In short
Debate in Switzerland about whether to ban foie gras permanently by prohibiting importation of foie gras and all products from forced feeding (gavage), framed as a conflict between animal welfare ethics and individual freedom/tradition, with a cultural divide between French-speaking (Romands) and German-speaking (Alémaniques) regions.
Guests (backgrounds)
- Simone de Montmolin: PLR National Councillor (Geneva), member of the science/education/culture commission; argues for a “counter-project” approach rather than a full ban.
- Luc Fournier: spokesperson for the initiative; committee member of Alliance Animale Suisse.
- Gilles Mestre: President of Gastro-Vaud and Vice-President of Gastro-Suisse; represents the hospitality/food industry.
- Delphine Kloffenstein-Bronzini: Green National Councillor (Geneva); supports the ban, citing animal dignity and legal coherence.
- Peter Rottenbüller: independent journalist; former editor-in-chief and columnist; discusses cultural perceptions and ethics.
Key claims
- Ban supporters: Switzerland already bans forced feeding domestically (since 1978) and should not import the same practice; animal dignity is constitutional (article 120) and importation undermines coherence and creates unfair competition.
- Opponents/critics: a ban won’t reduce suffering abroad; it risks a “Röstigraben” cultural backlash and hypocrisy; they favor transparency/labeling instead.
Notable examples
- Comparative tasting at Parliament: “foie d’or” (no forced feeding) vs traditional foie gras; some guests refused to taste.
- Import figures: ~300 tonnes of foie gras imported in 2024 (mainly from France).
- Counter-project: strict labeling for products from forced-feeding practices plus 5-year monitoring of professional importers; additional measures only if consumption drops “notably.”
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Chapters
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0:45 to 2:28
The host introduces the guests and their perspectives on foie gras.
“La question oppose évidemment le bien -être animal à la liberté individuelle et quelque part à la tradition aussi, Mais elle oppose aussi très largement les romans qui raffolent du foie gras.”
Culinary Perspectives on Foie Gras
2:28 to 6:30
Guests share their personal experiences and beliefs about consuming foie gras.
“Luc Fournier, je vais évidemment commencer avec vous.”
The Initiative for Foie Gras Ban
6:30 to 8:00
Discussion on the initiative aiming to ban foie gras imports in Switzerland.
“Et le match s 'annonce un peu inégal, le brief de Christophe Sirot.”
Cultural and Ethical Considerations
8:00 to 11:00
Exploration of cultural traditions and ethical concerns surrounding foie gras.
“Tandis qu 'une poignée de conseillers nationaux, particulièrement des romans, tentent de sauver le foie gras à travers un contre-projet indirect toujours en discussion au Parlement.”
Debate on Coherency and Animal Welfare
11:00 to 14:01
Guests debate the consistency of Swiss animal welfare laws regarding foie gras.
“ne va pas sauver un canard ou une noix là où ils sont produits, mais on va contribuer à stigmatiser les amateurs.”
Introduction to the Debate on Foie Gras
14:01 to 15:01
The discussion opens with an overview of the debate surrounding foie gras production and importation in Switzerland.
“par rapport au milieu agricole, c 'est qu 'à partir du moment où on interdit une pratique chez nous en Suisse et qu 'on autorise l 'importation avec les mêmes pratiques, il y a une forme de concurrence déloyale.”
Arguments Against the Initiative
15:02 to 16:55
Participants discuss the potential issues and problems stemming from the initiative to ban foie gras production.
“D 'abord, elle va générer un Rochtigraben considérable, on l 'a déjà dit, puisque les romans sont plutôt favorables, les Suisses alémaniques plutôt indifférents.”
Ethical Considerations in Animal Treatment
16:56 to 19:39
The conversation shifts to the ethics of animal treatment in foie gras production and alternatives to current practices.
“Vous auriez dû en déguster le foie gras.”
Cultural and Religious Implications of Animal Practices
19:40 to 22:28
Discussion on how animal welfare laws intersect with cultural and religious practices in Switzerland and beyond.
“et puis il y a des films de l 'autre côté qui montrent une loi, elle reçoit sa portion et puis elle hurle pas, elle se débat pas, elle est habituée.”
Proportionality and Consistency in Animal Welfare
22:29 to 25:18
Participants debate the need for consistency in animal welfare laws and their implications for imports.
“Ces éléments-là, pour moi, ils sont essentiels.”
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Monitoring and Labeling in Animal Products
25:19 to 28:00
The closing discussion revolves around the need for better monitoring and ethical labeling of animal products in Switzerland.
“les choses qu 'on s 'interdit nous-mêmes de fabriquer donc l 'exemple des valailles en cage pour les batteries, pour la production d 'eux, c 'est un très bon exemple.”
Le choix éclairé du consommateur
28:00 to 33:10
Discussion on consumer choice regarding foie gras regulations and labeling.
“et doivent être indiqués sur l 'étiquette.”
Culture gastronomique et perceptions
33:10 to 36:00
Exploration of cultural differences in foie gras consumption between regions.
“culturel dont on a déjà un peu parlé, mais qui sépare la Suisse romande et la Suisse, la Suisse latine en fait, et la Suisse alémanique sur la question du foie gras.”
Sensibilité animale et initiatives
36:00 to 42:00
Examination of animal protection sentiments and the political landscape in Switzerland.
“Peter Rottenbüller, je vous ai dit quelques chiffres.”
Sensitivities in Animal Protection in Switzerland
42:00 to 43:02
Learn about the differing sensitivities and traditions around animal rights among Swiss regions.
“sauf erreur en Suisse alémanique dans l 'Appenzell ça existe encore pour la consommation personnelle l 'Appenzell a le droit pour sa consommation personnelle de manger du chien et il paraît que c 'est bon.”
Debate on Tradition and Ethics
43:04 to 44:19
Explore the discussion on whether traditions should evolve in light of ethical considerations regarding animal consumption.
“Simone de Moumola, vous vouliez intervenir ?”
The Role of Farmers and Ethical Perspectives
44:28 to 45:51
Discuss the perspectives of farmers on animal ethics and the potential impact of initiatives on rural communities.
“J 'ajoute un élément qui suit de la langue, en Suisse, linguistique et culturelle.”
Controversies of the Counter-Proposal
45:55 to 47:14
Delve into the complexities and controversies surrounding the counter-proposal to ban foie gras.
“Le contre-projet peut être tout à fait intéressant.”
Political Tactics in Food Legislation
47:15 to 49:20
Analyze the political strategies regarding food legislation and public sentiment towards animal rights.
“Après, j 'aimerais qu 'on élargisse un peu le débat, qu 'on sorte du strict au foie gras.”
Freedom, Morality, and Dietary Choices
49:21 to 51:40
Examine the relationship between freedom, moral choices, and dietary restrictions in modern society.
“J 'aimerais qu 'on dézoome un peu, qu 'on sorte le nez de l 'assiette de foie gras, peut -être même de l 'assiette tout court pour nous pencher sur ces interdits.”
Collective Responsibility and Scientific Insight
51:41 to 54:08
Discuss the importance of collective responsibility and the role of scientific research in shaping food policies.
“Mais est-ce qu 'en fait est-ce que vous n 'êtes pas fâchée je vous écoute parce que la morale a juste changé de camp finalement.”
Debate on Food Restrictions and Interventions
54:09 to 56:01
Engage in a debate about the increasing number of food restrictions and their implications on society.
“Gilles Mestroupe et Tarotembella, les deux.”
Debate on Dietary Restrictions
56:01 to 57:34
The discussion centers on the implications and historical context of dietary restrictions, particularly focusing on foie gras and associated health concerns.
“Mais si vous attaquiez, par exemple, au sel nitrite dans la charcuterie, ça serait quelque chose de bien parce que c 'est cancérigène.”
Public Health and Consumer Choice
57:34 to 58:58
Participants discuss the intersection of public health initiatives and consumer behavior, questioning the effectiveness of bans on unhealthy products.
“parce que quand vous dites que les humains, on les oublie, c 'est justement parce qu 'on pense aux humains.”
Ethical Considerations in Food Politics
58:58 to 1:00:08
The conversation shifts to the ethical implications of food choices and the responsibilities of society towards both humans and animals.
“Donc, effectivement, je crois que c 'est tout à fait des chemins qui peuvent être pris.”
Transcript
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0:19Bonsoir tout le monde, il est 21h05, on est en direct, évidemment, ravi de vous retrouver sur le plateau d 'infrarouge pour un nouveau débat d 'actualité. et ce soir l 'heure est grave, avec une question à faire frémir tous les fins gourmets à l 'approche des fêtes, à l 'approche des grands repas de Noël. Faut-il, oui ou non, interdire pour de bon le foie gras en Suisse ? Cette fois c 'est une initiative qui se profile, la question est très sérieusement posée, une initiative pour l 'interdiction stricte de toute importation de foie gras et de produits issus du gavage dans notre pays. La question oppose évidemment le bien -être animal à la liberté individuelle et quelque part à la tradition aussi, Mais elle oppose aussi très largement les romans qui raffolent du foie gras.
0:59Et au Suisse alémanique, qui déteste ça ? Chez nous, c 'est une délicatesse. Chez eux, c 'est une hérésie. Alors la morale majoritaire, outre Sarri, n 'aura-t-elle raison du plaisir coupable des romans ? Cinq invités ce soir pour cette question finalement assez importante. Simone de Montmolin, bonsoir. Bonsoir Alexis. Conseillère nationale PLR Genevoise, membre de la commission de la science de l 'éducation et de la culture qui statue sur ces choses dans notre pays. Vous tentez un peu de sauver les meubles, sauver le foie gras à Berne pour les amateurs romans. Luc Fournier est avec nous, bonsoir.
