Faut-il blinder la neutralité ?

2 Sep 2026 · 49 min · 23 chapters

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In short

Debate in Switzerland on whether to “lock in” a strict, perpetual and armed neutrality in the Constitution (initiative by Pro Suisse) versus keeping a flexible, case-by-case neutrality as an instrument of foreign policy.

Guests (backgrounds)

  • Ignacio Cassis, Swiss Federal Councillor, head of the Federal Department of Foreign Affairs.
  • Céline Amodru, Geneva National Councillor, vice-president of the UDC (right-wing).
  • Samuel Bendahan, Vaud National Councillor, Socialist Party, co-president of the parliamentary group.
  • Samuel Somaruga, founder of the committee for Geneva international and neutrality.

Key claims

  • Amodru: neutrality must be defined constitutionally to remain credible and predictable; current flexibility allegedly harms Switzerland’s standing (e.g., sanctions in 2022).
  • Cassis: no legal change is needed; neutrality has remained unchanged since 1848; flexibility is necessary for credibility and peace.
  • Bendahan: initiative would impose UDC/Putin-aligned rigidity; Switzerland should defend international law and values, not “choose camps.”
  • Somaruga: neutrality is Switzerland’s diplomatic “shield” enabling good offices; sanctions alignment risks losing international organizations in Geneva.

Notable examples

Sanctions after Russia’s 2022 invasion; Crimea 2014; non-contournement measures; US/Russia/EU reactions; Minsk negotiations hosted in Geneva; references to Hague Convention 1907 and to sanctions’ civilian toll (Lancet claim).

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Chapters

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Understanding Swiss Neutrality

0:00 to 1:54

The segment discusses the significance and evolving perception of Swiss neutrality.

“Il est tout à fait clair que dans tous les engagements internationaux que nous prenons, nous devons en compte et de notre statut de neutralité et des exigences de notre politique de neutralité.”

Debating the Initiative

2:29 to 6:46

The participants delve into the implications of redefining neutrality in Switzerland.

“Deux camps, quatre invités et pas des moindres.”

Perspectives on Neutrality's Future

6:46 to 9:09

The guests share their views on the evolution of Swiss neutrality in contemporary conflicts.

“On va reprendre directement à ce que nous dit Céline Amodru.”

Analyzing the Proposed Constitutional Changes

9:09 to 14:00

A deep dive into the proposed changes to the constitution regarding neutrality and its implications.

“Samuel Somaruga, est-ce que 2022, c 'est vraiment...”

Debate on Current Government Policies

14:00 to 14:30

The discussion addresses disagreements with current government policies regarding sanctions and neutrality.

“Aujourd 'hui, il y a un problème de ce côté-là et là aussi, petit désaccord avec la politique actuelle du gouvernement, nous devrions aussi reprendre les sanctions par exemple contre les colons violents.”

Proposal for Constitutional Changes

14:30 to 15:11

The proposed initiative aims to enshrine perpetual and armed neutrality in the Constitution.

“D 'inscrire une neutralité perpétuelle et armée dans la Constitution.”

Consequences of Sanctions on Neutrality

15:11 to 16:47

Discussion on how recent sanctions affect Switzerland's neutrality and international perception.

“si je le résume, l 'idée c 'est de couper les ailes à ceux qui auront une vision un peu trop variable, qui varient de la neutralité pour les ramener à des obligations constitutionnelles.”

Understanding Neutrality in Modern Conflicts

16:47 to 19:08

A deep dive into the meaning of neutrality and its implications in various global conflicts.

“Et encore une fois, cette initiative ne veut pas dire qu 'un citoyen, qu 'un politicien même, peut, à titre personnel, s 'offusquer d 'une situation.”

The Reality of Neutrality Today

19:08 to 21:41

Discussion on how Switzerland's neutrality is perceived globally and its practical implications.

“quand il y a une violation des règles internationales qui sont celles qui nous permettent de vivre en paix et auxquelles nous tenons beaucoup.”

Debate on the Effectiveness of Sanctions

21:41 to 24:12

Exploration of the effectiveness of sanctions and their impact on Switzerland's position.

“Oui, maintenant que nous avons interdit l 'exportation d 'armes aux États-Unis parce qu 'ils sont en guerre avec l 'Iran, les États-Unis ont tout à fait très bien compris.”
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Neutrality as a Political Tool

24:12 to 28:00

The debate over whether neutrality serves as a protective shield or a hindrance to Switzerland's diplomatic efforts.

“Je vous laisse répondre Samuel Samarogas sur le côté d 'abord bouclier magique, protecteur que serait la neutralité qui n 'a pas empêché les Belges et les Luxembourgeois de se faire marcher dessus par les nazis.”

Le Dilemme de la Neutralité

28:00 to 29:08

Exploration des conséquences de l'initiative sur la neutralité suisse.

“Et pour une fois ici en votant non, on peut faire à la fois ce qui est bien et ce qui est profitable.”

Une Neutralité Efficace

29:08 to 30:56

Discussion sur l'importance de la neutralité pour la paix en Suisse.

“les criminels de guerre vont pouvoir librement faire leurs affaires en Suisse, gagner plein d 'argent avec nous, et tous les autres pays.”

La Neutralité Comme Instrument Politique

30:56 to 32:50

Analyse historique de la neutralité suisse et ses implications politiques.

“de nos pères, nos grands-pères, etc., qui se sont posées cette même question à maintes fois et ont toujours confirmé la rédaction actuelle ?”

Les Enjeux de la Neutralité Aujourd'hui

32:50 to 35:36

Réflexion sur la pertinence de la neutralité dans le contexte actuel mondial.

“Ce que nous, avec cette initiative, on veut, on n 'est pas là pour dire les Russes sont des gens bien ou sont des gens mauvais.”

Sanctions et Non-Contournement

35:36 to 40:15

Discussion sur le rôle et l'impact des sanctions dans le cadre de la neutralité.

“Donc ça veut dire qu 'on pourra continuer, même si votre initiative passe, à prendre des mesures visant à éviter le contournement des mesures coercitives.”

La Neutralité et le Futur de la Suisse

40:15 to 42:02

Examen des implications futures de la neutralité pour la Suisse dans le contexte international.

“Probablement, on revient au même résultat.”

Understanding Swiss Neutrality and Global Conflicts

42:02 to 42:45

Explore the historical context and current implications of Swiss neutrality amidst global tensions.

“Il y a l 'Inde de Modi qui n 'a pas repris de sanctions.”

The Role of Switzerland in International Mediation

42:45 to 43:34

Learn about Switzerland's historical role in international negotiations and mediation efforts.

Controversies Surrounding Neutrality and Sanctions

43:34 to 44:31

Discuss the challenges and controversies of maintaining neutrality while addressing sanctions.

“Et en fait, ça a permis cette expansion de la Genève internationale.”

Debate on Swiss Values and Russian Influence

44:31 to 45:58

Examine the debate surrounding Swiss values in light of accusations of pro-Russian sentiments.

“Les mesures de non-contournement, c 'est une petite partie des choses, c 'est -à-dire tous les trucs hyper évidents.”

Economic Impact of Sanctions on Citizens

45:58 to 46:59

Analyze the economic consequences of sanctions and their effects on the Swiss population.

“Mais lorsque j 'entends aujourd 'hui le Conseil fédéral et la gauche, ils auraient pu proposer un contre-projet s 'ils l 'ont trouvé trop rigide pour mettre un cadre.”

The Future of Swiss Neutrality

46:59 to 47:48

Speculate on the future of Swiss neutrality and its relevance in a rapidly changing world.

“Parce qu 'encore une fois, on le sait, beaucoup veulent rejoindre le temps.”
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Transcript

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0:03Il est tout à fait clair que dans tous les engagements internationaux que nous prenons, nous devons en compte et de notre statut de neutralité et des exigences de notre politique de neutralité. « Être neutre, ça ne signifie pas être lâche, n 'est-ce pas ? Si quelque chose ne nous plaît pas dans le monde, c 'est pas parce qu 'on est neutre qu 'on ne doit pas le dire.

