Drame de Crans-Montana : un système en question ?

14 Jan 2026 · 49 min · 18 chapters

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In short

Après le drame de Crans-Montana, l’épisode interroge la gestion judiciaire et politique en Valais, la “culture du silence” et les clichés internationaux sur le canton. Il affirme notamment que des contrôles périodiques n’auraient pas été effectués entre 2020 et 2025, et que l’enquête a été marquée par des maladresses de communication et un manque de moyens.

Guests (backgrounds)

Marianne Marais, Conseillère aux États (centre Valaisan), ancienne présidente de la commune de Trois-Torrents et de la Fédération des communes valaisannes. Raymond Loretton, ancien président de la SSR, ambassadeur de Suisse (Singapour, New York), président de Swiss Medical Network. Ariane Daillère, journaliste/productrice (Vaufribourg), ex-rédactrice en chef du “Matin Dimanche”, fondatrice de Saturney (Martigny). Serge Anderlin, journaliste indépendant, correspondant pour Le Monde (et RTS/ Basique, Mise au point).

Key claims

pression médiatique internationale; possible besoin d’un procureur extraordinaire et/ou d’aide extérieure; critique du “mélange des genres” commune/procureure; idée d’une “faillite politique” et même d’une mise sous tutelle de la commune; problème structurel de contrôles et de ressources.

Notable examples

comparaison avec “11 septembre”; affaire de constructions illégales à Verbier; rapport d’expertise (1200 objets, 300 irrégularités, peu de démolitions) ; épisode 2018 “Crans-Montana, le Valais a-t-il un problème ?” (syndrome de la “Mercedes noire”).

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Chapters

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Introduction to the Crans-Montana Tragedy

0:00 to 1:32

Discussion on the impact and aftermath of the Crans-Montana tragedy.

“La moindre des choses que l 'on puisse faire, c 'est de présenter des excuses de toute la communauté.”

Emotional Reactions to the Tragedy

3:04 to 4:32

Guests discuss their personal experiences and emotional responses to the tragedy.

“Sergent Derlin, vous avez passé quoi, dix jours, trois semaines, pas loin à Cran-Montana depuis...”

Investigating the Justice Response

4:32 to 7:26

Critique of how the investigation is being handled and its implications.

“Raymond Lorette, le moins qu 'on puisse dire, c 'est que l 'enquête est scrutée de partout et comme jamais avec des attentements.”

The Role of Media and Public Perception

7:26 to 9:54

Discussion on media coverage and its effect on public perception of the event.

“Non, non, ce n 'est pas du racisme en TV-Laisan.”

Calls for External Support in the Investigation

9:54 to 12:18

Debate on the need for external assistance in managing the investigation.

“face à certaines personnes et en aucun cas, et je tiens à le dire vraiment ici, ça n 'est parce que je n 'ai pas confiance dans les quatre procureurs qui sont nommés.”

Future Implications for Valais and Switzerland

12:18 to 14:02

Exploration of future consequences for the Valais region and Swiss image.

“La question de savoir si le pool de procureurs à Sion est compétent ou pas, sans doute, bien sûr, qu 'ils sont compétents de ces femmes.”

Perceptions of the Swiss Justice System

14:02 to 17:22

Explore the complexities of the Swiss federal system and its justice mechanisms in light of recent events.

“Moi, j 'ai très peur, vraiment, que l 'image de la Suisse, parce qu 'au fond, le fédéralisme, c 'est une chose compliquée.”

Municipality Response and Accountability

17:22 to 19:32

Discuss the municipality's response to the tragedy and the expectations of public accountability.

“Personnellement, je pense qu 'elle a besoin d 'un acte libératoire.”

Crisis Management and Communication Failures

19:32 to 22:42

Analyze the communication missteps during the crisis and their implications on public perception.

“Et moi, je pense que c 'est faux de voir ça comme une humiliation.”

Cultural Critique of Valais Society

22:42 to 27:54

Investigate the cultural dynamics of the Valais region and its implications for governance and safety.

“qui ont décidé de systématiser les contrôles parce que tout le monde se rend compte, donc on est un pays où on ne prend pas ça du tout au sérieux.”
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Exploring the Valaisan Identity and Clichés

28:00 to 32:40

Discussing the cultural identity of Valaisans and the impact of stereotypes.

“Mais il y a quand même un tout petit côté anthropologue de l 'UQIU qui va tâter les crânes en Valais, qui n 'est pas très intéressant.”

Legal Challenges and Governance in Valais

32:40 to 38:10

Analyzing the legal issues and governance challenges faced by Valais communities.

“Eh bien, on se fédère et on engage un chargé de sécurité à plusieurs.”

Valais and Financial Integrity

38:10 to 41:30

Examining the relationship between wealth and legal compliance in Valais.

“– Mais cela dit, il faut quand même dire que ces histoires de construction illégale à Verbier, elles ont été enquêtées par la presse, qu 'on caricature aujourd 'hui en disant qu 'elles enquêtent jamais.”

Calls for Change After the Crans-Montana Incident

41:30 to 42:01

Discussing potential changes in governance and community response after the incident.

“Volontiers, mais je veux revenir quand même juste sur 2018, puisque j 'y étais.”

Reactions to the Tragedy

42:01 to 43:20

Discussion on the varying reactions of victim's families and the need for calm.

“Encore une fois, on fait une généralité, on a trois ou quatre grosses stations en Valais.”

Structural Changes Required

43:21 to 45:02

Examining structural and organizational changes needed to prevent future tragedies.

“Et j 'aimerais appuyer un petit peu là-dessus, c 'est que, on n 'a pas du tout abordé ça jusqu 'à maintenant, c 'est que tous les membres des exécutifs valaisans aujourd 'hui se demandent s 'ils vont se représenter.”

The Identity Crisis

45:03 to 47:19

The panel discusses how the tragedy impacts Switzerland's national identity.

“un drame absolu et accélérateur de transition pour le valet ?”

Concerns for the Future

47:20 to 48:01

Panelists express concerns about future vulnerabilities due to climate and governance.

“Et donc voilà, c 'est précisément pour ça que vérité doit être faite et en passant par toutes les cases.”
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Transcript

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0:02La moindre des choses que l 'on puisse faire, c 'est de présenter des excuses de toute la communauté. Les contrôles périodiques n 'ont pas été effectués entre 2020 et 2025. La presse alémanique se montre particulièrement virulente envers le Valais, sa gestion du drame, les éditos à charge se succèdent. La sidération, la douleur, les excuses, le Valais tout entier dévasté et qui désormais doit faire face à l 'incompréhension, la colère, la pression. Vu de l 'étranger, la tragédie de Cran-Montana fait s 'écrouler le mythe de la perfection helvétique. Vu d 'outre-Sarine, c 'est même la faillite de tout un système, celui d 'un canton au réflexe clanique, celui de ces communes toutes puissantes et qui paraissent aujourd 'hui dépassées.

0:55C 'est le reproche qu 'on fait aussi à la procureure générale, ses errements dans l 'instruction. Comment cette station de montagne propulsée en hiver ville internationale ? Comment a-t-elle pu continuer de fonctionner avec les habitudes d 'un petit village ? Derrière les critiques sévères, quelle part de cliché, quelle part de vérité ? Cette nuit d 'horreur va-t-elle changer le Valais en profondeur ?

1:24Le Valais, ses institutions et son pouvoir judiciaire, sont-ils à la hauteur de la crise et des attentes après le drame de Cran-Montana ? Quelle réalité structurelle, quelle réalité culturelle derrière les critiques internationales et les clichés qui s 'abattent sur le Valais venus de la presse élémentique. Bonsoir à tous, nouvel écran, vous le voyez peut -être, nouvelle ambiance pour Infrarouge et nouvel horaire. Surtout, ravi de vous retrouver en prime time à 20h10. Ce sera désormais la règle tous les mercredis pour prolonger l 'actualité après le journal. Pour parler donc de ce drame de Cro-Montana et de ses conséquences sur le canton, un plateau forcément très valaisant ce soir, mais pas seulement.

