Iran : le compte à rebours ?

4 Feb 2026 · 49 min · 19 chapters

Ask about this episode

Ask anything about it. ChatGPT or Claude reads this page and answers with the times it was said.

Connect VO and ask about every podcast you hear, including the moments you saved. Add to ChatGPT · Add to Claude

In short

Iran’s mass repression after late-December/early-January protests (“Iran: le compte à rebours ?”), the risk of US military escalation, and the nuclear negotiations between Washington and Tehran (talks in/around Oman; deal vs war).

Guests (backgrounds)

Mitra Sorabi, Swiss lawyer in Geneva and president of the “Femmes, Vie, Liberté” committee; Taï Moural Yassi, president of the human-rights/minorities coalition “Impact Iran” (Kurdi Rani mentioned as his identity in the transcript); Clément Terme, Iran specialist and university lecturer (Paul Valéry Montpellier), author of two 2025 books; Stéphane Bussard, international journalist (Le Temps).

Key claims

Internet blackout during the massacre; tens of thousands killed and ~50,000 arrested (figures attributed to NGOs/medical sources); regime violence described as “crime against humanity” and “governance by death”; US pressure under Trump (USS Abraham Lincoln armada) while diplomacy for a nuclear deal could be a delaying tactic; sanctions hurt the population and are not enforced “correctly” by Western states.

Notable examples

bodies in Tehran morgues; a father allegedly finds his 16-year-old son shot; families denied normal burials; “dancing on children’s graves”; 2020 downing of an airliner (~180 deaths) and mass executions referenced; 2009 “Green Movement” and 2019 protests comparisons; proposed nuclear terms include transferring ~440 kg enriched uranium and a 3-year halt in enrichment.

Written by AI. May contain mistakes. Listen to the episode to check what was said.

Chapters

Tap a time to open that second in VO

Contextualizing the Crisis in Iran

0:00 to 2:04

An exploration of the violent repression in Iran and its implications.

“Les corps étaient dans des sacs mortuaires.”

The Human Toll of Repression

2:58 to 4:49

Discussion on the personal stories of victims and the impact of violence in Iran.

“Mitra Sorabi, 10 000, 20 000, 30 000, on ne sait pas, peut -être plus de morts, 50 000 arrestations, je le disais, des informations qui sortent, ça reste totalement verrouillé.”

Historical Context of Violence

4:49 to 7:18

Analysis of the ongoing repression in Iran and historical precedents.

“Mais bien sûr, mais ça, ce n 'est pas nouveau.”

Ethnic Diversity and Oppression

7:18 to 9:43

A look into Iran's ethnic minorities and their struggles against the regime.

“Le régime a historiquement la tendance de déclarer que moins de 10 % de ces crimes qu 'il commet, que ce soit des exécutions ou des manifestants tués ou des personnes décidant qu 'il fait disparaître.”

The Regime's Perception of Threat

9:43 to 14:01

Understanding how the Iranian regime perceives the actions of its citizens as a threat.

“Donc il y a eu une douzaine de milliers de civils tués et quelques centaines de milliers de personnes déplacées, y compris ma famille.”

The Regime's Control and Public Sentiment

14:01 to 16:00

Discussion on the Iranian regime's surprising control amidst dissent and public perception of existential threat.

“Et donc c 'est pour ça qu 'on n 'a pas eu non plus des défections.”

Accumulation of Revolts in Iran

16:01 to 18:21

Exploring the cumulative effect of past revolts and economic sanctions leading to current uprisings.

“des conséquences d 'une confrontation et d 'une escalade militaire.”

Impact of Sanctions and Corruption

18:22 to 21:44

Examination of how sanctions disproportionately affect the Iranian middle and working classes and the corruption within the regime.

“Je voudrais rebondir sur ce qu 'a dit Stéphane, si vous permettez.”

Iran's Potential Collapse and Internal Dynamics

21:45 to 24:24

Analysis of scenarios that could lead to the fall of the Iranian regime, including economic collapse and internal discord.

“On en a parlé dans le journal tout à l 'heure.”

US Intervention and the Future of Iran

24:25 to 28:00

Discussion on the potential for US intervention and its implications for Iran, as well as the current diplomatic efforts regarding nuclear agreements.

“Alors, l 'intervention extérieure, parlons-en pour de bon.”
Show all 19 chapters

La Répression en Iran

28:00 to 29:27

Discussion on the severe repression faced by Iranians and the consequences of potential military intervention.

“C 'est ce genre de choses qui est le day to day pour les Iraniens.”

Les Réserves sur l'Administration Trump

29:27 to 31:06

Exploration of doubts regarding Trump's approach to Iranian affairs and the implications for democracy.

“Donc aujourd 'hui, la question d 'intervention militaire n 'est pas du tout écartée.”

Interventions Militaires et leurs Conséquences

31:06 to 34:26

Debate on the potential impact of military strikes on the Iranian regime and the political landscape.

“Il faut espérer, il faut la souhaiter cette frappe américaine, avec toutes les...”

L'Opposition et les Alternatives en Iran

34:26 to 36:44

Discussion on the lack of political space for opposition within Iran and the challenges faced by dissidents.

“Et il faut se rappeler aussi que l 'armada américaine est déployée à des effets, fragilise le régime en lien avec les manifestations.”

Les Négociations Nucléaires et leurs Implications

36:44 to 39:29

Analysis of the negotiations concerning Iran's nuclear program and the historical context of these discussions.

“Dire qu 'il n 'y a pas d 'alternative en Iran, effectivement, les opposants sont en prison.”

Avenir de l'Iran et Rôle de la Diaspora

39:29 to 42:01

Speculation on Iran's future and the influence of the diaspora on national sentiment.

“le Conseil de la paix sur Gaza avec des...”

Nostalgia for the Pahlavi Era in Iran

42:01 to 43:30

Explore the reasons behind the nostalgia for the pre-revolutionary regime in Iran.

“Alors, il nous reste quelques minutes pour nous projeter dans l 'avenir, et le possible, on espère, nombreux de l 'avenir iranien.”

The Economic Downturn Post-Revolution

43:31 to 45:53

Discuss the economic decline experienced by Iranians since the revolution.

“Par exemple, les femmes iraniennes, je le dis ici avec d 'autant plus de malice que je suis français, ont voté avant les femmes suisses.”

Political Future and Concerns in Iran

45:54 to 48:32

Analyze the political landscape and the potential future scenarios for Iran.

“Pour vous, ce n 'est pas un scénario du tout.”
Hear the part that matters, and keep it.Open this episode in VO. Double tap your headphones to save a moment as you listen.
Get VO free

Transcript

Automatic transcript. May contain errors.

0:13Les corps étaient dans des sacs mortuaires. Nous avons pu voir les logos qui appartiennent au plus grand cimetière de Tehran. J 'ai annulé les pourparlers avec les dirigeants iraniens jusqu 'à la fin de ces turis insensés. Je leur ai dit, l 'aide est en route.

0:38L 'aide pour l 'Iran est en route et dans la logique de Donald Trump, cette aide porte un nom. L 'USS Abraham Lincoln et sa puissante armada. Une menace pour l 'heure silencieuse déployée dans la mer d 'Arabie après la répression la plus sanglante de l 'histoire de la République islamique. Un massacre ordonné par les Mollahs. A huit clous, toute connexion Internet coupée. 30 000 morts en deux jours à peine selon plusieurs ONG dans un pays asphyxié par les sanctions économiques. Mais depuis quelques heures, Donald Trump préfère le deal à la guerre. Washington et Téhéran ont rendez-vous pour renégocier sur le nucléaire iranien.

1:19Mais que se cache-t-il vraiment derrière cette promesse des délirants ? Le pays va-t-il un jour s 'affranchir de la terreur des Mollah ?