0:26» « Pourquoi cette initiative ? Parce que la neutralité n 'est plus prise au sérieux. » Il y a quelque chose de notre identité profonde qui se joue fin septembre dans les urnes, l 'emblématique neutralité suisse. Les différentes déclinaisons de cette neutralité divisent le pays en deux camps. D 'un côté, le camp d 'une vision flexible, telle que la Confédération l 'applique aujourd 'hui. Pragmatisme qui lui a permis de reprendre des paquets de sanctions européennes contre la Russie. Et qui facilite la coopération des forces armées suisses avec l 'OTAN. De l 'autre côté, le camp d 'une vision rigide portée par le mouvement pro-suisse à travers son initiative pour une neutralité perpétuelle et armée gravée dans la Constitution, avec interdiction de toute alliance militaire et de toute sanction contre des pays en guerre, sauf celle imposée par l 'ONU.

1:24Une Suisse des bons offices et rien d 'autre comme un bouclier protecteur pour le pays. Y a-t-il d 'autres intentions derrière cette initiative, comme une main tendue à Moscou ? Et pour exister sur la scène internationale, faut-il impérativement muscler notre neutralité ?

1:49La Suisse est neutre, tout le monde est d 'accord, mais l 'est-elle encore suffisamment ? Bonsoir à tous, ravis de vous retrouver en direct sur le plateau d 'Infrarouge, en direct et en public. Ce soir, vous l 'avez remarqué, sous le signe de notre belle démocratie directe, puisque c 'est l 'initiative de Pro Suisse qui nous réunit sur la neutralité, sur laquelle vous votez le 27 septembre. Faut-il graver une définition stricte de la neutralité dans notre constitution, comme le demandent les initiants, qui craignent que cette neutralité ne soit plus très crédible aujourd 'hui à travers le monde ?

2:19Ou faut-il garder une marche de manœuvre, comme nous le faisons, et continuer de considérer la neutralité davantage comme un instrument de politique extérieure que comme une valeur fondatrice ? Tant de paroles chronométrées ce soir. Deux camps, quatre invités et pas des moindres. Ignacio Cassis est avec nous. Bonsoir, monsieur le conseiller fédéral. Bonsoir, monsieur Favre. Merci d 'être ici, d 'avoir fait le voyage, chef du département des affaires étrangères, comme chacun le sait, assez rare, on est vraiment ravis de vous avoir sur les plateaux. Vous jugez ce projet dangereux, notamment pour la sécurité suisse, vous nous le direz certainement.

2:49Céline Amodru, bonsoir. Bonsoir. Ravie de vous accueillir aussi, conseillère nationale Genevoise, vice-présidente de l 'UDC. L 'UDC qui fait feu seul contre tous les autres partis à l 'exception POP ou les partis du travail. Il en va pour vous avec cette initiative de la crédibilité de la Suisse et de sa neutralité. Samuel Bendan, bonsoir. Bonsoir. conseiller national socialiste vaudois, co-président du groupe aux chambres, vent debout contre un projet qui repose, pour vous en tout cas pour ses opposants, sur des motifs avant tout affairistes et peu scrupuleux. Et enfin, Samuel Somaruga. Bonsoir.

3:23Bonsoir. Ravi de vous accueillir. Troisième du nom, c 'est la dernière fois que je vous le fais ce soir. Fondateur du comité pour la Genève internationale et sa neutralité. Vous faites front commun avec la droite souverainiste dans cette affaire au nom de l 'idée que vous faites du rôle de la Suisse dans le monde. Alors, faut-il blinder la neutralité ? Bienvenue dans la Présorange. La tradition, monsieur le Conseil fédéral, c 'est que quand il y a une initiative, on laisse ceux qui proposent répondre en premier. Vous souffrirez donc cette petite entorse au protocole. Céline Amodrus, c 'est vous.

3:52La Suisse est neutre. Et là, on se sens des droits et des devoirs qui sont fixés dans une convention internationale, la convention de l 'AE de 1907, on y reviendra certainement. Des droits et des devoirs dont elle jouit. Et qu 'elle respecte, alors quel problème est-ce que vous voulez régler exactement avec cette initiative ? Alors, aujourd 'hui, j 'entends peu de Suisses ou peu de politiciens dire qu 'ils sont contre la neutralité. Pourtant, force est de constater, depuis quelques années, on aime mettre un adjectif avec le mot neutralité. Par exemple, Madame Calmeray parlait de neutralité active.

4:28Ce n 'est pas la première, on y viendra. Monsieur Cassis parle de neutralité coopérative. et à mon sens, ça dénaturalise la neutralité. Aujourd 'hui, il est important de la redéfinir afin que l 'on soit clair, prévisible et crédible. Prévisible par les autres. Parce que se déclarer neutre, c 'est une chose, mais pour être neutre, il faut vouloir l 'être et que les autres États nous considèrent comme neutres. Et aujourd 'hui, on voit que la neutralité de ces suisses a pris un coup. J 'en ai pour preuve. Les États-Unis, qui en 2022 s 'étonnent même que la Suisse reprenne des sanctions. Que la Suisse neutre, dit-il.

5:14Que la Suisse neutre reprenne des sanctions. La Russie aussi dénonce. Donc, on est face à une situation. J 'aimerais terminer. Bien sûr, bien sûr. On est face à une situation. Aujourd 'hui, il nous paraît crucial de définir et de mettre dans la Constitution qu 'est-ce que c 'est que la neutralité. Et pour ça, on a prévu quatre alinéas. Un qui est politique, un qui est militaire, l 'alinéa 2. L 'alinéa 3 qui est économique et l 'alinéa 4 qui est diplomatique. Et pourquoi je dis que c 'est si important qu 'il y ait un cadre ? Parce que ça évite qu 'au moment de changement de conseil fédéral, qu 'il y ait une appréciation différente de la neutralité.

5:55Et ça donnerait, par exemple, un exemple très clair. Aujourd 'hui, on voit que la Suisse a repris les sanctions de l 'Union européenne dans le conflit russe-Ukraine. En revanche, et ça vous est largement reproché, monsieur le conseiller fédéral, la Suisse n 'a rien fait dans le conflit Israël-Palestin. Vous auriez aimé que la Suisse sanctionne Israël ? Ce que je dis, c 'est que la Suisse a un rôle fondamental à jouer sur cette terre, sur cette planète. C 'est le point blanc qu 'on veut être, c 'est la neutralité. Nous, ce qu 'on veut, c 'est amener la paix, la diplomatie et le dialogue. Et pour l 'amener, il faut qu 'on soit crédible avec une neutralité perpétuelle et armée.

6:43Voilà une entrée en matière tonitruante. Merci Céline Amodrui. Ignacio Cassis. On va reprendre directement à ce que nous dit Céline Amodru. Est-ce que la Suisse, en quelque sorte, un peu trahit ses valeurs et sa neutralité, son esprit, en 2022, en annonçant, c 'est vous qui le faisiez d 'ailleurs de manière assez solennelle, la reprise des sanctions contre la Russie ? Il faut tout d 'abord dire que la neutralité est un trait identitaire de la Suisse. Quand j 'ai grandi dans ma enfance, jusqu 'à l 'âge de jeune adulte, pour moi, la neutralité dans ma tête signifiait pas de guerre et Suisse. Donc on touche à quelque chose de tellement intime pour chaque citoyen.

7:26Tout le monde est en faveur de la neutralité, 90 % de la population, mais chacun y projecte quelque chose de différent dedans. Mais force est de constater que depuis la naissance de la Suisse moderne, 1848, nous n 'avons pas eu de guerre. et nous n 'avons jamais changé la neutralité d 'un point de vue juridique. Le droit de la neutralité n 'a pas changé, c 'est ce que vous dites. Tout à fait. Et nous n 'avons jamais voté sur la neutralité. C 'est le premier vote en 180 ans d 'histoire du pays sur un thème aussi intime, aussi difficile. Il était temps, quelque part, non ? Il est temps de voter sur quelque chose qui a besoin d 'être changé.

