In short
Whether to fear hantavirus (virus des Andes) after a cruise outbreak and possible imported cases; risk is described as low for the public, but communication and infodemic dynamics are central.
Guests and backgrounds
Sylvie Briand, scientific director/lead at WHO (global health governance). Frédérique Jacquerio, infectious-disease physician at HUG (Geneva University Hospitals), emerging viral diseases/tropical viruses. Céline Gardiole, head of section at OFSP (Swiss Federal Office of Public Health), transmissible diseases. Claudine Burton-Jeangros, sociology professor at University of Geneva, sociology of health and risk/infodemia.
Key claims
Virus is known since the 1970s/1990s; mainly zoonotic via rodents, but Andes hantavirus can rarely transmit human-to-human. No specific treatment or vaccine; care is intensive supportive therapy. WHO/ICDC recommendations are being followed; observation window is up to 42 days due to long incubation. Risk management relies on proportionate measures, not panic.
Notable examples
MV Ondius cruise (150 people; ~10 confirmed infections; 3 deaths) evacuated to Tenerife; Argentine interhuman transmission cluster (2019: ~100 people exposed, 34 infected, 11 deaths); Swiss cases (patient in Zurich stable; others asymptomatic); European coordination via revised International Health Regulations (activated in 2025).
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Chapters
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0:00 to 1:31
Overview of the hantavirus situation and public perception.
“Antavirus serait donc à l 'origine de la mort de trois passagers du MVV onduce un bateau de croisière naviguant sur l 'Atlantique.”
Global Health Governance and Response
3:15 to 5:28
Discussion on the global health response to the hantavirus outbreak.
“À Genève où la souche a aussi été identifiée, entre autres par les HUG.”
Understanding the Andes Virus
5:28 to 8:05
Exploration of the Andes virus characteristics and its transmission.
“à la fois locale, nationale, globale au risque.”
Treatment Challenges and Clinical Insights
8:05 to 9:22
Insights into treatment challenges and clinical management of hantavirus infections.
“Pas seulement sur cette famblée, il y a eu plusieurs petites flambées comme ça, la majorité c 'est des cas isolés, et de temps en temps il y a eu cette transmission interhumaine.”
Societal Reactions and Media Influence
9:22 to 12:20
Examining societal reactions to hantavirus and the role of media in shaping perceptions.
“Oui, c 'est évident, mais il y a beaucoup de gens qui se posent, on le verra, quand on parlera de la manière dont l 'information circule, beaucoup de gens se posent aussi ces questions-là.”
Clinical Effects and Virus Behavior
12:20 to 14:00
Discussion on the clinical effects of the hantavirus and how it behaves in the body.
“Moi, ce que j 'entends des collègues et de ce qu 'on voit se passer depuis quelques jours, c 'est que tout le monde sait très bien comment gérer cette situation-là.”
Understanding Hantavirus Symptoms
14:00 to 15:10
Learn about the symptoms and severity of hantavirus infections.
“C 'est un virus qui incube longtemps, apparemment, mais qui, une fois qu 'il a incubé, frappe très vite.”
Coordination Among Health Ministers
15:10 to 17:20
Discover the outcomes of the European health ministers' meeting on hantavirus.
“en visioconférence avec les ministres européens de la santé sur l 'initiative de la France, encore une fois très proactive.”
Patient Tracking and Testing
17:20 to 19:10
Explore the strategies for tracking patients and testing for hantavirus.
“à deux chaînes de transmission, pas au-delà, et on espère que les mesures mises en place ont stoppé toute transmission et qu 'il n 'y aura pas de chaîne supplémentaire.”
The Timeline of the Outbreak
19:10 to 21:00
Follow the timeline of the hantavirus outbreak on the MV Hondius cruise.
“avec le focus de Christophe Sirot Oushoia, Patagonie-Argentine, point de départ d 'une croisière d 'un mois pour amoureux de nature, destination le Cap Vert.”
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International Responses and Recommendations
21:00 to 23:10
Examine how countries are responding to the hantavirus outbreak.
“C 'est une réponse courte et définitive.”
Public Perception and Conspiracy Theories
23:10 to 24:40
Analyze the public's reaction and the rise of conspiracy theories related to the virus.
“Et donc, je pense que c 'est une solution qui, à mon avis, offre beaucoup plus de sécurité que d 'avoir laissé les choses pourrir, je dirais, sur le bateau.”
Liberty and Quarantine Measures
24:40 to 26:30
Discuss the balance between individual freedom and necessary quarantine measures.
“et de manque de solidarité aussi parfois par rapport à des situations internationales.”
Risks of Further Transmission
26:30 to 28:00
Understand the risks of further transmission and current observations.
“Il y a des gens qui vivent dans des lieux qui sont vraiment très très éloignés.”
Understanding Virus Transmission Risks
28:00 to 29:38
Learn about the challenges of tracking virus transmission and international cooperation.
“Oui, c 'est très difficile de mesurer exactement le risque, mais tant qu 'on a un nombre limité de contacts, on peut remonter toutes les chaînes de transmission, et donc ça reste gérable.”
Evaluating Risk and Decision-Making
29:38 to 31:29
Explore the complexities of risk assessment in public health decisions.
“vous êtes à l 'OFSP, c 'est des coups de fil c 'est des réunions tout le temps ?”
Cultural Differences in Public Health Responses
31:29 to 36:48
Discuss how cultural factors shape health authorities' decision-making processes.
“des décisions qui ont été prises avec des informations différentes.”
The Role of International Health Organizations
36:48 to 38:42
Understand how international organizations manage global health crises.
“à leurs agendas politiques, à leur population.”
Media and the Spread of Information
38:42 to 40:09
Analyze the impact of media coverage on public perception of health risks.
“Ça veut dire que l 'OMS, même si on veut en sortir, en fait, on n 'en sort jamais.”
Science, Uncertainty, and Public Trust
40:09 to 42:01
Examine the relationship between scientific uncertainty and public trust in health authorities.
“avec ce mot qui est apparu aussi en même temps que la pandémie qui est l 'infodémie finalement est-ce que c 'est très grave, c 'est du bruit l 'infodémie ou est-ce que ça doit nous inquiéter ?”
Science, Media, and Public Trust
42:01 to 46:20
Explore the challenges of communicating scientific uncertainty and media responsibilities during health crises.
“Comment ça se fait que le fonctionnement de la science, le doute, la réfutation, et encore tant de peine à être compris, génèrent tant de méfiance, d 'interrogation, d 'incompréhension ?”
Conspiracy Theories and Public Health
46:20 to 47:57
Discuss the rise of conspiracy theories during health crises and their impact on public trust.
“Les usual suspects du Covid sont tous ressortis déjà de l 'ombre en essayant de lever leurs légions de followers.”
Communication in the Age of Social Media
47:57 to 48:39
Understand the necessity for health authorities to adapt their communication strategies to modern information systems.
“Et donc il faut que les autorités sanitaires aussi s 'adaptent à ce nouveau système et sachent comment communiquer avec ce système.”
Transcript
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0:11Antavirus serait donc à l 'origine de la mort de trois passagers du MVV onduce un bateau de croisière naviguant sur l 'Atlantique. Il ne s 'agit pas d 'un autre Covid. Le risque pour le public est faible, donc il n 'y a pas de raison d 'avoir peur ni de paniquer.
0:35Comme une impression de déjà vu. Le navire néerlandais MV Ondius, foyer d 'une épidémie d 'antavirus des Andes, évacués sous haute surveillance à Ténérife après plusieurs semaines en mer. Une dizaine de cas d 'infection confirmés et trois cas mortels. Un virus transmis de l 'animal à l 'humain, mais aussi de l 'humain à l 'humain. Un indice létal particulièrement élevé, bien plus que pour le coronavirus. Ni traitement spécifique, ni vaccin, cela rappelle des choses forcément. Pour autant, le patron de l 'Organisation mondiale de la santé répète que non, nous ne sommes pas dans le scénario de 2019.