1:29Bonsoir. Ravi de vous accueillir, vous allez incarner cette campagne qui s 'annonce. Vous êtes porte-parole de l 'initiative, membre du comité de l 'Alliance animale suisse, convaincu qu 'il faut maintenant faire changer les choses et que l 'initiative est le bon outil. Gilles Mestre est avec nous, bonsoir. Président de Gastro-Vaux, vice-président de Gastro-Suisse, président aussi de la Fédération des métiers de l 'accueil et du goût. ai-je besoin de vous dire qu 'il défend le droit de manger du foie gras ? Non, j 'ai pas besoin de vous le dire. Delphine Kloffenstein-Bronzini, bonsoir. Bonsoir.
1:58Conseillère nationale verte Genevoise, vous soutenez l 'interdiction dans un parti qui assume assez clairement l 'idée de faire un peu la morale dans les assiettes. Et Peter Rottenbüller, bonsoir. Bonsoir. Qu 'est-ce qu 'il faut vous présenter ? Non, journaliste indépendant, ancien rédacteur en chef d 'à peu près tout, chroniqueur à peu près partout, dans tous les journaux sucesses et humaniques. Il y en a quatre, je crois. Vous allez nous aider à comprendre un peu ce fossé culturel entre Cremont et Aléménique là-dessus. Alors interdiction du foie gras, qui gave qui au juste, bienvenue dans l 'infrarouge.
2:28Luc Fournier, je vais évidemment commencer avec vous. On se souvient, peut -être vous en souvenez-vous, que vous avez commencé à sensibiliser à la cause les parlementaires sur la coupole, c 'était une année déjà, en faisant une sorte de test comparatif entre foie gras dit normal, c 'est -à-dire foie gras, puisque le foie gras, par définition, produit de doigts gavés ou de canards, et le foie, du vrai foie, mais issu d 'animaux non gavés. Vous avez essayé ça aux parlementaires, vous-même. Vous avez une petite préférence ou rien du tout ? Moi, je ne l 'ai pas goûté. Vous n 'avez même pas goûté. Je n 'ai fait qu 'écouter les personnes qui se sont exprimées.
3:06Et effectivement, on a fait une dégustation comparative de ces deux produits. le produit sans gavage provient d 'une exploitation dans le nord de la France, en Alsace. On s 'appelle le foie d 'or. Une jeune femme qui a repris l 'exploitation de gavage de ses parents, mais qui, pour des questions éthiques, ne voulait plus faire de gavage. Donc, elle développe une gamme de produits sans gavage sur des oies. Et on a effectivement fait cette dégustation à l 'attention des conseillers aux États et conseillers nationaux. Et vous-même, vous n 'avez pas goûté ? Non. Conviction personnelle, moi, je n 'ai pas de viande, pas de produit animal.
3:40J 'ai goûté une fois du foie gras quand j 'avais 20 ans et je n 'ai pas du tout apprécié, donc je n 'avais pas envie de renouveler l 'expérience. J 'ai envie de vous entendre juste sur votre consommation. Delphine Club Follstein, regardez-moi. On est juste entre nous, personne ne nous regarde. On ne vous surprendra jamais avec un petit verre de Montbasiac dans une main et un petit toast au foie gras. Avec un petit verre volontiers, mais pas avec... Non, j 'en mange pas, j 'ai déjà goûté, bien sûr. Je vois le goût que ça a. J 'aime pas. Vous avez le droit, parce qu 'on se souvient qu 'à Genève, le parti, il avait interdit un peu aux élus de manger de la viande.
4:09Ça, ça avait été une instrumentalisation gigantesque et grotesque. Ça avait fait un pâte à caisse. Quoi qu 'il en soit, non, je ne mange pas de... Pas de foie gras. De foie gras. Mais je laisse les gens en manger. Évidemment, il ne s 'agit pas d 'interdire aux gens d 'en manger directement. Et en face, alors, même si Peter Holbeulbiler sera l 'arbitre des élégances ce soir, mais en face, vous défendez le foie gras parce que vous êtes des fans de foie gras. Vous en mangez ? Mangez du foie gras, Simone, de moment-là ? J 'en mange, mais j 'en mange que dans les exceptions à des moments exceptionnels avec des occasions comme les fêtes de fin d 'année par exemple où effectivement ça fait partie d 'une tradition appréciée de la table et je l 'apprécie dans les réceptions à Berne ?
4:49non pas dans les réceptions à Berne surtout pas à Berne, on en parlera dans l 'émission n 'avons pas les moyens Gilles Metz, grand amateur de foie gras évidemment délectation, mais modération quand même c 'est bien, ça vous enlève et j 'aimerais d 'ores et déjà dire que les ersatz qui ont été goûtés à Berne sont des ersatz. C 'est un peu comme le parfait. Il n 'y a pas de foie gras qui peut être remplacé. Ces ersatz sont peu disponibles et n 'ont absolument pas le même goût que le vrai foie gras. Donc, vive le vrai. Alors, loin de moi l 'idée de vouloir intervenir dans ce débat, mais par hasard, il se trouve que j 'ai goûté un de ces foie gras fait avec des foie longues.
5:25Il se trouve qu 'il était en l 'occurrence assez bon. J 'ai peut -être eu de la chance, mais je me retire prudemment de ce débat. Pierre Quentin Buller, on vous a mis là, mais vous pourriez être là, puisque vous êtes quand même suisse allemand aussi, donc a priori viscéralement opposé à cette chose horrible, en même temps vous êtes roman complètement, vous êtes une sorte de transfuge, en interprète, vous mangez du foie gras ? Bien sûr, quand je suis avec ma famille en France, vers la fin de l 'année, on reçoit du foie gras, mais du foie gras directement du producteur, sans nitrite, sans rien, et puis quand j 'étais à Zurich, j 'étais 20 ans à Zurich, là j 'ai eu la chance de fréquenter les grandes tables, et les grands chefs de cuisine, c 'est une des spécialités des grands chefs puis ils le chauffent c 'était magnifique j 'ai adoré il s 'est fait un mal plaisir de dire c 'était à Zurich, donc à Zurich il y a quand même des grands chefs qui apparemment mangent du foie gras seulement les grands chefs, sinon c 'est pas tellement connu Merci d 'avoir joué le jeu de nous dire la vérité sur votre consommation personnelle de foie gras alors faut-il le bannir complètement en Suisse ou pas la question n 'est évidemment pas tout à fait nouvelle mais cette fois elle se profile dans les urnes ce sera 2027 probablement pour nous, pour les citoyens.
6:33Et le match s 'annonce un peu inégal, le brief de Christophe Sirot.
6:42Ce genre de geste est interdit en Suisse depuis 1978, considéré comme un acte de cruauté envers les animaux. Gaver les oises, c 'est prohibé, mais manger du foie gras, c 'est autorisé. Ainsi, notre pays en a importé près de 300 tonnes en 2024, surtout en provenance de France et en moindre quantité de Belgique, Hongrie ou Bulgarie. L 'initiative « Oui à l 'interdiction d 'importer du foie gras » portée par l 'Alliance animale suisse vise à ancrer dans la Constitution l 'interdiction totale d 'importer. Foie gras, magret, confit, tous les produits du gavage forcé. Et cela s 'applique aussi à la consommation personnelle.
7:23Dans ce débat, une question culturelle majeure s 'invite à table. Je pense qu 'on a toujours mangé du foie gras, il n 'y a pas de raison que ça change en fait. Pour les romans, ça reste une tradition culinaire, alors qu 'outre sa rine, ça laisse plutôt froid. D 'ailleurs, selon un sondage de l 'Institut d 'Hemoscope, commandé par le média en ligne Watson début 2024, une écrasante majorité des alémaniques, 89%, seraient même favorables à l 'initiative, quand 65 % des romans la rejettent, créant ce qu 'on a surnommé une sorte de foie gras graben. Le Conseil fédéral, opposé lui aussi à l 'initiative, plaide plutôt pour la transparence et vient d 'instaurer une obligation d 'étiquetage pour les produits issus d 'animaux gavés.
8:07Tandis qu 'une poignée de conseillers nationaux, particulièrement des romans, tentent de sauver le foie gras à travers un contre-projet indirect toujours en discussion au Parlement. Le principe ? On mise sur l 'étiquetage pendant cinq ans pour faire baisser la consommation avant d 'envisager des mesures supplémentaires. Réduction des importations ou suppression pure et simple, les Suisses voteront probablement l 'an prochain. Les Allémaniques vont-ils alors imposer leur vision de la gastronomie et jouer l 'argument du bien -être animal ? Car il est là le gros enjeu et il se résume en une question.
8:42Peut-on raisonnablement profiter de pratiques autorisées ailleurs alors qu 'elles restent interdites chez nous ? Luc Fournier, on va commencer par le fond du sujet, le foie gras ou pas le foie gras, les humains en mangent depuis 2500 ans, en tout cas du foie gras gavé, d 'animaux gavés, c 'était les égyptiens hier au début, maintenant c 'est les périgourdins, c 'est un peu nous par capillarité, sauf qu 'en Suisse depuis 1978, on vient de le voir, on ne le produit plus, pourquoi est-ce que tout à coup vous voulez, on ne le produit plus, pourquoi vous voulez interdire aux gens d 'en manger finalement ?
9:15Pour les questions d 'évolution de société, Il y a 2500 ans, on lapidait des hommes et des femmes. On le fait beaucoup moins aujourd 'hui. C 'est quelque chose qui est tout à fait entendable. Et puis, surtout que dans le cadre de l 'initiative foie gras, on ne s 'attaque pas à un produit, on s 'attaque à une façon de le fabriquer, c 'est -à-dire le gavage forcé des animaux. Mais les importations de foie gras issus d 'animaux non gavés resteront autorisées. Sauf qu 'il n 'y a pas de foie gras issus d 'animaux non gavés. Puisque pour qu 'un foie gras s 'appelle foie gras, il faut que l 'animal ait été gavé.