1:59Marianne Marrette avec nous, bonsoir. Conseillère aux États du centre Valaisan, évidemment. Ancienne présidente de la commune de Trois-Torrents, ancienne présidente de la Fédération des communes valaisannes. Vous connaissez par cœur évidemment ce canton et ses structures politiques. Raymond Loretton a été avec nous, bonsoir. Bonsoir. Ancien beaucoup de choses, président de Swiss Medical Network, ça c 'est maintenant. Ancien président de la SSR, ancien ambassadeur de Suisse, c 'était à Singapour. Consul, c 'était à New York. C 'est Dunois, d 'origine, résident fréquent du Haut Plateau, juste en dessous, à Bluche, juste en dessous de Grand Montana.

2:32Ariane Daillère est avec nous. Bonsoir. Merci mille fois d 'être là. Journaliste, productrice à la télé, Vaufribourg, ancienne rédactrice en chef du matin dimanche, fondatrice de Saturney à Martigny, tombée dedans quand on était petit, puisque fille d 'un rédacteur en chef du Nouvelliste. Et enfin, Serge Anderlin, c 'est le non-valaisan de l 'étape ce soir. Journaliste indépendant, correspondant pour Le Monde, entre autres choses, entre quelques activités RTSN aussi, notamment pour Basique, ou Mise au point. Alors, Cran-Montana, un système en question. Bienvenue dans Infrarouge, nouvelle formule.

3:04Sergent Derlin, vous avez passé quoi, dix jours, trois semaines, pas loin à Cran-Montana depuis... Oui, une dizaine de jours. Avec des allers-retours. Oui, c 'est dix jours, trois semaines, c 'est le double. C 'est pas la même chose. À Cran, avec les victimes, avec leur famille, avec les acteurs de près ou de loin de ce drame. On s 'est croisés là-bas, c 'était le dimanche. Très, très, très, très forte émotion évidemment, vous enquêtez depuis un peu sans relâche, on va parler de beaucoup de choses ce soir on va parler de la Commune, on va parler du Valais, on va parler des clichés j 'aimerais qu 'on commence par l 'enquête énormément de critiques qui se sont abattues notamment dans la presse étrangère que vous représentez ce soir sur la manière dont l 'enquête est gérée Oui parce que si vous voulez c 'est très mal parti cette enquête est très mal partie parce que dans un premier temps vous avez un drame énorme gigantesque qui convoque ex nihilo, toute la presse internationale qui débarque massivement Et face à ça, on a une justice valaisanne représentée par cette femme procureure qu 'on découvre à ce moment-là.

3:56Il n 'y a pas de passif, personne ne connaît cette personne avant que la crise ne démarre, en tout cas pas en venant de l 'extérieur, qui offre un peu une sorte de mur froid comme ça avec très peu d 'informations. Donc si vous voulez, la sémantique de cet acte, c 'est de dire on va faire comme d 'habitude, on va bosser, on va travailler, on est la justice valaisanne, mais on va faire comme d 'habitude. et en face de ça, vous avez des journalistes italiens, français, qui ont leur méthode de travail elles ont été critiquées, mais c 'est des médias compétitifs le puzzle médiatique de ces deux pays voisins bien plus grands que la Suisse, il est compétitif donc ces journalistes se comportent de manière compétitive, on dira agressif on peut le dire, ça veut dire quoi ?

4:33Ici ça peut choquer, pour là-bas c 'est normal ils cherchent des réponses Oui, sauf que si vous voulez, ils ne sont pas venus pour un match de football ils n 'ont pas choisi le sujet donc quand on débarque, on débarque sur ce drame et aussitôt, on fait ce que fait un journaliste, il pose des questions. Et en face d 'eux, ils ont eu l 'impression d 'une forme de refus d 'entrer dans ce moment dramatique avec des moyens de communication d 'un côté et d 'empathie, j 'ai presque envie de dire de l 'autre, qui seraient à la hauteur de ce choc. Raymond Lorette, le moins qu 'on puisse dire, c 'est que l 'enquête est scrutée de partout et comme jamais avec des attentements.

5:05C 'est ce que le pouvoir judiciaire valaisant, la question est un peu dure, mais est-ce qu 'il est aujourd 'hui à la hauteur en capacité de faire face à ces pressions, à ces attentes ? – Alors en problème liminaire, j 'aimerais dire que l 'émotion qui a saisi le Valais, elle nous saisit aussi sur ce plateau. – Mais continue de le faire. – On est aussi, et surtout les Valaisans, mais je sais aussi vous qui êtes attaché au Valais, on est dans une situation émotionnelle particulière parce que ce drame nous habite tous depuis qu 'il a eu lieu. – Vous disiez, en rentaine, c 'est un peu notre 11 septembre.

5:34– Oui, je pense que le choc est analogue au 11 septembre. En ce qui concerne la justice valaisanne, Ce que je constate, c 'est qu 'il y a un président du Conseil d 'État qui est un peu le pilote dans l 'avion actuellement et qui a quand même indiqué qu 'il fallait laisser la justice travailler. Mathias Redard, pour ne pas le nommer. Oui, pour ne pas le nommer, et qui a eu des messages très très forts et très salutaires. En ce qui concerne la justice valaisanne, je pense qu 'il faut savoir lui faire confiance, mais vu l 'ampleur de cet événement, les dimensions internationales, les implications qui peuvent aller au-delà de cet incendie, je pense qu 'elle doit se faire appuyer par une aide extérieure.

6:20Et je pense que ce n 'est pas une humiliation de demander l 'aide extérieure. Je pense que c 'est intelligent même de se doter de ressources additionnelles pour pouvoir embrasser cette situation de la manière la plus efficace possible. Et la loi le permet. donc je pense que cette justice valaisanne et la procureure doivent vraiment se poser la question, si c 'est pas à son avantage, à l 'avantage du Valais, de vraiment faire appel à des ressources extérieures pour l 'aider dans cette tâche qui est extrêmement difficile Réander, j 'ai vu aujourd 'hui un communiqué des socialistes valaisans qui disaient on fait confiance à la justice on fait confiance à la procureure générale à son poul de quatre procureurs il y a pourtant des reproches concrets, vous avez certainement lu ce papier de Fatima Sour dans le temps qui les a listés grande spécialiste de la chronique judiciaire qui nous dit effectivement, il y a d 'abord la commune, la procureure qui siège avec la commune dans une sorte de mélange des genres à la conférence de presse, ensuite on a l 'histoire des avocats qui sont recommandés par la police aux victimes, maladresse nous dit-on ensuite on a les familles qui sont écartées des auditions contrairement à la procédure j 'allais dire ça la fout mal un petit peu, il y a beaucoup de choses comme ça des perquisitions qui n 'ont pas eu lieu, on a préféré demander simplement aux gens de transmettre ça c 'est peut -être très important, ça fait quand même un peu beaucoup ou c 'est simplement du racisme en TV-Laisan ?

7:37Non, non, ce n 'est pas du racisme en TV-Laisan. Il y a eu des erreurs de fait, il est certain, et il faut en tenir compte, et il ne faut plus qu 'elles arrivent. Pourquoi pas un procureur spécial ? Il y a des règles pour ça. Ça doit être le tribunal cantonal ou le parlement cantonal qui en décide. Pourquoi pas ? Il y a quand même aussi des questions qui se posent. On sent que les familles ont besoin de réponses rapides. Relancer un procureur, peut -être que ça ne va pas rendre les choses rapides. Maintenant, qu 'on dise que cette procureure où le système n 'était pas prêt, je l 'entends, c 'est vrai que les deux premières conférences de presse, tout le monde était dans l 'effet de sidération, mais heureusement, cette procureure, je suis désolée de vous dire, il y a 40 morts, une quarantaine de morts, on ne sait pas encore combien.