8:05L 'avis du Conseil fédéral et du Parlement, c 'est que, justement, il n 'y a pas besoin de changer notre neutralité. On n 'a pas besoin d 'une nouvelle neutralité. Celle que nous avons nous a permis de sortir de 180 ans d 'histoire sans guerre. Nous voulons comme les initiants, nous voulons la paix, nous voulons la liberté, l 'indépendance du pays et la prospérité. Et nous avons réussi à l 'atteindre. Je dirais même aujourd 'hui, quatre ans et demi après cette guerre de la Russie contre l 'Ukraine, nous sommes toujours en paix. Donc peut -être que la décision n 'était pas si mauvaise. Nous sommes toujours en paix, on reviendra sur les attaques hybrides, la nouvelle dimension de la guerre, qui est des fois les frontières entre la guerre et la paix deviennent de plus en plus floues.

8:46Je peux venir en train de berger jusqu 'à Genève sans que personne ne me menace avec des armes ou me fasse peur. Ces jeunes qui sont là sont ici et vivent en paix, ils sortent, ils peuvent rentrer chez eux. Donc il faut être honnête, la Suisse n 'est pas en guerre, elle est en paix, mais elle a des menaces, d 'un assy bride, par exemple, dont on parlera plus tard. Samuel Somaruga, est-ce que 2022, c 'est vraiment... Il y a un virage, il y a un moment, il y a une trahison, ou plutôt une balle dans le pied, pour vous qui tenez à la Suisse des bons offices ? J 'aimerais d 'abord commencer, si vous me permettez, par dire que je suis juste un simple citoyen et que je fais partie...

9:26Ce qui est bien en Suisse, c 'est qu 'on est tous des simples citoyens. Oui, mais je ne suis pas un politicien et je ne suis membre d 'aucun parti. Et j 'ai de la peine à comprendre deux choses. aujourd 'hui. J 'ai de la peine à comprendre la gauche et j 'ai de la peine à comprendre le médecin. J 'ai de la peine à comprendre la gauche parce que c 'est un secret pour personne. Je viens d 'une famille de gauche. J 'étais vice-président des Jeunesses Socialistes, militant chez UNIA. J 'ai lutté contre le blocus à Cuba qui souffre de sanctions qui tuent avec de la malnutrition, de non-accès aux médicaments.

9:57Et je faisais partie d 'une gauche qui s 'inspirait de Jean Jaurès et qui en fait dénonçait les guerres d 'agression de l 'OTAN contre la Libye, contre l 'Afghanistan qui, en mars 2003, faisait des manifestations pour la paix partout dans le monde et c 'est des choses auxquelles j 'ai participé. Et là, on se retrouve, en fait, dans quelque chose qui est absolument incroyable et que j 'ai vraiment de la peine à comprendre, où, en fait, on a une gauche qui fait un virage à 180 degrés sur une initiative pour s 'aligner sur des belligérants et pour s 'aligner sur l 'OTAN. Moi, ce n 'est pas la gauche que j 'ai connue et c 'est quelque chose qui me choque.

10:35Maintenant, en ce qui concerne le médecin, je partage ça avec M. Cassis. Vous êtes médecin vous-même. Voilà. Je partage ça avec M. Cassis. Un médecin, il parle avec tout le monde. Et je pense que ça dit beaucoup sur le rôle historique de la Suisse. Ne pas s 'aligner, être capable de dialogue, être capable aussi de faire de l 'humanitaire partout. Et moi, j 'aime bien cette expression que la Suisse doit être le médecin de l 'humanité. Et le problème, c 'est que sur les dernières années, ce qui s 'est passé avec les sanctions, vous savez, on parle de sanctions, sanctions, il y a peut -être aussi une référence médicale les sanctions c 'est pas anodin les sanctions il y a un article dans le Lancet qui est une des plus grandes revues médicales au monde en 2025 qui est sortie et qui montre que les sanctions occidentales font 500 000 morts civils par année dont 250 000 enfants.

11:20La question c 'est est-ce qu 'on va être complice de ça ? Parce que le terme sanction il est pas anodin et si pour finir Combien de morts fait la Russie sur le théâtre ukrainien ? C 'est pas de ça qu 'on parlera de la Russie après vous m 'avez dit mais juste pour terminer et juste une dernière phrase est-ce qu 'on veut être complice de ça ? Et la question qui se pose le 27 septembre c 'est est-ce qu 'on veut s 'aligner sur un bloc et suivre le courant comme un poisson mort et finalement devenir le laquet des puissants ou est-ce qu 'on veut être le médecin de l 'humanité ? Samuel Bentaron, est-ce que le Parti Socialiste est devenu le laquet d 'un Occident impérialiste, capitaliste et mortifère ?

11:56C 'est sévère, hein ? Oui, c 'est très sévère. C 'est tellement sévère que je pense que les gens savent que non. la critique vis -à-vis de l 'OTAN, la critique vis -à-vis de la puissance militaire américaine et de son comportement sur la scène internationale. On s 'est déjà vu tellement de fois ici, on a tellement été très clairs là-dessus, on a été très clairs quand il y a encore aujourd 'hui des manifestations pour la paix. Donc je crois qu 'on n 'a pas besoin de répéter, mais on le fait volontiers, que ça c 'est notre mission. On n 'est pas d 'accord sur la vision de la neutralité, mais ça ne veut pas dire qu 'on ne défend pas la paix, et ça c 'est important, il ne faut pas faire le faux procès aux gens.

12:27Nous, on a une vision de la neutralité qui n 'est pas la même que vous, Et c 'est vrai, comme l 'a dit M. Cassis, c 'est le cas de beaucoup de monde, d 'avoir sa propre vision de la neutralité. Et c 'est pour ça, d 'ailleurs, que ce texte nous dérange beaucoup. C 'est parce qu 'il veut imposer la vision de la neutralité de l 'UDC et de Poutine à tout le monde. Et ça, ça nous dérange beaucoup. C 'est ça qui nous pose problème. Mais ma vision de la neutralité, que je défendrai politiquement et que je pense que tout le monde doit pouvoir défendre, c 'est celle du respect du droit international. C 'est celle du respect, justement, de ces autres choses qui ont fait la Suisse, comme, justement, l 'humanitaire, comme la défense du droit des pays de ne pas se faire agresser, etc.

13:03Et ça, c 'est vraiment extrêmement important pour nous. Ce qui nous dérange beaucoup, c 'est qu 'aujourd 'hui, l 'initiative que vous proposez, c 'est une réaction au fait que la Suisse a repris des sanctions de l 'Union européenne parce qu 'un pays s 'est comporté contre le droit international humanitaire, s 'est battu contre les valeurs de la Suisse. Et je pense que nous devons avoir quelque chose de beaucoup plus courageux de dire, nous, quoi qu 'il se passe, on ne dit rien. Notre courage, c 'est de dire, non, quoi qu 'il se passe, on défend nos valeurs. La neutralité, pour moi, c 'est de ne pas choisir un camp au-dessus de nos valeurs.

13:39Ce qui nous dérange dans les pays qui ne sont pas neutres, c 'est qu 'ils font parfois d 'abord leurs alliances et après leurs valeurs. La Suisse doit faire le contraire. D 'abord ses valeurs et après ses alliances. Nous ne reprenons pas les sanctions européennes parce que c 'est nos alliés plus que d 'autres. Nous reprenons les sanctions européennes parce que nous sommes d 'accord que la Russie n 'a pas respecté le droit international et je vous donne raison aussi pour Israël, c 'est la même chose. Aujourd 'hui, il y a un problème de ce côté-là et là aussi, petit désaccord avec la politique actuelle du gouvernement, nous devrions aussi reprendre les sanctions par exemple contre les colons violents.

