nous militons pour la suppression de l 'armée suisse ».”

Strengths of the Swiss Militia System

26:31 to 28:00

Highlight the advantages of the Swiss militia system in the context of modern military needs.

“Donc, il faut des roads, il faut de la défense solaire.”

Prioritizing Airspace Defense

28:00 to 28:30

Learn about the importance of prioritizing airspace defense in military strategy.

“et c 'est un parapluie que j 'appellerais en pelure d 'oignon avec plusieurs systèmes qui doivent s 'imbriquer les uns dans les autres.”

Strengths of the Swiss Military

28:30 to 29:30

Discover the strengths of the Swiss military and its militia system.

“et peut -être le terminer avec une note éventuellement heureuse pour ceux qui s 'intéressent à la défense du pays, est-ce qu 'on a du point fort encore ?”

Political Responsibilities in Defense

29:30 to 30:50

Examine who is responsible for the current state of the Swiss military.

“Pierre-Alain Fridé, tout le monde sur ce plateau, y compris vous, fait un constat assez cruel.”

Funding and Military Investments

30:50 to 32:50

Analyze the funding issues and investment strategies within the Swiss military.

“On parlera des militaires, on parlera de la population.”

Strategies for Future Security

32:50 to 34:25

Discuss how to define future security strategies and priorities in Switzerland.

“Je vous laisse très rapidement répondre sur ce rêve d 'une armée complète qui sait tout faire.”

Public Perception and Military Credibility

34:25 to 35:40

Explore the public's perception of the military and its credibility issues.

“Olivier Raymond, on s 'interroge sur les responsabilités des politiques.”

Effectiveness of Military Equipment

35:40 to 37:50

Assess the effectiveness of current military equipment and its implications.

“Noé Myrothane, on a parlé de politique, on a parlé de la population, on parle un peu des militaires quand même, parce qu 'on nous dit qu 'ils sont au maître près là où les politiques les a menés.”

Challenges in Military Procurement

37:50 to 39:55

Identify the key challenges faced in the procurement of military systems.

“et puis pas que, en cas de conflit, en cas de catastrophe, je serais peut -être parmi celles des 7 sur 10 qui n 'auront pas d 'équipement.”

Conclusion and Call for Action

39:55 to 42:00

Summarize the discussion on military responsibilities and the way forward.

“avec le travail qui est fait, soit par les miliciens, soit par les militaires professionnels.”

Réflexions sur le nouveau pistolet de l'armée

42:00 to 44:10

Discussion sur le nouveau pistolet accepté par la commission et ses implications.

“On vient de le voir maintenant à la commission des États de la sécurité.”

Collaboration internationale et défense

44:10 to 46:48

Analyse de la nécessité d'une collaboration avec les pays voisins pour la défense.

“Il ne s 'agit pas d 'un accord qui va nous lier du point de vue défensif, mais c 'est un accord qui va nous lier du point de vue de l 'instruction, du point de vue de l 'acquisition de matériel.”

Menaces modernes et sécurité

46:48 to 48:35

Évaluation des menaces hybrides et de l'importance d'une armée moderne.

“Jusqu 'où, ce sera ma dernière question, se jette dans les bras de nos voisins pour assurer notre défense, Pierre-Alain Frédéric ?”
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Transcript

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0:00Attention, grenade !

0:10Les livres d 'histoire sont pleins de guerre en Europe. Nous ne pouvons pas partir de l 'idée que jamais rien ne nous arrivera. Si la Suisse est attaquée aujourd 'hui, est-ce que la guerre est déjà perdue ? Ça dépend où. Ouais. La Suisse n 'est pas prête pour la guerre moderne. Le chef du département de la défense... Le commandant en chef et récemment le numéro un des forces aériennes. On s 'alarme à la tête de l 'armée. Le pays serait incapable de résister à des attaques de missiles ou à ces drones qui révolutionnent les champs de bataille. Pour ne rien arranger, le Conseil fédéral évoque un possible abandon du bouclier antiaérien Patriot dont la livraison par les États-Unis a pris 5 ans de retard.

0:56Il faudra peut -être changer son fusil d 'épaule. Quoique, scandale à répétition, le feuilleton sans fin des F-35. ces fameux drones commandés à Israël qui ne supportent pas le froid, le manque de moyens pour lutter contre l 'espionnage et la cyberguerre, le manque d 'effectifs, plus généralement. Et dernier épisode, le nouveau pistolet de l 'armée qui, à peine choisi, cumule déjà les mauvais points. Alors, comment s 'extraire de cette pagaille ? Comment assurer notre sécurité dans ces conditions ? Doit-on faire une croix sur le mythe de cette Suisse qui se défend toute seule ?

1:38Ah, l 'armée suisse, il y a ceux qui l 'adorent, il y a ceux qui la détestent, mais cette fois, tout le monde semble d 'accord. Jusqu 'au sommet de la hiérarchie, jusqu 'au sommet de l 'état-major, notre armée n 'est pas, ou n 'est plus, je ne sais pas, capable d 'assurer les missions qui lui ont été confiées. Bonsoir à tous, bienvenue sur Plateau d 'Infrarouge. Ravi de vous retrouver en direct, comme tous les mercredis soir, à 20h10. Alors, à quel point notre défense était l 'une passoire ? à quel point faut-il s 'en alarmer dans un monde où la guerre, y compris la guerre à haute intensité, est de retour un peu partout.

2:08Et surtout, que faire ? Comment corriger le tir ? Et avec quels moyens ? Quatre fins connaisseurs de la grande muette sont avec nous ce soir. Denis Froidevaux, bonsoir. Bonsoir. Merci d 'être avec nous. Officier général, brigadier, pour être précis, ancien chef du service de sécurité civil et militaire du canton de Vaud, ancien président de la Société Suisse des Officiers, voilà qui pose son homme. Pierre Alonfride, bonsoir. Bonsoir. Conseiller national sortant, socialiste, jurassien, membre de la commission de politique de sécurité et auteur de F-35, histoire d 'une manipulation ou d 'un scandale d 'État.

2:39Ce livre que tout le monde s 'arrache désormais en plein feuilleton des F-35. Olivier Raymond est avec nous, bonsoir. Bonsoir. PLR à Ganson, auteur du blog Livret de Service, passionné d 'armée pour des raisons qui vous échappent à vous-même, mais officier spécialiste de votre État. Et enfin Neuil Mirotène est avec nous, bonsoir. Bonsoir. Ravi de vous retrouver. Membre, cette fois, et non plus directrice de l 'Association pour la promotion de l 'engagement citoyen. On se souvient de votre initiative. Juge militaire et ancienne chauffeur poids lourd. On dit chauffeur ou chauffeuse ? Chauffeur. Chauffeur poids lourd à l 'armée.

3:10Alors, l 'armée suisse est-elle un mirage ? Bienvenue dans l 'infrarouge. Denis Fradevaux, je vais commencer par vous. Vous êtes le plus haut gradé du plateau. Les gens qui ne vous connaissent pas, il y en a peut -être, vont découvrir assez rapidement que vous n 'avez pas exactement votre langue dans votre poche. C 'est encore plus vrai depuis que vous êtes libéré de vos obligations officielles. Alors, je vous pose la question très clairement. Est-ce que l 'heure est grave pour la sécurité du pays et de ses citoyens, nous ? En fait, je pense qu 'il faut prendre un peu de recul par rapport à tout ce qui vient d 'être dit.

3:42Pas forcément des choses positives à l 'égard de l 'armée. L 'armée fournit les prestations qu 'on lui demande. La milice travaille, le système fonctionne. Mais il est tout à fait exact que notre armée, comme celle d 'ailleurs de nombre, de pays occidentaux n 'a pas pu, n 'a pas su, n 'a pas voulu enfin c 'est plutôt l 'échelon politique, adapter les outils à la réalité de l 'évolution géopolitique et géostratégique. Nous vivons encore sur les bénéfices de la paix que fort heureusement le continent européen connaît maintenant depuis clairement la fin de la guerre froide, les dividendes de la paix.