1:32Après la répression la plus sanglante de l 'histoire moderne en Iran, après 50 000 arrestations à ce jour, la population iranienne semble plus seule que jamais et son destin immédiat semble lui suspendu à des négociations de plus en plus hypothétiques entre Téhéran et Washington à Oman, ou pas à Oman, on verra. Après les menaces guerrières de Donald Trump, les MOLA peuvent-ils encore négocier leur survie finalement ? Est-ce qu 'au contraire l 'armade américaine va finir par ouvrir le feu ? Est-ce qu 'il faut le souhaiter ce feu américain ? Bonsoir à tous, ravi de vous retrouver en direct sur le plateau d 'Infrarouge J 'avais quatre invités ce soir pour comprendre cet événement majeur.

2:12Mitra Sorabi, bonsoir. Bonsoir. Merci mille fois d 'être avec nous. Vous êtes président du comité Femmes, Vie, Liberté. On commence à l 'aimer, ce slogan qu 'on connaît. Suisse, avocate à Genève, vous rêvez évidemment d 'un Iran libre et démocratique. On en parlera en fin d 'émission. Taï Moural Yassi, bonsoir. Merci mille fois d 'être avec nous. Kurdi Rani, un président de la coalition Impact Iran qui défend les droits de l 'homme en Iran et les droits des minorités, y compris celle dont vous êtes issu vous-même. Clément Terme, bonsoir. Bonsoir. Grand spécialiste de l 'Iran, on parlera de vos deux livres sortis en 2025, chargé de cours à l 'université Paul Valéry de Montpellier.

2:48Et Stéphane Bussard qui est avec nous, bonsoir. Journaliste comme chacun le sait évidemment à la rubrique internationale du temps. Alors, Iran, le compte à rebours, bienvenue dans Infrarouge. Mitra Sorabi, 10 000, 20 000, 30 000, on ne sait pas, peut -être plus de morts, 50 000 arrestations, je le disais, des informations qui sortent, ça reste totalement verrouillé. Vous suivez ça comme vous pouvez, minute par minute. Est-ce qu 'on a pris la mesure, j 'ai envie de commencer par ça, est-ce qu 'on a pris la mesure du degré de violence de ce qui s 'est passé là depuis un mois en Iran ? Je pense que non.

3:24Je pense que non pour plusieurs raisons. D 'abord parce que comme on le rappelait dans votre sujet, il y a eu un blackout d 'Internet total pendant le massacre qui a été commis. Vous disiez un des pires dans l 'histoire moderne de l 'Iran. Je pense qu 'on peut s 'arrêter à un des pires dans l 'histoire moderne. On est dans des dimensions qui ressemblent au pire jour des tranchées de la Première Guerre mondiale. Et je pense qu 'on n 'a pas pris cette mesure parce qu 'en fait, au moment où Internet s 'est un tout petit peu ouvert et que les images sortaient, eh bien, on a eu comme d 'habitude un détournement de l 'attention vers le nucléaire, les négociations, comme vous l 'indiquez.

3:58moi j 'aimerais juste, on l 'a vu un petit peu dans votre sujet si vous me permettez l 'Iran c 'est un pays qui avant le 28 décembre 2025 c 'était déjà plus de 50 % de la population en dessous du seuil de pauvreté plus de 50 % qui n 'a pas accès à l 'eau potable l 'électricité c 'est extrêmement compliqué pas d 'argent, il y a une inflation dingue pour mettre de la viande ou même du pain sur la table de ses enfants et c 'est dans ce contexte là que vous avez vu un père, une mère dans les morgues regarder chaque corps dans des sacs pour essayer de retrouver son fils de 16 ans. On l 'a vu au début dans votre sujet.

4:31Et puis, au moment, après avoir inspecté pendant trois jours des corps, il retrouve son fils de 16 ans criblé de balles et on lui dit, vous pouvez le récupérer, mais il faut que vous payiez des centaines, des milliers, équivalent centaines, milliers de dollars pour des gens qui n 'ont juste pas un sou pour récupérer son cadavre et pour payer aussi pour les balles qu 'il a reçues. Ce qui est un objectif classique. Ça, c 'est déjà vu. Mais bien sûr, mais ça, ce n 'est pas nouveau. Mais ce que j 'aimerais aussi dire, c 'est ensuite les enterrements. Certains n 'ont pas eu droit d 'enterrer leurs proches avec la famille.

5:01Et puis, ils en sont réduits à danser sur les tombes de leurs enfants pour contester le régime. Et quand ils rentrent chez eux, ils allument la télé, on l 'a tous vu, je crois, il y a deux jours, et ils voient une émission du régime avec un humoriste qui rit de l 'endroit où on conserve ses cadavres. C 'est ça, la République islamique. Malgré la cloche sur l 'information qui sort sur Internet, vous avez des contacts. Je suis désolé, je vous laisse Je vous sens ému. Qu 'est-ce qu 'on vous dit au téléphone ? Je crois que ce qui résume le mieux, mais je pense que les autres invités pourront prendre la parole sur ce sujet, je pense qu 'on résume le mieux, c 'est que l 'Iran, même pendant ses 47 ans d 'horreur, parce que ses 47 ans d 'horreur, il y a toujours eu de l 'humour, des sourires, de la bienveillance, de la joie, de la danse, de la musique.

5:48Aujourd 'hui en Iran, ce n 'est plus du tout comme ça, c 'est la mort partout. Thème Auréliassi. C 'est dur d 'enchaîner. Le mouvement vers en 2009, on s 'en souvient, vous vous en souvenez. Les soulèvements sociaux, disons plutôt peu ou prou, ensuite Femmes, Vies, Libertés, 2022-2023. Le soulèvement, l 'espoir, et puis la répression. Il y a cette espèce de scénario qui finit par ressembler à, je ne sais plus, j 'ai lu quelque part un algorithme, en fonctionnement presque mécanique. Est-ce qu 'on est encore dans cette configuration-là ou il y a quelque chose de différent cette fois qui est en train de se passer ?

6:27Tout d 'abord, une pensée profonde pour les familles des manifestants tuées par le régime des Mullah. Tout d 'abord, ce qui se passait en particulier le 9 au 11 janvier au Iran, c 'était un massacre sanglant, c 'est un crime contre l 'humanité perpétrées par un régime illégitime qui n 'a aucune morale éthique et qui ne respecte aucune loi, ni le droit international, ni les lois et les droits inscrits dans les conditions iraniennes. Malheureusement, les répressions ne sont pas nouvelles en Iran. Nous documentons depuis plusieurs décennies tous ces crimes commis par le régime. Le régime a historiquement la tendance de déclarer que moins de 10 % de ces crimes qu 'il commet, que ce soit des exécutions ou des manifestants tués ou des personnes décidant qu 'il fait disparaître.

7:35Donc, il donne le moindre désinformation publique et publiée. Et puis, en Iran, les femmes et les minorités, surtout les minorités ethniques, kurdes et balouches, sont persécutées, comme on l 'a vu lors du dernier rapport de la commission d 'enquête sur l 'Iran, qui rapporte clairement que les femmes et les minorités ethniques kurdes et balouches sont victimes de crimes contre l 'humanité en Iran. Qui sont des minorités, juste, importantes, les Perses, les Farsis, c 'est 65 % de la population, 60-65, les Kurdes dont vous êtes environ 10%, les balouches un peu moins, ça fait du monde sur une population de 92 millions d 'habitants.