8:15Qui est prêt pour ça ? Ce n 'est pas possible dans n 'importe quel autre pays, l 'effet de sidération a été tout à fait aussi colossal. Et puis, en plus, moi, je trouve que la justice, elle n 'a pas fait faux parce qu 'elle a décidé dès le début que la priorité, c 'était l 'identification des corps, et imaginez ce que c 'était ces jours-là, c 'était non seulement les familles qui avaient leurs enfants qui y étaient, mais les familles qui avaient leurs enfants qui n 'y étaient pas forcément, mais qui n 'arrivaient pas à atteindre parce qu 'un ado ne répond pas forcément un 1er janvier directement à ses parents, c 'était une épouvante.

8:47Donc la mise en priorité sur l 'identification à tout va, elle était vraiment pertinente, je trouve. Ce que je me dis aussi, c 'est que je me demande si cette procureur avait été un homme, est-ce qu 'on aurait directement décidé où Orbi et Orbi qu 'elle était nulle j 'ai quand même un petit, je pense qu 'on aurait attendu quelques heures, parce que c 'était avant que les on avait déjà dit ça avant que les erreurs soient constatées, donc il y a moi j 'ai quand même confiance dans le système si vous voulez, d 'autant, même s 'il a fait des erreurs et je le reconnais, d 'autant plus que maintenant il est sous l 'examen, la surveillance, la vigilance à la fois des familles, des avocats, des médias internationaux, donc il peut pas vraiment sortir sortir des lignes.

9:29Marraine Marais, cette question-là, elle est aujourd 'hui des avocats de victimes. Myriam Mazou à Lausanne le demande officiellement, un procureur extraordinaire. Effectivement, la loi le permet dans des circonstances très graves ou particulières ou très importantes. C 'est quoi votre sentiment là-dessus ? Alors moi, je fais partie des personnes qui, assez rapidement, ont pensé qu 'un procureur extraordinaire, ça pourrait être quelque chose de positif. J 'ai heurté, lorsque je l 'ai exprimé. face à certaines personnes et en aucun cas, et je tiens à le dire vraiment ici, ça n 'est parce que je n 'ai pas confiance dans les quatre procureurs qui sont nommés.

10:06En aucun cas, c 'est cela. Je suis convaincue qu 'elles sont capables d 'instruire l 'enquête de manière totalement adéquate. Si j 'ai pensé à ça, c 'est pour avoir un peu d 'apaisement. Un peu d 'apaisement aussi sur l 'image du Valais. Parce que, mais pour moi, dans ma tête, je ne suis pas du tout une spécialiste de la justice, ce procureur extraordinaire devrait automatiquement prendre le lead, mais travailler avec les quatre procureurs qui sont nommés maintenant. Elles pourraient tout à fait continuer à faire leur travail parce que je sais qu 'elles vont le faire le mieux possible. Ça, j 'en ai la conviction.

10:41Mais cet apaisement, pour moi, est très important. Par contre, il y a un élément qui a été relevé par Madame Daillère, par rapport à qui peut prendre la décision. Alors moi, je mets un bémol par rapport à ça, parce que je pense qu 'en aucun cas, ça devrait être le grand conseil valaisan qui prend cette décision. Pourquoi ? Parce qu 'on politiserait la décision. Parce que si le centre, mon parti, décidait de souscrire à l 'idée d 'un procureur extraordinaire, ça voudrait dire que c 'est parce que c 'est une procureure qui est d 'un autre parti. Et en aucun cas, on peut s 'autoriser aujourd 'hui à avoir ce type de lecture.

11:13Ça péjorerait encore la situation. Donc pour moi, c 'est vraiment le ministère public et le tribunal cantonal qui doivent mener la réflexion. Ce qui peut tout à fait se produire. Absolument. Moi aussi, je pense que c 'est la justice elle-même qui doit décider de s 'ouvrir à des aides extérieures, d 'une part pour l 'apaisement, puis d 'autre part, il y aura des questions extrêmement pressantes qui viendront d 'Italie, qui viendront de France, qui toucheront peut -être le procureur de la Confédération. si on entre dans des investigations qui vont au-delà de l 'accident de cette soirée, mais qui commencent à se poser des questions, si l 'origine des fonds pour financer, etc., on va entrer dans une phase qui va non seulement se nationaliser, mais s 'internationaliser.

12:01Et comme vous l 'avez dit, Ariane, d 'ailleurs, je ne pense pas que notre procureur ou notre système est équipé pour faire face à ça, ne serait-ce qu 'en termes de communication, de gestion des familles, etc. C 'est juste une question de moyens. Et personne ne remet en question vraiment la compétence. On comprend le moment de sidération. On n 'est plus dans ça. La question de savoir si le pool de procureurs à Sion est compétent ou pas, sans doute, bien sûr, qu 'ils sont compétents de ces femmes. La question n 'est pas là. C 'est trop tard. La confiance a été rompue au départ par des maladresses qui ont eu lieu.

12:37Je crois qu 'elles sont documentées. et à partir de là, ça crée cette espèce de bulle instantanée qui est médiatico-politique qui s 'appelle une pression internationale monumentale. Comment pouvez-vous continuer à travailler avec ça en faisant comme si ça n 'existait pas ? C 'est pas possible. C 'est ce que dit l 'avocate de victime, Myriam Mazou à Lausanne, qui demande ça. Donc pour en sortir, il faut faire un pas de côté. C 'est pas tellement un problème d 'indépendance qui serait avérée, c 'est un problème d 'image. À partir du moment où il y a un doute, où on se dit, est-ce que les pressions...

13:06Alors ça va plus. – Le moment qu 'on vit maintenant, qui est ce moment de colère, de recherche de coupables et de violence, qu 'on ressent tous, cette colère on la ressent tous, ça va arriver j 'imagine, un procureur spécial, je ne pense pas que ça va se calmer. – Entendre l 'unanimité qu 'il y a autour de ce plateau. – Il y a quand même une sorte de hargne qui est en train d 'être galopante autour de tout ça, je ne suis pas sûre que ça va suffire pour faire face à la pression internationale dont parle Serge Gendelin, je ne suis pas assez sûre. Mais il faut comprendre l 'approche, c 'est pas un acte de défiance au Valais et au procureur du Valais, c 'est s 'équiper face à une situation qui nous dépasse.

13:45Être à la hauteur des attentes et de l 'ampleur de l 'affaire. J 'ai envie de dire d 'une attente de vitesse aussi, qui est totalement contradictoire évidemment avec le rythme de la justice, mais encore une fois, l 'événement s 'impose à toutes les autres structures. et parce qu 'il est devenu cette chose globale, internationale, avec des médias italiens, français, espagnols, étrangers, italien, tout ce que vous voulez, c 'était quand même un festival, je vais même mettre ça en guillemets, le mot que le peu a cette horrible affaire, on ne peut plus s 'affranchir de ça aujourd 'hui. Donc c 'est là où, au fond, il devient nécessaire probablement que le procureur extraordinaire, spécial, peu importe comment on l 'appelle, ne suffira pas à calmer la chose, mais au moins, ça montrera qu 'on prend conscience de ce moment particulier lié à cette affaire.

14:32Moi, j 'ai très peur, vraiment, que l 'image de la Suisse, parce qu 'au fond, le fédéralisme, c 'est une chose compliquée. Je ne vous fais pas le tableau, vu depuis la France, le fait qu 'il y ait une justice en Valais... C 'est d 'ailleurs largement thématique en France. On nous dit qu 'est-ce que c 'est que ce pays fédéraliste. On doit attendre que dans un tel contexte... Et donc, est-ce que la Confédération elle-même peut se permettre le luxe de devoir, en gros, faire une sorte d 'explication de texte en permanence sur toutes ces arcanes compliqué à voir, mais franchement, c 'est compliqué.

15:01Parmi les autorités ou les institutions dont on s 'interroge aujourd 'hui sur la capacité à faire face et à gérer, d 'abord l 'après, il y a la Commune, évidemment, Marianne Marais. Je sais que la question est difficile pour vous. Vous êtes ancienne présidente de Commune, vous connaissez bien le fonctionnement des communes en Valais. On en parlera peut -être de manière un peu plus théorique et en deuxième partie d 'émission. Juste, de nouveau, sur l 'attitude, la gestion après le drame, on a d 'abord ce mélange des genres, on a cette commune qui fait des aveux dans une conférence de presse de culpabilité en gros, ou de manquement sans s 'excuser alors que c 'est plutôt ça qui est attendu.