4:19Et en réalité, ces dividendes de la paix ont permis de réduire le budget de l 'armée de quasiment 50%, de réduire l 'effectif qui a passé de 600 000 à 140 000 et finalement d 'avoir une espèce d 'armée bonsaï qui peut tout faire mais à la fin n 'arrive rien à faire parce qu 'elle n 'a pas les ressources pour le faire. J 'en veux pour preuve que, il faut le savoir, l 'armée actuelle n 'est équipée qu 'à hauteur de 30%, ça veut dire que seul un soldat sur trois est équipé. S 'il fallait engager le 100 % de l 'effectif, nous ne serions pas en mesure de l 'équiper. Et ça, je pense qu 'il y a un moment donné, nous sommes arrivés à un point de bascule.

4:57Le réveil a sonné, mais nous sommes restés endormis. Donc, le ré grave, oui. Et nous ne sommes pas les seuls. Encore une fois, sur le continent européen, quasiment tous les pays se retrouvent dans cette situation. Et oui, le ré grave. Et oui, il est temps que la politique fixe des objectifs très clairs en matière de politique de sécurité. Et pas seulement d 'armée, mais aussi de services de renseignement, de protection de la population. de douane et que cette vision sécuritaire pour les 30 à 40 prochaines années puisse être exprimée de manière claire. Écoutez, merci pour cette première réponse.

5:30Je vais vous poser à peu près la même question à tous pour un premier tour de table. J 'aimerais avoir votre avis sur votre état des lieux à peu près, Pierre-Alain Fridé. Les militaires qui se plaignent du manque de moyens, finalement, ce n 'est pas tout à fait nouveau. Ils sont dans leur rôle. J 'ai besoin de plus, j 'ai besoin de plus. Mais là, on a quand même le chef de l 'armée qui sera le grand invité, d 'ailleurs, dimanche soir de Jennifer Covo. On a le chef des forces aériennes qui nous disent clairement que l 'armée est devenue une passoire, en l 'occurrence de défense solaire, mais une passoire quand même.

5:58Alors, c 'est de l 'alarmisme ou c 'est vrai ? Non, mais c 'est absolument vrai. Simplement, le problème, c 'est que de toute façon, quand on leur donne de l 'argent pour des acquisitions, on parlera d 'Arma Suisse plus tard, mais les choses se passent très mal. Vous l 'avez cité tout à l 'heure. Le vrai problème, où je ne suis peut -être pas tout à fait d 'accord avec notre brigadier, c 'est que les menaces qui font un peu frémir le monde actuel, on parle de l 'Ukraine, on parle de l 'Iran, c 'est loin de chez nous. Et nous, on a une situation géostratégique très particulière. On est au milieu d 'une grande alliance militaire et, quelque part, les menaces qui nécessiteraient l 'armée, dont rêve certainement le brigadier Froidevaux...

6:43Je ne rêve pas d 'armée. Avec ? De bien d 'autres choses. C 'est bien. C 'est déjà un signe d 'excellente santé mentale. Je suis médecin, j 'ai fait un peu de psychiatrie, donc j 'imagine que tous les gens rêvent. Alors, l 'idée, c 'est que si vous avez besoin d 'une armée pour répondre au risque ultime, qui est celui d 'une invasion du pays, effectivement, là, on n 'a pas les moyens, on n 'y arrivera jamais. Mais là, on ne parle même pas d 'invasion du pays, on parle de tir de missiles. Oui, c 'est ça. Le problème, c 'est que depuis des années, et des gens comme moi au Parlement, on tire la sonnette d 'alarme.

7:17Moi, j 'ai fait un rapport, j 'ai déposé des interventions pour demander que le Baudeloup, le système de défense solaire, soit véritablement une priorité. Il ne se passe rien. Maintenant, il y a les drones. En gros, on doit quand même reconnaître que dans le message sur l 'armée 2026, il y a 1 ,5 milliard. Ça va enfin dans la bonne direction. Mais c 'est vrai qu 'actuellement, face aux menaces qui pourraient concerner notre pays, des menaces à distance, donc c 'est les attaques cyber, c 'est la désinformation, même le terrorisme, on manque de milliers de policiers dans ce pays, le service de renseignement, enfin différentes choses, ça ne joue pas.

7:55Et c 'est un socialiste qui le dit. Noémie Rotten, ça vous fait sourire, vous souriez souvent, heureusement, mais ça vous fait sourire, parce que toute militaire que vous êtes, vous estimez qu 'en fait notre armée, alors peut -être qu 'aujourd 'hui, elle n 'est pas capable d 'assurer la défense du pays, mais en fait, elle n 'a jamais vraiment été capable d 'assurer la défense de tous les citoyens. C 'est un peu un mythe. Oui, on va parler beaucoup de mythes, je pense, ce soir. Mais déjà, lors de la Deuxième Guerre mondiale, l 'armée n 'était pas en mesure de protéger toute la population. Il y avait une stratégie de se retirer dans le réduit.

8:24Ça aurait protégé un petit nombre de personnes et puis le reste de la population aurait été un peu laissée. C 'était de la dissuasion, ça aurait coûté cher à l 'ennemi, etc. Mais ça n 'aurait pas protégé monsieur et madame tout le monde. On avait peut -être d 'autres objectifs. On avait peut -être l 'objectif, effectivement, de dissuader. l 'ennemi de venir, on avait peut -être l 'objectif de faire le plus de dommages possibles à l 'ennemi quand ils viennent, pour défendre nos valeurs, on avait peut -être une volonté de défendre le pays, mais on n 'aurait pas défendu toute la population, ça c 'est sûr.

8:52Maintenant, ce que je vois en tant que citoyenne concernée, et puis ces dernières années, j 'ai quand même beaucoup eu affaire avec la politique de sécurité, derrière les coulisses, avec l 'initiative populaire sur laquelle on a voté en novembre, mais ce que je constate, autant dans le DDPS que dans la politique, que dans la population, c 'est un manque patent de vision et de stratégie, mais pas seulement de la défense armée, mais de la défense en général et de la sécurité en général. Parce que pour moi, la sécurité, ce n 'est pas que la défense armée, c 'est la défense de la population, c 'est les risques sanitaires, les pandémies, l 'énergie, le blackout, environnementaux, alimentaires, l 'espionnage.

9:27Enfin, la défense est beaucoup plus large qu 'uniquement la défense militaire et dans aucun de ces domaines, on a une vision. Il manque 15 000 personnes à la protection civile pour citer qu 'un chiffre. Voilà qui est un premier tour de table rassurant. Il n 'a pas terminé, Olivier Raymond. Quand on écoute les uns et les autres, on se dit que rien ne va dans aucun domaine. Défense solaire, on en a parlé, zéro, à peu près. Force aérienne, il y a les F-35 et leur saga, il y a les F-18 dont plus qu 'une douzaine sont opérationnelles. Les chars, j 'ai cru comprendre qu 'une bonne partie était en panne.

9:58Les munitions, il ne reste pas grand-chose. Les effectifs, peau de chagrin. Et encore, ceux qui sont là ne sont pas équipés, un tiers d 'entre eux seulement sont équipés. la cyberguerre, on découvre, on commence à peu près à découvrir le sujet. Puis le renseignement, c 'est la misère, avec un service de renseignement de la Confédération qui est moins garni que la police municipale de Lausanne. Blues absolue, en fait, quand on tient un bloc sur la défense du pays. Alors, c 'est vrai qu 'il n 'y a pas forcément de quoi être optimiste tous les jours sur cette question. Et puis, je rejoins un peu mes préopinants sur le fait qu 'aujourd 'hui, on n 'a pas de vision, mais ça ne date pas d 'hier.