8:24L 'Iran, ce n 'est vraiment pas un pays homogène comme perçu ici. C 'est un pays immense, vaste, 40 fois la taille de la Suisse, avec 92 millions d 'habitants. Et il est composé au moins de six groupes ethniques principaux, qui sont des Perses, Kurdes, Balouches, Azari, Turkmen et Oasis Arabes. Et puis, depuis 2003, l 'ONU demande à l 'Iran d 'entreprendre un recensement, de ces minorités sur la base d 'ethnicité ou religieux. L 'Iran refuse le faire. Selon l 'ancien ministre de l 'Éducation iranienne, 73 % des enfants qui commencent l 'école ne parlent pas le farsi. C 'est absolument difficile de dire quelle minorité est la plus importante.

9:19On peut dire que les Azali sont 17 millions, les Kurdes sont entre 12 et 13 millions. les Arabes 5 millions les Turkmen 4 millions les Baluches 6 millions on ne sait vraiment pas c 'est difficile comme le régime refuse de produire un recensement c 'est difficile de dire quel pourcentage c 'est quoi la situation aujourd 'hui quand on n 'est pas autour du bas à Téhéran, au centre-ville de Téhéran c 'est quoi la situation aujourd 'hui pour tous les gens dont vous êtes en train de nous parler cette violence qu 'on vit actuellement dans des grandes villes centrales, habitées essentiellement par les populations perses, comme Tehran, Qummajad, Shiraz, Esfahan, ces violences qu 'on vit actuellement, pour des femmes, des minorités ethniques, ce n 'est pas nouvel, en fait.

10:17Juste l 'exemple, quand Aitla Khomeini est revenu en Iran accompagné par les Européens à l 'époque, 79 pour faire un bloc contre les Soviétiques Aitla Khomeini a fait un référendum en demandant aux Iraniens est-ce qu 'ils voulaient un régime monarchique qu 'ils venaient de renverser ou est-ce qu 'ils voulaient un régime islamique le peuple kurde à l 'époque ils sont rejetés les deux et donc le 19 août 79 avec la Roumanie, il a déclaré une guerre sainte contre les Kurdes. Donc il y a eu une douzaine de milliers de civils tués et quelques centaines de milliers de personnes déplacées, y compris ma famille.

10:59Et puis, il faut aussi dire ce qui se passe actuellement. Au moins, 30 000 personnes sont tuées selon les sources médicales que dans le passé, qui ont accès aux morts, aux blessés, aux hôpitaux, à verrer juste leur estimation. Et ces 30 000 personnes tuées en Iran dans un silence total, surtout par les pays musulmans voisins comme la Turquie, l 'Irak, le Pakistan, l 'Arabie Saoudite et le Qatar, qui se présentent comme des peuples frères et amis du peuple iranien. On va parler évidemment de tout ça et du rôle notamment des pays voisins dans la suite des événements. Clément Terme, je continue ce premier long tour de table, mais c 'est important de prendre le temps.

11:51L 'ampleur des massacres, je vous ai lu, vous avez insisté là-dessus. C 'est horrible, en fait, l 'arithmétique mortuaire, mais ça n 'a pas grand-chose à voir en termes de volume avec l 'ampleur de la répression de Femmes-Vie-Libertés il y a trois ans. Est-ce que ce changement de degré est aussi un changement de nature dans la violence du régime ? Et qu 'est-ce que ça nous dit sur le régime, qui soit à ce point-là tombé dans une violence inouïe. Oui, tout à fait, vous avez raison de mentionner la comparaison avec le mouvement Femmes-Vie-Liberté, puisqu 'il y avait eu, à l 'époque, selon la mission d 'établissement des faits des Nations Unies, qui avait été d 'ailleurs nommé après ces massacres déjà, il y avait eu 550 morts.

12:33Par contre, ça ressemble à ce qui s 'est passé en 2019, les manifestations du mois de novembre 2019, il y avait eu 1500 morts selon Reuters à l 'époque, et on retrouve déjà l 'utilisation d 'armes de guerre, non pas en contexte urbain comme cette fois, mais dans les marées des régions arabes de l 'Iran. Donc ça, c 'est pour la comparaison sur le niveau de répression. Mais cette répression existe en permanence, il faut le rappeler quand même, dans les centres de détention, dans les prisons. Donc même dans les périodes qui sont perçues comme calmes en Occident, où on ne parle pas de la répression en Iran, il y a la peine de mort qui est utilisée, plus de 2000 personnes exécutées l 'année dernière, donc une augmentation aussi continue depuis le mouvement Femmes-Vie-Liberté, ce qu 'on appelle la gouvernance par la mort.

13:16Mais malgré cela, malgré cette pression qui s 'est intensifiée, le régime a perçu une menace existentielle, d 'où le recours aux armes de guerre en contexte urbain, avec des tirs sur des civils désarmés, parce qu 'ils avaient peur que le point de bascule, ce qu 'on appelle le point de bascule en sociologie, soit arrivé, c 'est -à-dire le moment où la masse et la connexion avec l 'étranger, c 'est -à-dire le rôle du prince héritier, qui est nouveau cette fois, Reza Parlavi, qui a appelé, qui a amplifié les manifestations, donc qui a joué un rôle, a cru, si vous voulez, la perception d 'une menace existentielle par les structures de répression de la République islamique.

13:51Et donc, ils ont inscrit, si vous voulez, cette répression comme le 13e jour de la guerre de 12 jours contre Israël. Donc pour eux, c 'est un front intérieur dans la guerre qu 'ils mènent face à l 'extérieur. Et donc c 'est pour ça qu 'on n 'a pas eu non plus des défections. On aurait pu s 'attendre dans l 'appareil de sécurité à des refus d 'obtempérer, à une loyauté qui s 'effiloche. On a des difficultés de recrutement dans l 'armée, dans les gardiens de la Révolution, des policiers qui sont réticents à aller travailler, mais le contrôle est resté quand même pour l 'appareil de sécurité. Donc c 'est ça la surprise aussi.

14:23C 'est -à-dire l 'obéissance, le fait que l 'appareil de sécurité ait accepté d 'obéir à ces ordres-là. Mais ça s 'explique par cette rhétorique, cette propagande. Je retiens, c 'est-il que le régime a senti cette fois la menace ? J 'ai dit cette fois parce que j 'ai cru comprendre que cette fois, il la sent peut -être différemment ou peut -être de plus en plus. C 'est -à-dire que la menace existentielle venant de sa propre population, elle est perçue de manière de plus en plus crédible par le régime lui-même. Oui, parce que les régimes autoritaires comprennent leur opinion publique. Contrairement à ce qu 'on pense, ils ont des capteurs.

14:53Ils ont une capacité à anticiper ce qu 'ils perçoivent, eux, comme un danger, ce qui constitue un espoir pour les manifestants, c 'est -à-dire être libérés. Donc, selon le point de vue que l 'on adopte, la perspective est différente. Donc l 'ampleur des manifestations s 'explique par l 'espoir, c 'est -à-dire inédit du point de vue des manifestants, d 'un changement avec un soutien extérieur, parce qu 'il y a l 'armada américaine, on va en parler. Donc le contexte est différent, il n 'y a pas l 'administration Biden au pouvoir comme en 2022-2023, cette fois c 'est l 'administration Trump qui exerce la pression maximale.

15:22Donc le contexte du côté des manifestants était perçu comme favorable et du côté du régime, il y a vraiment cette volonté de tuer qui est suicidaire, c 'est ça qu 'il faut comprendre, c 'est -à-dire qu 'il n 'y aura pas de retour en arrière. C 'est le plus grand massacre dans l 'histoire contemporaine de l 'Iran depuis la fin du XVIIIe siècle. Mais il faut bien comprendre que cet acte-là ne permettra pas à la République islamique de survivre sur sa forme actuelle. Donc c 'est à la fois un acte de survie, mais un suicide politique. Et donc il faut le comprendre aussi dans le contexte des tensions régionales, parce qu 'un régime qui est capable de se suicider face à sa propre population peut avoir aussi un impact sur la région.