1:15Sauf que le Covid a laissé des traces, fantasmes et inquiétudes se bousculent. Avec 150 passagers et membres d 'équipage rapatriés un peu partout dans le monde. Un cas positif en Suisse, quel risque de propagation ? Quel juste milieu entre déni et panique ? Faut-il avoir peur de l 'antavirus ?
1:39Faut-il avoir peur de l 'antavirus ? Bonsoir à toutes et à tous, ravie de vous retrouver en direct sur le plateau d 'Infrarouge. Comme tous les mercredis soir, on se pose évidemment la question que tout le monde se pose ce soir. La question, et on espère, des réponses les plus complètes possibles sur cette nouvelle épisode sanitaire qui inquiète, qui rappelle, on vient de le voir, de mauvais souvenirs. Que sait-on sur ce antavirus ? La situation est-elle sous contrôle ? Comment en parler intelligemment aussi ? Ça, ce sera un chapitre important dans un monde encore très agité, secoué, qui s 'énerve très vite après la pandémie de Covid.
2:10il y a quelques années, un plateau de très haut vol ce soir. Sylvie Brion est avec nous, bonsoir. Bonsoir. Merci mille fois d 'être de retour sur ce plateau, scientifique en chef de l 'OMS, membre de la direction de l 'institution, au cœur de la gouvernance sanitaire internationale. Frédérique Jacquerio, bonsoir. Bonsoir. Merci mille fois d 'être ici, médecin adjoint au Centre des maladies virales émergentes des HUG, spécialiste en maladies tropicales, tous ces virus émergents en sont souvent. Céline Gardiole, merci d 'être là, bonsoir. Bonsoir. C 'est un plaisir de vous accueillir, chef de section de la division maladie transmissible de l 'OFSP.
2:43Nos autorités sanitaires avec nous. Vous étiez encore en visioconférence il y a peu avec les ministres européens. Donc on verra les derniers développements. Et Claudine Burton, pardon Jean-Groix, bonsoir. Bonsoir. Merci d 'être avec nous. Professeure de sociologie, spécialiste de la santé, sociologie de la santé, sociologie du risque, professeure à l 'Université de Genève, à qui on va aborder précisément la dimension sociétale, médiatique des choses, de l 'infodémie, comment parler, comment traiter de ce sujet. Faut-il en avoir peur alors de l 'antavirus ? Bienvenue dans l 'Aprarouge. Sylvie Briand, je vais commencer avec vous.
3:16On est à Genève, siège de l 'OMS. À Genève où la souche a aussi été identifiée, entre autres par les HUG. Avant de rentrer dans le dossier, on va voir sous toutes ses coutures, quel est l 'état d 'esprit à l 'état-major de la gouvernance mondiale sanitaire ? À l 'état-major, on est très agité par toutes les activités qu 'il y a de coordination entre les différents pays. C 'est aussi la première fois où vraiment on active le règlement sanitaire international depuis sa révision en 2025. On met en place ce qu 'on a appris il y a quelques années. Voilà, on avait revu ce règlement sanitaire après Covid pour l 'adapter aux crises de ce siècle.
3:57Et donc là, on voit en fait, on le teste grandeur nature pour voir comment ça fonctionne. Et ça a très bien fonctionné puisqu 'il y a eu beaucoup de collaboration, beaucoup de partage d 'informations et justement le rapatriement des passagers, etc. tout s 'est très bien passé l 'Espagne, on l 'a remercé plusieurs fois parce qu 'ils ont accepté justement de piloter un peu ces opérations de rapatriation des passagers puisque le bateau était à Tédérif effectivement c 'était difficile pour la population des Canaries parce qu 'ils étaient très angoissés mais toutes les mesures ont été prises pour justement minimiser le risque et être prête du risque zéro, finalement.
4:44Donc, je pense que jusqu 'à présent, c 'est un succès. Je vous vois souriante, pas trop d 'inquiétudes ce soir. Non, parce que c 'est un virus qu 'on connaît. On sait qu 'il n 'est pas très transmissible dans des conditions ordinaires. Là, c 'était des conditions très spéciales. C 'est sur un bateau. Donc, les gens sont, en fait, confinés sur un bateau. donc il y a plus d 'interactions, de contacts rapprochés. Donc maintenant on revient dans des conditions normales et donc en mettant en place les mesures qu 'on a recommandées, on est rassuré, on se dit que ça ne va pas aller plus loin. On connaît les chaînes de transmission et puis tous les pays jouent le jeu et font en sorte que ça s 'arrête là.
5:27On va reparler de cette réponse globale, à la fois locale, nationale, globale au risque. Frédéric Jacqueru, vous faites partie avec Pauline Vetté, Emmanuel Chibler de la Trinité des experts des HUG et de la question. Je dis ça parce que c 'est chez vous qu 'on a notamment identifié cette souche, il faut dire andes ou andes ? Vous dites andes chez vous. Andes ou virus des andes. Virus des andes. Pour nous, c 'est très nouveau, ce antivirus, pour vous, beaucoup, beaucoup moins. Alors, ce n 'est pas un virus très connu et très fréquent, mais il est connu quand même depuis un certain temps. Il fait partie de la grande famille des antivirus.
6:03le virus des Andes. Il a été découvert dans les années 90 en Amérique du Sud. Mais on connaît les ranta virus depuis les années 1978, les années 70. Donc, il n 'y a pas énormément de cas. Peut -être une centaine comme ça en Argentine par année, entre mille pour tout le continent américain et puis bien sûr, beaucoup plus en Europe et en Asie. Peut -être qu 'il faut dire, c 'est qu 'il y a vraiment deux grands groupes. Il y a les ranta virus qui sont d 'Europe et d 'Asie, et il y a les ranta virus des Etats-Unis. C 'est important parce que la létalité est un peu différente en fonction de ces deux groupes et le syndrome clinique.
6:42Différente ? Alors, ceux du vieux monde, si vous voulez, Europe et Asie, la létalité est beaucoup plus faible, donc la probabilité de mourir si vous avez la maladie. Et par contre, ceux qui sont du nouveau monde, des Amériques, ils sont accompagnés d 'une létalité plus importante. Si j 'ai bien compris, le fait que cette souche se transmette d 'homme à homme, d 'humain à humain, en fait une sorte d 'exception, presque même une bizarrerie, c 'est ça ? Exactement, je pense que c 'est vraiment le point clé autour de ce virus des Andes. Tous les autres rentavirus, et le virus des Andes aussi, est transmis majoritairement par le rongeur, c 'est une zoonose, par différents types de rongeurs, chaque rentavirus a son rongeur.
7:27et dans le cas du virus des Andes, on s 'est rendu compte qu 'après qu 'il y ait une transmission à l 'homme, parfois, de manière très limitée, il peut y avoir une transmission de cette personne infectée à une autre personne. Et aujourd 'hui, si j 'ai bien compris toujours, ce qu 'on sait de son comportement entre les humains, ça se base sur une petite épidémie en Argentine, dans un territoire un peu reculé, une fête. En 2019, une centaine de personnes, une personne porteuse du virus, les personnes autour de lui, les 5 personnes contaminées, 34 personnes contaminées ensuite en tout, 11 morts, avec une létalité qu 'on a établie là-dessus.