10:32Depuis la fin de la guerre froide, Personne ne s 'est préoccupé de ces questions au Parlement. Le Conseil fédéral qui arrivait au Conseil fédéral, justement, eh bien, on le collait au DDPS. C 'est ça, le petit nouveau, il prenait le DDPS, parce que c 'était le département… C 'était le département de la Louse, dont on se cherche à se débarrasser le plus vite possible. Guy Parmelin, il est arrivé au DDPS le 1er janvier 2026. Il en est parti en novembre 2018. Il n 'a même pas eu le temps de prendre connaissance de ses dossiers. Et puis, pour le reste du Parlement, On a une gauche qui s 'oppose assez fréquemment, voire même de manière idéologique, à ce qui est proposé de base.

11:10Et puis, à droite, ce n 'est pas beaucoup mieux parce qu 'on dit oui, oui, sans réfléchir, sans prendre connaissance des dossiers pratiquement, ce qui donne la situation à laquelle on a affaire aujourd 'hui. La droite a dit pendant des années qu 'elle soutenait l 'armée. Si elle avait vraiment soutenu l 'armée, elle ne serait pas dans cette situation aujourd 'hui. D 'autant plus qu 'elle est majoritaire dans ce pays, je crois, depuis le monde démonde. Il y a deux points essentiels qu 'il ne faut pas occulter. C 'est les deux piliers pour limiter la réflexion à l 'armée, puisque c 'est le sujet de ce soir.

11:45Et on ne va pas parler de l 'ensemble des outils de la politique de sécurité. On parle bien ici de défense du territoire. Et il y a deux éléments absolument fondamentaux. Un, c 'est les effectifs. et depuis plus de 15 ou 20 ans, la question de l 'obligation de servir est devenue une espèce de gigantesque libre-service où chacun fait ce qu 'il veut, quand il veut, où il veut. On a rendu le service civil quasiment accessible à tout à chacun. On va peut -être revenir là-dessus dans quelques mois. J 'insiste, j 'insiste. Et le deuxième point, c 'est les ressources financières. Donc, en fait, si ces deux critères stratégiques ne sont pas respectés, Vous pouvez avoir tout ce que vous voulez comme développement, vous n 'arriverez pas à obtenir le profil de prestation qui est attendu.

12:34D 'ailleurs, d 'ailleurs, c 'est intéressant, quand on parle de profil de prestation, est-ce que l 'armée a un profil de prestation ? La réponse, elle est non. L 'armée a des missions constitutionnelles, mais le Conseil fédéral, le Parlement, ne lui a jamais élaboré un contrat opérationnel. un profil de prestation, voilà ce que vous êtes censé faire dans un délai 2, avec tel moyen pour une durée X. Et ça, c 'est absolument fondamental. – C 'est ça qui manque actuellement. – Parce qu 'en fait, comme je l 'ai dit, on est un peu dans un système bonsaï, on veut faire un peu de tout, sans se concentrer sur les risques et les menaces majeures.

13:15Et c 'est ça le problème. – On va y revenir à tous ces points, Denis. Faites bien de les souvenirs. – Rapidement, puis j 'enchaîne. – Une remarque du politique, c 'est -à-dire que il y a quand même, chaque 2, deux, trois ans, un rapport de politique de sécurité qui sort. Et ce rapport est de qualité et il fait vraiment une énumération de tous les risques. Mais c 'est effectivement... Il y a tout. Il y a même les pandémies, etc. Et en fait, ce qui est le problème pour moi, c 'est que tout est cité, il y a des mesures, une liste, je ne vais pas vous les lire, mais ce que doit faire le Conseil fédéral.

13:47Et l 'idée, c 'est qu 'on sait déjà au départ avec les 31 milliards qui vont sortir, parce que toutes ces annonces qui sont faites maintenant... – On va en parler, le 30e miroir, c 'est pas fait, c 'est ce qu 'aimerait obtenir le Conseil fédéral via une hausse de la TBR. – C 'est le début de la campagne, en parlant de ça. En fait, le problème, c 'est que l 'essentiel, c 'est pour le risque ultime. C 'est pour l 'armée à l 'ancienne, avec les chars, les attaques contre le territoire. Et les autres domaines sont des domaines beaucoup plus évidents par rapport aux risques et aux menaces pour la population, mais en fait, là, on ne met pas les moyens.

14:19Et le Baudeloup, on est un, il y en a d 'autres. tout le problème cyber, tout le problème de protection de la population. Et quand vous vous demandez s 'il y a un secteur quelque part qui fonctionne dans l 'armée, le génie, la protection de la population, le Vend-Vallée ou ailleurs, ça, ça marche. Alors, on va reprendre ce qui fonctionne. Mais M. Frédé, M. Frédé, ce rapport, vous avez tout à fait raison de le mentionner, mais il n 'engage personne. Denis Frédé, Denis Frédé, Denis Frédé. Ça n 'est qu 'un énoncé de la situation. On ne tire pas d 'éduction et pas de conséquences. C 'est ça le problème.

14:46On est d 'accord. Denis Frédé, j 'enchaîne. Et puis, je vous promets, on va revenir sur tous ces points. Avec plaisir. Soyez tranquille, vous avez le temps, vous n 'avez pas besoin de vider tout le magasin comme à l 'armée, vous serez pourvus, tout va bien. On va terminer ce premier tour de table avec quelqu 'un qui n 'a pas pu être avec nous ce soir, mais à qui on est allé poser quelques questions à Berne. C 'est évidemment le conseiller fédéral en charge du DDPS, du département de la Défense, Martin Pfister, le centriste. Écoutez-le sur son diagnostic, sur l 'état actuel de la Défense. Il est au micro de l 'immense Pierre Nebel.

15:16Martin Pfister, aujourd 'hui la Suisse dispose pour sa défense solaire de 27 canons DCA Hurlicon et 96 missiles Stinger. Est-ce qu 'on pourrait se défendre aujourd 'hui contre une attaque de drones ou une attaque de missiles ? Je veux dire non. Il y a des lacunes dans la défense aérienne. C 'est pourquoi, dans notre message de l 'armée, cette année, on a mis des projets de la défense de longue portée et aussi contre les drones. Ça, c 'est une priorité de nos achats militaires ou d 'armement. Donc, il confirme, même constat que tout le monde. On n 'est pas prêts, on l 'a compris, on va essayer de faire en sorte.

16:06J 'aimerais rester sur ce point-là de la défense solaire, puisque c 'est ce qui semble être inquiété. Tout le monde s 'exprime là-dessus. Est-ce que c 'est ça qui doit nous inquiéter au premier chef aujourd 'hui ? Est-ce que c 'est là, pardon, de l 'expression qu 'on est vraiment à poil ? Il y a quelques priorités qu 'il faut absolument appliquer. La première, c 'est le renseignement, inclus les forces spéciales. Il ne nous parle pas du renseignement, il nous parle du solaire. Oui, ok. Je vous dis, le renseignement inclut les forces spéciales. C 'est la capacité de se projeter pour mener des opérations, pour détecter, pour analyser, pour chercher.

16:42Et il faut enlever le corset qu 'on a mis à ce service de renseignement et le laisser travailler. Deuxième priorité, c 'est évidemment l 'espace aérien, donc la troisième dimension. Il faut regagner la capacité à maîtriser la troisième dimension, que ce soit contre des armes à longue portée, contre des avions de combat hostiles, contre les drones. Tout le monde se gosse aujourd 'hui, on n 'est pas prêt pour les drones, on n 'est pas prêt pour les drones. Mais il faut quand même aussi savoir raison garder. Les drones sont devenus une réalité avec la guerre en Ukraine. Il y a quatre ans. C 'est totalement nouveau.