15:57Et faire craindre le pire... Aux pays voisins. Et donc il s 'inquiète. des conséquences d 'une confrontation et d 'une escalade militaire. Stéphane Bussard, c 'est vous qui avez la parole en dernier, sur le caractère différent. J 'ai envie de dire, chaque fois, on a envie d 'y croire. Est-ce que cette fois, c 'est la bonne ? Ce qu 'on a constaté, premièrement, j 'aimerais dire qu 'on ne peut être que très touché en tant que non-Iranien par les témoignages qu 'on en parle. On l 'a senti en début d 'émission, c 'était… Absolument, donc c 'est très fort. Alors, ce qu 'on constate dans cette nouvelle révolte qui a eu lieu fin décembre, au mois de janvier, c 'est que c 'est une accumulation de révoltes, en fait.

16:38C 'est toutes les révoltes passées qui, finalement, se sont accumulées au sein de la population iranienne, qui en a absolument ras-le-bol. Et du coup, ça, c 'est une spécificité. Parce que là, je crois qu 'il y a eu le mouvement Femmes, Vie, Liberté qui a déjà libéré les peurs de la population. Et là, du coup, ils y sont allés et ils sont tombés effectivement sur l 'appareil répressif absolument massif du régime. Maintenant, ce qu 'il y a aussi évident dans les causes de cette révolte, c 'est quand on parle de sanctions. Alors les sanctions, elles sont ciblées peut -être contre les hauts responsables du régime.

17:18Elles peuvent avoir un effet intéressant. Cela dit, les sanctions qui ont été appliquées, qui ont subi principalement les conséquences ? C 'est la classe moyenne, c 'est les classes laborieuses. Et effectivement, comme le disait Mitra, la situation économique en Iran est absolument catastrophique. Et donc, voir en plus ces libertés complètement réprimées, et voir un régime avec les gardiens de la révolution qui sont corrompus, qui ont bénéficié, eux, du régime des sanctions pour se faire de l 'argent. On sait d 'ailleurs qu 'il y a plusieurs fils de gardiens de la Révolution qui ont des comptes peut -être même en Suisse et qui ont même des fortunes immobilières assez importantes.

18:02– Et des vies très occidentales dans des lieux très occidentaux. – Voilà, et tout ça passe très très mal. Et je dirais que voilà, c 'est une société, la société iranienne, qui est une société moderne, qui est très connectée, quand il n 'y a pas de blackout, très connecté à l 'extérieur. Et donc, effectivement, vivre ce qu 'ils vivent aujourd 'hui est absolument terrible. J 'aimerais rester deux ans. Oui, Mitra Tsarabi. Je voudrais rebondir sur ce qu 'a dit Stéphane, si vous permettez. Vraiment 30 secondes. Je dirais sur les sanctions, c 'est vrai ce que vous dites, mais en même temps, c 'est assez cocasse de voir sur les plateaux télé, notamment dans le monde francophone, nous dire « Ah, mais attendez, il y a le droit international, il faut faire attention à tout.

18:40» La réalité, c 'est que ces sanctions, alors effectivement elles ne sont pas assez ciblées mais surtout elles ne sont pas exécutées correctement. Parce qu 'en fait si les pays occidentaux appliquaient le droit international correctement dont les sanctions font partie, il n 'y aurait pas les enfants déjà sanctionnés ici, il n 'y aurait pas des comptes bancaires. Donc le problème pour moi ce n 'est pas les sanctions en tant que telles qui effectivement font souffrir la population, alors ça c 'est bien évident, mais si ces sanctions avaient été exécutées correctement, les enfants qui sont en train de se la couler douce en Occident auraient été en Iran pendant le soulèvement de 2026, Et là, en termes de défection, on est peut -être dans une mentalité différente chez les Paz Daran et les Basidji.

19:17Gardiens de la Révolution. Oui, pardon. Et les proxys, on va dire. Les bras armés, ceux qui tirent dans la rue. Voilà, les milices. Un dernier mot, j 'aimerais qu 'on parle d 'avenir et de ce qui va se passer, mais c 'est important juste de comprendre ce qui s 'est noué. Taïmour Aliassi, juste le fait que ça soit né dans le bazar, le soulèvement cette fois, contrairement au mouvement Femmes Libertés, qui ne vient pas du même endroit. Bazar qui est quand même le lieu qui a facilité l 'arrivée de la révolution islamique. Est-ce que ça dit quelque chose aussi sur la nature différente, j 'insiste, de ce qui est en train de se passer ou pas ?

19:56C 'est vraiment déterminant. Les bazaris aussi, ils avaient un... Bazar est détenu en fait par l 'appareil du régime, par les milieux fortunés. Et même en 1979, ils jouaient un rôle vraiment déterminant dans la chute de l 'ancienne dictature en Iran. Et leur participation à ces manifestations a aussi joué un rôle très important. Mais juste une explication sur pourquoi le régime était tellement violent cette fois-ci, comparé avec 2022, le mouvement Famille Liberté. En 2022, le régime avait encore une grande capacité de nuisance. Il avait encore ce relais, ce milice de proxy. Et il était encore sûr de sa capacité de gérer, de rester au pouvoir.

20:50Mais là, avec l 'échec cuisant qu 'il a subi, avec toutes les humiliations qui étaient infligées au régime durant la guerre de 12 jours en juin l 'année dernière, et puis là c 'est vraiment une question de survie d 'être ou pas être de régime et ça aussi ça explique l 'intensité de la répression et de la violence et puis ce qui fait que le régime est prêt à tuer en toute impunité, moi aussi il est prêt à faire un deal même avec le grand Satan qui a tué tous ces généreux Je vais faire une lente transition vers la question de l 'intervention américaine et des interventions tout court avec vous Clémentaire, avec juste cette question est-ce que l 'Iran, la population oranienne a une chance de s 'en sortir toute seule en gros ?

21:38Alors, la difficulté de cette question elle est liée à cause de la chute potentielle c 'est -à-dire il faut d 'abord s 'interroger sur quels scénarios peuvent nous amener à la fin de la République islamique, donc il y a d 'abord l 'effondrement économique, c 'est -à-dire la loyauté dont j 'ai parlé par exemple de la majorité de l 'appareil de sécurité, même s 'il y a eu des défections c 'est pas négligeable du point de vue du régime, c 'est inédit aussi à l 'échelle du régime. On en a parlé dans le journal tout à l 'heure. Donc il y en a eu, mais pour dire que si l 'effondrement économique s 'accélère, on verra que même les clientèles du régime risquent de se détacher.

22:12Donc là, il pourrait y avoir aussi dans un contexte où les ressources se restreignent, une difficulté à maintenir la terreur et l 'ordre par la force. Donc ça, c 'est un premier défi pour le régime pour survivre. Le deuxième, c 'est la cohérence interne, c 'est -à-dire qu 'il peut y avoir aussi, à un moment donné, à l 'intérieur du système. Quand le guide est là, c 'est difficile, mais si le guide est éliminé, par exemple, par une intervention extérieure, c 'est un des sujets qui est évoqué de manière récurrente depuis la guerre des 12 jours de juin 2025, est-ce qu 'il faut toucher le chef de l 'État ou pas ?

22:41Et de manière encore plus pointue depuis l 'épisode Maduro au Venezuela. Voilà, on applique le modèle vénézuélien au cas iranien, même s 'il y a des différences, mais c 'est les modes d 'action de l 'administration Trump. Donc ce scénario est évoqué. Donc là, il y aurait aussi une possibilité de division interne dans laquelle les manifestants pourraient s 'engouffrer. Mais tant que les armes sont du côté du régime et l 'argent du pétrole sera très difficile. Un des scénarios qui est évoqué, à part la force armée, c 'est le blocus maritime, qui serait considéré comme un acte de guerre par la République islamique, qui à ce moment-là viserait aussi les infrastructures énergétiques de la région, donc considérée comme une agression militaire.