15:38Là encore, ça accrédite évidemment dans cette presse internationale alémanique l 'impression du clan qui se défend un peu, non ? Qui se pose en victime en plus. Qui dit qu 'elle est une des principales victimes. Je sais que c 'est difficile pour vous en tant que présidente de commune de critiquer ceux qui font le job maintenant à Cromontana ? – Alors je vais vous répondre très sincèrement. Franchement, tout ce que vous venez d 'aborder, toutes les questions que les gens se sont posées, je me les suis également posées. Je n 'ai pas les réponses. Je ne vais pas aller plus avant sur le commentaire et sur le jugement, précisément qu 'ancienne présidente de commune.

16:13Je pense que ça ne m 'appartient pas. – Trop difficile de savoir qu 'est-ce que j 'aurais fait, est-ce que j 'aurais fait mieux ? C 'est ça que vous êtes en train de vous demander ? – Oui, j 'ai dit que vous avez dit que vous… – Les règles de base, moi qui ne serai jamais présidente de commune, hélas, les règles de base, c 'est quand même qu 'on ne vient pas faire une conférence de presse si on n 'a rien à dire, que dans un cas comme ça, on n 'essaye pas d 'éviter le mot excuse au prétexte que ça aurait des conséquences juridiques, c 'est indécent, qu 'on ne se pose pas comme une victime. Mais ils n 'avaient pas rien à dire, ils ont dit de choses.

16:38C 'était un désastre de communication comme je n 'en ai pas vu depuis 150 ans. Mais cela dit, ils n 'avaient pas rien à dire. Ils n 'ont pas formulé d 'excuse, certes, mais ils ont donné quantité d 'éléments immédiatement sur l 'absence de contrôle. Ils ont dit qu 'il n 'y avait pas eu de contrôle en 2020 et 2025, ce qui est un scandale pur, mais avec une sorte de détachement, c 'était vraiment, ça s 'entraîne ces choses-là, quand on va en conférence de presse de crise, on entraîne les gens. La même phrase à peu près qu 'on a fauté en ne faisant pas le contrôle et qu 'en même temps on est la principale victime, devant 300 journalistes étrangers et suisses, et suisses alémaniques ?

17:09Enfin, je ne sais pas, j 'avoue que... Je pense que c 'est une discussion compliquée parce qu 'on connaît les acteurs personnellement, etc., mais il faut quand même... Mais c 'est une question compliquée. Et personnellement, je partage ce que vous dites. Et je pense que cette commune, qui, elle aussi, elle doit être très désemparée, sa population, elle est fâchée, elle est désemparée, et surtout, elle n 'est plus conduite, parce qu 'il y a un état de sidération, les autorités sont menacées, vont être poursuivies, etc. Personnellement, je pense qu 'elle a besoin d 'un acte libératoire. Et j 'ai réfléchi à ce qui s 'est passé à l 'époque à Leuik-Eurbad.

17:53En 1998, il y a eu une faillite financière et la commune a été mise sous tutelle. Eh bien moi, si j 'étais dans la commune de Grand-Montana aujourd 'hui, je me demanderais c 'est une faillite politique. Ça c 'est clair, la confiance est rompue. Il y a un aveu et il y a une paralysie. Et je me demande, Drey, si je ne ferais pas une requête de mise sous tutelle volontaire, provisoire, pour gagner un souffle, exactement comme pour la procureure. C 'est -à-dire de se dire, écoutez, mettez un commissaire, nous on fonctionne, mais sous sa haute surveillance, on peut aussi s 'occuper de la défense, parce que chacun est préoccupé par son destin personnel, donc il a moins d 'attention pour la chose commune.

18:47on peut préparer notre défense beaucoup plus sereinement, et puis pendant deux, trois ans, jusqu 'aux élections par exemple, on aurait cette mise sous tutelle suite à une faillite politique de la commune de Cromontage. Voilà une proposition qui va plus loin que simplement le procureur spécial, parce qu 'on a un procureur étrange hors canton pour la justice, et puis une mise sous tutelle pour la commune. On aurait une mise sous tutelle du ministère public, on aurait une mise sous tutelle de la crise d 'une commune, On va bientôt demander une mise sous tutelle du Valais par la Confédération. Après, une mise sous tutelle de la Confédération par qui ?

19:20Ça fait beaucoup d 'institutionnels par rapport aux besoins d 'une enquête. Là, on se contredit parce que le procureur extérieur, ce n 'est pas une mise sous tutelle. Et moi, je pense que c 'est faux de voir ça comme une humiliation. C 'est voir ça comme un acte libératoire pour gagner de la marge de manœuvre. Aujourd 'hui, tout le monde est paralysé. La commune est évidemment critiquée pour sa gestion après le drame. Largement plus, et ce sera probablement beaucoup plus long et plus embêtant potentiellement pour sa gestion de la sécurité en amont du drame, des contrôles défaillants, des travaux sans autorisation, des mousses qu 'on n 'a malheureusement pas vues.

20:05C 'est quoi ? C 'est du laisser-aller ou c 'est plus grave que ça ? J 'en sais rien. Moi, je ne connais pas cet établissement. Je ne suis pas procureur. Moi, je m 'intéresse comme journaliste c 'est la chaîne de responsabilité. Tout est sorti. Ça n 'avait pas malheureusement brûlé horriblement depuis 12 heures que nous avions déjà la vidéo sur BFM TV parce qu 'il suffit aujourd 'hui d 'aller voir le portable d 'un gamin et puis de lui demander ce qu 'il y a dedans. Sur Facebook, malheureusement, le fait de ne pas avoir mis en préventif ce couple dans les premières heures fait qu 'ils ont largement eu le temps de purger leurs réseaux sociaux.

20:40Les photos ont été exhumées rapidement. les techniques aujourd 'hui existent, elles ne sont pas très difficiles, pour voir qu 'en 2015, ils posaient eux-mêmes leur mousse. Donc, de ce côté-là, la procurature en Valais n 'a pas besoin de chercher longtemps. Les images avaient été sorties par la presse étrangère et suisse. Je ne sais plus qui l 'a fait. Et donc, alors, tout le monde a plutôt bien travaillé sur ce coup-là. Donc, en fait, ça dit quoi ? Ça dit... Ça dit, oui, ça dit un laxisme, quand même. Ça dit un laxisme, au fond. Est-ce qu 'il est valaisan ? On en parlera plus tard, j 'en sais rien.

21:06C 'est une valaisan ou pas. Oui, merci Alexis. Je l 'avais compris. Est-ce qu 'il est valaisan ou pas ? Je dirais qu 'il est alpin, au minima. En tout cas, on voit dans ce content depuis longtemps certaines pratiques qui sont toutes sous ce parapluie tutélaire d 'un tourisme qui rapporte beaucoup d 'argent. C 'est ce que la première ministre italienne, Mme Meloni, appelle l 'apreté au gain. Elle l 'a dit nommément. Est-ce que la raison... Le solde est facile. Je trouve qu 'on ne peut pas faire l 'abstraction, si vous voulez, de cette formidable machine touristique, de son attractivité gigantesque, des sommes qu 'elle brasse et au fond, peut -être de certains arrangements avec des lois de sécurité qui existent.

21:52Est-ce propre au Valais ? Ce n 'est pas à moi d 'y répondre. Vous avez croisé le fer avec Peter Rottenbüller un peu sur cette question-là à Forum l 'autre jour. On nous parle de l 'argent. C 'est vrai que la facilité, quand on voit la facilité, l 'absence des contrôles, un certain laxisme dans les contrôles et puis la facilité avec laquelle ses époux Moretti présumé innocent, sont accueillis. C 'est très étrange puisqu 'ils ont, lui, une sorte de casier judiciaire et on n 'est pas censé pouvoir ouvrir un établissement si on en a. Donc il y a des choses à enquêter là-dessus, mais la presse est en train de le faire.