17:16On n 'a jamais pensé que les drones allaient devenir ce qu 'ils sont devenus. Donc là, il y a une logique, ils font un temps d 'adaptation et je pense qu 'il faut introduire de la défense contre les drones pour toutes les troupes. Ce qu 'on nous promet pour le G7 à Evian avec un nouveau système. Je parle de la défense contre les drones pour toutes les troupes. C 'est -à-dire que chaque troupe devrait être à même de combattre la menace drone. Troisième dimension qu 'il faut traiter, troisième axe stratégique, c 'est le domaine cyber. Et ça, c 'est absolument fondamental. Contrairement à ce que vous avez dit, de gros efforts ont été faits.

17:47Je pense que là, il y a quand même une prise de conscience. il y a un commandement cyber, il y a un joint entre les moyens civils et militaires, on a fait l 'effort sur les infrastructures critiques, et moi je pense que dans ce domaine-là, on a quand même fait l 'effort sous la juridiction de l 'ancien chef de l 'armée. Si on réussit à capter ces priorités-là, je pense qu 'on va pouvoir corriger à un horizon de 5 à 7 ans une situation délité. Alors l 'horizon, justement, Olivier Raymond, Je reste, par exemple, dans la question du sol air, du beau de l 'ouft, comme disait Pierre-Alain Fridé. On attend, comme d 'autres attendent Godot, ces fameux patriotes dont on ne sait pas s 'ils arriveront.

18:28Et ce qu 'on sait, c 'est que quoi qu 'il arrive, même si on opte pour un système complémentaire français, européen, etc., on ne sera pas prêt avant des années. En effet, la capacité initiale, si on commande les choses aujourd 'hui, devrait être atteinte au plus tôt début des années 2030, parce qu 'il ne suffit pas seulement de produire le matériel, il faut encore que la troupe sache s 'en servir. Et ça, ça prend aussi de très longues années. Le problème qu 'on a eu, c 'est que, durant toutes les années où investir était moins cher qu 'aujourd 'hui, parce que la demande était moins forte, et puis que les taux d 'intérêt étaient négatifs, on n 'a rien fait.

19:05Pendant près de 20 ans, l 'armée a disposé de 4 ,5 milliards. Pour vous et moi, c 'est des sommes évidemment énormes, Mais en fait, pour le département, c 'est très peu parce qu 'il a de très nombreux collaborateurs à payer. 12 000 civils et 3 000 militaires. Ça, déjà, ça mange une grosse partie du budget. Ensuite, il faut entretenir les véhicules. Et ça, ça coûte de plus en plus cher parce que les véhicules sont de plus en plus vieux. Après, il faut entretenir les bâtiments. Et puis, il restait bon an, mal an, 5, 6, 700 millions de francs. Ça n 'a pas permis du tout d 'investir. Ça n 'a même pas permis de préserver ce qui existait déjà.

19:43Donc on a perdu au fur et à mesure des années des capacités. Quoi qu 'il arrive, il faut se résoudre à devoir juste espérer qu 'il ne nous arrive rien pendant quelques années au mieux. D 'autant plus que ces années semblent assez critiques. L 'Allemagne a clairement dit, nous voulons être prêts à faire la guerre en 2028. La Suisse ne le sera pas. Non, la Suisse ne le sera pas. Neum Routen, on continue un peu à faire le tour des menaces. On a évoqué évidemment ces nouvelles formes de guerre, le cyber, la guerre hybride. Regardez cet extrait, vous l 'avez certainement vu de l 'émission de temps présent, diffusée le 26 mars dernier, qui s 'appelait « La Suisse dans le viseur de Poutine ».

20:19C 'est assez éclairant, regardez.

20:24Dans ce petit coin de Suisse, truffé de sites stratégiques, comme le plus grand dépôt de carburant du pays et trois des quatre réacteurs nucléaires suisses, il y a d 'autres choses inhabituelles et plutôt inquiétantes qui se produisent.

20:43C 'est le commandant de la police cantonale d 'Argovie qui nous le révèle.

20:53Si on regarde ces deux dernières années, il y a eu une douzaine d 'incidents que nous avons attribués à des services étrangers.

21:08Sur ces 12 cas, je dirais qu 'il y en a 8 où l 'on part du principe qu 'il s 'agissait d 'activités de renseignement. On ne peut pas le dire avec une totale certitude, mais nous supposons que ce sont principalement des services russes ou des services chinois.

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21:33– Némi Rotten, ces opérations dont il parle, ce sont évidemment des drones, ces fameux drones, alors ce n 'est pas les drones Shahed iraniens qui viennent bombarder le pays, mais ce sont des drones qui survolent, qui espionnent pour les services étrangers, nos infrastructures critiques. Alors le missile de longue portée qui arriverait de Russie ou d 'Iran, c 'est un scénario, mais il reste pour l 'instant relativement hypothétique. Là, on n 'est pas dans le futur, on est dans le présent, on est même dans le passé. Ça a eu lieu, ces attaques de drones-là, enfin ces attaques, ce ne sont pas des attaques, mais ces incursions de drones-là, est-ce que la priorité, elle n 'est pas largement là ?

22:07Non mais bien sûr, je crois qu 'ils ne parlent pas seulement de drones, je crois qu 'ils parlent de cas d 'espionnage aussi, ces derniers jours, on en a passablement aussi entendu parler. Oui, mais ils parlent beaucoup de drones aussi, parce qu 'ils ont voix passées tout le temps, qu 'ils regardent passer pour l 'instant comme les vaches regardent passer les trains un petit peu. Ils parlent beaucoup de drones, l 'espionnage, la désinformation, on parle beaucoup d 'armée, l 'armée qui doit défendre ou l 'armée qui défend, mais en fait, je veux quand même rappeler ici que le maillon faible dans la sécurité, c 'est avant tout l 'être humain.

22:30C 'est vous, c 'est moi, c 'est des personnes qui sont dans les centrales nucléaires, c 'est des personnes qui sont dans les organisations, qui cliquent sur un mauvais lien, qui font introduire un software d 'espionnage. L 'intelligence artificielle, on parle aujourd 'hui de software, de machines qui sont en mesure de détecter automatiquement des failles de sécurité. La Banque centrale américaine convoque toutes les banques pour attirer leur attention sur le fait que maintenant on est en mesure d 'automatiquement détecter les failles sécuritaires. Donc oui, on est en plein dedans. Et puis il manque beaucoup de formation aussi du citoyen lambda, de l 'employé lambda, de la personne lambda, pour qu 'elle sache aussi comment se comporter, puis minimiser les risques d 'incursions, que ce soit des incursions de drones.

23:19De drones physiques ou de cyberincursions. Vos collègues Vert et UDC, Gerhardt-André et Werner Salzman, se sont unis, c 'est un mariage étonnant, dans la commission dans laquelle vous siégiez pour débloquer un peu de budget pour l 'Office fédéral de la cybersécurité, en gros pour doubler le budget. Pierre-Alain Frédéric, on est en train de se réveiller et gentiment, c 'est vrai que je disais, on découvre le problème, mais est-ce qu 'on est peut -être un peu plus loin déjà ? Comme l 'a dit M. Froidevaux, dans ce domaine-là, des choses se font. Mais c 'est clair qu 'on doit toujours être meilleur.

23:52Donc il y a une marge de progression énorme. Et il faut surtout s 'adapter, parce que c 'est un domaine qui change sans arrêt. J 'aimerais juste revenir un petit peu sur deux, trois éléments. On a vu avant, c 'était le chef de la police d 'Argovie. Les gens qui sont en première ligne, ce ne sont pas les militaires. L 'armée est là à titre de subsidiarité. Et dans ce pays, on manque de moyens à ce niveau-là. On a parlé du service de renseignement. En Suisse, il y a quelques centaines d 'employés. En Belgique, ils sont quelques milliers. On manque cruellement de gens. et depuis des années, on demande qu 'il y ait des engagements.