14:11C 'est la première fois que l 'on entend l 'UDC quand même s 'étonner qu 'on n 'ait pas sanctionné Israël, mais tout arrive sur le plateau d 'infarction. C 'est -à-dire que je n 'ai pas... Moi, ce que je reproche, c 'est qu 'il y ait des sanctions. Qu 'il y ait deux poids de mesure, mais enfin voilà. Oui, qui est de poids de mesure, mais je n 'ai pas dit que je voulais comprenner les sanctions, parce que la neutralité, c 'est justement ne pas en prendre. Je vous charrie un petit peu, Célina Maudru, mais c 'était trop tentant. Alors, penchons-nous vraiment maintenant sur ce que propose précisément le texte de cette initiative, dont l 'idée force, vous commencez à le comprendre, et de préférer le droit de la Constitution aux aléas de la politique de neutralité.

14:42Alors, regardons dans le détail. L 'idée, c 'est quoi ? D 'inscrire une neutralité perpétuelle et armée dans la Constitution. Enfin, ces termes-là. De proscrire toute alliance militaire ou défensive. et de proscrire aussi la coopération avec des états tiers ou des élances militaires, sauf en cas d 'attaque directe de la Suisse, et puis de proscrire les sanctions, on appelle ça les mesures non militaires, mais ça veut dire les sanctions économiques, sauf celles qui sont décidées par le Conseil de sécurité. Alors Céline Amodru, le projet, en gros, si je le résume, l 'idée c 'est de couper les ailes à ceux qui auront une vision un peu trop variable, qui varient de la neutralité pour les ramener à des obligations constitutionnelles.

15:26Est-ce que c 'est cette rigidité-là dont on a besoin dans un monde illisible et qui s 'effrite sous nos pieds d 'obligations constitutionnelles ? Est-ce qu 'être clair, c 'est être rigide ? Je ne crois pas. Je pose la question. Non, vous faites une affirmation disant que c 'est rigide. Je pose la question. Pour ma part, ce n 'est pas rigide, c 'est de mettre un cadre. Comme lorsque vous avez un contrat entre deux personnes, vous mettez un cadre et vous savez à quoi vous êtes tenu. Ce qui est important, c 'est que les États, les autres États, nous reconnaissent comme neutres, comme je l 'ai dit dans mon introduction.

15:58Et ce qu 'on peut constater aujourd 'hui, c 'est qu 'il y a eu vraiment un changement entre l 'attitude de M. Burkhalter en 2014 et celle du Conseil fédéral actuel représenté par M. Cassis en 2022. Qu 'est-ce qu 'a fait M. Burkhalter en 2014, lorsqu 'il y a eu l 'annexion de la Crimée ? Il a dit, nous n 'allons pas reprendre les sanctions, mais nous allons mettre en place le système de mesures de non-contournement afin de garantir notre industrie suisse, garantir le respect du droit international. Et ce qu 'a fait M. Cassis en 2022, c 'est complètement différent. Il a dit, je reprends les sanctions.

16:49Et c 'est là où il y a un tournant. Et encore une fois, cette initiative ne veut pas dire qu 'un citoyen, qu 'un politicien même, peut, à titre personnel, s 'offusquer d 'une situation. Mais ça ne veut pas dire que l 'État suisse doit, elle, prendre des sanctions. Pourquoi ? Parce que le résultat est le suivant aujourd 'hui. Aujourd 'hui, les conventions de la paix, elles se font où ? en Turquie, aux Émirats Unis, qui ne sont pas des pays neutres, qui ne sont pas des pays neutres, ou alors au Pakistan. Par contre, en Suisse, qu 'est-ce qu 'on a fait ces dernières années, où on a fait les réunions au Burkensstock, et malheureusement, les gens s 'amusent à dire Burkensflop, c 'est ça l 'image de la Suisse.

17:30Donc, aujourd 'hui, ce qui s 'est passé en 2021, où on a pu acquérir deux grands pays, aujourd 'hui, on voit qu 'on se détourne de la Suisse. Donc, le résultat, il est là. Reprendre des sanctions, ça dénature. N 'oubliez pas que les temps de parole le compte et que je ne vous interromps pas Céline Amodot. C 'est très important quand même d 'expliquer qu 'elle n 'est pas rigide, elle est claire. Ignacio Cassis, est-ce que le statu quo, c 'est -à-dire en fait mener une politique assez variable, une politique de neutralité, mener en gros la politique que l 'on veut, qui peut varier en fonction des sujets, et ne se contenter de ne respecter que les obligations juridiques du droit de la neutralité, est-ce que ça suffit à être perçu par les autres comme un est un autre ?

18:10Alors, Monsieur Favre, permettez-moi tout d 'abord de réagir à toute une série d 'affirmations fausses de madame la conseillère nationale Amodru, partant peut -être par le Burgenflop, qui a finalement été baptisé Burgentop à la fin. Donc c 'est comme ça que l 'histoire s 'est terminée. Moi non plus. Moi j 'avais pas dit Burgenflop non plus, mais voilà, on découvre des choses. Mais non, il y a plusieurs choses qui doivent être peut -être un peu encadrées, puisque Mme Amozou parle justement du bon encadrement de la neutralité. La neutralité signifie ne pas se mêler dans la guerre d 'autrui, ni par des troupes, ni par des armes, ni par la territorialité, ni par n 'importe quel moyen qui touche le militaire.

19:00Neutralité ne signifie pas indifférence. Neutralité ne veut pas dire que la Suisse regarde d 'ailleurs quand il y a une violation des règles internationales qui sont celles qui nous permettent de vivre en paix et auxquelles nous tenons beaucoup. D 'ailleurs, les mêmes règles qui ont été soutenues aussi par la Russie et par les pays qui mènent des guerres. donc neutralité a une définition très militaire et je crois qu 'il faut en rester dans un terme de guerre parce qu 'autrement on fait une confusion je vous prie de me laisser terminer neutralité n 'a rien à faire avec le conflit israélo-palestinien parce que ce n 'est pas un conflit entre états la neutralité ne s 'applique pas n 'a rien à chercher dans cette guerre tout aussi dévastatrice et tout aussi difficile qu 'elle est c 'est une guerre qu 'on considère d 'un point de vue du droit une guerre civile à l 'intérieur d 'un même territoire qui est occupée par les Israéliens, etc.

20:00Donc, il faut quand même faire des distinguos parce qu 'autrement, on fait un minestrone de tout ça. Deuxième chose, j 'aimerais vous dire que mettre un cadre et ça, je suis parfaitement d 'accord avec madame la conseillère nationale à Maudru, on doit être reconnu neutre. Or, Hitler, juste dans la Deuxième Guerre mondiale, au départ de la Deuxième Guerre mondiale, avait reconnus, neutres, l 'Hollande, la Belgique et le Luxembourg, quitte à trois mois ou quatre mois plus tard, les envahir et, disons, les conquérir. La Finlande et la Suède, il y a deux ans, ont compris que le fait d 'écrire « nous sommes un pays neutre » dans leur constitution, ne les protégeait pas et ont préféré adhérer à l 'OTAN, puisque la neutralité ne les protégeait pas.

20:51Qu 'est-ce que je veux dire par là ? qu 'on peut écrire ce qu 'on veut dans une constitution, mais si quelqu 'un veut nous invahir, il nous envahit. Donc pourquoi quelqu 'un ne nous envahit pas ? Si nous sommes utiles, si nous sommes utiles, les initiants disent que la neutralité nous sert pour les bons offices. C 'est vrai, on est parfaitement d 'accord. Déjà aujourd 'hui, rien ne changerait avec cette initiative. Les initiants disent qu 'on doit être crédible. C 'est vrai, déjà aujourd 'hui, On applique la neutralité de manière crédible et sûr, notre neutralité est largement reconnue, à part la Russie qui, je crois, on peut très bien comprendre qu 'elle ne soit pas contente de notre décision, mais dans tout le reste de la planète, la neutralité est reconnue.