22:25Cela dit, par rapport à la... Ce qui est vraiment extrêmement choquant, c 'est l 'absence de contrôle, quoi. L 'absence de contrôle par rapport au risque d 'incendie. Mais le problème que ça révèle, toute cette affaire, c 'est que cette absence existait à Cran, elle existe visiblement dans d 'autres communes du Vellet, mais elle existe partout en Suisse. Aujourd 'hui encore, il y a des cantons qui ont décidé de systématiser les contrôles parce que tout le monde se rend compte, donc on est un pays où on ne prend pas ça du tout au sérieux. Et même les cantons où l 'assurance est obligatoire, on s 'aperçoit depuis quelques jours qu 'en fait ce qui est contrôlé, c 'est plutôt qu 'on paye l 'assurance.

22:58Oui, il n 'y a pas de contrôle annuel, mais ils ne sont pas dans la loi. Là, il y a un vrai problème. Il faut absolument en avant après. Vous répondez par le petit bout de la manette sur la question des contrôles. J 'étendais déjà les choses à la facilité avec laquelle on a accueilli ce couple d 'entrepreneurs qui sont achetés un bar, deux bars, un restaurant, avec de l 'argent dont on ne sait pas. Voilà. Y a-t-il quelque chose d 'un peu qui relève un peu de l 'appât du gain, qui serait éventuellement valaisan ou alpin ? C 'est très troublant, mais là, il faudra que la presse, et moi j 'ai confiance en elle, elle va enquêter, prouve qu 'il y a eu des pots de vin ou je ne sais pas quoi, mais comment ça se fait qu 'il a fait.

23:35Vous voulez des faits, quoi. Oui, il faut des faits avant d 'arriver. Alors, même s 'il faut des faits, on va aborder deux fronts pour essayer de parler de la manière la plus intelligente possible cette question de la culture du silence, de la culture clannique, de ses petits arrangements, ses corses de la Suisse qui feraient bloc contre toute ingérence ou critique étrangère. Quelle réalité derrière tous ces clichés ? Focus de Christophe Sierot et Raymond Sarr de son État.

24:09Valais, terre de clichés. Le plus vaste canton de Suisse romande, avec ses sommets emblématiques, ses valets qui sont un peu des îles. Le Valais est-il vraiment cette république alpine, si loin des préoccupations fédérales, peuplée de montagnards imprégnés de foi catholique et de culture du silence ? Les petits arrangements politiques, le clientélisme désigné frontalement par la NZZ et qui serait en partie responsable de la tragédie de Grand Montana. Un canton où règne le copinage, la magouille, ce sont des accusations qui sont très lourdes. L 'arrogance de certains médias alémaniques durant cette période n 'est pas à la hauteur de la situation.

24:48Ensuite, ce que je peux vous dire, c 'est que tout mon engagement politique, ça a été un engagement contre le copinage, contre les conflits d 'intérêts, et que je continuerai avec cette ligne. Préjugés ou fonds de vérité, ces derniers jours ont montré une sociologie valaisanne singulière. un canton habitué à faire bloc contre les ingérences, des communes marquées par le poids de familles enracinées qui tissent leur réseau d 'influence. Des communes qui pèsent lourd dans le jeu politique, dotées de prérogatives fortes et des responsabilités qui vont avec. C 'est ce qu 'illustre cruellement le cas à Cran-Montana, en Valais.

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25:23C 'est bien aux autorités locales qu 'il revient de s 'assurer de la sécurité des établissements publics. Ça n 'a pas été fait avec le Constellation durant cinq ans. Et désormais, l 'Italie, qui a perdu 6 de ses jeunes citoyens durant cette nuit d 'horreur, veut se constituer partie plaignante. Ce qui s 'est passé à Cran-Montana n 'est pas un accident. C 'est le résultat du manque de professionnalisme de trop de personnes ou de leur volonté de s 'enrichir facilement. Derrière ces propos tranchés, quelles nuances, quelles réalités ? Et comment le Valais, attaqué de toutes parts, va-t-il pouvoir se relever ?

26:01Ariane, d 'ailleurs, vous n 'avez pas aimé que la NZZ tombe comme ça sur les Valaisans au Vitriol pour brocarder l 'habitus. Ce sont leurs termes du montagnard qui s 'arrange comme il veut, qui ne tolère pas la critique de l 'extérieur. Pourtant, le fameux papier de la toute zuricoise NZZ, il est écrit par un tout Valaisan, haut Valaisan Samuel Burgenner. Il connaît un peu son sujet. C 'est classique. Dans une rédaction gérée ailleurs qu 'en Valais, on attend toujours des journalistes Valaisans qui dépiottent les clichés, qui les livrent à la brouette. On lui a dit ça, on lui a dit Vas-y, charge la mule, dis-nous.

26:30Je pense qu 'il s 'est senti la mission de le faire. C 'est un journaliste à part ça qui écrit très bien, très intelligent, etc. Et je trouve... D 'abord, j 'aimerais dire quand même que moi, je reconnais qu 'il y a une tendance au chauvinisme épidermique en Valais et qui est souvent exprimée de manière verbale, qui manque légèrement de finesse. C 'est vraiment épidermique. C 'est dit avec beaucoup de diplomatie. Ce que j 'aimerais aussi dire, c 'est que puisqu 'on a le temps dans cette émission d 'épioter un peu les choses, moi, quand même, je me suis plongée à fond dans ces articles de la NZZ, avec leur côté d 'andis urbain comme ça.

27:01Et il y a une chose, franchement, où je me suis beaucoup interrogée, parce que dans l 'article qui est bourré de clichés néanmoins, c 'est l 'habitus du montagnard dont parle ce monsieur Burgonner dit qu 'au fond, nous les Valaisans, on est tellement emprunt de la force de la nature et de ce qu 'elle nous inflige parfois, ça veut dire qu 'on est fataliste et on est déresponsabilisé de tout et on s 'en fout de tout. Et franchement, je me suis dit, est-ce que je suis comme ça ? Est-ce que je suis plus déresponsabilisé que les restes de mes camarades d 'autres cantons. Oui, mais je suis super valaisanne quand même.

27:32Et je me suis posé la question, et c 'est intéressant de s 'interroger identément, mais je crois que c 'est, hélas, largement compensé par un autre trait de culture valaisanne, qui est la culpabilité catholique. On se sent toujours coupable de tout, donc au fond, c 'est une réflexion intéressante, mais elle est fausse et elle est datée. Elle ressemble un peu à ces mauvais auteurs valaisans, comme Maurice Métrage, vous ne l 'avez pas lu, Alexis, Je ne lisez jamais, c 'est épouvantable. C 'est du cliché à la brouette, justement. Mais il y a quand même un tout petit côté anthropologue de l 'UQIU qui va tâter les crânes en Valais, qui n 'est pas très intéressant.

28:09Tout le monde veut parler. Sergent Darlan. En même temps, quand on internationalise ces stations de ski à outrance, dans un but bien compris, Montana, Acromontana, Verbier, Zermatt, qui sont des stations mondiales, j 'ai envie de dire, on s 'expose forcément au regard des autres. notamment à un voisin très lointain et étranger comme le Zurichois par exemple. Donc je trouve assez normal, au fond c 'est un jeu assez classique, que ça existe sur un drame. Ce regard il me paraît même nécessaire, puisque le drame va par définition avoir besoin de responsables. Cette recherche démarre aussitôt dans la vox populi, dans les médias aussi, peut -être parfois de manière vulgaire, mais c 'est quand même comme ça que ça se passe.

28:49La justice aussi. Et donc qu 'est-ce qui se passe ? Au fond le regard il devient aiguisé. trouver à ce moment-là commencer à porter des regards sur la manière dont le couteau est aiguisé, etc. Moi je trouve que c 'est incroyable le sujet il n 'est pas là tout cliché a un fondement et si ces fondements étaient un peu les uns après les autres étudiés pour voir ce qu 'il y a derrière il y a quand même une partie qui sont fondateurs de ce mythe valaisan que nous-mêmes romans que les français voisins connaissent et que les valaisans eux-mêmes entretiennent parfois avec un malin plaisir, nous aussi d 'ailleurs on les entretient et on les pousse à l 'entretenir dans lesquels il y a un malin plaisir.