8:04C 'est à peu près ce qu 'on sait. Pas seulement sur cette famblée, il y a eu plusieurs petites flambées comme ça, la majorité c 'est des cas isolés, et de temps en temps il y a eu cette transmission interhumaine. Dans le cas que vous citez, c 'est vrai qu 'il y a eu un événement pas similaire à ce qui s 'est passé sur le bateau, mais quand même un événement social avec beaucoup de contacts rapprochés, prolongée, où les gens peut -être chantent, crient, sont dans des distances vraiment petites. Donc ça, ça a favorisé en fait, comme sur le bateau, comme ça vient d 'être dit en fait. Le mode de transmission n 'a pas changé, mais il peut y avoir des circonstances et des comportements qui vont favoriser.
8:42Si je parle de la létalité, c 'est parce que c 'est évidemment ce qui fait peur quand on nous dit 30%, parfois j 'en ai entendu jusqu 'à 50%, mais si j 'ai bien compris encore et toujours, la létalité n 'est probablement pas la même si on se trouve aux soins intensifs à l 'hôpital universitaire de Zurich ou si on se retrouve dans une région reculée de la campagne argentine. Vous avez tout à fait raison, c 'est malheureusement une maladie pour laquelle on n 'a pas encore un traitement spécifique, donc les traitements de soutien qui peuvent être vraiment intensifs sont extrêmement importants, et c 'est peut -être aussi une des raisons pourquoi les gens ne devaient pas rester sur le bateau s 'ils étaient potentiellement en incubation et développer la maladie, ils doivent être rapprochés d 'un hôpital qui est capable de les prendre en charge.
9:21On ne peut pas les laisser mourir sur ce bateau. Oui, ça c 'est assez évident. Oui, c 'est évident, mais il y a beaucoup de gens qui se posent, on le verra, quand on parlera de la manière dont l 'information circule, beaucoup de gens se posent aussi ces questions-là. Céline Gardiole, merci de nous faire l 'honneur d 'être ici, la Suisse fait partie des pays concernés, j 'allais dire au premier chef, puisqu 'on a quatre Suisses concernées, un patient hospitalisé à Zurich, un partenaire qui est sous observation, un passager d 'un vol, on reviendra sur l 'importance des vols, qui est en observation aussi en auto-isolement à Genève.
9:52On vient de le voir au 19-30. Et puis un membre d 'équipage en quarantaine aux Pays-Bas. Ça n 'a pas changé. Et comment ils vont ? Alors, ça n 'a pas changé. Et heureusement, le patient qui est hospitalisé va relativement bien. Son état est stable. On a été très inquiets ces derniers jours. On l 'a dit, c 'est un virus qui a une mortalité très élevée. Donc, avoir un patient comme ça aux soins intensifs, pour nous, c 'est toujours chargé d 'émotions. On parle de Zurich, là. On parle de Zurich. Mais cette personne va bien. et maintenant on sort gentiment de la phase à risque. Donc on est de plus en plus rassuré.
10:22Et on a effectivement trois autres résidents suisses ou ressortissants suisses qui sont concernés et tout le monde va bien, tout le monde est asymptomatique. Écoutez, à ce stade de l 'émission, tout va plutôt bien. Claudine Burton-Jangon, on est vraiment ravis d 'avoir une sociologue autour de la table puisque la dimension sociétale de ce sujet est assez énorme. Ce n 'est pas simple, déjà, de parler dans une émission de Prime Time ce soir, de prendre la décision de parler. d 'une maladie qui fait peur à une population qui est encore totalement marquée, secouée, presque traumatisée par la pandémie de Covid avec laquelle elle fait forcément des parallèles.
10:58Oui, alors c 'est clair que la pandémie n 'est pas loin et que ce nouvel événement nous la rappelle tout à coup de manière très vive. En même temps, tout le monde n 'est pas non plus extrêmement inquiet de cet antivirus. Je pense qu 'il est important de relativiser aussi sa place dans la société aujourd 'hui et les médias contribuent à lui donner une place très importante. Vous êtes assez critique, soyez-le. Moi je suis critique en disant qu 'il y a une surabondance de l 'information et les titres, on parle de la peur, on parle de l 'inquiétude, on ne l 'a pas mesuré dans la population. Donc on projette sur la population des attitudes ou des craintes qui ne sont pas forcément mesurées telles qu 'elles sont annoncées.
11:41Par ailleurs, le fait de parler constamment et de mettre ça en tête des gens que peut -être ça pourrait devenir quelque chose de grave, qu 'il faudrait avoir peur, c 'est le titre de l 'émission, ça, ça contribue... Il y a un point d 'interrogation, quand même. Il y a un point d 'interrogation, mais ça contribue à un discours anxiogène. Qui est forcément négatif ou qui peut être aussi avoir valeur de... Je ne sais pas, de prophylaxie ? Alors, c 'est la question du bon niveau d 'anxiété et on est dans des contextes où on a plutôt tendance à en rajouter beaucoup du côté de l 'anxiété, de notre vulnérabilité, de notre fragilité, alors qu 'en fait, on est quand même extrêmement bien équipés et bien préparés.
12:20Moi, ce que j 'entends des collègues et de ce qu 'on voit se passer depuis quelques jours, c 'est que tout le monde sait très bien comment gérer cette situation-là. On va revenir dans la deuxième partie ou la troisième partie de l 'émission sur ces questions-là qui sont encore une fois très importantes. Frédéric Gérard, je reviens vers vous. La France, on pourra en parler aussi sur les différentes attitudes. Les autorités sanitaires ont décidé hier d 'organiser une grande conférence de presse, une sorte de mi-conférence de presse, mi-cologue de spécialistes, avec l 'un d 'entre eux, Xavier Lescure, de l 'hôpital Bichat, qui disait, ça a surpris un peu, ça a dû vous surprendre, il faut attendre le séquençage complet pour savoir si le virus qu 'on a chez nous en France a muté, alors qu 'on avait l 'impression que le séquençage complet avait été plutôt fait, non ?
13:03Oui, tout à fait, le séquençage est complet de notre côté ici à Genève, suffisant pour dire que ce qu 'on a découvert est similaire à ce qu 'on a découvert chez des patients en Argentine et dans le réservoir. Donc on n 'aime pas le mot mutation, on ne parle pas de mutation. Non, il est similaire, c 'est -à-dire qu 'il n 'y a pas de grand changement et puis il va avec la plausibilité de toute cette flambée. Qu 'est-ce qu 'on sait sur ce qu 'il nous fait simplement sur le plan clinique ? Qu 'est-ce qu 'il fait ce virus ? Comment il tue ? Pourquoi il tue autant ? Alors ce virus, on va s 'infecter par l 'inhalation de particules contaminées, par exemple des déjections d 'un rongeur, et ensuite il va assez rapidement se retrouver dans le sang, et il va surtout endommager les parois vasculaires, l 'endothélium, les parois vasculaires, en particulier dans le cas du virus des ondes, au niveau pulmonaire.
13:58Donc il va perturber tous les échanges gazeux, et donc ça peut faire ce syndrome assez grave, au niveau pulmonaire, et les personnes ont besoin à ce moment-là d 'une prise en charge vraiment intensive, voire même d 'avoir un soutien extra-corporel pour les échanges gazeux et la circulation. C 'est un virus qui incube longtemps, apparemment, mais qui, une fois qu 'il a incubé, frappe très vite. C 'est une particularité. L 'incubation peut être très longue, ce qui complique la prise en charge actuelle, puisqu 'on ne sait pas, et aussi la préoccupation de tous ces passagers qui étaient sur ce bateau.
14:34et donc ça, ça complique un petit peu et d 'une fois qu 'il se développe, au début c 'est vraiment comme une grippe, vous avez mal à la tête vous avez des myalgies, vous n 'êtes pas très bien vous êtes très fatigué et puis après quelques jours, il peut y avoir des symptômes respiratoires et à partir du moment où la personne pour des raisons de son profil génétique, pour différentes raisons va développer une maladie sévère, ça peut aller très très rapide, donc ça c 'est une des raisons qu 'à partir du moment où il y a des symptômes la personne doit être vraiment proche d 'un hôpital qui peut prendre en charge de manière intensive.