21:36Nous avons parlé des États-Unis qui ont dit « even Switzerland ». Oui, maintenant que nous avons interdit l 'exportation d 'armes aux États-Unis parce qu 'ils sont en guerre avec l 'Iran, les États-Unis ont tout à fait très bien compris. On dit « ok, on accepte que vous stoppez la livraison ». Donc, il faut quand même dire quelle est la réalité des choses. Après, on peut être en désaccord sur combien de flexibilité, combien de marge de manœuvre veut-on laisser au gouvernement ? Donc, ce n 'est pas M. Cassis qui a pris cette décision, mais c 'est un gouvernement. Et je vous rappelle aussi que ce gouvernement a été confirmé par le Parlement.

22:16Peut -être pas par tout le monde, mais en majorité. Donc, là aussi, pourquoi ? Parce que dans la Constitution, il y a deux articles qui disent que le gouvernement et le Parlement ont la responsabilité de juger au cas par cas et selon le cas, de prendre la bonne décision. La décision de la Crimée était une bonne décision. On a repris les sanctions contre la Crimée, on a arrêté les investissements et les changes, mais on n 'a pas voulu reprendre les sanctions de l 'Union européenne contre toute la Russie. On l 'a fait maintenant, mais ce n 'est pas la première fois, c 'est la troisième fois qu 'on reprend des sanctions de l 'Union européenne contre quelqu 'un.

22:52Sauf que quand c 'est contre la Russie, c 'est plus impressionnant que quand c 'est contre le Venezuela. Pourquoi, M. Favre, c 'est important ? Parce que qu 'est-ce qu 'on peut faire pour dire à un pays Vous avez violé nos règles, les règles qu 'ensemble nous permettent de vivre en paix. On peut faire la détruite, on peut s 'indigner, on peut laisser le Conseil national et le Conseil aux États faire une déclaration universelle. Vous pensez que ceci impressionne quelqu 'un ? Ça, c 'est de la politique intérieure. Les sanctions économiques n 'impressionnent pas non plus. Elles ne sont pas privées des faits collatéraux.

23:28Tout à fait d 'accord. Je connais bien les études. Ce n 'est pas facile, on essaie de les faire de plus en plus chirurgical, mais ce n 'est pas facile. Mais c 'est le seul instrument que nous avons pour dire concrètement à un pays que vous avez violé le droit international, c 'est -à-dire les règles que nous nous sommes données. On ne peut pas juste regarder ailleurs et ne pas le dire. Et ça, ça n 'a rien à faire avec la neutralité. Nous n 'avons jamais vendu une munition, une arme à l 'Ukraine. Nous n 'avons même pas exporté les helmets, les casques ou les vestes de protection alors qu 'il y avait le Parti Socialiste qui disait au moins ça il pourrait le faire.

24:07Nous ne l 'avons pas fait parce qu 'on veut avoir une neutralité crédible et je m 'arrête là. Je vous laisse répondre Samuel Samarogas sur le côté d 'abord bouclier magique, protecteur que serait la neutralité qui n 'a pas empêché les Belges et les Luxembourgeois de se faire marcher dessus par les nazis. On va venir récupérer votre micro, j 'espère qu 'il n 'est pas débranché. est-ce que le micro doit fonctionner ? Ne vous inquiétez pas, il va marcher, tout va bien. Juste d 'abord, est-ce que la neutralité vraiment nous protège ? J 'aime bien la notion de bouclier. Je vais vous expliquer pourquoi.

24:38Mais j 'aime aussi beaucoup la notion de réalité. Et quand j 'entends M. Cassis qui nous parle de la réalité, j 'ai l 'impression qu 'on ne voit pas et qu 'on n 'entend pas les mêmes choses. Alors oui, la neutralité légale, elle existe, elle est là, elle ne bouge pas. Elle a aussi été définie en 1907 à la haie. Et elle est respectée par la Suisse. Elle est respectée par la Suisse. Encore que.

25:01Mais ce de quoi on parle et ce que définit la Constitution, ça va être la neutralité politique. Pourquoi ? On nous dit tout va bien, la Suisse c 'est comme avant, business a juge au an. En 2022, secrétaire d 'État Blinken, c 'était le 4 mars 2022, à une réunion de l 'OTAN, il dit, et je cite, la Suisse a abandonné sa neutralité traditionnelle en reprenant les sanctions contre la Russie. En 2026, la Russie dit que la Suisse est devenue un pays hostile. L 'Union européenne nous considère comme faisant partie de son bloc et l 'OTAN nous considère comme un partenaire stratégique. Cette initiative, ce qu 'elle fait, c 'est qu 'elle met en place des limites constitutionnelles pour que le jour où il y a un Conseil fédéral ou un Conseiller fédéral qui, par manque de courage, par manque d 'intégrité ou par manque de colonne vertébrale prend une décision le vendredi ou le jeudi et sous pression étrangère ou sous influence étrangère change d 'avis le lundi ou le mardi puisse avoir la constitution en bouclier et c 'est ça qu 'on offre à M.

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26:09Cassis au Conseil fédéral, c 'est un bouclier pour se protéger des pressions étrangères et j 'aimerais terminer avec ça on nous parle de la neutralité flexible la neutralité où le Conseil fédéral et le Parlement pourrait choisir. Mais cette neutralité flexible, et ça a été dit, et je le répète, c 'est une neutralité à géométrie variable. On prend des sanctions dans le cas d 'un pays, on ne prend pas des sanctions dans le cas d 'un autre. Tous les Suisses s 'en rendent compte. Lesquelles ? Donnez-nous des exemples. Il y a l 'exemple de l 'Union européenne qui prend des sanctions contre la Russie, on le suit.

26:43L 'Union européenne prend des sanctions contre Isarèles, on ne suit pas. Ce que les Isis, on souhaite... J 'aimerais juste terminer. Je vous ai laissé parler, et j 'aimerais juste terminer. on prend des sanctions. Nous, les initiants, on ne veut pas prendre de sanctions, on veut prendre des sanctions uniquement quand elles sont reconnues par la communauté internationale dans son entièreté, en respectant le droit international et les reprises de sanctions par l 'ONU. Ce qui n 'existe pas, vous le savez, puisque le Conseil de sécurité, la Russie, est un veto, donc si on pourrait... Mais c 'est pour ça aussi, et c 'est là que toute la force de la Suisse s 'exprime, c 'est là qu 'elle peut utiliser ses bons offices.

27:14Et il y a le principe de non-contournement, ça n 'a pas posé de problème. De 2014 à 2022, sans problème. Et j 'aimerais juste dire une dernière chose. Il y a tellement eu un fourvoiement de la neutralité, et ça c 'est une réalité qui est quand même extrêmement dramatique, c 'est que pour la première fois de l 'histoire, on a un conseiller fédéral qui est accusé par 20 juristes suisses de complicité de crime de guerre. Et ça c 'est M. Cassis avec sa politique. Peut -être que je ne le laisserai pas plus, c 'est assez grave ce que vous dites, mais Samuel Bendahan d 'abord et puis on va laisser. Je pense qu 'il faut rester sur le sujet.

27:49Ce qui est important aujourd 'hui, c 'est que vous voyez la neutralité contre votre initiative comme un bouclier et au fait en réalité pour le pays, pour sa diplomatie pour sa position dans le monde c 'est plutôt un boulet parce qu 'elle empêche cette initiative elle empêcherait la Suisse de faire deux choses et puis vous savez dans votre vie je pense que vous êtes souvent vous êtes souvent sur ce petit dilemme qui vous dit mais au fait il y a un côté ce qui est bien il y a de l 'autre côté ce qui est profitable puis c 'est pas la même chose des fois on doit faire des sacrifices de choses qui nous seraient profitables mais qui seraient bien et on fait la chose bien même si ça nous coûte quelque chose.