24:29Et ça se fait à petits coups de 20 par-ci par-là. Donc, le vrai problème, et ça c 'est le problème de la droite, je vous dis clairement, en commission de la sécurité… À gauche, on n 'est pas très encore à dépenser des milliards pour l 'armée, non ? Non, sur ces domaines-là… Écoutez, je vous donne un exemple. Pardon, dans le programme du PS, c 'est écrit « Nous militons pour la suppression de l 'armée suisse ». Non, mais je suis pour une armée comme la majorité des gens qui sont au Parlement au sein du PS. Quelque part, on est pragmatique, on remarque. Je vous donne un exemple tout simple. Moi, au printemps passé, j 'ai déposé une motion demandant qu 'urgement, le conseiller fédéral trouve une autre solution pour le système de défense solaire.

25:08Le conseiller fédéral que vous avez vu avant a refusé ma motion. La commission de la sécurité, dans sa majorité, a refusé ma motion parce qu 'on comptait toujours sur les patriotes. Et pour moi, on peut prendre les patriotes, mais il faut prendre aussi un autre système. Tout ce qu 'on peut prendre. parce qu 'en fait la production elle est très limitée dans ce genre d 'armes et on voit maintenant la consommation qui en est faite on n 'a quasiment aucune chance d 'obtenir des armes très sophistiquées parce que d 'autres gens les utilisent les Américains ont un peu disons, mis à mal leur réserve donc c 'est un véritable problème et j 'aimerais encore juste faire une remarque c 'est intéressant de parler de ce qui s 'est passé en Ukraine de ce qui se passe en Iran maintenant parce que les guerres ont changé et dans ces guerres Ça a changé depuis la guerre entre l 'Arménie et l 'Azerbaïdjan, où les premiers drones, des drones turcs, ont été utilisés et ont véritablement déstabilisé les Arméniens.

26:02Maintenant, en Ukraine, on a parlé de drones, on a parlé de défense sol-air, mais on ne parle plus d 'avions. Les espaces aériens, on ne peut plus y aller. C 'est vrai que les F-35, là, sont intéressants, parce qu 'on peut tirer depuis très loin. C 'est Pierre-Alain Fridé qui dit que les F-35 sont intéressants. Enregistrez chez vous, c 'est vrai. Oui, mais par contre, le problème, c 'est que la Suisse n 'a pas vocation à aller envahir l 'Iran. Donc, c 'est ça la grande différence. Par contre, effectivement, dans notre pays, tout ce qui concerne la protection de l 'espace aérien, à part l 'EF-35, c 'est essentiel.

26:36Donc, il faut des roads, il faut de la défense solaire. Et ça, c 'est une priorité. Et on a énormément de problèmes maintenant pour en acquérir. Et à l 'avenir, ce sera peut -être encore pire. Deux choses sur ce qu 'a dit M. Frédéric. Premièrement, il est faux de dire que c 'est les polices qui sont au front pour ce qui concerne la sauvegarde et la protection de l 'espace aérien. Je n 'ai pas dit ça. Non, mais les cantons n 'ont absolument aucune responsabilité dans ce domaine. Ils n 'ont même pas d 'hélicoptère. C 'est vraiment une affaire de la Confédération, juste pour que les téléspectateurs ne soient pas trompés.

27:08Puis ensuite, j 'aimerais parler du rapport coût-bénéfice. Excusez-moi, c 'est quand même la police argovienne qui a interpellé les pilotes de drones. Voilà, mais c 'est des problèmes terroristes, de cybercrise, d 'attaques cyber, de criminalité, tout ça, c 'est la police qui est en première ligne. Et ça, c 'est les vrais risques pour la population. De fait, ils sont en première ligne. C 'est eux qui sont là. Oui, mais la responsabilité de la sauvegarde de l 'espace aérien, c 'est l 'affaire exclusive de la Confédération. Deuxième point, j 'aimerais parler du rapport coût-bénéfice par rapport à cette question de drones, etc.

27:39Il faut qu 'on trouve des solutions qui permettent de respecter le coût de l 'engin que vous envoyez pour détruire le drone versus la valeur du drone. parce qu 'on se rend bien compte aujourd 'hui que les États occidentaux, États-Unis en tête, ne peuvent plus tenir le rythme de tirer un patriote dans le dôme de fer parce qu 'il y a deux drones à 50 000 dollars qui arrivent. C 'est des notions qui ne sont aujourd 'hui pas défendables. Et c 'est pour ça que je pense que cette protection de l 'espace aérien, que ce soit dans des domaines de guerre hybride ou de confrontation plus directe, de tension plus directe, il faut absolument la mettre en première priorité.

28:14et c 'est un parapluie que j 'appellerais en pelure d 'oignon avec plusieurs systèmes qui doivent s 'imbriquer les uns dans les autres. Et puis dernier point, je pense qu 'il faut abandonner l 'idée de pouvoir faire ça seul. On y vient après, ne mélangez pas tous les chapitres. Olivier Raymond, pour terminer ce premier chapitre sur l 'état des lieux et peut -être le terminer avec une note éventuellement heureuse pour ceux qui s 'intéressent à la défense du pays, est-ce qu 'on a du point fort encore ? Oui, on en a encore quelques-uns malgré tout. Le premier, c 'est quand même notre système de milice.

28:43Il y a de plus en plus de pays qui remettent en service la conscription parce qu 'ils ont bien constaté que pour avoir une capacité à durer, il fallait des hommes et que seule la conscription pouvait la leur donner. L 'Allemagne, la France, la Belgique, avec des services militaires volontaires, mais il y a d 'autres pays qui ont des services obligatoires. Croissy, le Danemark a augmenté la durée de son service militaire. Suède, c 'est un gros débat. Suède, en 2016, a remis en place sa conscription. Sous pression de la gauche, contre l 'avis de la droite, d 'ailleurs, en Suède. C 'est intéressant.

29:12Donc il y a un intérêt sûrement pour ce qu 'on a apporté. Et puis d 'ailleurs, cette année comme l 'année dernière, la France est venue s 'entraîner en Suisse. S 'ils trouvaient qu 'il n 'y avait absolument rien à tirer de notre armée, ils ne viendraient pas. Ils ne sont pas juste venus pour manger la fendue ? Non, ce n 'est pas par politesse. Alors, la faute à qui, si nous en sommes là ? Ou alors qui sont les responsables ? Quelles sont les responsabilités ? Pierre-Alain Fridé, tout le monde sur ce plateau, y compris vous, fait un constat assez cruel. Pendant 30 ans, l 'armée n 'intéressait personne.

29:40la suppression plus récente de l 'armée pardon, on fait encore partie du programme je l 'ai dit de votre partie est-ce que dans ce contexte-là est-ce qu 'il pourrait en être autrement aujourd 'hui ? ce que nous dit Denis Fradevaux c 'est que non, on paye simplement les conséquences d 'un choix politique qui a 30 ans oui mais d 'un autre côté j 'ai ici pris quelques chiffres pour montrer un peu quelle était la situation en 2018 en Suisse on avait 0 ,7 % du PIB, c 'était 5 milliards Le PIB, c 'est un très mauvais moyen d 'estimation parce que selon la richesse du pays, vous voyez par exemple, il y avait la Grèce.

30:15– Un PIB qui augmente en Suisse. – 2 ,5 % du PIB en 2018 pour l 'armée, ça faisait 4 ,9 milliards. C 'est un pays relativement pauvre. Mais la Lituanie, par exemple, 2 ,2%, c 'était 1 milliard. La Lettonie, 2 ,25, 0 ,7 milliard. Quelque part, on était assez bien placé quand même en termes de somme de moyens. – Valeur absolue. Alors, ce qui est clair, c 'est que, et là, je vais exonorer mon parti de toute responsabilité, mais on connaissait… Vous pensez même plus large que votre parti. Là, on m 'interroge sur les responsabilités de la classe politique. On parlera des militaires, on parlera de la population.