9:46Absolument. la législation française est en train de changer. En tout cas, il y a des interventions au niveau du gouvernement français pour qu 'ils ne soient plus obligés de gaver de force les animaux pour pouvoir obtenir l 'appellation foie gras. Parce qu 'effectivement, dans le public, peu de personnes savent que pour qu 'on puisse appeler un produit foie gras, on doit gaver de force des animaux. Ça, c 'est une obligation légale. Donc, tous les produits qui ne nécessitent pas de gavage et qui ont des saveurs, on va dire, équivalentes, ne peuvent pas s 'appeler foie gras. Donc, il n 'y a pas de marché parce qu 'il y a une méconnaissance du consommateur vis -à-vis de ses produits.
10:19Simone de Montboilin, il y a 2500 ans, on lapidait des gens. Il y a moins longtemps, on mangeait des ortolans. Vous vous souvenez, François Mitterrand, sous sa serviette blanche. Ça a été interdit, ça ne gêne personne. L 'humanité évolue, le niveau de conscience augmente. C 'est le tour du foie gras, c 'est comme ça ? Bien sûr que c 'est utile de suivre l 'évolution des mœurs. On ne peut pas imaginer que la morale d 'il y a 2500 ans soit éternelle. elle s 'adapte aux évolutions et c 'est tant mieux que le bien -être animal soit au centre de nos préoccupations. Ça fait partie aussi de nos devoirs de protection.
10:53C 'est -à-dire qu 'il faut rester dans une certaine proportionnalité. Interdire l 'importation du foie gras en Suisse ne va pas sauver un canard ou une noix là où ils sont produits, mais on va contribuer à stigmatiser les amateurs. J 'ai 300 tonnes de produits quand même. 300 tonnes sur 450 000 tonnes de viande importées chaque année, c 'est certes important, mais quand même assez anecdotique, d 'autant que ça concerne une particularité dans la gastronomie et que personne n 'est obligé d 'en consommer. Ça ne fait pas partie des produits d 'alimentation de base. On ne va pas avoir, je vais dire, une conséquence pour l 'approvisionnement du pays.
11:33C 'est un choix, c 'est un choix qui doit être fait de manière personnelle, éclairée, et sur la base, effectivement, d 'une transparence. et c 'est là où on discutera tout à l 'heure certainement du contre-projet, mais sur la question de l 'étiquetage, c 'est important. Il faut que les gens sachent ce qu 'ils ont en main lorsqu 'ils font un achat pour pouvoir faire un achat responsable. Mais ça reste une responsabilité individuelle de décider en âme et conscience ce qu 'on le souhaite mettre dans notre assiette. On a été inconscient pendant 2500 ans en gavant des oies et des canards sans y penser ou est-ce qu 'on est en train de devenir un peu inconscient ?
12:09maintenant à vouloir tout interdire, Delphine Klochenstein ? Je pense qu 'il faut sortir de la logique de l 'interdiction, sortir de la logique aussi de la culpabilité, mais juste revenir probablement à une question de cohérence. Il y a 40 ans, on a décidé en Suisse d 'interdire, au fond, cette pratique, parce qu 'on a estimé qu 'elle était cruelle, qu 'elle touchait directement, et pas juste le bien -être animal, mais elle touchait clairement l 'intégrité animale, parce que c 'est une pratique qui est très douloureuse. Et donc, à partir de ce moment-là, à partir du moment aussi où la science a évolué au niveau de l 'étude aussi des animaux, de voir ce qu 'ils ressentent, d 'évaluer au fond ce que représente le gavage, on a décidé en Suisse, il y a 40 ans déjà, que cette pratique, on devait l 'interdire.
12:53C 'était très clair. Et donc pour moi, aujourd 'hui, c 'est aussi une question de cohérence. Si on estime, et d 'ailleurs on a en Suisse une des lois les plus exigeantes en matière de protection animale, Là, on a même réussi à inscrire dans la Constitution fédérale le principe du bien -être animal, mais aussi de la dignité animale. Ça fait partie, c 'est un article, l 'article 120 de la Constitution, qui dit clairement que la dignité animale fait partie, au fond, de nos fondements. Dans la loi sur la protection des animaux, dans les buts, l 'article 1, dans les buts, on parle de bien -être, on parle de dignité.
13:26Donc, ce sont des éléments sur lesquels on a réussi à avancer avec éthique, avec cohérence. – Il y a longtemps, nous dites-vous, en plus. – Il y a 40 ans. Et donc, aujourd 'hui... Il y a 47 ans. Donc, aujourd 'hui, très clairement, le fait... Pour moi, c 'est une question de cohérence. À partir du moment où on définit que cette pratique est cruelle pour les animaux, le fait même d 'accepter, au fond, l 'importation, non seulement on est dans une forme d 'incohérence par rapport à notre propre système légal, par rapport aux droits suisses, d 'une certaine manière, la manière dont on la définit ensemble, et à côté de ça, on est aussi dans une forme, et ça, je pense que c 'est important aussi de le dire, par rapport au milieu agricole, c 'est qu 'à partir du moment où on interdit une pratique chez nous en Suisse et qu 'on autorise l 'importation avec les mêmes pratiques, il y a une forme de concurrence déloyale.
14:12C 'est pour ça que l 'initiative est née dans les rangs de la droite de l 'UDC suisse-alémanique à la base. Et raison aussi pour laquelle, peut -être que ça vaut aussi la peine de le dire en préambule, c 'est que cette démarche est soutenue aussi largement. Ce n 'est pas une lubie des écolos. On sait qu 'il y a un certain milieu paysan qui est aussi sur cette question-là. et puis les milieux de la protection des animaux. Donc je pense que c 'est vraiment un débat de société que je me réjouis d 'empoigner. – Gilles Mest, sur la cohérence, on interdit la production, le gavage des animaux depuis 1978, on interdit l 'importation des mêmes pratiques.
14:44– Pour moi, la cohérence, ce serait de permettre la production de foie gras en Suisse. – Oui, sauf que, on a tranché il y a 47 ans. – On nous dit qu 'on est incohérents, selon des conditions plus strictes en matière de gavage et de production. Ce n 'est pas ce qu 'on nous propose aujourd 'hui, ce n 'est pas ce qu 'il y a à l 'heure du jour. Moi, ce que je constate, c 'est que l 'initiative, elle pose d 'énormes problèmes. D 'abord, elle va générer un Rochtigraben considérable, on l 'a déjà dit, puisque les romans sont plutôt favorables, les Suisses alémaniques plutôt indifférents. Mais on n 'en a pas notre coup d 'essai en matière de Rochtigraben, on en parlera d 'ailleurs, un chapitre entier.
15:13Je prends le raison pour le creuser. Et puis, je pense qu 'il y a une certaine naïveté des initiants à penser qu 'en l 'interdisant en Suisse, on va réduire la production ailleurs. Je crois qu 'au contraire, l 'initiative aujourd 'hui, elle va poser la Suisse comme observatrice, comme simple spectatrice, alors qu 'on pourrait être beaucoup plus ambitieux et se dire eh bien non, on va peser sur les modes de production de nos voisins, essayer de fixer des critères selon lesquels on peut importer du foie gras et je pense que ce serait beaucoup plus cohérent précisément et moins hypocrite. Je peux vous laisser répondre là-dessus, Luc Fournier ?
15:50Est-ce qu 'on pourrait faire pression pour qu 'il y ait une sorte de voix médiane, je ne sais pas, d 'un gavage éthique ? Qu 'est-ce que vous répondez à ce que vous dites ? Il n 'y a pas de gavage éthique. Pour produire du foie gras, il faut gaver de force un animal. Donc, je ne vois pas quelle méthode on pourrait employer pour obtenir le même résultat. Les différents labels qui existent en France de qualité, ce sont des labels qui sont associés à, généralement, à une situation géographique ou alors à une méthode de production qui fait qu 'on gafe généralement plus longtemps. Quand vous avez certains labels, ça augmente même la durée du gavage de plusieurs jours.
16:23Donc je ne vois pas du tout d 'alternative intéressante à ce niveau. Et puis concernant l 'îlot suisse, moi je pense au contraire qu 'en ouvrant un marché aux produits d 'animaux sans gavage, on va vraiment permettre à des producteurs français ou dans d 'autres pays qui souhaitent eux aussi abandonner le gavage de pouvoir se lancer justement dans ce marché. Parce qu 'actuellement, comme il n 'y a pas de débouché économique, il n 'y a pas de raison qu 'ils le fassent. Mais le jour où nous, on ouvrira un marché intéressant, parce que la Suisse est quand même un gros acheteur, C 'est le troisième plus gros acheteur de foie gras français.
16:55Le jour où la Suisse ouvrira un vrai marché pour des produits alternatifs, je pense que vraiment, on va ouvrir une voie très intéressante et on va contribuer aussi à ce que des discussions qui se passent, par exemple, maintenant en Allemagne, aboutissent, elles aussi, à l 'interdiction du foie gras. Vous auriez dû en déguster le foie gras. Ça vous aurait permis de comparer le vrai foie gras de l 'Erzat. Mais vous nous dites qu 'il y a des alternatives. Là, vous nous dites qu 'il n 'y en a pas. Non, je vous dis que selon certains critères, on peut mettre en place des labels. qui sont respectueux de l 'animal.
17:22Pour moi, c 'est important. Mais c 'est quoi, pardon ? C 'est quoi un gavage respectueux ? C 'est des élevages où l 'animal n 'est pas en batterie toute la journée. C 'est où l 'animal, où l 'exploitation répond à des conditions de lumière, répond à des conditions de présence en plein air, répond à des conditions de nourriture et de gavage qui sont plus respectueux que ce qu 'on a fait pendant des années. Est-ce qu 'on a, dans le grand schéma des choses, Peter Rottenbüller, est-ce qu 'on n 'est pas honoré de se poser ces questions-là, nous, au XXIe siècle ? Enfin, on s 'éveille à la question animale.