29:23Marianne Marais, on va prendre quelques éléments structurels tout à l 'heure, mais d 'abord sur ces points-là, peut -être un peu plus impressionnistes, quand on essaie de thématiser les réputations de tout un peuple, l 'esprit d 'un peuple, le déterminisme biographique, c 'est toujours un peu casse-gueule, pardon, parce que c 'est forcément un peu flou, parce que c 'est pas vrai pour tout le monde, parce que c 'est difficilement mesurable. Quand même, j 'ai envie de vous dire, mais quand même. Ces vieux dictons en Valais, les lois de Berne, on les applique, on les affiche plutôt que de les appliquer, ça tombe pas de nulle part.

29:53– Alors, moi j 'ai beaucoup de choses à dire par rapport à ça. D 'abord, moi j 'ai horreur des généralités. Et en ce moment, tous les médias se sont autorisés à faire des généralités sur l 'ensemble des presque 380 habitants du canton du Valais. – Tous, tous vous êtes sûr ? – Quasi tous. Certains avec un peu plus de distance et un peu plus de prudence, je dirais, que d 'autres. Mais en tout cas, plus ils sont loin, plus ils sont autorisés à faire ça. ces généralités je ne les supporte pas pour personne pour aucune ethnie, pour aucun groupe de personnes et pour aucune corporation parce que les journalistes qui se sont délectés vraiment de nous mettre tous dans le même sac n 'ont peut -être pas pensé au fait que moi je pourrais dire tous les journalistes sont pourris c 'est aussi gratuit de la même manière, alors je pense qu 'il faut quand même faire la distinction, en tout cas en ce moment ne pas mettre tous les valaisons sous le même chapeau, en disant que nous sommes tous des tordus et que nous nous accommodons des lois comme on peut et surtout comme on veut.

30:58Par contre, au niveau des clichés, c 'est sûr qu 'on a des défauts. La première chose que je dois dire, c 'est un peu notre deuxième slogan, c 'est « fier d 'être valaisan ». Et ça ne sort pas de nulle part. On est fiers. Gravé dans mon cœur. On est fiers. et cette fierté est parfois mal placée. Je pense en particulier aux communes puisque c 'est d 'elles qu 'on parle particulièrement ce soir. Il y a peut -être... L 'objectif n 'est pas de ne pas respecter les lois, en aucun cas. Mais de le faire à la petite semaine, passez-moi l 'expression. Donc là, on est quand même dans le vif du sujet. Pourquoi ?

31:42Mais pas pour toutes les communes. Et pas pour tous les domaines. À savoir, en Valais, les communes ont énormément de prérogatives. Ce n 'est pas le cas partout. Ça, c 'est structurel. Voilà. Les communes ont énormément de prérogatives. Elles ont, grosso modo, 600 bases légales à appliquer. En aucun cas, je trouve des excuses. Mais ce que je veux dire, c 'est que pour une partie d 'entre elles, en particulier peut -être les plus petites, en l 'occurrence, elle n 'est pas petite, la commune de Cran-Montana, il y a des difficultés à assumer toutes les tâches. Mais pour ça, justement, il faut peut -être mettre un peu de côté sa fierté et puis être capable de demander de l 'aide ou de se fédérer.

32:17Alors, il y a un certain nombre de communes qui le font déjà, qui se mettent ensemble pour amener les bonnes réponses. Typiquement, dans le cas d 'un chargé de sécurité, puisque là, on est dans le vif du sujet, pour moi, il est impératif que ce soit un professionnel. Un professionnel hyper formé et qui soit là à plein temps. Pour une commune, c 'est peut -être un poste beaucoup trop gros. Eh bien, on se fédère et on engage un chargé de sécurité à plusieurs. Il y a beaucoup d 'exemples comme ça. Et puis, par rapport aux clichés, c 'est sûr qu 'on aime bien les entretenir. Et moi, j 'aime bien nos clichés.

32:54Certains de nos clichés, j 'aime bien. J 'aime bien dire à quelqu 'un, ah, mais t 'es le fils A. Oui, t 'as où les vaches. Vraiment, je peux dire, t 'es le fils A. J 'aime ça. Mais entretenir ces clichés, entretenir ce qui nous rend un petit peu à part, ça ne veut pas dire pour autant qu 'on ne doit pas respecter les lois et qu 'on ne respecte pas les lois et je n 'aime pas ce parallèle et je n 'aime pas ce parallèle parce que moi je tiens à nos traditions je tiens à nos clichés, ils nous rendent aussi séduisants parce que sinon monsieur ne viendrait pas ce qui est chez nous par exemple mais il n 'en demeure pas moins que ça ne nous autorise en aucun cas à ne pas respecter les lois et surtout il faut dire quand on n 'arrive pas à le faire et s 'organiser.

33:32Il y a cette incroyable ironie terrible ironie du Corse en Valais alors qu 'on caricaturait les Valaisans comme étant des Corses, Raymond Loretton. Rousseau était fasciné par l 'insularité de la Corse et voyait le Valais comme une île. Ce cliché remonte quand même à Rousseau qui est un type a priori sérieux. Je pense que le Valais est un pays d 'ouverture et ce dont on parle, alors il y a beaucoup de choses qui ont été dites sur les clichés, moi je n 'ai aucun problème à dire que je suis fier d 'être Valaisan et qu 'il est gravé dans mon cœur. C 'est des slogans que j 'assume totalement. Après, j 'ai été délégué aux affaires européennes du canton du Valais au moment de l 'espace économique européen.

34:15C 'est un canton qui a dit oui, contre toute attente. Donc ça montre quand même que le valaisan, il a un esprit d 'ouverture qui est beaucoup plus marqué que ce qu 'on pense. La deuxième chose, aujourd 'hui, j 'étais longtemps à l 'étranger, le Valais que je rencontre, ce n 'est pas le Valais des clichés. Moi, je suis engagé dans l 'économie. Je suis président d 'une entreprise dans le Haut-Valais, une grosse PME internationale qui est soumise à des contrôles extrêmement stricts. C 'est dans le domaine de la chimie à risque et de l 'explosif civil. Je peux vous dire qu 'on ne plaisante pas avec la législation.

34:51Je suis dans la santé, qui est hautement réglementée. On a une clinique à Sion. Les rapports avec le département de la santé, les contrôles de sécurité, etc., je peux vous dire qu 'il n 'y a pas de passe-droit et qu 'il n 'y a pas de plaisanterie. Il y a deux vallées ? Non, le vallée que vous projetez sur les stations, etc., ce n 'est pas celui que je rencontre, moi, dans mon quotidien actuel. Pourtant, vous nous dites que l 'un et l 'autre existent, donc il y a deux vallées. Non, mais ce n 'est pas deux vallées. Je peux être fier d 'être valaisan et respecter les lois, être soumis à... Et au contraire, je trouve que le vallée que j 'ai vu de loin et que je vois, il a fait un saut de modernité énorme, y compris dans sa gouvernance.

35:31y compris dans sa gouvernance. Aujourd 'hui, on a un conseil d 'État qui a pris ses responsabilités, qui n 'a pas pataugé. Il a dit des choses très importantes, il a géré la crise, et c 'est un Malais qui est très, très loin de tous les... Alors, il y a des clichés qui existent. D 'ailleurs, on les entretient nous-mêmes, ces clichés. Prenons des faits, prenons des faits. Et le reste de la Suisse les entretient. Ils adorent les Valaisans, justement à cause de ces clichés. Dans les papiers de la NZZ, et on ressort notamment d 'anciennes affaires. Et il y a un lien, je le fais d 'autant plus, avec d 'autant plus d 'aidesance que l 'avocat de la commune de Cromontana le fait lui-même, il fait le lien avec l 'affaire des constructions illégales à Verbier, en disant, nous, on devrait pouvoir être partie plaignante, puisque à Verbier, ils étaient aussi partie civile.