30:52En 2018, Werner Salzman, UDC, vous en avez parlé, dépose une motion pour qu 'on aille vers les chiffres un peu de l 'OTAN, 2 % du PIB pour l 'armée. Ça aurait fait 16 ou 17 millions à l 'époque. 16 ou 17 milliards, pardon, et un peu tollé général, et ça a été balayé. Et je vous promets, nous, on a voté comme on le sentait, c 'était qu 'à d 'autres temps, on ne parlait pas de problèmes de guerre, etc., mais il y a une grande partie de la droite et du centre qui a voté contre ce projet. C 'est en gros que les UDC qui l 'ont soutenu. Ça, c 'est une réalité. – Et même encore aujourd 'hui. – Donc en fait, les UDC avaient raison depuis le début, c 'est ça que vous le dites, vous, ceci ?

31:31– Non, je ne pense pas. Mais ce que je veux dire, simplement, c 'est que quelque part, La priorité dans ce pays qui explique les choses, c 'était les finances fédérales. Il y avait le frein à l 'endettement, puis ce qu 'on voulait, c 'est effectivement baisser les choses. Il y avait d 'autres priorités, des coûts importants dans d 'autres domaines, de développement, etc. Et l 'armée, effectivement, dans ces périodes de beau temps, était le parent pauvre, et puis il y avait peu d 'investissement. Mais c 'est clair que la responsabilité ici, elle incombe peut -être à toute la classe politique, Mais d 'un autre côté, moi, ce que je veux dire, c 'est qu 'on peut faire avec beaucoup moins que ce qui est prévu si on répond aux vraies menaces.

32:07– D 'accord. – Et en fait, le problème, c 'est que, et là où on ne sera pas d 'accord avec M. Froidevaux, lui, certainement, comme tous les officiers supérieurs, ils veulent le chapeau, le costard, les souillés, tout d 'apparat, c 'est -à-dire une armée complète, prête à répondre à toutes les menaces, même, en fait, une invasion du pays. Alors qu 'il faut répondre maintenant aux vraies menaces, il faut les moyens pour ça. On est, nous, prêts à les donner. J 'ai dit avant que j 'ai déposé une motion. On le fait. On veut ça. Mais pas n 'importe quoi. Et les 31 milliards de M. Fister, 0 ,8 % de la TVA pendant 10 ans, le 1%, donc 10 milliards bientôt par an pour l 'armée, ça va nous faire environ 200 milliards jusqu 'en 2045.

32:49Ça, c 'est beaucoup trop. Je vous laisse très rapidement répondre sur ce rêve d 'une armée complète qui sait tout faire. Mais très rapidement, Denis Freud, vous ne profitez pas pour lancer un nouveau chapitre. D 'abord, j 'aimerais dire ici que j 'ai beaucoup d 'estime pour M. Fridé, pas seulement parce qu 'il est jurassien comme moi, mais parce qu 'il a un raisonnement construit en matière de politique de sécurité. C 'est rare chez un socialiste, et je tiens à l 'en féliciter. Mais dans le fond, le problème qu 'on a ici, c 'est plus qu 'un problème de chiffres, de mathématiques, d 'argent. C 'est un réel problème de politique stratégique.

33:20Nous devons définir aujourd 'hui les outils de notre politique de sécurité pour qu 'ils produisent des effets à 10, 15 ou 20 ans. C 'est toute la difficulté de la classe politique de se projeter alors qu 'elle se projette au maximum à la fin de la législature afin d 'être garantie en capacité d 'être réélu. Voilà le problème. Et en réalité, je vais vous dire, la politique de sécurité, c 'est comme un immense paquebot. Vous ne pouvez pas la manœuvrer comme un optimiste en faisant des virages à 45 degrés, etc. Il y a un moment donné, il faut que la politique, la classe politique, le Conseil fédéral, le Parlement, fixent des objectifs très clairs à l 'armée, avec ces fameux contrats opérationnels, et disent, voilà, nous attendons de l 'armée, point 1, point 2, point 3.

34:07Et je suis prêt à entendre que la question des menaces conventionnelles, terrestres, aujourd 'hui, doit être questionnée par rapport à la notion de priorité. J 'entends tout à fait ça, et je pense que nous devons faire l 'effort, je l 'ai déjà dit, espace aérien, cyber, hybride. Compris. Olivier Raymond, on s 'interroge sur les responsabilités des politiques. Mais derrière les politiques, on est un pays de démocratie directe. Il y a une population. La population, non plus, n 'était pas très préoccupée par la chose militaire ou défensive pendant 30 ans. Non, c 'est effectivement le cas. Et puis, de plus en plus, on le constate à tous les niveaux de la politique, on a des gens qui veulent tous les services avec des hauts niveaux de prestations, mais pas payer plus pour ça.

34:46Ce qui est compliqué. Et puis, aujourd 'hui, on a une population qui, j 'imagine, est assez majoritairement contre l 'acquisition du F-35, cette même population qui a refusé le Gripen en votation en 2014. Donc on a un peu ce manque de cohérence, ce manque de pensée. C 'est un peu facile de taper sur les politiques ou les militaires si la population elle-même ne leur donne pas le mandat qu 'elles attendent. Oui, exactement. Et puis après, je reviens à ce que disait peut -être Noemi Rotten pour parler des mythes qu 'elle évoquait en début d 'émission. Durant les années 30, on a mis en place ce qu 'on appelle la défense spirituelle.

35:21Parce qu 'avant de savoir comment on veut se défendre, il faut savoir si on veut se défendre. Aujourd 'hui, je pense que les gens ne se posent même pas la question. Avant de savoir ce qu 'on veut acheter, ce qu 'on veut faire, il faut savoir si réellement c 'est une question, ou si finalement, plus, et puis on ne se préoccupe pas de cette question, puis on passe à autre chose. Noé Myrothane, on a parlé de politique, on a parlé de la population, on parle un peu des militaires quand même, parce qu 'on nous dit qu 'ils sont au maître près là où les politiques les a menés. D 'accord, mais au risque de vous surprendre, j 'ai aussi fait de l 'armée, j 'ai fait mon service militaire dans les greniers de charge, je me souviens, c 'était au siècle passé, 1996, j 'étais dans des chars qui s 'appelaient des M113, qui étaient des chars qui dataient d 'avant la guerre du Vietnam, avec des radios qui dataient d 'avant la guerre du Vietnam, avec des officiers qui étaient biberonnés à full metal jacket, auxquels ils faisaient référence toutes les 5 secondes.

36:09Est-ce que c 'est possible de prendre l 'armée au sérieux quand elle a ce type de retard patent ? même en 1996 ? Je ne vais pas commencer à faire la critique de mes collègues dans l 'armée. Bon, je vais peut -être tirer le trait d 'union avec M. Frémont, mais moi, je pense aussi que la défense qu 'on appelait spirituelle à l 'époque, qu 'on appelle peut -être psychologique ou morale aujourd 'hui, est importante. On a baissé les effectifs de l 'armée entre 1980 où on avait 800 000 hommes 400 000 dans les années 90, 200 000 à mai 21, puis c 'est 140 000 aujourd 'hui. Pas tout le monde, en tant que juge militaire.

36:55Je peux vous dire que la plupart des cas qui se retrouvent devant mon bureau, c 'est des dénis de servir. C 'est des refus de servir. Donc, oui, on peut se poser la question, est-ce que les gens ou est-ce que la population, les miliciens, parce que je défends aussi les miliciens, c 'est important d 'avoir des miliciens qui portent les couleurs, sont encore prêts aujourd 'hui à défendre notre pays. Pour les gens, c 'est une chose. Mais est-ce que les militaires sont encore crédibles ? Parce qu 'on exonère les militaires, on dit que c 'est les politiques, c 'est les gens, etc. L 'armée, elle fait ce qu 'elle peut avec ce qu 'on lui donne.