17:58Est-ce qu 'il n 'y a pas derrière tout ça quelque chose d 'assez positif ? Ou non ? C 'est une catastrophe. Non, moi je suis aussi pour la protection des animaux. Et puis, cette initiative ne va rien résoudre. C 'est ça que je déplore. Ça ne va pas sauver une seule des oies qu 'on voit sur ces images-là, qui sont dans des énormes usines. Ça ne doit pas être ni en France, ni en Italie. ça doit être en Hongrie. Les Hongrois font pas mal de fois. Moi, j 'invite ces gens qui s 'intéressent à la protection des animaux d 'agir sur le plan européen et puis d 'agir pour renforcer la protection des animaux dans toute l 'Europe.
18:39Sinon, ça ne sert strictement à rien de vouloir simplement interdire au gouvernement suisse une spécialité qui est une grande spécialité en France. Il faut voir, il y avait une seule image positive là, c 'était des Weidegens de Fribourg. Il y a des oies qui vivent dans des forêts ou sur des énormes terrains, qui sont très heureuses, qui sont beaucoup plus heureuses que tous ces cochons dans ces énormes fermes où ils doivent produire de la viande et des petits et dans des onclores beaucoup trop petits. Moi, je suis un ami des animaux dans ce sens. Je veux qu 'on les tienne dignement. Maintenant, le gavage, il y a beaucoup de théories sur le gavage, sur la douleur que ça fait à ses oies.
19:35Il y a des films, naturellement, il y a des films d 'un côté qui montrent l 'horreur et puis il y a des films de l 'autre côté qui montrent une loi, elle reçoit sa portion et puis elle hurle pas, elle se débat pas, elle est habituée. Donc moi je pense que vraiment il faut faire la part des choses et puis il ne faut pas simplement vouloir encore une fois interdire et puis emmerder les gourmets. Ils peuvent s 'habituer au gavage. Juste rappeler, c 'est que la Suisse l 'a interdit. La Suisse l 'a interdit. Pourquoi la Suisse l 'a interdit ? Ce n 'est pas pour rigoler. Elle l 'a interdit parce qu 'elle a estimé, avec des scientifiques à bord, que cette pratique était mauvaise, était cruelle pour les animaux.
20:28Et ça, ça a été une décision au niveau national. Donc ça veut dire qu 'à partir du moment où le cadre légal au niveau national définit que la pratique est cruelle, on peut se poser la question qui est une question pour moi pas de culpabilité on ne doit pas rentrer dans ce schéma-là on est à la veille de Noël on n 'est pas en train d 'aller créer en fait une culpabilité chez les personnes mais pour moi c 'est la vraie question qu 'on doit se poser aujourd 'hui et je me réjouis qu 'on le fasse d 'ailleurs en parallèle de l 'initiative qui arrivera bientôt c 'est la question éthique et c 'est une vraie question qu 'on doit se poser aujourd 'hui et moi j 'ai envie de me poser cette question-là à partir du moment où on suit et vous avez parfaitement raison sur la question par exemple de l 'élevage intensif, des porcs qui ne voient pas le jour, qui sont sur des espaces beaucoup trop petits, etc.
21:14C 'est intolérable. Et moi aussi, avec vous, d 'ailleurs, je me bats justement contre ce genre d 'élevage intensif. Mais à côté de celui-là, on doit se poser une question qui, pour moi, est une question profondément éthique, de savoir, à partir du moment où, en Suisse, on interdit la pratique, parce qu 'on a estimé que la pratique était cruelle... Je vais vous répondre. Nous avons interdit l 'abattage rituel. et nous importons des tonnes de viande halal et kasher pour des questions de religion. Parce que si on enlevait ça à ces deux religions qui vivent de l 'abattage rituel... – On a tenté de le faire, c 'était la première initiative populaire d 'ailleurs en 1800, je ne sais plus combien, contre l 'abattage rituel.
21:57– Si on interdit cette importation, on a une guerre des religions. Et l 'abattage rituel, ça dépend encore du boucher, comment il le fait. Si elle pense sur la bataille virtuelle, c 'est une vraie bonne objection. C 'est interdit en Suisse, on ne peut pas le faire. De mon point de vue, le critère doit continuer d 'être éthique, il doit continuer dans le respect de l 'animal. Et par rapport à ces pratiques-là qui sont issues de la religion ou de la culture, pour moi, le critère essentiel, c 'est celui de l 'éthique. Et celui de l 'éthique permettrait, par exemple, le fait d 'étourdir les animaux avant de les abattre, par exemple.
22:30Ces éléments-là, pour moi, ils sont essentiels. Et dans l 'importation également. Sauf que les religieux ne l 'entendent pas de cet ordre. Aller dans des abattoirs, voir comment en Suisse, on tue des bœufs et des veaux. Il y a tellement de ratage. Quand d 'abord, ils essayent de les étourdir avec un marteau et puis ils se débattent, etc. On doit mettre un cadre légal qui soit plus strict aujourd 'hui. C 'est toujours un drame d 'une certaine façon, mais nous mangeons des animaux. Il faut faire la paix avec cette espèce de contradiction, vous nous dites. Simone de Mont-Molin, vous voulez intervenir depuis un moment.
23:04J 'aimerais dire quelque chose par rapport à la cohérence. Vous avez raison, il faut être cohérent. Mais c 'est aussi une question de proportionnalité. On a interdit l 'élevage de volailles en batterie il y a bien longtemps. Pourtant, on a l 'autorisation d 'importer des œufs provenant de ces types d 'élevage. Est-ce que c 'est plus cohérent que le foie gras ? On s 'apprête à importer peut -être du poulet au chlore américain pour sauver les meubles. La pain dans les cages, totalement interdit en Suisse depuis longtemps. on importe de la viande qui aurait pu être élevée de cette manière. Est-ce que c 'est cohérent ?
23:36Est-ce que ça ne l 'est pas ? La proportionnalité a vraiment un rôle à jouer dans toute la manière de gérer ces interdictions, gérer ce que nous souhaitons et comment on le fait respecter et pour quelles raisons. J 'aimerais dire aussi que la France est un pays souverain. La France est capable de créer ses normes, elle évalue ses pratiques, elle vote ses lois et elle constate que pour l 'essentiel de ces exploitations, ce sont des exploitations dans des petites régions extrêmement rurales, extrêmement décentralisées, qui pratiquent cet élevage depuis des générations et qui le font pour la plupart dans des conditions dont on peut espérer que le bien -être animal n 'est pas en permanence bafoué.
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24:22Bien sûr qu 'il faut des règles, bien sûr qu 'il faut les accompagner au regard des connaissances, etc. Mais à un moment donné, il faut aussi se rendre compte que ce principe de proportionnalité doit toujours nous guider. On peut aimer les animaux et on peut aussi aimer la liberté. Ce sont quand même 300 tonnes, au niveau de la proportionnalité. 300 tonnes chaque année qui est importée en Suisse. Donc, ce n 'est pas marginal. Non, 500 tonnes de viande halal et 300 tonnes de viande cachère aussi. Luc Fournier, sur cette idée que la liberté individuelle s 'arrête au seuil de la souffrance animale, finalement, c 'est ce que vous défendez, pourquoi est-ce que, c 'est vrai la question que pose Peter Rottenbüller pardon vieille habitude pourquoi on se limite au foie gras finalement pourquoi est-ce que vous n 'allez pas frontalement en disant il faut qu 'on arrête de faire souffrir les animaux c 'est une hérésie totale, le siècle 21 est le siècle des animaux, on arrête ça on interdit la viande, point, arrêtez c 'est fini avant d 'interdire la viande on peut déjà interdire les choses qu 'on s 'interdit nous-mêmes de fabriquer donc l 'exemple des valailles en cage pour les batteries, pour la production d 'eux, c 'est un très bon exemple.
25:28Mais ça, c 'est le travail du Parlement à faire. On édicte des lois, et puis on les contourne en acceptant des importations. Donc, moi, je pense qu 'on devrait être cohérents jusqu 'au bout. On devrait avoir un Parlement qui est capable de mettre en application, en tout cas, de résoudre ces incohérences, et puis, effectivement, d 'interdire l 'importation de viande de lapins qui sont issues de batteries, d 'eux en batteries, etc. Surtout quand on voit qu 'aujourd 'hui, ces produits sont vendus moins chers que les produits que nos propres éleveurs fabriquent, ça pose aussi un problème économique et puis un problème, je pense, de soutien à notre agriculture.
26:00Après, concernant, juste pour revenir sur le mythe du petit producteur, aujourd 'hui, ils sont plus que 5 % en France à proposer une production artisanale de foie gras. 60 % de la production française est entre les mains de quatre grands groupes industriels. Et je ne pense pas qu 'on puisse encore parler par les doigts qui gambadent dans les champs, etc. Parce que ça, c 'est vraiment une image du passé. Aujourd 'hui, ce n 'est plus du tout le cas. Non, on revient à ça. Carrefour est un des pionniers pour ça. Aussi pour les poulets. Vous n 'avez jamais vu comment les poulets sont élevés que Carrefour vend ?
26:35C 'est des énormes forêts plein de poulets. J 'ai travaillé plusieurs années au service vétérinaire cantonal à Genève. J 'ai été chargé notamment d 'effectuer des contrôles dans les exploitations. Entre la publicité, on diffuse, et la réalité qui est concrète quand on va concrètement visiter ces exploitations. je pense qu 'il y a un grand monde. Deux salles, deux ambiances. Simone de Montmolin, un mot sur le contre-projet que vous avez participé à concocter. L 'idée, on l 'a compris, c 'est de maintenir le régime qui a été décidé par le Conseil fédéral, c 'est -à-dire un régime d 'étiquetage strict.