36:16Moi, ce n 'est pas ce parallèle-là qui m 'intéresse. Le parallèle, c 'est le côté, voilà, Verbier, énormément d 'argent, des chalets avec des possibilités de manes fiscales et financières énormes. et puis voilà, comme on disait sur les lois on les applique un peu à la bonne... Et puis rien, vous avez, cette histoire pour moi elle est le fait, un des, il y en a d 'autres mais le fait principal qui prouve ou qui amène de l 'eau au moulin de ces clichés. Au fond, on a eu à un moment donné, je ne me souviens plus exactement, je crois que c 'est le Conseil d 'État valaisan il y a quelques années, qui avait fini par nommer une expertise externe, qui a été confiée à un juriste bernois de mémoire, j 'ai oublié son nom qui revient avec un dossier en disant voilà, j 'ai ausculté 1200 les chiffres il faudrait vérifier dans le détail je vous donne des ordres de grandeur, j 'ai vérifié 1200 objets, construction, rénovation, transformation, peu importe c 'est 1200 objets qui auraient dû faire l 'objet d 'un permis de construire, sur ces 1200 il relève 300 irrégularités 300, 1 sur 4 et donc il se passe quoi ?

37:13Eh bien il se passe rien rien n 'est démoli, on est 5 ans après la remise de ce rapport. Bon il y a une affaire en cours il y a des prévenus, il va y avoir un procès enfin pendant ce temps ces objets sont utilisés. Et donc, ça continue. Donc, ça veut dire, ça ne continue peut -être pas dans l 'illégalité, mais la station n 'a pas perdu de son attrait, il n 'a pas été jugé. Donc, on a là, effectivement, puisque c 'est le titre de votre émission, les éléments d 'un système. Est-il purement valaisant ? J 'en sais rien, en fait. Il est très visible là, parce que ces endroits sont célèbres. – Ils disaient qu 'il est Alpes.

37:43– Et riches. – Et puis, il y a ce contraste incroyable entre ces structures et ces petites structures. – Vous prenez un cas et vous généralisez les clichés. Vous voyez ? – Alors là, je prends pas un cas, je prends un fait. – Un fait, un cas, mais vous le généralisez sur toute la population valaisanne, sur tout le système de gouvernance. – Dans chaque vallée du Valais, on connaît des gens dans ces vallées. Dans chaque vallée, il y a des histoires de construction illégale. – Mais cela dit, il faut quand même dire que ces histoires de construction illégale à Verbier, elles ont été enquêtées par la presse, qu 'on caricature aujourd 'hui en disant qu 'elles enquêtent jamais.

38:18Il y a des super enquêteurs honoris, par exemple. – Par la presse romand, vous voulez dire, et valaisanne. Voilà, donc quand ça a été dénoncé... Xavier Languel, on peut le saluer d 'ailleurs. Il y a eu des pas que. Je peux vous en donner tout un panel de noms. Julien Vicky, par exemple. Julien Vicky aussi. Voilà, et ils ont été vraiment enquêtés. Donc il y a quand même... Ça, ça n 'aurait pas été fait, je pense, il y a 30 ou 20 ou 30 ans. La justice s 'est mise en marche. Alors, elle se punit, je suis d 'accord avec Sergent Darlin. Sûrement pas assez, avec assez de solidarité, il n 'y a pas assez de contrôle, etc.

38:48Mais il y a quand même quelque chose qui s 'est mis en marche. Moi j 'aimerais revenir parce que vous êtes tous là à la bouche pleine de... Il y a trop d 'argent. C 'est pas parce que Mélanie l 'a dit que ça doit être vrai, mais pourquoi une station ne chercherait pas à gagner de l 'argent ? Pourquoi une station ne chercherait pas à gagner de l 'argent ? L 'important c 'est pas de gagner de l 'argent, tant mieux pour eux s 'ils gagnent de l 'argent, c 'est de ne pas respecter les lois. Il ne faut quand même pas commencer à brasser la haine du riche comme ça. Si vous êtes d 'accord, pour répondre à votre question ou tenter d 'y répondre au prolonge des discussions, je vais montrer un extrait d 'une émission qu 'on a faite il y a huit ans, c 'était en six ans, huit, 2018.

39:23Huit, c 'est juste un 8 et 8, 16. J 'ai de la peine. J 'y arrive. En 2018, pardon. Le titre est à peine croyable, ça s 'appelait « Cromontana, le Valais a-t-il un problème ? » C 'était après une autre affaire à Cromontana et beaucoup moins dramatique, c 'était Radovan Vitek, le propriétaire d 'Alors qui avait fermé la station. Plein de raisons, ça avait choqué tout le monde. Vous étiez dans cette émission, Marianne Marais, écoutez ce que disait Christophe Cliva, Cliva de Cromontana, pour essayer d 'expliquer ce qui peut se passer, la mentalité face à l 'argent. Écoutez, c 'était il y a 8 ans. Il y a ce fameux syndrome de la Mercedes noire qui est un peu le même syndrome que la cigale et la fourmi.

40:00Le syndrome de la Mercedes noire, expliquez-nous ça. Des gens sont arrivés en Mercedes noire avec des cigares et ils ont dit on va investir beaucoup d 'argent. Certains politiciens ont cru à la bonne parole et les ont ouvert leur part sans faire absolument, sans faire preuve de véritable professionnalisme comme par exemple en faisant des analyses, des due diligence, savoir exactement d 'où provenait l 'argent, est-ce qu 'ils avaient les finances pour financer ces différents projets. Fantasme alors le syndrome de la Mercedes noire, qui tout à coup aveugle un peu, les dollars qui aveuglent, comme dans les dessins animés.

40:37Je ne trouve pas que c 'est infrontable, ça peut être vrai, puisque ça s 'est avéré par exemple à Verbier, mais néanmoins je pense que les choses sont en train d 'évoluer. Mais cela dit, il y a un problème structurel aussi. Comme l 'a dit Mme Marais, les communes sont très puissantes. C 'est très ancré dans le système communal. Mais c 'est ce que veut la Suisse. La Suisse, elle se veut comme ça, c 'est le système fédéraliste. C 'est très ancré dans le système familial aussi. Et c 'est des familles d 'autrefois qui faisaient beaucoup d 'enfants. Tout le monde se connaît, etc. Donc il y a cette proximité, il est vrai, qu 'il faut gérer à terme.

41:07C 'est très ancré dans le lien social. Mais ce ne sont pas que des défauts, tout ça. Non. C 'est ça qui est compliqué aussi à détricoter. Donc, que le Valais ait avancé par rapport à ça, moi, je suis plutôt admirative, parce qu 'il y a encore 30 ans, je n 'y croyais plus vraiment. Ben, penchons-nous sur l 'avenir pour les quelques minutes qui nous restent. Qu 'est-ce que le Valais, d 'après Grand Montana, doit tirer comme conséquence ? Quelle leçon ? Quel changement ? Qu 'est-ce qui va changer ? Volontiers, mais je veux revenir quand même juste sur 2018, puisque j 'y étais. Je veux quand même amener la réponse...

41:38Ça m 'est revenu, j 'ai regardé l 'émission, mais la réponse que j 'avais amenée à la Mercedes-Noire. à ce moment-là, je présidais une commune qui a aussi une station de bien moindre importance que, il s 'agit de Morgens, de bien moindre importance que Grand Montana ou Verbier. J 'ai jamais vu de Mercedes-Douard arriver. C 'était des Bentley. Non. Encore une fois, on fait une généralité, on a trois ou quatre grosses stations en Valais. Toutes les stations ne sont pas comme ça. Il faut faire attention avec les généralités. Non mais, le cliché de la mercenaire soir, c 'est nous prendre pour aux imbéciles.