23:16Que les Américains sont probablement en train de protéger à l 'heure où nous parlons. Exactement, donc il faut prendre aussi avec distance ces menaces du régime, qui exagèrent effectivement sa capacité d 'utilisance à l 'extérieur, même s 'ils ont montré qu 'à l 'intérieur ils avaient quand même des tendances suicidaires donc il faut quand même à la fois prendre au sérieux leurs déclarations et ne pas tomber dans la propagande du régime qui vise à faire croire à Trump qu 'il ne peut pas intervenir donc il y a aussi une guerre de l 'information mais en tout cas c 'est vrai que à part ces scénarios-là d 'effondrement économique tant qu 'ils ont le monopole de la force et que les institutions restent cohérentes et qu 'ils peuvent toujours exporter le pétrole les Iraniens tout seuls, sans armes ce sera extrêmement difficile mais encore une fois, ils sont au point le plus faible, ça a été mentionné, l 'affaiblissement du réseau régional, ils dépendent principalement des missiles maintenant, de la force aérospatiale des gardiens de la Révolution, leur dissuasion face à une intervention est vraiment basée sur les drones et les missiles, donc c 'est quand même une dissuasion qui est beaucoup plus limitée que ce qu 'ils avaient pu construire depuis 2003 et l 'émergence de ce qu 'ils appellent l 'axe de la résistance.

24:23Donc ils sont au point le plus faible de ces deux dernières décennies. Alors, l 'intervention extérieure, parlons-en pour de bon. Après les menaces contre les menaces, et puis le ton musclé, la perspective d 'un accord s 'est dessinée. Aujourd 'hui, c 'est de plus en plus flou. Enfin bref, focus de Christophe Sirot.

24:49En mer d 'Arabie, autour du vaisseau amiral USS Abraham Lincoln, une puissante armada en ordre de bataille avec un objectif, maintenir la pression sur le régime iranien et le guide suprême de répondre à la menace par la menace. Les Américains doivent être conscients que s 'ils déclenchent une guerre cette fois-ci, Ce sera une guerre régionale. Autrement dit, l 'Iran pourrait frapper l 'ennemi juré Israël, allié des Américains, ou actionner ses proxys des milices armées au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen. Mais depuis quelques jours, l 'escalade s 'est ralentie. L 'heure est désormais à la diplomatie, suivant le grand principe de Donald Trump, un deal ou une guerre.

25:36En ce moment même, nous discutons avec l 'Iran d 'un accord. Ce serait bien. Sinon, probablement que de mauvaises choses vont se produire. Les deux grands ennemis ont rendez-vous vendredi à Oman autour du dossier nucléaire iranien, élément clé de ce deal. De lui dépend l 'allègement des sanctions économiques américaines contre l 'Iran. Donald Trump semble vouloir forcer les mollas à accepter un accord à ces conditions, une dénucléarisation totale vérifiable en tout temps par l 'Agence internationale de l 'énergie atomique et que le stock d 'uranium enrichi désormais à des seuils proches de ceux nécessaires pour produire des bombes soient transférés vers un autre pays.

26:19Arraché par la force, cet accord est-ce le meilleur scénario pour l 'avenir de l 'Iran ? Et à défaut, à quoi vont ressembler ces mauvaises choses que Donald Trump prédit aux Iraniens ? Mikra Sorabi, en Iran, dans quelle mesure on se sent un peu trahi par la séquence actuelle ? Donald Trump qui nous dit « help is coming », l 'aide arrive, et puis maintenant on se dirige vers un éventuel accord. Je ne tirerais pas le mot « trahi », je dirais « lâcher » en réalité, parce que c 'est ça, j 'entends. Je crois qu 'il faut quand même rappeler aux téléspectateurs ce qu 'est ce régime. Alors on a peu de temps, donc on n 'arrivera pas à passer sur ce régime.

Read the full transcript

26:56On s 'est fait une petite idée quand même dans le premier chapitre. Mais si vous voulez, on parle quand même, peut -être rappelons des choses un peu plus anciennes. C 'est un régime qui exécute depuis 2010, et je laisserai vos téléspectateurs faire le calcul, minimum 500 personnes par an et les dernières années ça s 'est accéléré Clément rappelait 2000 exécutions en 2025 plus de 1000 l 'année précédente c 'est un régime qui a abattu un avion de ligne en 2020 avec je crois 180 personnes à bord qui sont toutes mortes c 'est un régime qui a empoisonné des écoles pour filles après Femmes, Vie, Liberté et c 'est un régime qui massacre sa population et donc en fait qu 'est-ce qu 'on dit à ces gens c 'est que cette république islamique je m 'excuse mais elle peut faire ce qu 'elle veut et il n 'y a pas de conséquences Moi, je suis choquée, peinée, émue, je n 'ai pas de mots par rapport à ce qui s 'est passé, mais je ne suis pas étonnée.

27:42Je veux dire, cette violence comme ça... Et puis, attendez, il y a le bilan différé, comme le rappelait Clément, parce qu 'à chaque fois, il y a une manifestation, le monde s 'y intéresse, on dit c 'est atroce, on condamne mollement, après, on passe sur un autre sujet, Groenland, Ukraine ou autre, on les oublie. Puis pendant ce moment-là, la machine, elle est à fond, c 'est -à-dire qu 'elle exécute... C 'est le pire moment de la répression. Je veux dire, juste avant les manifestations, un mois avant les manifestations, il y a un avocat à Téhéran qui défend des activistes de droit de l 'homme qui a été retrouvé avec une balle entre les deux yeux, mort sur son bureau.

28:15On n 'en a pas entendu parler. C 'est ce genre de choses qui est le day to day pour les Iraniens. Donc bien sûr qu 'ils se sentent lâchés. Et ce que je trouve vraiment dommage, c 'est que les Iraniens vont ressortir dans la rue parce qu 'en réalité, ils n 'ont pas d 'autre choix. donc le problème c 'est que s 'il ne se passe rien la fois d 'après il y aura 60 000 personnes qui vont être massacrées dans les rues moi c 'est ça qui me fait peur la perspective là de frappe américaine, du feu américain de cette armada déployée elle est écartée, it's off the table on sait que là maintenant il y a peut -être des discussions vendredi à Oman ça c 'est en tout cas les Iraniens qui le vendent Marco Rubio, le skater d 'état américain a dit qu 'il était prêt à discuter – Oui, mais il a dit, j 'aimerais peut -être parler quand même aussi de la répression, évidemment qu 'ils ne veulent pas parler de la répression, ce n 'est pas fait cette histoire-là.

29:02– Ils n 'ont pas le même programme, c 'est -à-dire qu 'il y a un cadre de discussion qui a été mis sur la table par les Égyptiens, les Qataris et les Turcs, où il faut, en gros, l 'Iran devrait ne pas enrichir l 'uranium pendant trois ans, transférer les 440 kilos d 'uranium enrichi vers un pays étranger, et puis ne pas recourir aux missiles balistiques et à armer les proxys, comme on l 'a vu dans le reportage. Donc aujourd 'hui, la question d 'intervention militaire n 'est pas du tout écartée. Maintenant, et j 'entends bien ce que dit Mitra, effectivement que le peuple iranien se sent un peu lâché par l 'administration Trump.