28:24Et pour une fois ici en votant non, on peut faire à la fois ce qui est bien et ce qui est profitable. On a de la chance. Mais si on acceptait une initiative comme celle-ci, quel est le problème ? Si on donnait ce boulet à M. O 'Kassis et au Conseil fédéral, même si je ne suis pas toujours d 'accord avec sa politique étrangère, c 'est ce qu 'on a discuté avant, mais si on lui met ce boulet, d 'abord, il n 'aurait plus la possibilité de protester contre des violations absolument scandaleuses et inacceptables du droit international alors que tous les pays autour de nous le font. Mais deuxièmement, nous serions les parias autour de nos partenaires.

28:52Nous serions le pays qui ne met pas de sanctions, nous serions le pays qui ne met pas de sanctions contre un pays qui ne respecte pas les règles communes que nous avons avec la démocratie occidentale. Et ça, c 'est quoi les conséquences, si on fait ça ? Et c 'est ça qui est très très dangereux. Les conséquences, c 'est qu 'en gros, tous les oligarques, les criminels de guerre vont pouvoir librement faire leurs affaires en Suisse, gagner plein d 'argent avec nous, et tous les autres pays. – Vivien, tous les autres pays vont nous dire le non-contournement c 'est juste qu 'on ne va pas laisser passer, on en parlera tout à l 'heure.

29:26Mais malgré qu 'il y a ça, le fait qu 'on ne prenne pas le sanction fera de la Suisse une plaque tournante et nous perdrons le respect de tous les pays autour de nous et ça c 'est un danger économique mais majeur pour notre pays. À la fois ce n 'est pas bien moralement mais en plus c 'est dangereux économiquement. – Monsieur le conseiller fédéral, attendez deux secondes, c 'est bien votre monsieur le conseiller fédéral, je vais juste vous laisser répondre puisque vous êtes attaqué sur les juristes qui vont… Je regrette que vous devez descendre à ce niveau de la discussion pour un manque d 'autres arguments plus pertinents.

29:57On ne parle de la neutralité, on ne parle pas d 'autre chose, mais voilà, chacun a son choix. Moi, j 'aimerais juste vous rappeler que la neutralité telle que nous l 'avons définie aujourd 'hui dans notre Constitution et dans les conventions de la haie de 1907, nous a permis pendant 180 années de garder la paix en Suisse et de l 'interpréter dans chaque situation de manière différente, parce que chaque situation est différente, chaque crise et chaque guerre est différente. Et le but d 'appliquer la neutralité, ce n 'est pas, comment dire, de faire briller quelque chose de beau, c 'est d 'éviter la guerre en Suisse, c 'est d 'avoir notre liberté, c 'est d 'avoir notre sécurité.

30:46Et ce but a toujours été atteint jusqu 'ici avec les dispositions actuelles. Donc, pourquoi devrait-on changer ce que la Constitution nous dit qui est le reflet de décisions bienveillantes de nos pères, nos grands-pères, etc., qui se sont posées cette même question à maintes fois et ont toujours confirmé la rédaction actuelle ? Alors, je poursuis la question d 'Ignacio Cassis pour vous, Céline Amodru, parce qu 'il se trouve qu 'il y a des gens cultivés dans cette rédaction. Marc Algovert se reconnaîtra. Il m 'a poussé une biographie de Pilegola, votre prédécesseur il y a très longtemps, Marcel Pilegola, ministre des Affaires étrangères pendant la guerre, personnage controversé s 'il en est.

31:24Et que dit-il, Pilegola, sur la neutralité ? Il nous dit, pour les uns, la neutralité est sacro-sainte, pour les autres, synonyme d 'égoïsme et de pleutrerie. La froide, la nue, vérité est différente. La neutralité, notion de guerre, en vue de la guerre, pour le cas de guerre et non de paix, est un instrument de la politique, généralement extérieur, parfois intérieur aussi d 'un pays. Et rien d 'autre pourrait-il ajouter. Est-ce qu 'on est sûr que cette vision de la neutralité, elle est nouvelle, de la neutralité comme instrument de la politique, qui varie, elle est nouvelle, ou est-ce qu 'elle n 'a pas toujours été consubstantielle de notre neutralité ?

31:59Samuelsa Maruga et Céline Amodru, comme vous voulez. La neutralité active, par exemple, elle n 'est pas inventée par Missin Calmyre, elle est inventée par Pilegola. C 'est bien ce qu 'on dit. ce n 'est pas plusieurs fois, il y a une interprétation de comment elle doit se définir, cette neutralité. C 'est ce que j 'ai expliqué, on la veut coopérative, on la veut active, et ça, ça ne va pas parce que ça nous perd notre crédibilité. Moi, ce que j 'entends très peu dans ce débat, c 'est finalement, cette neutralité, elle est importante et vitale pour les Suisses, mais elle est essentielle pour l 'ensemble des États dans ce monde.

32:38parce qu 'être neutre, c 'est avoir du courage. C 'est être capable de parler à tout le monde quand plus personne ne veut parler, à certains belligérants. Aujourd 'hui, on le voit bien, plus personne ne veut parler à la Russie. Ce que nous, avec cette initiative, on veut, on n 'est pas là pour dire les Russes sont des gens bien ou sont des gens mauvais. ce qu 'on veut c 'est ramener la paix, qu 'il n 'y ait plus de mort, qu 'il n 'y ait plus de victime. Parce que ce qui me dérange aujourd 'hui avec la politique du Conseil fédéral, c 'est qu 'il y a une gradation de victimes. Il y aurait des victimes qui sont plus importantes que d 'autres.

33:22Et ça c 'est un vrai problème pour moi aujourd 'hui. Je veux qu 'on parle, on est à Genève, la Genève internationale. Pourquoi les institutions internationales, les organisations internationales sont venues à Genève en Suisse ? grâce à la neutralité. C 'est énorme. Combien de conférences avons-nous par année en Suisse grâce à notre neutralité ? Plus de 6500. Aujourd 'hui, on voit qu 'il y a le président… À l 'heure actuelle. À l 'heure actuelle. Avant l 'entrée en vigueur potentielle de votre texte. On voit aujourd 'hui que les organisations internationales sont mises à mal, notamment par la politique du président américain Donald Trump.

33:57Si nous, on perd notre crédibilité face à cette neutralité, nous risquons aussi de perdre ces organisations internationales en Suisse. Et ça, c 'est très important. Diplomatie, paix et cette capacité à négocier dans l 'ombre. Dans l 'ombre, mesdames et messieurs, c 'est amener les solutions. Samuel Benda. Vous avez dit un truc qui est très juste au début de votre première intervention. Vous avez dit, mais au fait, d 'abord, la neutralité, c 'est ce que les autres pensent de nous. Ça, c 'est absolument correct. C 'est comme la beauté. C 'est juste. C 'est exactement comme la beauté. Et le problème, c 'est qu 'on ne peut pas décréter qui va reconnaître notre neutralité et qui va reconnaître notre travail.

34:37On peut voir ce qui va se passer. Et c 'est clair, vous pouvez peut -être dire que la Russie n 'a pas apprécié qu 'on a mis des sanctions et par conséquent, elle n 'a pas envie de dire qu 'on est neutre à ce moment-là parce qu 'on a pris des sanctions qui la touchent. Nous, on a pris des sanctions comme ça parce qu 'on dit que notre neutralité, c 'est ce respect du droit international et là, il y a une violation manifeste de ça, donc on doit être de ce côté-là. si on n 'a pas cette neutralité-là c 'est -à-dire celle de dire la Suisse se met du côté de celles et ceux qui défendent le droit humanitaire qui défendent, si on veut, le bien commun eh bien tous les autres pays qui ont cette vision-là vont aussi nous le reprocher l 'Union Européenne, tous les pays autour de nous et aussi tous les autres pays qui se battent pour le droit humanitaire, qui est important pour nous qui est important pour notre cœur et c 'est là toute la subtilité de la neutralité c 'est là la subtilité de notre côté la question des sanctions c 'est une question on en discutera j 'aimerais qu 'on parle des sanctions c 'est extrêmement important on l 'a compris on a vu le texte plus de sanctions, plus de sanctions du tout sauf deux réserves dans le texte de votre initiative une première réserve qui concerne les sanctions qui seraient décidées par le conseil de sécurité elles sont obligatoires pour nous depuis qu 'on est membre des Nations Unies et puis la deuxième vous vous en parlez comme ça entre les lignes sont réservées les mesures visant à éviter le contournement des mesures coercitives non militaires prises par d 'autres États.