42:16C 'est passé. Ah, c 'est plus discret. Plus personne n 'a mort. Disons que ça résonne de manière un tout petit peu particulière quand on découvre un petit peu l 'aventure de ses époux, la manière dont ils se sont installés, la facilité avec laquelle ils ont fait... C 'est une Bentley. Oui, en l 'occurrence, il paraît que c 'était une Bentley. Juste, sur la suite, parce que pour être parfaitement sérieux, j 'ai parlé, on a parlé évidemment avec des familles de victimes, je parlais encore aujourd 'hui avec le le papa d 'une victime, son fils est mort. Il nous disait, s 'il vous plaît, discutez des choses dans le calme et dans l 'apaisement.

42:47D 'autres familles sont extrêmement en colère, ils veulent que des têtes tombent. Le point commun entre toutes ces familles, c 'est qu 'ils veulent à la fois des réponses et les garanties que ça n 'arrivera plus jamais. Il nous reste quelques minutes. Qu 'est-ce qui doit changer sur le plan structurel, organisationnel, culturel peut -être aussi, Marie-Anne Marais, pour que ce genre de choses ne se reproduisent plus jamais ? Alors sur le plan structurel, je l 'ai déjà abordé très brièvement tout à l 'heure, Moi, je pense qu 'aujourd 'hui, bien sûr que c 'est difficile à le dire, on ne peut rien réparer.

43:16On ne peut rien réparer. Mais on peut reconnaître. On peut reconnaître les erreurs et on doit reconnaître les erreurs. Je pense que toutes les communes valaisannes, aujourd 'hui, doivent analyser précisément toutes les bases légales qu 'elles doivent respecter, qu 'elles doivent mettre en œuvre et faire cet exercice, dire qu 'est-ce que je suis capable de faire, parce que pour beaucoup de lois, c 'est facile de les appliquer, de les respecter, etc. Et puis, qu 'est-ce qui n 'est pas possible de faire pour ma commune, vu sa taille, vu ses finances, etc., et de se questionner et de s 'organiser, de manière à mettre en place un système qui est beaucoup plus clair pour toute la population et surtout beaucoup plus professionnel, parce que toutes les communes n 'ont pas, encore une fois, les moyens d 'avoir énormément de professionnels.

44:02Et j 'aimerais appuyer un petit peu là-dessus, c 'est que, on n 'a pas du tout abordé ça jusqu 'à maintenant, c 'est que tous les membres des exécutifs valaisans aujourd 'hui se demandent s 'ils vont se représenter. Franchement, c 'est terrible. Parce que c 'est aussi un effet secondaire qui va arriver dans trois ans, dans deux ans et demi, quand il faudra recruter du nouveau personnel. Ça va être compliqué. Et je pense que justement, si les communes aujourd 'hui, elles font ce travail d 'analyse, demandent au canton de l 'aide, voire des changements de base légale, voire que le canton reprenne un certain nombre de charges.

44:36Parce que l 'autonomie communale, Moi, j 'y tiens, mais on n 'a pas besoin de tout faire pour être autonome, non plus. Et je pense que si elles font cet exercice-là, elles rassureraient aussi les futurs édiles potentiels, ainsi que la population. Parce qu 'il y a une chose que vous avez relevée, vous avez beaucoup parlé de la clientèle étrangère, mais moi, je suis valaisanne et j 'ai aussi envie d 'être en sécurité dans mon canton. Il n 'y a pas que la clientèle étrangère qu 'il faut soigner. Grémond-Lorettan, le drame de Cromantana, un drame absolu et accélérateur de transition pour le valet ?

45:08Je pense qu 'il y a un travail de gouvernance des communes à faire. Je partage tout à fait l 'avis de Marianne Marais. Je pense que les exécutifs... Je prends Grand Montana. Grand Montana, c 'est une ville à la montagne. L 'exécutif, c 'est l 'exécutif d 'un village. Mais ce n 'est pas de sa faute. Non, mais c 'est un état de fait qui aujourd 'hui ne semble plus être en phase avec les exigences du monde. On doit se donner les moyens de conduire ces communes. Donc, on doit créer des formations, des exécutifs, on doit les épauler, on doit beaucoup plus travailler ensemble, les communes doivent beaucoup plus travailler ensemble, et, comme je l 'ai dit tout à l 'heure, parfois, il faut avoir l 'humilité de demander au canton de nous donner un coup de main, de peut -être reprendre un certain nombre de tâches.

45:57Donc, toute cette répartition des tâches entre les communes et le canton doit être revue. Et puis, surtout, tout bêtement il faut faire les contrôles qu 'on doit faire tout bêtement, il ne faut pas réécrire des lois et multiplier les actes législatifs, il faut juste les appliquer Serge Anderlin, un certain fonctionnement a-t-il vécu ou non il en faudra plus ? Sur le Valais je ne sais pas j 'avoue que je ne connais pas assez la scène politique locale et sa structure administrative par contre le regard qui est porté de l 'extérieur sur la Suisse vient d 'en prendre un très méchant coup pas parce que c 'est la faute de la Suisse mais parce que c 'était impossible en Suisse.

46:35Vous voyez, Cromontana, par exemple, a accueilli des réfugiés juifs en 1942 qui venaient d 'Italie pour la plupart. La Suisse, en général, a bénéficié depuis toujours, a continué à bénéficier de l 'idée que c 'est un refuge absolu. J 'ai de l 'argent, je veux mettre mon gosse en sécurité, il sera à Cromontana, il ne lui arrivera rien. C 'est Cromontana, c 'est Verbier, c 'est Zermatt, etc. C 'est Berne, peu importe. Au fond, c 'est cette innocence-là, j 'ai envie de dire, qui a vécu dans la nuit de ce drame. Et je crois que c 'est quelque chose de très important pour un pays, et là on ne parle plus du canton, on parle de quelque chose de beaucoup plus identitaire, de se découvrir une faiblesse telle, une faillibilité en quelque sorte.

47:19Le pays infaillible a des failles. Et donc voilà, c 'est précisément pour ça que vérité doit être faite et en passant par toutes les cases. C 'est -à-dire qu 'il faudra tout retourner et on ne pourra pas venir. Moi j 'ai un peu peur de ça. alors je ne sais pas comment ça fonctionne, faisons confiance, mais qu 'on se concentre sur ce couple de corse qui visiblement a fait tout faux et était très à pro gain, puis qu 'on dise après puis le reste, ma foi, c 'est la faute, t 'as pas de chance. Alors ça, ça n 'ira pas. Et on suivra ça, évidemment, de très près, je dois remettre le jour. Très, très vite, Arène, vous voulez dire quelque chose ?

47:47Juste, pour ne pas redire ce que n 'ont ni les autres, simplement, moi je suis inquiète à ce moment que Ville-Valais, pas seulement à cause de Grand-Montana, mais à cause de tous ces changements climatiques qui amènent des catastrophes, les routes qui tombent, En tant que Valaisans, on se sent fragilisé. Et j 'ai peur qu 'on se replie, j 'ai peur que ce progrès dont je parlais revienne, s 'arrête. Eh bien, le message est passé entre eux. Laissons les fenêtres ouvertes. Merci, c 'est un joli message. Merci à tous les quatre d 'avoir participé. C 'est fini pour aujourd 'hui. On continuera évidemment de suivre de très près toute cette affaire dans toutes ses dimensions.

48:17Je vous rappelle qu 'on se retrouve désormais chaque mercredi à 20h10 dans cette nouvelle ambiance juste après le journal. Tout de suite à la poursuite d 'Octobre Rouge. Et oui, sur la RTS. Excellente soirée sur notre chaîne ou ailleurs. Bye bye. – Sous-titrage ST' 501

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Après le choc, le temps de l'émotion et le deuil national en hommage aux victimes du drame de Crans-Montana, les questions fusent et la pression monte de toutes parts sur le Valais, sa justice et ses institutions. Sont-elles à la hauteur de la crise et des attentes ? Quelle réalité culturelle et structurelle derrière les clichés qui s'accumulent ? Et quelles leçons tirer d'un drame qui n'aurait jamais dû se produire ? Drame de Crans-Montana : un système en question ? C'est le débat d'Infrarouge mercredi 14 janvier.

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Drame de Crans-Montana : un système en question ?Infrarouge ‐ RTS · 49 min
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