29:41Personnellement, j 'ai aussi quelques réserves par rapport à l 'administration Trump parce que je connais le personnage depuis 2015. et ce personnage, soyons très clairs, il n 'a pas instauré la démocratie au Venezuela où il deal maintenant avec une dictature ad intérim, donc Delcia Grodiguez. Et puis, je ne suis pas sûr qu 'il se soucie du sort des Iraniens. Et pour moi, ce qui m 'inquiète beaucoup, c 'est la manière dont l 'administration Trump risque d 'intervenir. C 'est -à-dire que moi, je doute qu 'il y ait un plan d 'après, d 'ailleurs, après l 'intervention. et j 'ai plutôt l 'impression que jusqu 'à maintenant, les négociations qu 'il serait prêt à mener avec les Iraniens, c 'est une mesure dilatoire parce qu 'effectivement, il craint de s 'enliser dans le...

30:28Maintenant, encore une fois, je comprends complètement l 'attente des Iraniens sur place, mais Donald Trump, voilà, il a des expédiants, il veut essayer d 'instaurer la paix, mais je vous rappelle qu 'il y a quand même quelque chose de choquant, c 'est qu 'aujourd 'hui, on est en train de négocier, ils seront peut -être en train de négocier sur l 'enrichissement d 'uranium, sur les missiles balistiques. C 'est toute une discussion qu 'on avait en 2014, avant la conclusion de l 'accord sur le nucléaire iranien. Et donc aujourd 'hui, on se dit, mais est-ce qu 'on a avancé ou pas ? Et je suis désolé, moi, personnellement, là, je pense que…

31:05– Vous n 'avez pas envie de croire Trump comme la carte du sauveur, quoi. – Disons que moi, ce qui m 'aurait plutôt convenu, c 'est que Trump essaye de construire une coalition avec les Européens, parce que c 'est vrai que les Européens sont absents dans cette discussion, et à mon avis c 'est là que s 'il avait essayé de construire une coalition, ça aurait peut -être eu un impact totalement différent sur la manière de mener des frappes ou de mettre le régime à terre, mais le problème c 'est que Donald Trump et le mot coalition sont des termes antinomiques. Il faut espérer, il faut la souhaiter cette frappe américaine, avec toutes les...

31:45Personnellement, je ne suis vraiment pas convaincu qu 'une intervention d 'une puissance étrangère, ça va aboutir en Iran, en démocratie, en système laïque, démocratique fédéral, en Iran. Non, mais sans croire que ça va régler tous les problèmes, est-ce qu 'au moins maintenant, est-ce qu 'il faut souhaiter que quelqu 'un frappe militairement les mollahs et leurs intérêts ? Non, moi, je ne pense pas. L 'année passée, on a attaqué l 'Iran et tout ce qu 'on a attaqué, en fait, c 'était plus les centres d 'enrichement nucléaire, c 'était le lanceur des sites missiles et quelques attaques semblues sur la chaîne iranienne, mais ils n 'ont jamais attaqué les bases militaires des gardiens de la Réunion au Kurdistan, au Bélgistan ou à Tannin ou ailleurs.

32:30Donc, il n 'y avait pas une volonté vraiment de changement de régime. Et moi, je ne suis pas convaincu avec la politique d 'administration américaine, parce qu 'ils ont leurs propres intérêts et les gens d 'ailleurs, le régime, son intérêt, c 'est de rester au pouvoir. Et les intérêts des peuples iraniens, ça diverge entièrement avec le pouvoir iranien ou international. Donc, nous, moi, je pense, le maintien au pouvoir du régime islamique, c 'est avant tout parce que c 'est pas parce que c 'est un régime très fort, mais c 'est parce qu 'il n 'y a pas une position unifiée, forte, une alternative pour remplacer à l 'intérieur.

33:14C 'est pour cela que nous, ce qu 'on vaut, en fait, c 'est appeler d 'abord les Iraniens, tous les peuples, de se mettre ensemble sur un projet, un programme, et puis demander par la suite un soutien international de la communauté internationale qui les accompagne dans ce processus vers une forme de démocratie en Iran. Et on repart, si je peux me permettre, un changement de régime uniquement par les bombes, personnellement je n 'y crois pas. C 'est la question que j 'avais posée, en la prolongeant, est-ce que par hypothèse des frappes américaines auraient une influence sur la santé du régime ?

33:52Et puis, répondons à cette question, je ne vais pas en mettre deux dans la même. Non, mais de toute façon, des éléments ont déjà été apportés qui nourrissent le débat. En fait, on parlait, quand il a annulé la première décision de frapper mi-janvier, donc il y a un peu plus de deux semaines, le président Trump l 'a fait, non pas parce qu 'il a trahi sa promesse, mais simplement le dispositif militaire ne le permettait pas par rapport à l 'objectif politique qu 'il voulait atteindre. Et à l 'époque, le débat, vous vous rappelez, c 'était il faut aider les manifestants qui sont descendus dans la rue et accompagner le mouvement.

34:24Aujourd 'hui, le débat est différent. Et il faut se rappeler aussi que l 'armada américaine est déployée à des effets, fragilise le régime en lien avec les manifestations. Donc le président Trump n 'a pas rien fait. il a déployé une armada, il faut se rappeler que le président Biden lui n 'avait rien fait et cherchait à rien faire, et son prédécesseur Obama également, et il l 'a regretté d 'ailleurs par rapport à 2009, par rapport au mouvement vert dans ses mémoires il a dit c 'est la pire décision de ma carrière politique il a dit aussi dans des interviews il a dit quand il y a un élan de liberté il faut soutenir, donc le président Trump n 'a pas pris les mêmes décisions que ses prédécesseurs il a déployé une armada en lien avec les manifestations, donc là c 'est vrai qu 'il a élargi le sujet, le débat parce que ça pose des questions de guerre régionale.

35:05C 'est le guide suprême aussi à l 'Iramenei qui a élargi le sujet en menaçant d 'une guerre régionale. Donc il s 'est adapté. Mais les Européens, est-ce qu 'ils pourraient participer à une coalition ? Il faut d 'abord remarquer que les Européens ont des difficultés à faire libérer leurs propres otages. Il y a 139 étrangers selon les sources iraniennes et au moins 6 qui ont été déclarés par les sources officielles iraniennes qui ont été arrêtées aussi de nouveau dans le cadre de ces manifestations. Donc la diplomatie des otages continue pendant ce temps. Et donc ça c 'est une vulnérabilité pour les États occidentaux par rapport à leur opinion publique.

35:34Donc on est dans une difficulté aussi à prendre des bonnes décisions. Maintenant, on parle de frappes pour déclencher des manifestations. Donc le débat a changé. Est-ce que des frappes, par exemple l 'élimination du guide Ali Ramenei, provoquerait un choc sur le système politique ? Et ça, on ne le sait pas. Parce qu 'il y aurait effectivement des bombardements massifs qu 'évoquent les collègues ici. Il faudrait des relais sur place. Il y aurait des conséquences humanitaires. Alors le relais, pour la première fois, il y a un leader, quand même, qui est soutenu par une minorité, certes en Iran, mais qui est le premier.

36:01donc personne ne le conteste. Si on regarde le niveau de popularité des télévisions en exil, en persan, et l 'adhésion des Iraniens à ce discours-là, c 'est un discours qui est proche de celui de Reza par la vie. Bien sûr qu 'il y a des particularismes, les Kurdes par exemple ont toujours été spécifiques dans l 'histoire contemporaine, ils ont une identité qui est propre, mais il y a aussi une richesse, une diversité, le bilinguisme, le fait de parler kurdes et persans, donc la diversité ethnique du pays est perçue souvent comme une vulnérabilité, quelque chose de négatif, mais c 'est quelque chose qui est extrêmement positif.