27:08Attention, ce produit a été produit en faisant souffrir des animaux. Pendant cinq ans, comme on l 'a fait pour le boeuf aux hormones, en espérant faire baisser la consommation, si elle baisse, c 'est quoi le mot ? Drastiquement, suffisamment, notablement. Enfin bref, si ça marche, on ne prend pas de mesures. Si ça ne marche pas, alors on prendra des mesures dans 5 ans. C 'est une meilleure solution ? Alors, ce qu 'il faut déjà dire, c 'est qu 'effectivement, ces dispositions existent déjà. Elles existent au niveau de l 'ordonnance. Ça avait été un processus qui avait été initié il y a plusieurs années à la faveur de motions au Parlement.
27:39Mais pour ne pas stigmatiser une production particulière. On parle maintenant du foie gras, mais on peut effectivement aussi parler des œufs en batterie. On peut aussi parler du lapin qui a été élevé dans des cages. et cet étiquetage-là de produits alimentaires qui proviennent issus de productions qui ne sont pas autorisées en Suisse Donc ça va bien au-delà du gavage ? Ça va bien au-delà du gavage et doivent être indiqués sur l 'étiquette. Et c 'est juste, c 'est juste. Le consommateur doit pouvoir faire un choix éclairé. Mais il doit ensuite pouvoir faire ce choix. Il ne faut pas lui retirer la possibilité de faire ce choix en interdisant.
28:13On doit lui donner la possibilité de faire le choix parce qu 'il y a un étiquetage. Et puis le contre-projet, ce qu 'il prévoit en plus, c 'est effectivement un monitoring des importations. Donc le monitoring destiné qu 'aux importateurs professionnels, pas aux privés, parce que ce serait extrêmement compliqué. Ça devient le monitoring de chacun et chacune. Voilà, déjà que tout un chacun est libre de passer la frontière pour faire ses achats, donc on ne va pas encore renforcer la cadence. Ce qui ne serait plus le cas, pardon, au cas de votre initiative, elle interdit aux particuliers d 'aller acheter du foie gras en France et de le ramener en Suisse, on est d 'accord ?
28:47Comme beaucoup de produits qu 'on ne peut pas importer en Suisse. C 'est juste pour être clair. Il faudra encore pouvoir le contrôler, puis vérifier, puis sanctionner. Il faut passer par la vallée de Joux. Ce contre-projet, ensuite, prévoit qu 'il y ait des contrôles menés par le SAV, donc l 'Office de sécurité alimentaire et vétérinaire, et les douanes, et que ce monitoring soit fait sur une période de 5 ans. Au bout de 5 ans, une évaluation est faite. Et si le constat qu 'une diminution n 'est pas observée, à ce moment-là, le Conseil fédéral devrait pouvoir prendre des mesures supplémentaires.
29:19Ce qui déclenche, c 'est la diminution notable. Juste pour être précis, c 'est quoi une diminution notable sur 300 tonnes ? C 'est de moitié ? C 'est précisément ce qu 'il y avait dans le projet d 'origine. Maintenant, ce que la Commission a décidé, c 'est majoritairement de supprimer ce terme, puisqu 'effectivement, il est indéfinissable du point de vue quantitatif. Et donc, il appartiendra au Conseil fédéral de définir les critères qu 'il considéra comme étant suffisants pour pouvoir définir qu 'une diminution est observée. L 'étiquetage, Claire Delphine, ça marche, on en a parlé beaucoup dans l 'affaire américaine, sur le bof aux hormones, j 'ai plus les chiffres en tête, mais je crois qu 'on est passé de 800 tonnes à 250 tonnes juste en disant aux gens, attention, c 'est du bof aux hormones.
30:01Il y a deux choses, moi je suis absolument évidemment pour l 'étiquetage, pour la transparence, c 'est essentiel, et les consommatrices, consommateurs doivent être au courant de ce qu 'ils consomment, ça me semble juste essentiel, et dans ce sens, par rapport au contre-projet, d 'ailleurs ça a été une idée des verts, c 'est les verts qui ont fait cette proposition du contre-projet, qui vient d 'ailleurs d 'un de mes collègues, Kylian Baumann, qui est un verre du Zélande, un paysan du Zélande, donc du canton de Berne. Et je pense que c 'est une idée tout à fait intelligente dans la perspective d 'essayer de sortir au fond de cette logique.
30:32Et le fait même de pouvoir tracer, de pouvoir étiqueter, ça me semble béabat, et je pense que c 'est une direction qui est juste. Ça existe déjà, maintenant. C 'est pas une nouveauté. Alors maintenant, la question qui est en parallèle, parce que si c 'est pas une nouveauté, pourquoi aujourd 'hui on se retrouve avec autant de tonnes consommées, c 'est probablement parce qu 'il n 'y a pas une information suffisante et la question de la traçabilité. Et ça, c 'est vraiment parce que le bœuf aux hormones, vous en parliez tout à l 'heure, on va parler aussi probablement de poulet chloré, la question, à partir du moment où il y a un étiquetage, est-ce qu 'on est certain qu 'on peut contrôler ceci ?
31:06Et on l 'a vu avec la fourrure, très clairement, il y a eu un exemple très clair, où on a estimé qu 'un étiquetage pouvait suffire, et bien à partir du moment où on ne contrôle pas, le risque évidemment de déviance, il est là, On l 'a vu avec la fourrure, deux tiers des magasins vendent des produits sans étiquetage adaptés. Donc ça veut dire que ça, c 'est le risque. C 'est le risque, au fond, de l 'étiquetage, c 'est le risque de la transparence. Moi, je suis pour cette transparence, évidemment, mais il faut jouer le jeu. Et quand on ne peut pas le contrôler, ça devient problématique. Raison pour laquelle ce contre-projet est intéressant, parce que c 'est un essai, de dire, eh bien, on va essayer dans ce sens, pour aussi conscientiser, parce que c 'est peut -être, si on veut, l 'intermédiaire dont on a besoin, de dire pas du jour au lendemain, on l 'arrête, eh bien, on passe par une transition, et par un espace, au fond, d 'information.
31:50Parce que cette information, elle est nécessaire. On peut la voir à travers des images, celles qui tournent autour de nous, par exemple. Évidemment, elles servent aussi. Mais le fait de prendre conscience, et moi, je pense que les consommateurs, consommatrices sont aussi des acteurs et des actrices et doivent pouvoir aussi réaliser ce qui se passe. Raison pour laquelle l 'étiquetage est une bonne chose, mais évidemment, elle doit porter ses fruits. C 'est -à-dire qu 'elle doit conduire à une diminution notoire. Alors après, comment est-ce qu 'on la définit ? C 'est compliqué, probablement. mais probablement qu 'une phase de transition pourrait être une direction à prendre.
32:19Les restaurateurs, ils sont prêts à jouer le jeu ? Vous voyez le tournée d 'orocini, attention, une oie a vécu l 'enfer pour que vous vous régaliez ce soir. Bon appétit. Les restaurateurs doivent afficher le pain, doivent afficher l 'origine de la viande et s 'en faire au feu pour afficher... Moi, je n 'ai pas encore vu au restaurant Sauf France Animal. Oui, vous savez, je suis président de la Bellefait Maison, dont le principe même est la transparence. Donc, je ne vais pas vous dire que l 'étiquetage est une mauvaise chose. Je pense que c 'est un bon début. c 'était ce qui semblait suffisant aux yeux du Conseil fédéral, mais moi je constate que ce ne sera pas suffisant pour trouver une majorité en Suisse alémanique contre l 'initiative, et c 'est précisément pour cette raison qu 'on fait un pas en direction de la protection des animaux, mais de façon à pouvoir garder le libre choix et du restaurateur et du consommateur.
33:04On n 'oblige personne à consommer, on n 'oblige aucun restaurateur à les mettre à la carte. J 'aimerais qu 'on se penche maintenant sur le gouffre culturel dont on a déjà un peu parlé, mais qui sépare la Suisse romande et la Suisse, la Suisse latine en fait, et la Suisse alémanique sur la question du foie gras. Les chiffres sont impressionnants, on en parlera tout à l 'heure. Mais si vous doutiez de la tendance, on a envoyé Christophe Sirot sur place pour vérifier. C 'est le Zag Zimel de l 'émission.
33:42Lucerne, son capel brouquet, ces touristes sont ambiances d 'avant Noël. Mais nous, si nous sommes ici, c 'est pour parler plutôt de la barrière du foie gras. Les Suisses alémaniques ne seraient pas très friands de foie gras. C 'est ce qu 'on va aller vérifier tout de suite. Et on va même tenter la dégustation. Vous essayez ? Non, sans problème. Merci. Foie gras ? Ah, c 'est pas pour moi. Je ne connais pas ça, je suis végétarienne.
34:17On ne devrait plus en manger, c 'est vrai, ce n 'est pas très bon pour l 'environnement, pas très respectueux des animaux. C 'est des choses auxquelles on devrait penser. Et si le seul argument, c 'est la tradition, c 'est un peu couvre.
34:34On va essayer plus loin.
34:41C 'est pas votre culture gastronomique ? C 'est pas assez connu ici, c 'est pas assez typique. Mais il y a sûrement des gens qui apprécient ça. Les oies en Suisse allemande, le foie gras, c 'est pas dans notre culture, mais c 'est surtout à cause de la manière dont ces produits. Petit petit petit. Venez, venez, je vais pas vous manger.
35:14... J 'étais en Dordogne, on le fait. Et c 'est dommage qu 'on ne le puisse pas faire autrement. Je crois qu 'on ne le mangerait plus, mieux, s 'il n 'y a pas la souffrance des animaux. Vous connaissez ? Vous aimez pas ? Pourquoi ? Comme il bourre les animaux d 'aliments, c 'est une catastrophe.