15:06Céline Gardiole, vous étiez, pour Trahir aucun secret, il y a quelques heures ou minutes encore, en visioconférence avec les ministres européens de la santé sur l 'initiative de la France, encore une fois très proactive. Dites-nous tout. Qu 'est-ce qu 'on a appris ? Est-ce qu 'on a appris quelque chose ? Ou est-ce que finalement c 'est une séance de coordination ? Alors cette séance a effectivement été demandée par la France et l 'objectif était de coordonner les mesures entre les pays. Chaque pays a pu mentionner ce qui était appliqué. Ce qu 'on a constaté, c 'est que dans la grande majorité des cas, c 'est les recommandations de l 'OMS et les recommandations de l 'ICDC, le Centre de contrôle des maladies transmissibles européens, qui font foi.
15:46La Commission européenne s 'est clairement exprimée en disant que c 'était ces recommandations-là qui devaient être appliquées. On n 'a pas appris de choses relativement nouvelles. Ce qu 'on a appris, c 'est qu 'il y avait maintenant un projet de mettre en place un système de suivi des patients et des personnes en quarantaine avec des tests de façon régulière pour un peu mieux comprendre justement cette dynamique de ce virus avec cette période d 'incubation. Donc on voit qu 'il y a des initiatives pour mettre des choses en place au niveau de la recherche, par exemple. À ce qu 'on attend d 'une minute à l 'autre, nous disent les Français, les résultats de leurs 22 cas contacts de tests, mais finalement que nous diront ces résultats ?
16:27n 'apporteront pas de réponse définitive, puisqu 'on peut être, eu égard à cette longue période d 'incubation, il va falloir être testé plusieurs fois pendant ces 42 jours pour arriver à une réponse définitive, c 'est ça ? Alors, ce qui va surtout nous intéresser, c 'est les symptômes plus que les tests, parce que les tests aussi, ça nous permet éventuellement de détecter des gens qui ne présentent pas de symptômes. Là, il y a encore une certaine incertitude, mais ce qui est vraiment pour nous maintenant important, c 'est qu 'une personne symptomatique soit testée. La Commission européenne insiste aussi sur cet élément-là.
17:01Et puis, on attend tous cette fin de cette période d 'incubation pour pouvoir enfin souffler et dire, OK, maintenant, on est arrivé au bout de cet épisode parce qu 'on veut savoir combien il y a de chaînes de transmission. On en revient à cette publication d 'Argentine où il y avait quand même eu plusieurs chaînes. Là, pour l 'instant, on est à deux chaînes de transmission, pas au-delà, et on espère que les mesures mises en place ont stoppé toute transmission et qu 'il n 'y aura pas de chaîne supplémentaire. Échelle temporelle, on sera rassuré quand ? On souffle quand, Sylvie Brion, à l 'échelle internationale ?
17:35Pour l 'instant, on sait juste... Les recommandations, c 'est qu 'il faut que les gens restent en observation pendant 42 jours, puisque ça correspond à la durée maximale d 'incubation plus un ou deux jours pour se donner plus de sécurité. Donc, je pense que, pour les passagers du bateau qui ont été évacués, ça a commencé le 10 mai. Donc, on a calculé qu 'au 21 juin, on pourrait respirer. De manière assez cynique, je me souviens, on a fait tellement d 'émissions à l 'époque sur le Covid, et on disait que le danger que représentait le Covid, c 'est qu 'il était assez contagieux et qu 'il était peu létal.
18:15Ce qui faisait de lui un bon candidat à la pandémie. C 'est l 'exact inverse avec celui-ci. Oui, c 'est en général le cas pour les virus d 'origine zoonotique, c 'est -à-dire animal, sont très peu adaptés à l 'espèce humaine. Et donc, c 'est un peu une impasse biologique quand ils arrivent. C 'est une erreur, en fait. Voilà. Et c 'est vrai que ça peut les pousser à évoluer, justement, pour être plus transmissibles. Au moment où ils deviennent plus transmissibles, en général, ils sont effectivement moins dangereux pour l 'homme. et donc on voit ces évolutions mais on va l 'objectif c 'est vraiment de stopper la transmission avant que le virus justement évolue et essaye de s 'adapter à l 'homme et bien c 'est de ce dont on va parler maintenant qu 'on a fait mieux connaissance avec le virus lui-même on va essayer d 'examiner la manière dont on répond au risque de pandémie on va déjà revenir sur le trajet du virus et de ceux qui l 'ont côtoyé avec le focus de Christophe Sirot
19:18Oushoia, Patagonie-Argentine, point de départ d 'une croisière d 'un mois pour amoureux de nature, destination le Cap Vert. Le MV Hondius lève l 'encre le 1er avril. À son bord, 150 passagers et membres d 'équipage en provenance d 'une vingtaine de pays. 11 avril, premier décès. Le possible patient zéro, c 'est un ornithologue néerlandais de 70 ans. A-t-il contracté le virus dans une déchetterie en Argentine ? C 'est la première thèse qui circule. Entre le 22 et le 24 avril, le Hondius fait escale à Sainte-Hélène. Le corps du défunt est débarqué. Sa femme quitte le navire, prend un vol pour Johannesbourg, comme d 'autres passagers de la croisière qui rentrent chez eux.
20:02À ce moment-là, on ignore tout du virus. 26 avril, la femme décède à Johannesbourg, ont un virus confirmé. 2 mai, troisième décès, une passagère allemande qui souffre d 'une pneumonie depuis quelques jours. Le navire est ensuite immobilisé au large de Praia, capitale du Cap Vert, après un refus d 'accostage. Ce sera ensuite la longue attente jusqu 'à la délivrance, le débarquement aux Canaries, c 'était dimanche. La plupart des passagers ont désormais regagné leur pays pour subir des tests médicaux et une période d 'isolement. Alors qu 'il est le Hondius, avec toujours à son bord le corps de la touriste allemande décédée, navigue vers le port de Rotterdam, où il est attendu dimanche.
20:49Sylvie Briand, vous aviez l 'air de dire en début d 'émission que les États qui doivent suivre vos recommandations l 'ont fait à plus ou moins satisfaction. Les choses ont donc été, à ce stade, faites correctement partout depuis Ténérife. Oui. Oui. C 'est une réponse courte et définitive. Non, mais ce que je veux dire, c 'est que l 'OMS, quand on fait des recommandations, d 'abord, on s 'inspire de la littérature scientifique pour voir ce qui s 'est passé dans les autres épidémies et quelles sont les activités ou les interventions qui ont fonctionné. On réunit aussi des experts au niveau international pour recevoir le plus d 'avis possible.
21:27Ensuite, on développe ces recommandations en essayant de faire des recommandations qui puissent fonctionner partout. Donc, c 'est un peu... Ce n 'est pas un costume sur mesure, si vous voulez. C 'est vraiment taille unique. C 'est ça, c 'est standard. Standard, voilà. Et après, c 'est à chaque pays, en fait, d 'adapter ses recommandations à leur capacité, au système de santé, à leur évaluation du risque aussi. Si vous voyez, pendant Covid, par exemple, je ne sais pas, en Suède, par exemple, où les gens vivent quand même assez éloignés, le problème n 'était pas le même que dans des villes hyper densément peuplées en Chine par exemple, c 'est pas du tout les mêmes...
22:06Ça a été très thématisé d 'ailleurs la Suède Voilà, non mais je veux dire c 'est pas du tout les mêmes circonstances, donc on peut comprendre que chaque pays finalement adapte ses recommandations à sa réalité. Je posais cette question parce que vous avez vu comme moi fleurir, on en reparlera sur les réseaux plein de questions, parfois outré en disant mais pourquoi est-ce qu 'on n 'a pas laissé ces gens en quarantaine sur le bateau une quarantaine c 'est une quarantaine, on les laissait 42 jours et puis c 'était réglé. Est-ce qu 'on peut répondre simplement à cette question ? Parce que je crois qu 'il y a une réponse assez simple.