36:34Également, et le dernier point, c 'est de dire que malgré ces divisions d 'opposition, il n 'y a pas d 'espace politique à l 'intérieur de la République islamique pour qu 'une opposition émerge. Donc c 'est un faux débat. Dire qu 'il n 'y a pas d 'alternative en Iran, effectivement, les opposants sont en prison. Il n 'y a pas d 'alternative parce que l 'espace politique n 'existe pas. Il y en aura eu le jour où l 'espace politique existe. Ils nous sont présentés par Marco Rubio aussi, donc il faut s 'y intéresser. Parce que lui, la seule fois où il a mentionné l 'après, il a dit il faudrait quelqu 'un à l 'intérieur de l 'État donc ça serait suivant le modèle du Venezuela et on pense pas les chercheurs qui ont travaillé sur la République islamique qu 'il y a une véritable diversité pour le coup à l 'intérieur de l 'État, autant la société iranienne est diverse, autant la République islamique a fait des purges successives qui ont éliminé toute réelle dissidence à l 'intérieur du pays de l 'État.

37:20Si je puis me permettre juste parce que c 'est très important ce que Clément a rappelé en 2009 Omaba il a dit c 'est un des plus gros regrets de mon mandat, c 'est de ne pas avoir soutenu activement le mouvement vert. Donc ils y sont pas allés, par des bombes ou autre chose, on peut en débattre. Qu 'est-ce qui s 'est passé depuis 2009 ? Des milliers de morts en Iran, la déstabilisation de la région par tous les proxys, ces espèces de négociations chaque X années qu 'on nous vend comme si c 'était un espoir réel. Il n 'y a rien qui s 'est passé correctement dans les 17 dernières années. Est-ce qu 'on veut recréer ça ?

37:52Et autre chose, on en est là à cause des Européens et des Américains. Parce que si ces gens-là, administration diverse et variée par ailleurs depuis lors, avaient raisonné de manière cohérente sur l 'Iran, vous savez, Ali Khamenei l 'adduit lui-même à M. Zahif, qui était le négociateur pour le JCPOA, l 'accord sur le nucléaire. Zahif va lui dire « Les Américains, ils ne veulent pas une chute de régime, ils veulent un changement de notre attitude. » Khamenei lui a répondu « Un changement de notre attitude, c 'est la chute du régime. » Ces gens-là, on ne peut pas discuter avec eux. Ils ne vont pas céder un millimètre de terrain sur les choses qui importent aux Iraniens.

38:26Et Stéphane parlait de ce qui est choquant. Moi, ce que je trouve choquant, c 'est qu 'il y a 35 000 gens qui sont morts, 350 000 blessés, X milliers d 'arrestations et on lui dit on va faire des négociations sur le nucléaire et le balistique. Mais ces gens s 'en fichent complètement. C 'est ma question. C 'est exactement le fonctionnement du régime. Est-ce que par hypothèse, si on prolonge... Mais ils comptent sur les erreurs des Occidentaux depuis toutes ces années et les Occidentaux font erreur sur erreur. Ils ne sont pas spécialement malins. il regarde ce que sont les erreurs et il joue dedans.

38:57Est-ce qu 'un accord hypothétique sur le nucléaire entre Téhéran et Washington qui interviendrait dans les jours à venir ne serait pas le pire des scénarios pour la population iranienne ? Sans doute, parce que c 'est encore une mesure dilatoire du régime qui, effectivement, sent bien la pression de la diplomatie de la canonnière américaine. Mais d 'un autre côté, je trouve qu 'on est dans une situation assez dramatique quand on pense qu 'on doit dépendre aujourd 'hui de Donald Trump. Donald Trump qui est en train de... qui a créé, qui veut créer le Conseil de la paix sur Gaza avec des... On a toujours des produits du président des États-Unis.

39:35Il a dit qu 'il allait résoudre le problème de l 'Ukraine en 24 heures, il n 'y a rien qui se fait et aujourd 'hui on attend que Donald Trump nous résolve le problème de la République asocianique qui a un régime depuis 47 ans qui est absolument horrible mais voilà, c 'est dramatique et moi je souhaiterais qu 'il y ait effectivement un effort un peu plus collectif pour pouvoir effectivement prendre des mesures face au régime iranien, mais là, on n 'en est pas là. Est-ce que effort collectif, est-ce que Taïm Mouraliassi, est-ce que l 'intervention extérieure, ça veut forcément dire des frappes américaines ou on peut imaginer les Européens, on parle des Européens, où sont les Européens ?

40:13On se demande toujours d 'ailleurs, dans tous les dossiers, où sont les Européens ? Ils s 'obstinent à jamais être là où on les attend. Mais est-ce que... Alors, ils ont inscrit les gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes. Ok, c 'était demandé depuis longtemps. Est-ce qu 'ils peuvent aller plus loin ? Est-ce qu 'une pression des sanctions ciblées, comme dont parlait M. Strauss-Arabi, est-ce que ça, ça aussi, ça peut être une intervention extérieure qui fait tomber le régime, ou c 'est juste USS Abraham Lincoln ou rien ? Non, d 'abord, un mot sur l 'opposition iranienne que M.

40:44Theram a mentionné, en fait. Donc, l 'Iran, comme je l 'ai mentionné, c 'est vraiment un pays vaste, pluri-ethnique, avec des aspirations de peuple et de classe ouvrière et de femmes très différentes. Les Iranais ne veulent absolument pas avoir un marionnette, quelqu 'un d 'être imposé comme on l 'a fait avec la Roumanie, un leader qui vient d 'imposer par un puissant aux étrangères en Iran. La question d 'Europe, la politique européenne envers l 'Iran, depuis 40 ans l 'Europe a adopté une politique d 'apaisement envers le régime. Il y a toujours dialogué dans les années 90, ces dialogues critiques, à l 'époque de Khatami, après à l 'époque de Rouhani, ces dialogues de civilisation, et tout ce dialogue n 'a rien donné.

41:38Et maintenant c 'est son action de désigner les gardiens de la révolution islamique, ça vient trop, trop tardivement, en fait. Là, on a vraiment besoin d 'une action concrète et c 'est vraiment des soutiens aux Iraniens, au peuple iranien, pour se réunir et avoir un programme soutenu par la communauté internationale pour un changement de régime à l 'intérieur d 'Iran, pas imposer à l 'étranger. Alors, il nous reste quelques minutes pour nous projeter dans l 'avenir, et le possible, on espère, nombreux de l 'avenir iranien. D 'abord, vous en avez parlé, le petit-fils de Reza Shah, le fils du dernier Shah, Reza Parlawi, appelé par une partie de la population iranienne, souhaité, assez populaire dans la diaspora pour plein de raisons, y compris la nostalgie.

42:25Est-ce que c 'est une solution pour l 'Iran ? Alors, il divise, on l 'a vu, parce que certains pensent qu 'il est imposé de l 'étranger. C 'est vrai qu 'en historien, on pense plutôt qu 'il y a une nostalgie profonde à l 'intérieur du pays, tout simplement parce que la population, dans sa majorité, évidemment qu 'il y a des aspirations diverses, à une comparaison entre la performance politique de la République islamique et la performance politique et économique de l 'Ancien Régime. Donc, les points positifs, si vous voulez, dans la mémoire collective en tant qu 'historien, mémoire et histoire, ce n 'est pas que de la nostalgie, c 'est aussi des éléments factuels.

42:57Ils n 'ont pas tout oublié, ce n 'est pas manipulé depuis l 'étranger par les télévisions en exil comme je l 'entends souvent. Il y a une réalité sur le terrain. Donc, ceux qui ont fait la révolution le regrettent, pour la plupart, quand on a des discussions dans les rues à Téhéran depuis de nombreuses années. Donc ce régime a été, non pas imposé de l 'étranger, mais c 'est imposé, c 'est un corps social, c 'est une révolution cléricale qui s 'est imposée au reste de la population. Et donc la République islamique n 'a pas été choisie finalement par les gens et donc ils ne savaient pas, quand ils ont fait la révolution, que ça déboucherait sur ce régime-là.