35:43Allez, exercice raté, personne ne s 'est aventuré à goûter. Bon ben c 'est pas un gros gros succès. Au revoir Lucerne, promis, on reviendra peut -être pour parler fondu, ça risque de mettre plus de monde d 'accord. Peter Rottenbüller, je vous ai dit quelques chiffres. Un Suisse sur trois, enfin 30 % des Suisses mangent du foie gras. Ça, c 'est la grande photo. Mais seulement 15 % des Allémaniques, pour confirmer ce micro-trottoir, mangent du foie gras, contre 71 % des Romands, 49 % des Tessinois. Normalement, c 'est uniquement pour cette raison-là de consommation que les Suisses Allemands, qui sont très libéraux, normalement sont pronds à interdire ?
36:28C 'est ça l 'explication ? Non. C 'est juste pas leur truc, quoi. Non, non. Une des choses, c 'est que la Suisse romande participe à la culture gastronomique française. Et en France, le foie gras, c 'est vraiment un marqueur de la haute gastronomie et puis même de la gastronomie de bistro en France. On ne peut pas faire de la gastronomie en France sans foie gras. Donc, tout le monde en mange. En Suisse alémanique, le foie gras a été introduit assez récemment par les grands chefs. des grands chefs des bons restaurants qui étaient inspirés par leurs chefs qui les ont formés en France. Et ils en ont fait des plats très spéciaux, magnifiques.
37:14Mais ce n 'est pas répandu dans le peuple. Ça, c 'est une des choses. Ce n 'est pas connu. Et l 'autre, c 'est qu 'il y a un très fort mouvement de protecteurs des animaux qui sont issus aussi des milieux verts et des milieux végétariens et véganes, qui sont dans les villes. Et c 'est une génération qui compte un paysan, cinq générations plus haut. Donc, ils ne sont pas du tout liés au monde agricole. Et ils ont une image de la campagne et de l 'agriculture qui est absolument idyllique. Et ils voudraient surtout leur prescrire comment ils devraient faire l 'agriculture. Ça, je fréquente beaucoup de paysans, là où je vis maintenant, ils me disent, mais ils viennent de la ville, et puis la première chose qu 'ils disent, mais ça pue, là.
38:10Et puis ils veulent leur dire comment s 'occuper des vaches, etc. On va laisser répondre et les Verts et les citadins. Non, mais peut -être juste, le reportage était très clair, ce n 'était pas tellement des jeunes végétariens qui étaient... Non, mais c 'est difficile. La première partie de sa réponse disait qu 'ils ne connaissent pas ça. Je pense que, alors oui, mais comme Genève, c 'est le principe des villes, c 'est le principe des générations. Je veux dire, ceux qui s 'opposent maintenant, ça, c 'est les milieux citadins. Mais les autres, ils ne connaissent tout simplement pas. Mais peut -être juste pour revenir sur la question de qui s 'oppose.
38:43En Suisse alémanique, c 'est une écrasante majorité. Ce n 'est pas que des jeunes végétariens, ce n 'est pas que des jeunes urbains. Ce n 'est pas que les bobos verts des villes, c 'est ça que vous nous dites. Ce n 'est pas que les bobos verts. Moi, je pense qu 'il y a clairement une autre culture de l 'éthique animale, très clairement. Et puis, il y a une chose aussi qui m 'a... Peut -être que vous pourrez aussi confirmer ceci, sur l 'appellation. On ne parle pas de foie gras en allemand, on parle de foie gavée, n 'est-ce pas ? Stopfleber. Stopfleber, c 'est ça. Et ça, c 'est très intéressant.
39:10Et ça ne date pas des jeunes qui ont 20 ans aujourd 'hui. C 'est un mot qui est inscrit, que les gens utilisent. Et moi, j 'aimerais vraiment m 'attarder là-dessus. Mais le mot en français aussi, vous savez que le foie, on l 'a dit tout à l 'heure, non ? On parle du foie gras, on ne parle pas. Le mot foie, ça vient de ficatum, qui veut dire foie gras gavé par des figues. Donc le foie est consubstantiel du foie gras et inversement. Oui, mais l 'appellation, on dit long au fond aussi sur la perception. Moi, je suis convaincue, je fais des études aussi de linguistique. Et pour moi, c 'est un élément aussi qui compte.
39:39Les mots comptent. C 'est une perception positive. Kenzestopfléber. Ce n 'était pas du tout dit dans le sens négatif. Stopfléber, ça veut dire foie gavé. Ça n 'a pas de très envie d 'en manger. C 'est pour ça que, de mon point de vue, très clairement, en sortant complètement de l 'acharnement de certaines générations en pointant du doigt les jeunes urbains, je pense que c 'est de mauvais goût. Je pense qu 'on doit plutôt parler d 'une vraie tradition ancrée en Suisse alémanique, autant qu 'elle peut être ancrée chez nous en Suisse romande avec l 'influence française, bien sûr, de la gastronomie française.
40:13On peut aussi s 'en détacher, parce qu 'on peut aussi revisiter. Et puis, ça ne veut pas dire qu 'en revisitant aussi ces traditions, on s 'émancipe de mettre les petits plats dans les grands parce que évidemment que c 'est important aussi de servir la table et en Suisse romande on a aussi cette capacité de gastronomie et moi j 'y tiens également mais je pense qu 'on peut aussi revisiter ces traditions et en Suisse alémanique le fait même que le foie le foie gras s 'appelle le foie gavé on dit long sur une perception concrète depuis longtemps et après on laisse parler Simon de Montboil allez-y très brièvement, moi j 'ai vécu à Zurich et je vis en France Et à l 'approche du Nouvel An, la télévision française, TF1, France 2, ils ont montré toujours le gavage des oies.
41:00Mais idyllique. Idyllique, il y avait des paysans qui avaient leurs oies, qui les gavaient, et puis les oies gambadaient dans les prés, etc. En Suisse alémanique, déjà dans les années 90, il y avait toujours ces films, ces vidéos qui ont été tournées en Hongrie ou en Roumanie ou je ne sais où, dans ces fabriques que vous avez aussi montrées là. Donc en même temps, les médias français louaient le produit et les médias allémaniques… – Montraient la réalité des choses. – Montraient, oui, dans certains pays qui ont encore ces énormes usines que je conteste aussi, mais je conteste aussi les usines à porc et les usines à vache et les usines à poule et les usines à lapin je fais la part des choses au-delà des habitudes culinaires il y a une sensibilité plus grande à la cause animale en Suisse alémanique il me semble qu 'il y a encore des endroits où on mange des chiens sauf erreur en Suisse alémanique dans l 'Appenzell ça existe encore pour la consommation personnelle l 'Appenzell a le droit pour sa consommation personnelle de manger du chien et il paraît que c 'est bon.
42:14Épisode chien clos, mais il y a une sensibilité plus forte en Suisse-Allémanique ? Ça vient de là-bas, l 'initiative, Allianz Animale Suisse, ça s 'appelle Allianz Animale Suisse, mais c 'est largement des Suisses-Allemands ? On a récolté un maximum de signes en Suisse romande, justement parce que l 'idée n 'était pas d 'aller en terre inconquise et puis d 'amasser des signatures sans sensibiliser les gens. L 'idée était vraiment d 'aller en Suisse romande, de récolter, pendant une année et demie, j 'ai fait quasiment que ça, avec vraiment l 'objectif de parler aux gens, d 'écouter leurs arguments, aussi pour savoir à quoi s 'attendre au moment de la votation, quels sont les arguments qui vont nous être opposés.
42:47Donc au niveau de l 'initiative Fouagra, non clairement, c 'est une initiative vraiment romande. Et d 'une manière générale, la sensibilité des Alémaniques à la protection des animaux, je crois qu 'elle est différente, mais globalement, je pense qu 'elle est plus ou moins équilibrée si on additionne les deux sensibilités qu 'on peut avoir en Suisse romande et en Suisse alémanique. Simone de Moumola, vous vouliez intervenir ? Oui, je suis tout à fait d 'accord avec ma collègue qui dit qu 'on peut revisiter la tradition. Mais laissons les gens choisir quelle tradition et selon quels critères. Ils estiment qu 'ils sont associés ou non à une tradition.
43:19Moi, ce que je réfute dans tout ce débat, c 'est l 'idée de dire qu 'on va forcer, corriger une déviance morale des gens qui n 'ont pas compris que la consommation de foie gras était moralement discutable et condamnable au regard du bien -être des animaux. C 'est ça qui, de mon point de vue, est au centre du débat. Chacun est responsable de décider si, oui ou non, il souhaite modifier ses habitudes au regard d 'éléments éthiques, d 'éléments de toutes sortes, qui leur permettraient de faire ce changement. Alors, c 'est vrai qu 'en Suisse alémanique, ils sont très éloignés émotionnellement de ces questions traditionnelles de culture culinaire française.
43:59C 'est beaucoup plus facile de stigmatiser un produit qu 'on ne consomme pas soi-même et de l 'interdire aux autres. Et de surcroît, le foie gras est vraiment le symbole du luxe, le symbole de l 'aliment qui n 'est pas utile dans le quotidien. Donc c 'est clair que ça concentre, ça cristallise à la fois une sorte d 'image forte d 'urgence morale et puis de désintérêt total pour une tradition. J 'ajoute un élément qui suit de la langue, en Suisse, linguistique et culturelle. Il arrive fréquemment que le Rusty Graven, c 'est pas nouveau, que les Suisses romans se fassent imposer sur les retraites, sur l 'AVS, sur je ne sais pas quoi.