36:02Donc ça veut dire qu 'on pourra continuer, même si votre initiative passe, à prendre des mesures visant à éviter le contournement des mesures coercitives. Monsieur le Conseil fédéral, l 'Union européenne a pris un certain nombre de sanctions contre la Russie. Demain, si d 'aventure l 'initiative passe, dans quelle mesure est-ce qu 'on ne peut pas prendre de fait exactement les mêmes mesures que celles qu 'on a prises en s 'alignant sur la politique européenne, non pas au titre de sanctions qui sont interdites mais au titre de mesures visant à éviter le contournement de la place. Je reformule ma question, est-ce qu 'en fait cette initiative n 'est pas sans objet ?

36:38Tout d 'abord je dirais que la préoccupation que la Suisse parle avec tout le monde est la préoccupation aussi du gouvernement et du Parlement et d 'ailleurs je crois qu 'on a prouvé largement qu 'on continue de le faire. J 'étais moi-même à Moscou en février de cette année, j 'ai parlé avec la Russie. La Genève internationale a hébergé le mois de mars une séance de discussion vers une… De background, oui. Oui, même plus, disons, un véritable moment de négociation vers la paix entre Russie et Ukraine sous la conduite des États-Unis et avec la facilitation du gouvernement suisse. Donc, je crois que tout ce que nous voyons actuellement, nous sommes en paix, nous faisons les bons offices.

37:29La Suisse augmente aussi sa défense militaire, armée. On est en train de discuter comment la financer, mais la décision de le faire est là. Donc, tout ce que les initiants veulent, c 'est en cours. C 'est exactement ce que nous faisons. Et quand on dit, et là, je suis d 'accord avec vous, madame Hamoudru, quand vous dites, elle doit être crédible, la neutralité. Oui, mais c 'est justement le fait de pouvoir prendre la bonne décision en toute liberté, chaque fois que la situation l 'impose, sans des automatismes dans la Constitution. C 'est ça qui crée la crédibilité. En 1938, mon prédécesseur Mota avait décidé d 'avoir une neutralité rigide.

38:10Très bien, peut -être que dans dix ans, il faudra de nouveau prendre ces décisions. Si nous adoptons ce test, nous n 'aurions plus cette possibilité, cette flexibilité. Vous ne répondez pas à ma question qui porte précisément là-dessus. Si nous adoptons ce texte… J 'ai compris votre question, M. Favre. Mais alors, répondez. Si vous me laissez répondre… Mais je ne peux pas ne pas dire des choses qui sont fausses, autrement ça ne sert à rien que je suis là. La situation telle qu 'on l 'a présentée aujourd 'hui, elle est connue, c 'est des faits. Et là, c 'est une peur que l 'UDC a ou que les initiants ont, qui est compréhensible parce qu 'on a toujours eu de la difficulté à parler de la neutralité quand il y a une guerre assez proche de nous.

38:50La neutralité est beaucoup plus facile en temps de paix. Maintenant, si on ne peut plus prendre des sanctions, et c 'est formulé comme des éléments non militaires, justement, parce que c 'est des sanctions économiques, aujourd 'hui, on ne pourrait plus demain les prendre, mais on pourrait prendre des décisions de non-contournement, justement, comme cela. Alors c 'est quoi ? C 'est des éléments, par exemple, c 'est plus facile de l 'exprimer par un exemple. Quand la Russie a invahi la Crimée en 2014, nous avons pris des sanctions de l 'Union européenne contre la Crimée en termes de biens et d 'investissements, mais nous n 'avons pas repris les sanctions contre la Russie, mais uniquement nous avons fait attention à ne pas les contourner, donc à ne pas permettre d 'utiliser la Suisse comme plateforme de contournement.

39:46Alors, il y a des sanctions économiques. Les sanctions économiques servent à faire mal à l 'économie du pays pour lui empêcher d 'avoir l 'argent de faire la guerre. C 'est ça le but d 'une sanction. Et là, on s 'est dit non, nous ne les prenons pas, mais il y a aussi, donc là c 'est possible, et on le fait de temps à autre, et on peut le faire même sans votre initiative. C 'est déjà aujourd 'hui une possibilité. Et le Conseil fédéral décide au cas par cas quel est le meilleur chemin. Par contre, il y a aussi des sanctions de personnes, donc des listes nominales, par exemple des oligarques russes, etc., où le fait d 'avoir repris des sanctions contre eux, on ne sait pas très bien ce que cela signifie d 'empêcher le décontournement.

40:37Probablement, on revient au même résultat. c 'est par exemple des Russes qui ne peuvent pas venir en Suisse, ils ne peuvent pas toucher leur argent qu 'ils ont déposé en Suisse pour faire, et là, les mesures de contournement auraient le même effet et c 'est l 'effet qui compte, c 'est ça ma question votre initiative, en prévoyant cette possibilité d 'adopter des mesures évitant le contournement elle permettra de faire à peu près exactement de fait ce qu 'on a fait à l 'égard de la Russie alors, j 'aimerais reprendre deux points répondez vraiment cette fois, parce que personne ne répond jamais à mes questions ce soir donc voilà Déjà, je note qu 'entre 2014 et 2022, il y avait une politique de non-contournement et personne ne s 'en est plaint.

41:14Ni l 'Europe, ni les États-Unis, ni la Russie. Ça a convenu à tout le monde et ça a permis, comme l 'a dit Mme Amodru, de donner la liberté à M. Boukhr-Kalter d 'aller conclure les accords de Minsk qui ont été une désescalade du conflit. Maintenant, je vais me revenir sur deux points. Non, non, non, répondez à ma question. On s 'est alignés sur 21 paquets de sanctions. De fait, on vient de nous dire, on pourra prendre les mêmes à peu près, à un autre titre. Les 21 paquets de sanctions de l 'Union européenne, si vous vous rappelez, et l 'envolée lyrique de M. Benadan est très intéressante, c 'est -à-dire on défense mais avec les démocraties libérales.

41:43L 'Union européenne représente 8 % de la population mondiale. Il y a 80 % des pays du monde qui n 'ont pas repris ces sanctions-là. Il y a la démocratie libérale socialiste de M. Lula qui n 'a pas repris de sanctions. Il y a la démocratie libérale de M. Cyril Rafa Mossa qui est du même parti que Nelson Mandela qui n 'a pas repris de sanctions. Il y a l 'Inde de Modi qui n 'a pas repris de sanctions. Alors ce qu 'il faut comprendre, c 'est que c 'est un alignement... Les sanctions, c 'est un alignement sur un bloc. Et c 'est un bloc actuellement qui est le bloc européen, qui est un bloc qui est en guerre.

42:19L 'Union Européenne, avec l 'aide des États-Unis, aide l 'Ukraine à faire des frappes profondes sur la Russie. On a le Moyen-Orient qui est à feu et à sang. Ça va exploser à tout moment en Asie. Et en fait, ce qu 'on trouve... Et ce qu 'on retrouve, en fait, c 'est l 'alignement sur un bloc. Et c 'est ça qu 'on rejette. – Pardon, mais est-ce que c 'est nouveau ? La neutralité suisse, la Suisse fait partie, est au cœur de l 'Europe, elle a toujours une proximité de valeur avec les libertés occidentales, la neutralité, elle a toujours été plus bleue que rouge, la neutralité suisse, ou alors j 'ai pas grandi dans le même pays que vous, mais enfin, la neutralité suisse, pendant la guerre froide entre les Américains et les Russes, on avait quand même choisi notre camp, vous êtes allés à l 'armée, on nous expliquait que l 'ennemi c 'était les Russes, c 'était pas les Américains, et on n 'a jamais été véritablement neutre, c 'est pas nouveau cette histoire.