43:25Donc ça, il faut le rappeler aussi. Sinon, on ne comprend pas pourquoi il y a cette nostalgie. La nostalgie est fondée sur la sécularisation. Par exemple, les femmes iraniennes, je le dis ici avec d 'autant plus de malice que je suis français, ont voté avant les femmes suisses. Donc, c 'est important de le dire. Donc, il y avait la sécurisation. Il y avait une politique étrangère consensuelle. Vous avez le droit de divorcer en 1978. Les femmes avaient plus de droits avant la Révolution qu 'après la Révolution. Elle a divorcé bien avant la Révolution. Donc, je vous confirme cette impression de première main.

43:55Après, il y a eu une relecture de l 'histoire qui a été recréée par la République islamique. Et donc, effectivement, ils ont beaucoup développé une propagande pour montrer que leur système est meilleur que le système précédent. Mais en tout cas, en termes de droits, sur le plan juridique, si vous regardez le corpus des lois, ce n 'était pas parfait. Ce n 'était pas parfait en Suisse non plus, ni en France. Mais voilà, c 'était mieux que ce qu 'il y a eu après. C 'est une comparaison. C 'est encore une fois la perfection, la démocratie, ce qu 'on pourrait attendre dans un pays 100 % démocratique.

44:22L 'autre aspect qui est perçu positivement, c 'est l 'économie iranienne. Les Iraniens, avant la révolution, vivaient en moyenne mieux que les autres habitants de la planète. Aujourd 'hui, ils sont très en dessous. Donc, il y a eu un déclin économique du pays et c 'est ressenti par deux phrases simples. Avant la révolution, on parlait du Japon du Moyen-Orient. Aujourd 'hui, on entend toujours l 'Iran ne sera pas la Syrie. Et ça rapproche toujours un peu plus. Donc, il y a vraiment ce sentiment collectif. Donc, ce n 'est pas uniforme. Encore une fois, j 'ai dit que c 'était une minorité. Je n 'ai pas dit que c 'était la majorité.

44:53Il y a des groupes, notamment la gauche, certains groupes kurdes, pas tous, certains groupes balouches, pas tous, qui gardent une très mauvaise image de l 'ancien régime, encore, des discriminations, le fait qu 'il y avait une police politique il y avait une violation massive des droits humains mais même là, si on compare avec après, le niveau par exemple de personnes qui sont tuées, si vous voulez, entre 1963 les réformes du Shah et la révolution et le nombre de morts par l 'appareil de sécurité de la République islamique encore une fois, la performance même si c 'est terrible de parler comme ça est en faveur de l 'ancien régime maintenant, encore une fois, la nostalgie ne fait pas un projet politique.

45:34Et dans les points négatifs, c 'est le projet. Est-ce que c 'est une monarchie absolue ? Est-ce que c 'est même un modèle par intérim ? Ou une monarchie constitutionnelle ? Ou une transition ? Oui, mais il y a quand même l 'ambiguïté, parce que le prince a évolué dans sa communication. À l 'époque du mouvement Femmes, Vie, Liberté, il était plus inclusif, il parlait aux autres mouvements. Là, il y a quand même une évolution. Pour vous, ce n 'est pas un scénario du tout. Il a effacé toutes les références au mouvement Femme et Liberté sur son tweet X. Ça, vous pouvez contrôler, en fait. Et il a préparé un programme à l 'agenda, en fait, d 'urgence, pour remplacer la transition du régime.

46:16Et il se présente comme un leader. Il a le droit de veto pour établir l 'Assemblée de la Constitution. Il a le droit de veto, en fait, de nominer, en fait, le chef de SAVAG. Savak, c 'était la police politique. L 'appareil répressif, dont le responsable actuel qui se trouve, Pabu Sabti, aux Etats-Unis, à Los Angeles. Il est poursuivi par des personnes qui étaient torturées actuellement aux Etats-Unis par lui. Et lui-même, il se déclare déjà un père, un leader, comme un dieu. Son père, en fait, s 'est présenté comme l 'ombre de dieu auprès de la population iranienne. Et la jeunesse iranienne ne vaut pas d 'un système féodal.

47:09C 'est clair. Je m 'excuse, un mot. Ce n 'est pas parce que son grand-père, un officier, il a pris le pouvoir, il s 'est nommé Shah, le roi, mais son petit-fils, il doit avoir un droit héritère. Si il participe dans une élection démocratique dans une république, il a tous les droits. Vous aurez le mot de la fin en quelques secondes, 30 secondes, Mitra. Non, mais je vais prendre un petit peu plus que ce que j 'aimerais dire. Je ne vais pas vous parler de réserve à la vie, parce qu 'en réalité, ceux qui sont contre seront toujours contre après la chute du régime, et ceux qui sont pour seront toujours pour après la chute du régime.

47:40Mais j 'aimerais, comme vous dites, parfois être sur la presse, débunker une idée. Ce qu 'on entend sur les plateaux RTS, LCI, votre ancien confrère, c 'est que si ça tombe, ce soit... Darius Rochebank, nommons-le, il est un peu iranien quand même. Exactement, il reçoit beaucoup de spécialistes, aucun de spécialistes d 'Iran, on a la chance d 'en avoir un, des spécialistes du monde arabe, etc., qui nous disent que ça va être la guerre civile si ça tombe. Et j 'aimerais juste quand même rappeler à vos téléspectateurs... Vous en avez ras-le-bol d 'entendre ça. Vraiment ras-le-bol, mais c 'est une question légitime que les gens se posent, parce qu 'on leur sert toujours l 'Irak, la Libye, c 'était un échec.

48:08L 'Iran, c 'est très différent. Parce que j 'aimerais quand même rappeler à vos téléspectateurs que le niveau académique des Iraniennes est équivalent à celui des Françaises, qu 'ils ont pu, dans l 'art et le cinéma, s 'exporter portés dans des festivals internationaux et qu 'ils ont un niveau d 'analyse et d 'une finesse. Et enfin, regardez les Iraniens dans la rue, ils n 'ont montré qu 'unité et solidarité. Et faisons leur confiance. Merci, je suis désolé, je suis obligé de conclure, on arrive aux limites du temps, c 'est comme ça. Malheureusement, la télévision, merci à tous. Exactement, il y en aura d 'autres sur l 'émission, on va suivre évidemment de près ce qui se passe en Iran.

48:39La semaine prochaine, gros débat à 20h10 sur l 'initiative sur la redevance de 100 francs, ça suffit ou ça suffit pas, c 'est très attendu, ce sera à 20h10. Soyez là tout de suite, le maître du jeu avec Dustin Hoffman et Gene Hackman sur la RTS. Excellente soirée chez nous ou ailleurs. Bye bye.

49:15Sous-titrage ST' 501

From the publisher

Après la répression la plus sanglante de l'histoire moderne contre ses opposants et la population iranienne, le régime des Mollahs est sous la pression maximale de Donald Trump et de son armada déployée dans le Golfe Arabo-Persique. Comment les événements se sont-ils accélérés en Iran ? Le président des États-Unis va-t-il frapper pour de bon et renverser le régime ? Faut-il le souhaiter pour l'Iran et pour le monde ? Et quel Iran après la République islamique ? Iran : le compte à rebours ? C'est le débat d'Infrarouge mercredi 4 février.

More from Infrarouge ‐ RTS

All 41 episodes
Iran : le compte à rebours ?Infrarouge ‐ RTS · 49 min
Listen in VO