22:32Je pense que d 'abord, d 'un point de vue éthique et moral, ce n 'était pas acceptable parce que ces gens étaient exposés au virus. Et donc, effectivement, on a vu que certains, après, ont développé la maladie. Donc, on n 'allait pas les garder sur le bateau et attendre qu 'ils meurent tous. Enfin, je veux dire, ce n 'est pas acceptable. Donc, effectivement, il fallait les rapatrier puis leur offrir la possibilité aussi d 'avoir accès à des soins de qualité. ce qui n 'est pas le cas sur un bateau en pleine mer. Ensuite, je pense que c 'est plus sûr de s 'occuper d 'un rapatriement contrôlé, puisque toutes les mesures ont été prises.
23:09Comme ça, on est sûr qu 'au moins, on contrôle toutes les chaînes de transmission dès le départ. Et donc, je pense que c 'est une solution qui, à mon avis, offre beaucoup plus de sécurité que d 'avoir laissé les choses pourrir, je dirais, sur le bateau. Oui, littéralement. Claudine Burton-Jean-Grosse, ce réflexe dont je parlais, à des gens qui disent « mais pourquoi on n 'a pas parqué les gens sur le bateau ? » Il est accompagné d 'un réflexe inverse, qui est celui des théories du complot qui fleurissent extraordinairement vite aussi. Tout ça, ce sont les premiers symptômes, si j 'ose dire, du véritable mal qu 'est l 'infodémie ?
23:42C 'est le symptôme de la vie sociale du virus, pour moi. Je réfléchissais, le virus a une vie biologique et puis il doit aussi être intégré dans la société. Forcément, les gens cherchent du sens, vont essayer de comprendre et de définir de quoi est-ce qu 'on parle. Et certains vont avoir une casquette de spécialistes, d 'experts et traiter les choses techniques. Puis la population essaye de s 'approprier une situation nouvelle et parfois ça va tourner vers des théories du complot, ça peut aussi tourner vers le rejet de l 'autre, la stigmatisation, laisser tous ces gens-là comme ça, c 'est pas un problème pour nous, mais qui est une manière de dire très individuelle, quelque part de dire moi je veux pas être exposé aux risques, alors que les risques en même temps sont toujours là, omniprésents.
24:24Très individuel et malheureusement très humain aussi. Très individuel et humain, mais on est dans des sociétés quand même où le réflexe du repli sur soi, de la liberté, on met aussi beaucoup en avant la liberté individuelle, le choix individuel, renforce ces réactions très haut-centrées et de manque de solidarité aussi parfois par rapport à des situations internationales. Le fait, Céline Gardel, que le patient sous observation à Genève ou en isolement, ou en quarantaine, je ne sais pas quel est le terme, soit libre de ces mouvements, ça a suscité les mêmes interrogations. On est dans les clous, pourtant, quand on fait ça.
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24:59Oui, on est dans les clous. On a parfaitement suivi les recommandations de l 'OMS. C 'est une personne qui était identifiée dans un vol dans lequel une personne infectée a aussi voyagé. On estime que c 'était un contact à bas risque. Et c 'est la raison pour laquelle cette personne garde une certaine liberté. En l 'occurrence, en Suisse, c 'est les médecins cotonaux qui sont responsables d 'appliquer les mesures. Et comme on est un petit pays, on est très proches les uns des autres. Et ça permet vraiment de mettre en place des relations, puisqu 'avant on parlait aussi de l 'humain, des relations de confiance entre les services sanitaires et les personnes qui sont concernées.
25:38Et en fait, dans notre expérience en général, ça fonctionne relativement bien. La population adhère à ce qu 'on lui demande de faire. et ça permet aussi d 'avoir une certaine flexibilité. Est-ce que c 'est vrai aussi pour ce qui se passe, par exemple, peut -être aux États-Unis, où il y a eu pas mal de questions sur le fait que peut -être les gens étaient envoyés un petit peu rapidement chez eux ? États-Unis, où la méfiance face à tout ce qui relève de l 'autorité sanitaire est au plus haut. États-Unis qui sont sortis de l 'OMS. Là-bas aussi, on fait des choses dans les règles de l 'art. C 'est peut -être à Sylvie Brion que j 'avais posé la question, mais ça va la mettre dans...
26:12Non, ils ont quitté l 'OMS, vous êtes libre de votre parole maintenant. Alors je ne peux pas m 'exprimer sur ce qui est fait aux Etats-Unis parce que c 'est très flou. On a eu beaucoup de difficultés à vraiment évaluer quelles mesures étaient mises en place. Mais c 'est vrai que le contexte des Etats-Unis est très différent d 'une autre. Avant j 'ai dit la Suisse c 'est tout petit. Les Etats-Unis c 'est immense. Il y a des gens qui vivent dans des lieux qui sont vraiment très très éloignés. Et parfois les mesures sont très différentes aux Etats-Unis. Ils ont des centres d 'isolement ou de quarantaine pour garder les gens à proximité.
26:45Est-ce que la situation change ? Là, on passe à un autre degré d 'inquiétude si on commence à avoir des contaminations hors croisiéristes, si j 'ose dire. Il y en a peut -être une, d 'ailleurs, en France, non ? La patiente qui est à Marseille. On est toujours dans la liste des contacts identifiés, non ? Tant que c 'est dans la liste des contacts identifiés avec des gens qui étaient en proximité d 'un cas, on ne sait pas exactement quel type de contact ils ont eu. Non, ce n 'est pas inquiétant du tout. C 'est attendu, malheureusement. on espère que c 'est malheureux pour eux et on espère qu 'il y en aura le moins grand nombre possible mais ça reste, disons, dans ce qu 'on va ce qu 'on attend en fait ces prochaines semaines et le dernier cluster d 'incertitude ce sont ces gens, ce sont ces vols ces fameux deux vols, premier vol le 25 avril avec la compagne la première victime qui embarque de Saint-Hélène pour Johannesburg, 30 passagers qui embarquent avec elle, ceux-là, voilà plus tous les passagers du vol, et puis ensuite cette dame qui essaye le lendemain de repartir pour Amsterdam, qui se fait sortir de l 'avion parce qu 'elle est trop malade, qui décède le lendemain, et là on a quand même tout à coup pas mal de gens qui se retrouvent possiblement à risque faible, moyen ou élevé, non ?
28:00Oui, c 'est très difficile de mesurer exactement le risque, mais tant qu 'on a un nombre limité de contacts, on peut remonter toutes les chaînes de transmission, et donc ça reste gérable. Le risque, effectivement, si on commence à avoir des gens qui présentent des symptômes qui n 'ont aucune relation avec ces passagers ou ces contacts. Là, on se demandera vraiment comment ils ont attrapé ce virus. C 'était une grosse bêtise de laisser ces gens monter dans un avion à Saint-Hélène, enfin débarquer à Saint-Hélène déjà. L 'histoire nous apprend que c 'est dangereux, mais ensuite prendre un avion, pardon, je suis désolé, prendre un avion comme ça, commercial, et puis ensuite un autre éventuellement, c 'est...