43:03Non mais je veux dire après par rapport on peut parler de la guerre froide c 'est intéressant parce que la guerre froide c 'était une période où la Suisse gardait sa neutralité mais était aussi avec comme objectif d 'amener la médiation et ça a été l 'avènement de la Genève internationale aussi c 'est là où elle a vraiment explosé dans le bon sens du terme on a eu en fait une grande partie des négociations qui ont été faites entre le bloc américain et le bloc russe à Genève grâce à ça il y a eu toutes les retombées économiques du négoce de matières premières de l 'Union soviétique qui a été fait à Genève.

43:35Et en fait, ça a permis cette expansion de la Genève internationale. La Genève internationale, c 'est 30 000 places de travail. Actuellement, il y a tout un écosystème qui bénéficie de cette aura de neutralité. Il y a un écosystème humanitaire, un écosystème économique, un écosystème diplomatique. Qu 'est-ce que vous pensez qui va se passer s 'il y a un nom à cette initiative ? Ça va être tablé dans le New York Times, dans El País, dans le Figaro. La Suisse renonce à sa neutralité. Alors, il ne fallait pas la lancer. Si vous redoutez cette mauvaise publicité. C 'est Amélie Benan. Non, mais j 'aimerais juste répondre à votre question, M.

44:08Fadon. C 'est pour ça que je demande la parole. Merci, ça vous donne. Vous avez demandé, qu 'est-ce qui se passe si on ne peut que contourner les sanctions et pas mettre des sanctions ? Eh bien, en fait, on ne pourra pas mettre les sanctions parce que si on reprend les sanctions, on sera en violation manifeste de la Constitution. Donc, tous les oligarques et les criminels de guerre qui viendront en Suisse et qui diront, vous n 'avez pas le droit de reprendre les sanctions, eh bien, en fait, ils pourront dire, non, vous n 'avez pas le droit de reprendre ces sanctions parce qu 'en fait, vous avez pris la décision que vous ne pouvez pas le faire.

44:32Les mesures de non-contournement, c 'est une petite partie des choses, c 'est -à-dire tous les trucs hyper évidents. C 'est clair que le gars, il ne peut pas prendre sa valise de billet d 'argent sale, passer par la Suisse, puis après l 'amener en France. Ça, c 'est un vrai contournement. Mais ce qu 'il peut faire, c 'est venir faire des affaires en Suisse, sans scrupule. Les Suisses peuvent faire des affaires avec eux, sans scrupule. Puis après, l 'argent, il est là. Puis après, ce n 'est plus de l 'argent russe, c 'est de l 'argent de je ne sais qui. et donc du coup on a contourné les choses malgré ça.

44:58Et c 'est ça le problème de cette histoire. Mais Poutine se frottrait les mains qu 'on accepte cette initiative. D 'ailleurs on voit que ces régions se frottrait les mains. Venons-en puisqu 'il reste trois minutes. Nous avons un intérêt absolument fondamental à ce que nos valeurs de démocratie fonctionnent et soient défendues par notre neutralité. Il nous reste trois minutes et on ne peut pas faire l 'économie de cette question. Ça a été dans toute la campagne et pour cause puisque le Kremlin est rentré en campagne lui-même par la voile à sa porte-parole du ministère des Affaires russes, des Affaires étrangères, Mme Zakharova, en expliquant qu 'il fallait voter pour votre initiative.

45:30En gros, est-ce que c 'est une initiative pro-russe ? Est-ce que vous êtes, pardon, la cinquième colonne de Poutine en Suisse ? J 'aimerais dire qu 'une initiative, elle s 'inscrit dans le temps, dans la Constitution. Et lorsqu 'on est à court d 'arguments, on ne prend que cet argument de dire que c 'est une initiative pro-russe. Je trouve ça dommage, parce que ça évite de parler de la vraie problématique, à savoir, est-ce qu 'on veut maintenant amener la guerre, la diplomatie, contrairement à juste parler de M. Poutine. Mais lorsque j 'entends aujourd 'hui le Conseil fédéral et la gauche, ils auraient pu proposer un contre-projet s 'ils l 'ont trouvé trop rigide pour mettre un cadre.

46:06Et puis, deuxièmement, on le sait, beaucoup veulent adhérer à l 'OTAN. Notre initiative, elle protège le fait de ne pas adhérer à l 'OTAN. Et comme il nous reste très peu de temps, j 'aimerais quand même dire un dernier point qui est très important. Monsieur le Conseil fédéral l 'a dit, les sanctions économiques à l 'encontre d 'un pays, c 'est pour finalement enlever sa capacité à faire la guerre, lui enlever des moyens. Mais aujourd 'hui, est-ce que la Russie, je pose sincèrement la question, a perdu sa capacité à faire la guerre, oui ou non ? Qui souffre aujourd 'hui de ces sanctions économiques mises par l 'Europe et la Suisse ?

46:42C 'est tous les citoyens de ces pays. Les prix du pétrole, de l 'énergie exposent. Le pouvoir d 'achat diminue. Donc il faut voir si franchement les sanctions économiques jouent un rôle pour enlever la guerre. Moi, aujourd 'hui, je pense que ce qui enlève la guerre, c 'est un pays qui n 'est pas capable de parler avec tout le monde, de les réunir dans l 'ombre, autour d 'une table, et de ne pas suivre bêtement l 'Union européenne dans le cas présent. Parce qu 'encore une fois, on le sait, beaucoup veulent rejoindre le temps. Et moi, qui suis mère de famille, je n 'ai pas envie demain que mes enfants aient fait la guerre sous le commandement d 'un étranger, d 'un militaire étranger.

47:32Je dois malheureusement conclure, j 'aurais eu tellement de choses à dire, on va faire trois émissions sur cette initiative. Je vous laisse la parole, monsieur le conseiller fédéral, vous avez le mot de la fin, puisque les émissions ont commencé. Toute dernière question très rapide. Et là encore 200 ans à venir, notre neutralité, où le monde change tellement vite que finalement ce débat d 'aujourd 'hui est peut -être déjà obsolète. La Suisse a toujours été neutre depuis quatre siècles. Maintenant, elle est neutre et elle restera neutre avec ou sans cette initiative. Cette initiative nuit à la crédibilité de la Suisse et affaiblit la possibilité de notre armée de se préparer à une guerre.

48:07aucun texte dans notre constitution ne nous protège c 'est les décisions politiques et la volonté du pays de se défendre qui nous protège contre la guerre. Et bien voilà qui résume votre position, merci à tous les quatre c 'était court cette émission, beaucoup trop court merci à vous le public d 'avoir participé, merci à vous chez vous, on se retrouve pour un nouveau débat d 'actualité la semaine prochaine même lieu, même heure, sujet est ouvert ce sera pas un débat de votation, on en est à peu près sûr tout de suite, le silence des agneaux avec Hannibal Lecter parfaitement. Bonne soirée sur la RTS ou ailleurs.

48:38Bye bye. Applaudissements ... ... ... ... ... ... ... ...

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Quelle neutralité voulons-nous pour la Suisse ? C'est la question que pose l'initiative de Pro Suisse soumise au vote le 27 septembre. L'idée : graver une neutralité perpétuelle et armée dans la Constitution, interdire toute coopération militaire et renoncer aux sanctions économiques hors du cadre des Nations Unies. Considéré par l'UDC - et une partie de l'extrême-gauche - comme une garantie pour la sécurité de la Suisse, le texte est combattu par le reste de la classe politique qui y voit un projet pro-russe à peine voilé et une menace sérieuse pour notre capacité de défense. Faut-il blinder la neutralité ? C'est le débat d'Infrarouge, mercredi 2 septembre.

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Faut-il blinder la neutralité ?Infrarouge ‐ RTS · 49 min
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