37:22Est-ce qu 'elle fait vraiment au mieux avec ce qu 'on lui donne ? Alors ça, justement. Ça, c 'est l 'autre question. Parce qu 'on parle beaucoup d 'argent. Moi, je serais prête à donner beaucoup d 'argent si je pense que c 'est bien investi. Voilà. C 'est ça, ma question. Quand je vois comment l 'argent est investi et qu 'il est investi dans des drones qui ne volent pas la nuit ou dans le brouillard, je préfère investir mon argent différemment, ou je suis aussi plus encline à vouloir servir si je sais que j 'ai un équipement approprié, si je sais que je suis protégée, et puis pas que, en cas de conflit, en cas de catastrophe, je serais peut -être parmi celles des 7 sur 10 qui n 'auront pas d 'équipement.

38:01Donc, évidemment, c 'est une question de confiance aussi. Après, la confiance, ça se reconstruit. C 'est pas parce qu 'on s 'est moqué de l 'armée ou qu 'on s 'est moqué dans les années 80, où vous avez fait votre service à l 'Égypte. – 96, 96, quand même, 4 ans, on est que du, voilà. – Qu 'on ne peut pas reprendre de la crédibilité. Non, puis ce qui est d 'ailleurs assez intéressant dans les pays qui nous entourent, dont en Allemagne, l 'armée en Allemagne, c 'est toute une autre histoire, avec le nazisme, la Deuxième Guerre mondiale, etc. Les militaires dans la population, pas très très bien vus, aujourd 'hui, en Allemagne, ils regagnent de la crédibilité et même de l 'admiration.

38:38– Est-ce qu 'on peut exonérer, pardon, l 'armée et les militaires au sens large de leur responsabilité, pardon, de leur supposée éventuellement parfois incompétence quand on achète des systèmes de radio dont les câbles sont trop courts, quand on a des avions qui volent aux ordres de bureau, quand on a des drones qui n 'aiment pas le froid, quand on a des pistolets qui tirent de travers, quand on achète des avions trop chers qui n 'ont pas le bon moteur et qui ne sont pas encore arrivés. Ça, ce n 'est quand même pas la classe politique. Non, mais d 'abord, je m 'inscris au faux contre ce qui vient d 'être dit.

39:06Non, mais répondez à mes questions. Par rapport à l 'image de l 'armée, il y a un sondage qui est fait par l 'été, à Zurich chaque année et on voit que l 'armée a dans ce sondage par rapport à la classe politique une image qui est toujours positive qui certes est parfois écornée mais je pense qu 'il est absolument pas soutenable de jeter le bébé, l 'eau du bain et les jouer avec sous prétexte qu 'on vient nous dire qu 'il y a des problèmes dans les processus d 'acquisition ce qui est vrai est-ce qu 'ils existent ces problèmes ou non ? Ils sont ridicules ou non ? Mais non, ils ne sont pas ridicules.

39:43Rien n 'est ridicule. Mais vous mélangez tout. Vous mélangez les processus d 'acquisition qui sont sous la responsabilité d 'Arma Suisse

39:55avec le travail qui est fait, soit par les miliciens, soit par les militaires professionnels. Et moi, j 'ai la conviction que chacun fait le mieux possible. Pour ce qui est des processus d 'acquisition, je pense que ce n 'est pas l 'exclusivité d 'Arma Suisse d 'avoir des difficultés dans l 'acquisition de gros systèmes. On a un vrai problème à la Confédération de gestion des grands projets pour plusieurs raisons. D 'abord, on n 'a pas les ressources en termes qualitatives nécessaires. Ça veut dire que les gens ne font pas bon ? Parce qu 'on ne réussit pas à les payer. Ensuite, on a un problème souvent avec les marchés publics, ce qui fait que ceux qui soumissionnent, soumissionnent en dessous du prix, puis ensuite ne réussissent pas à remplir le cahier des charges et on fait exploser les coûts.

40:34et puis ensuite on a l 'acquisition de systèmes complexes comme le F-35 qui est probablement l 'acquisition du système le plus compliqué que la Confédération a acquis, ne peut pas se faire je dirais sans une certaine marge d 'erreur, ça n 'exclut rien, ça ne dédouane personne mais je pense qu 'il faut faire la part des choses dans cette affaire. Constat partagé sur Arma Suisse qui on rappelle est l 'organe chargé qui dépend du département, qui est l 'organe chargé de l 'acquisition, de l 'armement de l 'acquisition du matériel militaire, il est là C 'est un énorme problème. C 'est un État dans l 'État.

41:09C 'est beaucoup de gens qui ont beaucoup d 'argent à dépenser, souvent de gré à gré. C 'est des gens qui ont des relations privilégiées avec certains secteurs de l 'industrie. Et par la suite, on voit qu 'il y a... Je ne parle pas de corruption. Je parle de pantouflage. Quand il y a un problème, on vient de le voir avec l 'histoire du F-35, ces gens partent, ils ont des belles places à différents endroits. Ce sont des gens qui ont, à leur direction, une fascination pour les États-Unis et Israël. parce que c 'est des pays qui font la guerre. Et nous, on ne l 'a jamais fait, donc... Et après, on choisit ces armes.

41:41Et ensuite, il y a des dysfonctionnements, alors, au sein de l 'armée, dans le sens où, dès le moment où l 'ordre est donné, puis il y a le choix qui est fait, les gens s 'alignent et défendent ces instruments qui, souvent, ne sont pas à la hauteur. Et puis alors, le politique, et là, je parle de mes collègues du centre et de la droite, n 'ont aucun sens critique. On vient de le voir maintenant à la commission des États de la sécurité. Ils ont en gros quasiment à l 'unanimité accepté le nouveau pistolet, qui est effectivement un problème. Comme ça, la population se rend compte. Un point sur dix dans le résultat d 'évaluation par Arma Suisse, mais on prend quand même parce qu 'on ne veut pas se déjuger.

42:21On n 'ose pas critiquer l 'armée, on n 'ose pas critiquer Arma Suisse. Tout ce qui est bien, tout ce qu 'ils font est bien. L 'armée n 'a pas eu. Non, Denis Fradvaux, je ne vous donne pas la parole. De Lille-Froidveau, je ne vous donne pas la parole. Il reste 6 minutes. Pardon, jouez le jeu, s 'il vous plaît, tout brigadier que vous soyez. Maintenant, qu 'est-ce qu 'on fait ? Il nous reste 5 minutes. Le Conseil fédéral, vous l 'avez dit, demande une hausse de 0 ,8 % de la TVA pour obtenir 31 milliards sur 10 ans pour la défense. L 'augmentation des budgets, on l 'a compris. Mais des budgets, pourquoi faire ?

42:50Se défendre tout seul ou se défendre avec les autres ? Souvenez-vous de cette démonstration du regretté Daniel Brelas. C 'était sous la couple le 19 décembre 2019. Alors admettons que l 'aviation russe ou l 'aviation chinoise arrive jusqu 'à nous. Ça signifie quoi ? Ça signifie que l 'OTAN n 'a pas réussi à les empêcher de passer. Puis avec nos 15 avions, on va sauver l 'entier du continent européen. Alors voilà, il n 'y a que Daniel Brelat pour faire ce type de démonstration. Mais c 'est vrai que comme ça, ça allait refrapper au coin du bon sens. Ça repose la question de la stratégie. Alors qu 'est-ce qu 'il nous faut, Olivier Raymond ?