28:41Mais à cette époque, on ne savait pas... On ne savait pas. On ne savait pas que c 'était ce virus. Il a été isolé après. Ce qui nous amène à la temporalité des choses. On parle de cette chose-là. Tout ça s 'est mis en place extrêmement vite, y compris en termes de coopération internationale. Oui, alors si je peux revenir justement sur cet élément. Le désembarquement a eu lieu entre le 22 et le 24 à Sainte-Hélène. Ils ont pris un vol le 25. Et la première identification du virus, c 'est le 2. Le 2, c 'était il y a 11 jours. donc on oublie ça parce qu 'on en a tellement parlé ça a tellement été dans les médias qu 'en fait on oublie qu 'il s 'agit d 'une histoire de quelques jours et on est en train de parler de traitement de vaccins et il y a vraiment cette course en avant on a fait une présentation où on a mis ces deux images du marathon la pandémie on était dans le marathon puis maintenant là on est dans le sprint mais il faut juste resituer un peu les événements et bien se dire qu 'en dix jours en fait il y a des choses extraordinaires qui ont été accomplies c 'est quelque chose qui est important en termes de coordination internationale notamment, ça c 'est à ma connaissance jamais fait ça marche comment la coordination internationale ?
29:48vous êtes à l 'OFSP, c 'est des coups de fil c 'est des réunions tout le temps ? c 'est beaucoup de coups de fil, on a un point focal national un point focal national ? c 'est une obligation selon la réglementation internationale c 'est à dire que la Suisse a une adresse e-mail où arrivent toutes les informations de l 'OMS, toutes les informations des autres pays et de cette adresse email partent toutes les informations de la Suisse. Et cette équipe au sein de l 'OFSP a fait un travail extraordinaire ces derniers jours parce qu 'on a dû gérer une quantité d 'informations extrêmement élevée, mais ça nous permet d 'être informés vraiment à l 'instant presque des éléments pertinents.
30:31et c 'est vraiment un élément de lutte sanitaire internationale qui est primordiale et qui fonctionne relativement bien, en tout cas dans le contexte européen. Est-ce que c 'est des enseignements de la pandémie de Covid, tout ceci ? Est-ce que l 'analogie, là, pour le coup, est pertinente ? Alors, c 'est des outils qui n 'ont pas toujours existé, mais qui existent depuis très... Fax, vous vous souvenez, en criant tout cas, on communique encore par fax, là, vous me décrivez un autre monde, quoi. L 'e-mail existait déjà avant la pandémie. Oui, justement, c 'est pour ça que ça avait surpris. Et ce point focal national existait déjà, et c 'est d 'ailleurs eux qui ont agi aussi au début de la pandémie.
31:14Pardon, excusez-moi, vous voulez intervenir, Cléodine Morsion-Jong ? Je voulais rebondir sur la question de la gestion des risques. Parce que c 'est intéressant, on dit, ça fait 11 jours, est-ce qu 'on n 'aurait pas dû laisser ces gens prendre l 'avion ? Mais ça, c 'est tout l 'enjeu, c 'est qu 'on revisite constamment après des décisions qui ont été prises avec des informations différentes. Et ça, ça rend la décision politique extrêmement difficile. Ça, c 'est une phrase que vous auriez pu prononcer, mais alors, la même, il y a six ans. Absolument. Mais est-ce qu 'on en fait assez ? Est-ce qu 'on en fait trop ?
31:42Et en tant que personne responsable d 'une autorité, ce dilemme-là, il est extrêmement difficile parce qu 'on prend des décisions aujourd 'hui sur une base de connaissances qui évolue constamment. Et ça, ça fragilise aussi beaucoup pour moi la volonté d 'agir ou la capacité à agir des autorités parce que c 'est extrêmement difficile. Il y a des cultures, on va venir petit à petit à la communication, il y a des cultures très différentes d 'un pays à l 'autre. En France, on l 'a vu, en le bas de combat médiatique, conférences de presse, colloques, tout le monde était là, information la plus transparente possible, peut -être même à l 'outrance.
32:18En Suisse, deux salles, deux ambiances, on est beaucoup plus discrets. Est-ce qu 'on a raison d 'être aussi discrets, Finalement, est-ce que les Français surréagissent ? Je peux vous poser la question de plusieurs manières différentes. Alors, je ne vais pas m 'exprimer sur les décisions françaises. Ce que je peux dire, c 'est qu 'en Suisse, on a fait plusieurs fois une évaluation du risque. Une évaluation du risque pour notre population, donc l 'importation du virus et ensuite la transmission du virus au sein de la population suisse. Là, maintenant, pendant ces 11 jours. Maintenant, pendant ces 11 jours.
32:49Et on arrive à la conclusion, malgré les décisions prises en France, que le risque pour notre population est faible. Et c 'est les conclusions de toutes les organisations internationales de l 'Europe, d 'une façon générale, des pays. Et puis, il y a plusieurs principes. Il y a le principe de précaution, qui est très fort en France. On l 'a entendu hier dans la conférence de presse. C 'est ressorti à plusieurs reprises. Mais il y a aussi un principe de proportionnalité. Et nous, notre base juridique, la loi sur les épidémies, apporte beaucoup d 'importance à cette proportionnalité. C 'est -à-dire qu 'on ne peut pas prendre des mesures sur un individu qui limite sa liberté.
33:28Une quarantaine de 42 jours, c 'est quelque chose de très conséquent. On a tous été mis en quarantaine pendant la pandémie. On ne pourrait pas le faire en Suisse, même si... Dans l 'état actuel des choses. En l 'état actuel des choses, nous, on estime que ce serait disproportionné de mettre des gens qui sont à très faible risque en quarantaine. Par contre, quand il y a un risque qui est élevé, Et là, on a une personne en Suisse qui est en quarantaine, qui est la compagne de la personne qui a été testée positive, parce qu 'elle, elle pourrait très bien, à un moment donné, développer l 'infection.
34:00Et là, on a une base légale pour maintenir cette personne en quarantaine. Oui, alors le canton a la base. On a une base légale au niveau fédéral, mais c 'est effectivement le canton qui est responsable d 'ordonner cette quarantaine. Qui fait juste ? La France qui en fait beaucoup, beaucoup, beaucoup, ou ceux qui sont plus sur la retenue, on va dire ? Je pense que chaque pays doit évaluer son risque, mais dans l 'évaluation du risque, il y a le risque lié au virus et aux cas qui sont présents sur le territoire du pays. Mais il n 'y a pas que ça. Il y a la situation politique, économique, sociale, la façon dont on pense que la population va réagir.
34:41Donc les décideurs politiques, ils ont beaucoup d 'incertitudes, en fait. et donc il y a l 'incertitude liée à la maladie elle-même et au virus il y a aussi des expériences
34:58précédentes qui ont eu lieu dans le pays en France par exemple il y a eu la canicule je crois que c 'était en 2013 qui a marqué beaucoup les esprits ensuite il y a eu la Covid donc chaque pays son histoire d 'épidémie et va prendre des décisions pas seulement en fonction de la réalité épidémiologique mais aussi prendre en compte tout un tas d 'autres facteurs et critères qui sont importants. Parce que je crois que ce qui est très important c 'est de voir comment on peut faire que les gens acceptent certaines mesures qui sont quand même extrêmement contraignantes. Et on a vu dans d 'autres épidémies que c 'est très important l 'acceptation de la population, parce que c 'est comme ça que la mesure va être efficace.
35:46Dans les épidémies d 'Ebola, par exemple, on a vu, on a essayé de mettre les gens en quarantaine, les gens s 'échappaient la nuit, passaient dans le pays voisin, emmenaient leurs morts, allaient déterrer leurs morts, les emmenaient, et donc c 'est encore pire. Donc il vaut mieux que la population comprenne le risque et aide les autorités à mettre en place les mesures. Quand vous parlez d 'Ebola, vous étiez sur le terrain aussi. Quand je vous dis qu 'on est un plateau de haut vol, on est en plateau Claudine Bortange en gros je vous pose la même question peut -être une des leçons que tout le monde a retenues du Covid de l 'épisode Covid c 'est l 'importance de la transparence dans la communication je crois y compris et surtout pour les autorités sanitaires voilà les français ils l 'ont compris archi compris sur compris est-ce qu 'ils l 'ont peut -être un peu trop compris où est-ce qu 'on met le curseur ?