44:42Les assurances maladies. Voilà, se fassent imposer un peu un petit diktat talémanique, c 'est le jeu, ma pauvre Lucette. En revanche, il est assez rare qu 'une majorité interdise quelque chose qui est spécifiquement lié à la minorité. Là, vous comprenez qu 'il y a quelque chose qui peut passer assez mal chez les romans. Oui, mais ce qui est intéressant, et j 'aimerais juste revenir un instant au milieu paysan, en fait, et revenir, en fait, à l 'association... Mais vous répondrez à ma question, après. Je répondrai. Oui, merci. Non, mais je répondrai en partie avec cette réflexion-là sur le milieu paysan, et notamment l 'association des petits paysans, dont mon collègue Kilian Beaumann est président.
45:21Clairement, ça a été une vraie préoccupation. Cette question de dire on ne doit pas rentrer dans un clivage ni politique, ni linguistique, ni territorial. On prend l 'angle de l 'éthique animale. Et je pense que cette réflexion, moi j 'ai vraiment envie, et j 'invite mes collègues à porter cette réflexion. Le contre-projet d 'ailleurs permettrait d 'avoir, de renforcer... En fait vous êtes pour le contre-projet vous. Oui, moi je suis aussi pour le contre-projet. Pour les deux. Et puis dans la case, si jamais c 'est l 'un ou l 'autre, vous cochez quoi ? Alors, on verra la teneur du contre-projet.
45:55Le contre-projet peut être tout à fait intéressant. La commission le travaillera et on aura l 'occasion en plein homme de le discuter. Et puis, il pourrait permettre justement d 'amener la population à faire cette réflexion. Il ne s 'agit pas de pointer du doigt, il ne s 'agit pas de culpabiliser. Je pense que ce n 'est vraiment pas le lieu de le faire. Mais cette réflexion, elle doit avoir lieu aujourd 'hui. Moi, je ne suis pas d 'accord qu 'au nom de la tradition millénaire, on continue des pratiques qui sont cruelles pour les animaux. Je ne suis juste pas d 'accord avec ce principe-là. Non, au nom de la gastronomie française.
46:27Et je pense qu 'aujourd 'hui, on peut tout à fait mener cette réflexion. C 'est une réflexion qui, pour moi, est tout à fait légitime. C 'est une réflexion qui est menée d 'ailleurs aussi au niveau de la Salémanie, que ce n 'est pas qu 'ils sont en train de décider ce qu 'il y aura dans notre assiette, mais c 'est une vraie réflexion éthique. Je reviens sur ce mot-là, pour moi, il est essentiel. C 'est de dire, qu 'est-ce qu 'on est prêt à faire à partir du moment où notre droit suit, est conforme au droit suisse, enfin, elle ne dit rien d 'autre que ce qu 'il dit le droit suisse, eh bien, c 'est une réflexion.
46:55Moi, j 'amène la population à amener cette réflexion. Alors, il ne faut pas faire ça du jour au lendemain, c 'est pour ça que le contre-projet apporte cette sortie programmée, ou en tout cas, cette réflexion, qui pour moi, aujourd 'hui, est indispensable. Et la gastronomie, on y tient, la gastronomie apporte beaucoup de choses, vous êtes un spécialiste, eh bien, il y a beaucoup d 'autres choses pour mettre les petits plats dans les grands. Gilles Mestre, dites-nous la vérité. Après, j 'aimerais qu 'on élargisse un peu le débat, qu 'on sorte du strict au foie gras. Vous préféreriez tactique politique y aller frontale contre l 'initiative où finalement vous dites que le contre-projet est un moindre mal.
47:25C 'est déjà une demi-défaite, mais enfin bon, on n 'aura pas mieux. Non, alors le contre-projet tel qu 'il est présenté aujourd 'hui n 'est pas satisfaisant, je le dis clairement. Maintenant, j 'entends Madame Klopfenstein nous dire qu 'elle est prête à y réfléchir à ce contre-projet. Non, elle soutient. S 'il est de bonne teneur, je le soutiendrai. Il n 'est pas de bonne teneur pour quelques raisons qui sont assez importantes quand même. C 'est d 'abord qu 'on se concentre sur les importations professionnelles, donc sur les importations commerciales, qu 'on va réduire petit à petit. Vous avez dit une fin programmée, c 'est exactement ça le contre-projet.
48:01C 'est par étape de cinq ans, on donne le pouvoir au Conseil fédéral de réduire, de fermer les vannes pour à terme ne plus avoir de foie gras. Moi, je ne suis pas pour cette position-là. Je suis pour autoriser du foie gras produit selon les critères les plus stricts. – D 'accord, donc vous battrez contre tout. – Je crois que ça permet à la fois d 'autoriser le consommateur à l 'acheter, le restaurateur à en fournir dans le respect du bien -être animal. Et je crois aussi que la question de la responsabilité individuelle est importante. Je vous entends, Madame Klopfenstein, nous faire, et je vous crois sincère, parler d 'éthique.
48:37Mais j 'aimerais aussi dire que c 'est le même débat quand il s 'agit d 'interdire la viande dans les cantines, C 'est le même débat à Lausanne. Récemment, une élue a souhaité interdire les poissons carnassiers à la carte des restaurants qui sont locataires des restaurants de la ville de Lausanne. Les poissons carnassiers ? Oui, les poissons qui mangent d 'autres petits poissons. Ah, des poissons pas végétaires. À un moment donné, on nous parle éthique, mais on sent qu 'il y a un mouvement qui vise, au-delà de l 'éthique, à s 'attaquer à des traditions, à s 'attaquer à la liberté individuelle et toujours avec une prétendue bienveillance de l 'animal.
49:20Il reste dix minutes exactement. Vous me servez le dernier chapitre. J 'aimerais qu 'on dézoome un peu, qu 'on sorte le nez de l 'assiette de foie gras, peut -être même de l 'assiette tout court pour nous pencher sur ces interdits. Je vais vous poser la question à vous. On a, fin du XXe siècle, on a tué Dieu, méthodiquement, on a tué l 'autorité, on a fait mai 68, on a interdit d 'interdire, on s 'est débarrassé de la morale, on se dit yes, on va être en fait libérés des injonctions de tous les curés, et puis voilà que d 'autres curés reviennent par la fenêtre est-ce qu 'on est vraiment gagnant dans le grand schéma des choses ?
49:54Alors moi je vois pas les choses d 'une façon... J 'ai bien compris, c 'est pour ça que je vous provoque. Moi je crois au contraire, depuis les années 1900, on a quand même fait de grands progrès au niveau des droits sociaux, des droits d 'une manière générale moi je suis un peu surpris quand j 'entends par exemple qu 'on parle justement de liberté de choix la loi sur la protection des animaux qui interdit le gavage est entré en vigueur en 1981 avec son ordonnance d 'application. Dix ans plus tôt, on votait pour le droit de vote des femmes en Suisse. C 'était hier. Qui, aujourd 'hui, pense que c 'est une mauvaise chose et qu 'on devrait revenir en arrière ?
50:25Et pourtant, à l 'époque, je crois, de mémoire, 35 % des votants des hommes avaient encore voté contre. Je pense qu 'il y a des moments où quand on est face à une situation qui est injuste, où un contexte qui crée des injustices, il faut avoir le courage d 'aller outre et puis d 'imposer une nouvelle façon de voir par des nouvelles dispositions légales, par exemple. Et pour moi, l 'éthique liée à la consommation alimentaire, elle en fait partie. Il n 'y a pas de manie de tout interdire, nous dit Luc Fournier, mais simplement une conscience qui évolue dans tous les domaines, Simone de Montmolin.
50:56Déjà, le vote des femmes, ce n 'était pas une interdiction, c 'était une autorisation. Donc, on est un peu dans un débat différent. Et puis, oui, c 'est vrai, on s 'est libérés de beaucoup de choses depuis ces dernières décennies, au XXe siècle. On s 'est libérés de l 'autorité, de Dieu, de certaines morales, mais on n 'a jamais eu autant d 'interdictions. C 'est un peu le paradoxe de notre siècle. Moins d 'autorité, mais plus d 'interdictions. Moins de morale héritée, mais des morales imposées. Et puis aujourd 'hui, on jongle avec ces concepts. On essaye de faire passer finalement ce qui était une morale imposée par la religion ou par simplement l 'autorité familiale.
51:35On la retrouve dans d 'autres formes de morale qui sont plus vertueuses. et ça c 'est le propre des sociétés assez inquiètes qui se rassurent en imposant des interdictions ici ou là parce que c 'est assez simple parce que c 'est rassurant mais qui au fond à la fin de la journée n 'est pas plus morale que cette morale dont on a voulu se libérer. Mais est-ce qu 'en fait est-ce que vous n 'êtes pas fâchée je vous écoute parce que la morale a juste changé de camp finalement. Elle a tout à fait changé d 'objet mais elle n 'est pas meilleure. Elle a changé de camp elle n 'est pas meilleure et elle n 'est certainement pas plus vertueuse pour la société.
52:10On ne fait pas une société meilleure avec de la morale. L 'État n 'est pas là pour faire de la morale. Il est là pour donner un cadre, pour donner de la transparence, pour défendre les libertés, pour défendre la sécurité et avec ça, faire des citoyens capables de précisément avoir une morale qui sera celle qu 'ils constituent au fil de leur vie et qui va être respectueuse des autres. La morale est de gauche. Non, mais moi, je n 'ai pas du tout envie de rentrer dans cette logique clivante. C 'est un vrai débat, vous savez, vous sentez qu 'il oppose la société. Non, mais d 'une certaine manière, on a des autocrates aujourd 'hui qui nous imposent beaucoup de choses.
52:48On a l 'économie, on a l 'argent qui impose beaucoup de choses aujourd 'hui. Donc l 'imposition qui vient du haut et qui vient terrasser le bas et notamment les ménages les plus défavorisés, ça, ça existe comme rapport de force et comme morale qui tombe du ciel. Et donc, ce que j 'aimerais dire aujourd 'hui, c 'est plutôt une réflexion collective. Et moi, je ne vois pas ça comme une punition. Moi, je vois plutôt ça comme une vraie réflexion, comme une protection, comme une cohérence aussi, une responsabilité collective. On sait aujourd 'hui beaucoup de choses et on travaille étroitement avec les scientifiques.