43:27Est-ce qu 'il nous faut une armée capable de se défendre toute seule ? Voilà, avec un, puis on va remplir les listes de commission dans tous les domaines qui sont défaillants. Ou est-ce qu 'il faut en finir avec ce mythe de l 'armée qui se défend toute seule et enfin rentrer dans une logique de collaboration avec l 'étranger ? Je pense qu 'en fait, ce mythe en a toujours été un. On a communiqué de cette manière, mais dans les faits, les militaires ont toujours su qu 'en cas de conflit, on s 'allierait avec quelqu 'un. Paul Chaudet avait déjà dit dans les années 50 qu 'en cas de guerre avec l 'URSS, la Suisse se rangerait aux côtés de l 'OTAN, et ça c 'est, voilà, le principe de la neutralité, c 'est qu 'elle tombe dès qu 'on est attaqué.

44:01– Donc voilà, il faut faire un petit peu, revenir un peu sur nos vieilles croyances. – Peut -être un peu, parce qu 'on a effectivement, comme l 'a dit Mme Rotten au début, un peu mythifié des choses qui n 'ont sûrement jamais existé, mais cette collaboration, elle est déjà enclenchée, comme j 'ai déjà dit, on fait des exercices avec l 'étranger, de toute manière, nos processus, ils sont déjà en grande partie alignés sur ceux de l 'étranger, tout simplement parce qu 'on achète les mêmes matériels qu 'eux, Et puis l 'autre chose qui vient d 'être faite par le Parlement, c 'est justement d 'encourager le Conseil fédéral à négocier un accord de défense avec l 'Union européenne.

44:35Il ne s 'agit pas d 'un accord qui va nous lier du point de vue défensif, mais c 'est un accord qui va nous lier du point de vue de l 'instruction, du point de vue de l 'acquisition de matériel. Et puis je pense qu 'aujourd 'hui, cette collaboration-là, elle est impérative si on veut faire des choses un peu correctes. Quand on pose la question au conseiller fédéral en charge, Martin Pistère, de savoir s 'il faut, oui ou non, finir avec ce mythe d 'un pays qui peut se défendre toute seule, écoutez, sa réponse est assez clair. C 'est clair, la Suisse doit être capable de se défendre seule et autonome.

45:12Mais c 'est aussi clair, il faut avoir la capacité et les compétences de se défendre ensemble avec les voisins et nos partenaires. Donc on doit se préparer, on doit avoir des partenaires qui se connaissent. Et la Suisse doit être partie des idées ou des systèmes européens. Voilà ce qu 'on appelle, Noémie Roten, une réponse de normand. Elle doit se défendre seule ou avec les autres ? Elle doit se défendre seule, mais aussi avec les autres. Est-ce que ça illustre un peu le problème de choix stratégique ? On en revient à ce mythe dont on parlait au début. Puis là, on en égratine deux. On égratine le mythe de la Suisse souveraine qui se défend toute seule dans ses montagnes.

45:53On égratine le mythe de la neutralité. Les deux en même temps. Parce qu 'on est des êtres sociaux et vivre en société, en fait, ça implique des valeurs, des normes, des attentes. Et puis, dès qu 'on adhère à des valeurs, en vrai, on prend position. Donc, on n 'est pas non plus neutre, mais on aime bien construire notre identité sur des mythes. Là où... Ce n 'est pas parce qu 'on doit plus collaborer. Ça, c 'est une piste pour répondre à votre question. Il faut qu 'on collabore plus avec les pays qui nous entourent. sur les pays qui ont les mêmes valeurs que les nôtres, les démocraties qui ont les mêmes valeurs que les nôtres.

46:21– Ça ne coûte pas nécessairement moins cher ? – Ça ne coûte pas nécessairement moins cher. Là où on doit être, ce dont on doit être en mesure de faire, c 'est de contribuer. Ce n 'est pas parce qu 'on entre dans des coopérations internationales qu 'on ne doit plus investir dans notre défense et qu 'on ne peut plus contribuer à la défense nationale. Puis l 'autre chose qu 'on doit faire, c 'est arrêter de travailler en silo, avoir une stratégie qui inclut beaucoup plus d 'institutions et d 'organisations que l 'armée, y compris d 'ailleurs l 'économie privée. donc d 'avoir une conception de la défense beaucoup plus générale que celle qu 'on a aujourd 'hui et puis ça inclut les EPF, ça inclut les entreprises privées, ça inclut la population en général, donc une conception de la défense beaucoup plus large qui inclut beaucoup plus de personnes et penser au-delà de la sécurité militaire.

47:03Jusqu 'où, ce sera ma dernière question, se jette dans les bras de nos voisins pour assurer notre défense, Pierre-Alain Frédéric ? Moi j 'ai une vision très différente, je suis très influencé par un bouquin que je recommande à tout le monde C 'est prisonnier de la géographie de Tim Marshall. Il explique en fait que tout pays doit se déterminer par rapport à sa situation géographique. Et par exemple, sa théorie, que je partage, c 'est que la Russie en fait veut garder le contrôle sur l 'Ukraine parce qu 'elle a peur des invasions de Pille-Ouest et puis elle a besoin de l 'accès aux mers chaudes par la Crimée.

47:38Mais ça veut dire que les Russes, ils n 'ont aucun intérêt à venir chez nous. Ce qui peut, du point de vue pragmatique, qu 'est-ce qui pourrait nous arriver ? Nous sommes en fait au centre du dispositif de l 'OTAN. Les Américains ne vont pas quitter parce qu 'il faut les deux tiers du Congrès et puis ça ne va jamais se produire. Par contre, ce qui est possible, c 'est que si jamais Poutine arrivait à prendre le dessus sur l 'Ukraine, ce qui n 'est pas encore fait, il pourrait aller titiller un peu un pays tel que l 'Estonie ou autre. Et en fait, là, l 'OTAN serait quelque part attaquée. Mais nous, on pourrait être attaqué juste par une guerre hybride, par des menaces comme ça, mais pas par une guerre conventionnelle.

48:16Donc pour moi, encore une fois, nous devons nous protéger contre les menaces à distance, ça doit être la priorité. Et puis, effectivement, une armée traditionnelle avec tanks, artilleries et compagnie, ça j 'oublie. – Merci Pierre-Alain Frédé, vous aurez bien donné la parole, Denis Fradevou, mais vous l 'avez trop prise tout à l 'heure, et puis j 'ai plus le temps, j 'arrive au bout du temps. Merci quand même à vous d 'avoir été avec nous, merci à vous chez vous. en France, c 'est terminé. On se retrouve la semaine... Non, on ne se retrouve pas la semaine prochaine, puisque la semaine prochaine, nous cédons exceptionnellement notre place à 36.9 pour une émission 20e anniversaire.

48:47Donc, bon anniversaire à 36.9. On se retrouve, nous, le 29 à 20h10. Comme d 'habitude, tout de suite, fanfan. Un peu de légèreté avec Vincent Pérez et Sophie Marceau. Excellente soirée sur la RTS ou ailleurs. Bye bye. ...

49:01... ... ...

49:14Sous-titrage ST' 501

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La Suisse et son armée seraient totalement impuissantes en cas d'attaque aérienne iranienne. Ce n'est pas le GSsA qui le dit, mais le chef des forces aériennes lui-même, qui tire la sonnette d'alarme. Entre l'interminable saga des F-35, des pistolets qui tirent de travers, des drones qui ne savent pas très bien voler et des renseignements moins garnis que la police lausannoise, le constat est amer pour l'armée suisse et sa capacité à assurer notre sécurité. Alors politiques ou militaires : à qui la faute ? Et comment corriger le tir ? "Défense : l'armée suisse est-elle un mirage ?" C'est le débat d'Infrarouge, mercredi 15 avril.

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Défense : l'armée suisse est-elle un mirage ?Infrarouge ‐ RTS · 49 min
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