36:35c 'est une question de curseur effectivement et on parle là des risques et de cette importance de savoir mesurer des risques mais la mesure du risque ne suffit pas. Derrière, c 'est des choix politiques, c 'est des choix sociaux, justement. Et les gouvernements vont interpréter des normes aussi internationales à leurs agendas politiques, à leur population. Et on voit le contraste très fort entre la Suisse, la France, les États-Unis. Parce que la science, en l 'occurrence, n 'est qu 'un élément dans des décisions politiques qui vont mettre en jeu, effectivement, d 'autres valeurs. Donc la France fait le choix, effectivement, de la précaution, mais c 'est après la question de combien de mesures on est prêt, combien de moyens on est prêt à mettre en œuvre pour des risques qui sont en fait très très faibles.
37:20C 'est la question de la proportionnalité que la Suisse privilégie en disant, attendons de voir. Qui pour nous coule de source, mais c 'est pour nous, c 'est culturel encore une fois. C 'est lié aussi à des contextes. On ne peut pas parler d 'autorité sanitaire, je fais un tout petit pas de côté, sans quand même parler de l 'Argentine. Voilà un virus qui nous vient d 'Argentine, qui vient d 'officialiser il y a deux mois, trois mois sa sortie de l 'OMS annoncée un an plus tôt ceci explique cela ? c 'est -à-dire qu 'est-ce qu 'il y a eu un petit dé... non mais la question est un peu dure mais est-ce qu 'on peut s 'interroger sur un éventuel défaut de veille de veille je ne sais pas comment on appelle ça, virologique, pandémique infectiologique en Argentine ?
38:00non je ne pense pas qu 'on puisse dire ça parce que en fait l 'Argentine d 'abord ils ont été très collaboratifs Ils ont même fourni des kits de diagnostic pour d 'autres pays, 2500 kits pour qu 'on puisse distribuer à d 'autres pays pour aider. Parce que chez eux, c 'est endémique. Donc ils ont l 'habitude de... Ils en ont, oui. Ils en ont régulièrement. Donc ils ont aidé les autres pays à faire le diagnostic. Et puis, je pense qu 'au niveau technique, si vous voulez, la collaboration, elle est toujours là. Les chercheurs, les scientifiques, ils continuent à échanger des données, même si le pays a décidé de se retirer de l 'OMS.
38:37et c 'est tant mieux parce que je pense qu 'on ne peut pas gérer une crise comme ça sans que tout le monde participe. Ça veut dire que l 'OMS, même si on veut en sortir, en fait, on n 'en sort jamais. Je pense qu 'il y a un principe d 'universalité dans notre constitution qui fait que justement, et c 'est pour ça que c 'est difficile la sortie de certains pays parce que notre constitution ne le prévoit pas du tout. Il y avait un principe d 'universalité quand l 'OMS a été créée et donc c 'est vrai que là on est dans un vide juridique. On n 'a jamais imaginé que quelqu 'un se dise tiens je vais sortir de ce...
39:05Exactement. Donc c 'est ça que nos États membres vont discuter à l 'Assemblée mondiale la semaine prochaine, savoir comment on gère une situation qui n 'a pas du tout été prévue au départ. Et je pense que le retrait de certains pays va surtout impacter ce qu 'on appelle la préparation, parce qu 'en fait, il y a les crises. Alors je crois que dans les crises, en général, les gens acceptent de collaborer, il y a un grand danger, donc on se met tous ensemble. Mais c 'est entre les crises où on a besoin de faire de la recherche, On a besoin aussi de tester nos mécanismes, même de règlements sanitaires internationaux, etc.
39:37Et c 'est vrai que si, entre les crises, on n 'est pas tous ensemble, là, je pense qu 'il y aura un impact pour les prochaines crises. Alors, venons-en à nous, si j 'ose dire. Vous n 'aurez pas échappé que cet antivirus fait l 'objet d 'un traitement médiatique assez intense, dans lequel s 'inscrit évidemment aussi cette émission. comment est-ce qu 'il faut en parler de ce virus comment est-ce qu 'il faut en parler intelligemment Claudine Burton, Jean Gros monde extraordinairement crispé ça c 'est le contexte général passablement échaudé par le Covid on l 'a vu, on l 'a dit tout à l 'heure avec ce mot qui est apparu aussi en même temps que la pandémie qui est l 'infodémie finalement est-ce que c 'est très grave, c 'est du bruit l 'infodémie ou est-ce que ça doit nous inquiéter ?
40:19Alors l 'infodémie c 'est quoi l 'infodémie ? L 'infodémie c 'est l 'épidémie d 'information c 'est la surabondance Et tout le monde a quelque chose à dire et les réseaux sociaux contribuent très largement, ça va extrêmement vite. Les médias sont aussi producteurs d 'énormément d 'informations, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ça tourne autour de la planète, l 'information circule. C 'est aussi nouveau, c 'est le fait qu 'on sache tout ce qui se passe en Argentine, sur une île. Voilà, c 'est aujourd 'hui un monde hyper connecté et c 'est des enjeux de santé globale, effectivement, que de voir à la fois des virus qui circulent, mais de l 'information qui circule.
40:56L 'enjeu, c 'est que ça crée quand même de l 'anxiété, parce qu 'il faut faire des arbitrages. À qui est-ce que je vais faire confiance, finalement ? C 'est un enjeu de confiance aussi. Si on me dit ceci, cela, je vais devoir trier. Et on est dans une situation où l 'expertise est quand même critiquée en elle-même aussi, parce que l 'expertise a ses limites, et la science a ses limites. On parle d 'incertitude ici, on parle de principe de précaution, tout n 'est pas mesurable. Et on doit accepter ces limites-là comme faisant partie, finalement, de notre rapport au monde. Mais ça, c 'est en contradiction avec cette idée qu 'on sait calculer des risques, on peut maîtriser, on peut contrôler, tout est possible, il est possible de tout anticiper.
41:40En fait, le monde ne fonctionne pas comme ça. Donc la science a certainement un pouvoir énorme, effectivement, sur la compréhension du monde, mais elle ne permet pas de tout anticiper. Ça fait quand même quelques années que la science et la médecine et les médias se sont mis à danser une sorte de drôle de tango à trois, une valse. Comment ça se fait que le fonctionnement de la science, le doute, la réfutation, et encore tant de peine à être compris, génèrent tant de méfiance, d 'interrogation, d 'incompréhension ? C 'est vrai qu 'on a découvert ça durant le Covid, d 'exprimer un doute, dire on sait jusqu 'ici et on continue à chercher, on va savoir peut -être différemment avec l 'état des connaissances, il faut faire ça.
42:26Ça n 'a pas été très bien perçu, mais en fait, c 'est comme ça que ça fonctionne, en fait, la science. C 'est -à-dire qu 'on fait des investigations typiquement pour le rentavirus. Il y a, par exemple, des traitements anticorps monoclonaux qui sont en développement, mais tout d 'un coup, ils sont bloqués parce qu 'il n 'y a pas l 'argent, donc on attend, donc on espère que ça va aller plus loin typiquement pour cet aspect-là mais pour plein d 'autres aspects et tout d 'un coup on observe cette maladie mais on n 'a pas assez de moyens pour peut -être plus l 'investiguer donc je pense que c 'est vraiment quelque chose qui a mal passé dans le Covid et qui continue à mal passer maintenant.