53:16Et moi, je crois dans ce travail scientifique. Il me semble essentiel aujourd 'hui. Et les scientifiques, qu 'est-ce qu 'ils nous disent ? Qu 'il y a des pratiques qu 'on devrait adapter parce que simplement, on arrive à des limites. Et notamment les limites planétaires. On arrive à des limites au niveau du climat. Le réchauffement climatique est une crise qui est juste devant nous. On doit trouver des alternatives. Et par rapport à cette situation, évidemment qu 'on doit faire évoluer nos lois. Et on n 'est pas en train de parler d 'interdiction purement, mais simplement d 'un cadre légal qui accompagne ces changements.
53:45Ces changements, c 'est de l 'ordre de la responsabilité collective. Et moi, c 'est ce que j 'aimerais pouvoir travailler ensemble. D 'ailleurs, tout est loi, voter au Parlement. Tout est potentiellement référendum. La population, le peuple a toujours le dernier mot. Et donc, cette réflexion, on doit réussir à la mener avec l 'aide des scientifiques qui nous disent beaucoup de choses aujourd 'hui. on sait beaucoup de choses grâce à la transparence et c 'est dans une direction comme celle-là qu 'on doit continuer d 'avancer. Gilles Mestroupe et Tarotembella, les deux. Les Verts sont en perte de vitesse dans toute l 'Europe, malheureusement, parce qu 'ils ont favorisé une politique d 'interdiction.
54:23Absolument pas. Ils ont embêté les gens. Absolument pas. Ils les ont obligés de changer de chauffage, ils les ont obligés de changer de voiture. Ça c 'est le Conseil fédéral, M. Rushty, qui a proposé avec la loi électricité de s 'émanciper des chaudières à Mazouk. Demandez aux gens par qui ils se sentent le plus embêtés. Et c 'est pour ça qu 'ils ont perdu. C 'est dommage qu 'ils ont perdu. On continue d 'être une force politique. Mais vous avez beaucoup perdu parce que vous avez favorisé une politique de l 'interdiction. Et puis chaque fois qu 'un ver ou un vegan essaye d 'interdire la viande dans une cantine d 'université ou d 'école, ça vous fait perdre des voix énormément et ça ne sert à rien.
55:04Moi, je suis surtout pour défendre les intérêts des humains. D 'abord, vous avez parlé de lapidation. C 'était une très belle comparaison. On ne lapide plus les femmes, donc on ne va plus gaver les oies. Vous savez qu 'on lapide encore les femmes dans ce monde. J 'ai dit qu 'on lapide un peu moins. Oui, et puis on les décapite. mais est-ce que vos milieux s 'érigent et vont dans la rue pour défendre les femmes afghanes qui sont enfermées comme des oies gavées ? Alors là, on est quand même en train de croiser des sujets. On est en train de sortir du débat, si vous permettez. Cette formidable défense des animaux qui est devenue une religion dans les extrêmes et puis ça c 'est un extrême là, le foie gras.
55:54Cette formidable religion, ces gens devraient aussi s 'occuper des humains, parce que le foie gras, il n 'est pas mauvais pour la santé. Mais si vous attaquiez, par exemple, au sel nitrite dans la charcuterie, ça serait quelque chose de bien parce que c 'est cancérigène. Et puis je vois, les hôpitaux sont pleins de foie gravée d 'hommes, des alcooliques, qui font des cirrhoses. Est-ce qu 'on interdit l 'alcool pour ça ? – Faisons des campagnes. – Gilles Mestre, rapidement, j 'aimerais vraiment les laisser répondre parce que là, vous étiez allé pas avec le dos de la cuillère. – Le foie gras, quand même, est des interdits.
56:29alimentaires, c 'est pas nouveau. Si vous prenez l 'histoire de l 'alimentation, il y a des interdits religieux, on peut parler du porc, il y a des interdits socio-culturels, on peut parler du cheval chez les Anglais, il y a des interdits sanitaires, on peut parler de l 'absinthe il y a quelques décennies. Ce qui est nouveau aujourd 'hui, c 'est leur multiplication. Et c 'est aussi contre ça qu 'à titre personnel, mais comme à titre de gastro-suisse, on s 'oppose aujourd 'hui à cette multiplication. L 'absinthe, c 'est l 'inverse, c 'était interdit, maintenant c 'est autorisé. Mais attendez, il y en a d 'autres qui arrivent.
56:58Attaque contre l 'alcool, attaque contre le sucre, attaque contre la viande, attaque, je l 'ai dit, contre le poisson. Caillassage de vitrine de boucher. Initiative Veggie qui veut nous encourager à manger essentiellement des produits végétaux. Tout ça, ça vient des mêmes milieux, excusez-moi. Les milieux de la prévention et les milieux écolo. On va peut -être les laisser répondre. Les mêmes milieux. C 'est qui les milieux ? Une sorte de... C 'est Jean-Marc. Vous êtes sentivisé, je crois, à juste titre. Non, mais j 'étais clairement attaquée. Et ça, je trouve que, j 'aimerais vraiment vous le dire, ce que je viens d 'entendre est absolument inaudible.
57:32Parce que, tout simplement, parce que quand vous dites que les humains, on les oublie, c 'est justement parce qu 'on pense aux humains. Quand on se bat pour avoir une taxe sur le sucre, parce que c 'est une vraie question de santé publique. Quand on se bat... Et donc, toutes ces questions-là, non, ces questions-là, elles sont essentielles. L 'humain est au centre, naturellement. Et l 'humain, c 'est le monde du vivant. Et c 'est ce monde-là qu 'on doit réussir aujourd 'hui à protéger au mieux. et puis de travailler ensemble avec le monde du vivant. Le monde du vivant, c 'est qui ? Ce sont les animaux, ce sont les humains, mais c 'est aussi la nature.
57:59Et au fond, c 'est taire ensemble et c 'est vraiment dans cette perspective qu 'on continue de travailler et qu 'on continue de faire notre travail avec des proportions importantes. On joue notre rôle politique, on reste le troisième parti à Genève, par exemple. On compte 10 % de poids politique au niveau du Conseil national. Les Verts font partie de la solution et on va continuer, au fond, de travailler main dans la main avec la science et aussi avec les associations environnementales qui ont une expertise du terrain. Non mais vous l 'avez déjà posé la question. Vous avez déjà posé la question, Pétero Temulain, je crois que ça m 'est passé.
58:30Je pense qu 'elle a été passée. Sur la question de l 'interdit et finalement de Luc Fournier, les gens sont informés aujourd 'hui. On a vu les vidéos d 'abattoirs, on a vu les vidéos de gavage, on sait que le sucre, c 'est pas bon pour la santé, on sait que la cigarette... Et pourtant, les gens continuent à faire... Qu 'est-ce que vous en déduisez ? Est-ce que les interdictions n 'ont pas une sorte d 'aveu d 'échec, un peu désespérant sur vos semblables ? Les interdictions peuvent être utiles pour faire aboutir à une situation qui, sans elles, n 'aboutirait pas. Donc, effectivement, je crois que c 'est tout à fait des chemins qui peuvent être pris.
59:02Et puis, là, on parle d 'intérêt général des animaux, mais je pense aussi pour nos producteurs, qui subissent quand même une concurrence déloyale par ces importations. Je pense qu 'il y a plusieurs raisons qui font qu 'on peut viser une interdiction quand c 'est nécessaire. parce que justement, le consommateur généralement n 'est pas assez sensible à certains thèmes lorsque ça touche son porte-monnaie ou son plaisir gustatif. Est-ce que ce qui fait, ce sera le dernier mot, la dernière question je vous la pose, la beauté de l 'être humain, ce n 'est pas ce côté incohérent. Baudelaire disait qu 'il manque deux droits de l 'homme à la liste des droits de l 'homme, le droit de s 'en aller et celui de se contredire.
59:37Est-ce que ce n 'est pas ce qui nous rend humain précisément d 'être contradictoire, imparfait ? On peut bien sûr être contradictoire parce qu 'on l 'est, on l 'est tous un peu naturellement Mais moi, j 'ai envie de faire de la politique avec un intérêt collectif et de penser non seulement au monde du vivant, mais aussi aux générations futures. Et si on veut réfléchir dans ces conditions-là, c 'est des questions qu 'on doit se poser. Je reviens sur la question éthique parce que c 'est celle qui me semble essentielle à ce débat. C 'est des réflexions éthiques qu 'on doit partager aujourd 'hui avec l 'ensemble de la population.
1:00:05Ce sont des réflexions éthiques que nous avons tenté de mener rapidement, comme ça, dans le temps qui nous était imparti. Merci à tous. On est arrivés au bout de l 'émission, vous l 'avez compris. Je vous souhaite de bien manger à Noël, même si on va se revoir avant, avec ou sans foie gras, bien évidemment. Nous, on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau débat d 'actualité. Je ne sais pas de quoi nous parlerons. On verra bien. Tout de suite, Doc à la Une. Excellente soirée sur la RTS ou ailleurs. Bye bye.
1:00:40Sous-titrage ST' 501
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Une initiative lancée par des associations de défense des animaux veut interdire toute importation en Suisse de foie gras ou de produits issus du gavage, y compris pour les particuliers. Très largement soutenue en Suisse alémanique, l'interdiction ne coule pas du tout de source en Suisse romande, où le foie gras demeure une tradition gastronomique. Alors les Suisses allemands peuvent-ils imposer leur régime et leurs convictions aux Romands? Le bien-être animal doit-il primer sur les libertés individuelles? Et jusqu'où la morale doit-elle s'inviter dans nos assiettes? Interdire le foie gras : qui gave qui, au juste ? C'est le débat d'Infrarouge, mercredi 3 décembre.