43:04Ne faisons pas l 'économie de l 'autocritique médiatique même si c 'est très tôt pour le faire mais voilà ils sont quand même les journalistes un tout petit peu dans le feu croisé d 'injonctions souvent un peu contradictoires. Si on n 'en parle pas ou pas assez, on va nous le reprocher, ou au pire, on va nous suspecter de cacher la vérité. Et puis si on en fait trop, on va nous dire, oh là là, ça y est, vous créez de l 'anxiété. Comment on fait ? Qu 'est-ce que disent les spécialistes des autorités sénégales ? Si c 'est vous qui étiez aux commandes des rédactions, feriez quoi ? Alors, heureusement, je ne suis pas aux commandes des rédactions, parce que je serais bien incapable de répondre à cette question, mais ce qui m 'a frappé ces derniers jours, et je répète, on parle vraiment des derniers jours, c 'est que malgré le fait qu 'on ait essayé de poser un message rassurant, il y a toujours eu des nouveaux événements.
43:49Tous les jours, vous aviez quelque chose à rapporter. Et c 'est là aussi où cette dynamique très, très rapide, ce sprint, fait que vous êtes presque obligés, et je comprends ça, d 'en parler, parce qu 'il y a quelque chose à dire. Puis la question, c 'est quand est-ce qu 'on pourra dire, maintenant, on a fait le tour du sujet. Et probablement que dans ces prochains jours, ça va pouvoir se calmer parce que maintenant, toutes ces personnes qui étaient sur le bateau ont été rapatriées, sont dans les pays, et ça va se tasser gentiment, mais vous aurez encore des choses à dire. Il y a le bateau qui va arriver dans la nuit de dimanche à lundi aux Pays-Bas, donc ça, ça va probablement intéresser.
44:27C 'est ça, il doit arriver lundi, on vient d 'apprendre. Voilà, puis là, il y aura la question, mais OK, qu 'est-ce qu 'on fait avec ce bateau ? Et vous devrez répondre à la question, ben oui, on va devoir désinfecter le bateau. Qu 'est-ce qu 'on va faire des bagages des personnes qui sont dans le bateau ? C 'est toutes ces questions-là où les gens... Et moi, ce qui m 'a frappée ces derniers jours, c 'est la curiosité. Comme les journalistes ont cherché jusqu 'au moindre détail le ressortissant suisse qui est aux Pays-Bas, les journalistes sont allés chercher dans quel hôtel il résidait, qu 'est-ce qu 'il mangeait, qu 'est-ce qu 'il avait le droit de faire, de ne pas faire.
44:58Donc il y a une certaine curiosité aussi. Qui est bienvenue ou qui est malvenue ? Parce que j 'ai l 'impression que vous avez une petite dent légitime contre ces médias qui en font trop. Maintenant, ça permet peut -être aussi de... Alors, il y a un travail d 'enquête et de rendre compte d 'une situation, mais jusqu 'où on va, effectivement, et est-ce que c 'est indispensable ? En quoi ça contribue à la compréhension du phénomène et ça permet de rassurer les populations, au contraire de les alerter ? Je pense qu 'il y a des questions à se poser à ce sujet-là, parce que même sur la science en train de se faire, c 'est aussi les médias qui ont dévoilé pendant le Covid qu 'ils voulaient absolument que les scientifiques leur donnent des résultats scientifiques alors que les résultats scientifiques étaient en train de se faire.
45:46Donc il y a une transparence, vous avez évoqué la transparence tout à l 'heure, qui est bienvenue parce qu 'on est dans des sociétés démocratiques où on souhaite que les choses soient transparentes, mais qui montre en même temps nos fragilités et le fait que certains systèmes de gestion, la gestion des risques typiquement, a ses limites. Et donc, on navigue entre différentes attentes. On peut contrôler, on sait, on a suffisamment d 'informations. Et puis non, il y a une part d 'impondérable avec laquelle il me semble qu 'on a quand même pas mal de mal à vivre. On ne peut pas terminer cette émission sans parler des théories du complot, des complotistes.
46:25Les usual suspects du Covid sont tous ressortis déjà de l 'ombre en essayant de lever leurs légions de followers. Je n 'ai pas besoin de les nommer, ils se reconnaîtront. Ça va extrêmement vite, il y a une masse ahurissante de désinformations, de mésinformations, de choses grotesques. Est-ce que c 'est pour les autorités sanitaires, c 'est comme ça, c 'est le monde dans lequel on vit, et puis tant pis, il faut faire avec. Ou il faut prendre ça au sérieux, il faut agir là-dessus ? Comment on se positionne ? Nous, à l 'OMS, on pense, et c 'est ce qu 'on dit à nos États membres, qu 'il faut agir.
46:58Parce que, surtout dans les périodes de crise, c 'est marqué par beaucoup de peur. et donc si on laisse cette peur grandir sans donner des réponses, il arrive ce qui s 'est passé avec Covid, c 'est -à-dire que les populations finissent par perdre confiance dans les autorités et cette perte de confiance, en fait, la confiance c 'est difficile à bâtir et alors par contre on la perd très très vite et après pour la reconstruire ça peut prendre beaucoup de temps et on a besoin de la confiance des populations quand on émet des recommandations parce que si les gens ne vous croient pas, ils ne vont pas mettre en œuvre et ça peut nuire à leur santé.
47:32Et on a vu, durant Covid, qu 'il y a beaucoup de gens qui ont eu des attitudes, en fait, qui nuisaient à leur propre santé. Alors, ils ne savaient pas forcément que ça nuisait à leur santé, mais en fait, le fait est, c 'est qu 'ils ne savaient pas quelles décisions prendre pour leur propre bien -être. Donc, c 'est important, en fait, de prendre en compte ce phénomène, qui est un phénomène social, mais qui est très important de nos jours, avec, justement, les médias sociaux, etc. Donc le système informationnel dans lequel on vit est complètement différent de celui il y a même 15 ans. Et donc il faut que les autorités sanitaires aussi s 'adaptent à ce nouveau système et sachent comment communiquer avec ce système.
48:10Et la question de la confiance est fondamentale parce que la confiance en fait c 'est pas une monnaie qui est répartie équitablement dans une population. il y a des poches de méfiance, des poches de confiance et donc il faut savoir vraiment avoir une stratégie d 'information et de communication qui diffère en fonction de ces différentes audiences et c 'est ça qui est très difficile en fait parce que avec les médias sociaux et leurs algorithmes en fait on a tendance, enfin les gens ont tendance à être confinés en fait dans certaines poches informationnelles et à n 'entendre que des informations et donc ça favorise effectivement des positions assez extrêmes et des polarisations en fait de certains segments de la population On suivra ça de près, on est déjà arrivé au terme de cette émission, vous voyez finalement le journalisme, on en fait trop mais on aimerait bien que ça dure quelques minutes de plus J 'espère qu 'on a fait juste ce soir Je regarde vos regards, ça va Merci, j 'espère aussi J 'ai bon espoir qu 'on ne fera plus l 'émission sur le antivirus, c 'est tout ce que je nous souhaite La semaine prochaine, quoi qu 'il arrive, on va parler de la Suisse à 10 millions d 'habitants.
49:18L 'initiative avec le conseiller fédéral, notamment Beatty Hans, qui sera sur notre plateau en public et en direct. Tout de suite, braquage à l 'italienne sur la RTS. Excellente soirée ici ou ailleurs. Bye bye. Sous-titrage ST' 501
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Trois morts sur un bateau de croisière, plusieurs personnes infectées et une inquiétude qui monte après la découverte d'un foyer d'hantavirus à bord d'un bateau de croisière néerlandais en provenance d'Argentine. Six ans après le covid, ce virus rare, dont le taux de létalité est estimé à plus de 30%, est désormais sous haute surveillance et suscite de plus en plus de craintes au sein de la population, surtout après le rapatriement des passagers dans leur pays de résidence. Alors quels sont les véritables risques ? Faut-il redouter une nouvelle pandémie ? Faut-il avoir peur de l'hantavirus ? C'est le débat d'Infrarouge, mercredi 13 mai.




