La petite Suisse peut-elle échapper à l'ogre Trump ?

20 Aug 2025 · 1 h 1 min · 24 chapters

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In short

The episode debates how Switzerland can respond to Donald Trump’s 39% additional US tariffs on Swiss exports (announced around 1 August), framed as a “tsunami” for a small, export-dependent country. It also broadens to Swiss/European dependence on US power in digital services and the implications for sovereignty and regulation.

Guests (backgrounds)

  • Giuliano Da Empoli: writer and political scientist; former adviser to Matteo Renzi; author of Match du Kremlin and L’Heure des Prédateurs.
  • Nicolas Thibaudot: former director at MPS Micro Precision System; retired; industrial microtech figure.
  • Pascal Saint-Amand: former OECD tax chief for the “Base Erosion and Profit Shifting”/transparency work; architect of automatic tax information exchange and the push behind the global 15% minimum tax; advises governments.

Key claims

  • Tariffs are volatile and partly driven by Trump’s power tactics and “post-fact” politics; even if Swiss exports are large (and investments create US jobs), the decision-making is unpredictable.
  • Countermeasures (retaliation) are constrained for Switzerland due to lack of scale; avoid “economic aberrations.”
  • On digital sovereignty, dependence on US tech platforms/cloud is potentially more explosive than industrial dependence; regulation alone isn’t enough—Europe needs its own initiatives and stronger rules.
  • The global 15% minimum tax should not be scrapped; Switzerland is constrained by EU/US deals.

Notable examples

  • Lieu Saint (near Paris): Waze routing traffic into a quiet town to save minutes, illustrating loss of local control to an app.
  • Waze/Google/tech: Swiss-developed technologies (e.g., Siri, facial recognition, Google Maps) still leave Switzerland dependent because the surrounding ecosystem is US-controlled.
  • Airbus A320 vs Boeing: cited as a European industrial success built over decades.

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Chapters

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Current Crisis in Switzerland Due to US Tariffs

0:45 to 2:28

Discussion on the impact of Trump's tariffs on Swiss exports and the ensuing panic.

“Et ce cadeau très très très empoisonné de Donald Trump pour la fête nationale du 1er août.”

Guest Introductions and Perspectives

2:28 to 4:14

Introduction of three expert guests and their backgrounds related to the discussion.

“J 'ai dit, Pascal, simplement que vous conseillez des pays.”

Understanding the Tariff Situation

4:14 to 6:00

Analysis of the implications of increased tariffs and their impact on various sectors.

“C 'est ce qu 'essayait de nous dire dans sa langue à lui, notre ministre de l 'économie, il y a quelques jours, le brief de Christophe Sirot.”

Proposed Solutions and Industry Reactions

6:00 to 8:08

Discussion on potential solutions to the Swiss economic crisis caused by tariffs.

“Alors, quel levier actionner pour amadouer un président américain qui fait de l 'imprévisibilité son arme politique ?”

The Changing Global Landscape

8:08 to 14:00

Exploration of how Switzerland must adapt to the current global economic environment.

“substantielle de nos exportations aux Etats-Unis ?”

La panique à la Maison-Blanche

14:00 to 14:54

A discussion on the panic surrounding Trump and the volatile political climate.

“Vous qui écrivez au cœur de la carte postale, vous savez qu 'il aime le calme.”

L'impact de Trump sur l'économie américaine

14:54 to 18:14

Exploration of Trump's influence on the U.S. economy and its fundamentals.

“La semaine dernière, on parlait des 39%.”

Réactions en Suisse face à la politique américaine

18:14 to 20:44

Discussion about Switzerland's response strategies to U.S. policies and investments.

“dans les campagnes françaises, on vote rassemblement national.”

La position de la Suisse dans un monde imprévisible

20:44 to 22:20

Analyzing how Switzerland can navigate challenges posed by unpredictable leaders.

“Mais donc aujourd 'hui, à très court terme, ça veut dire quoi?”

Stratégies face à un gouvernement autoritaire

22:20 to 26:34

Insights into strategies for dealing with authoritarian governance in relation to Trump.

“moderne, dont il fait partie et qui, je crois que je vous cite, tire leur force de l 'inattendu, de l 'instable et du belliqueux.”
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L'impôt minimum mondial et ses implications

26:34 to 28:00

Discussion on the implications of the global minimum tax and Switzerland's position.

“Ils sont sous testostérone, ils sont sous drogue, ils sont high.”

La Suisse face à l'impôt minimum mondial

28:00 to 29:28

Explorez comment la Suisse navigue entre l'Union Européenne et les États-Unis sur les questions fiscales.

“et la Suisse elle est entre Caribe et Silla, entre l 'Union Européenne qui veut absolument l 'appliquer et les Etats-Unis dont pendant quelques mois on a pensé qui ne voulaient pas l 'appliquer.”

Dépendance technologique à l'égard des États-Unis

29:28 to 31:36

Discutez de la dépendance croissante de la Suisse envers les services numériques américains et ses implications.

“Alors, si Donald Trump semble faire à peu près ce qu 'il veut sur le front des tarifs et de la guerre commerciale, c 'est parce qu 'il table sur quoi ?”

Souveraineté numérique et défis européens

31:36 to 35:09

Analysez les enjeux de la souveraineté numérique pour la Suisse et l'Europe face à la domination américaine.

“Alors, Giuliano D 'Ampoli, est-ce que cette dépendance numérique, elle n 'est pas encore plus dangereuse, plus explosive que la dépendance industrielle au marché américain, finalement ?”

Réflexions sur la régulation et le modèle européen

35:09 to 42:00

Une discussion sur l'importance d'une régulation adéquate et du développement d'un modèle européen face aux défis technologiques.

“dans notre vie, selon nos valeurs et nos choix ?”

European Industrial Successes and Monopolies

42:00 to 43:34

Discussing the European industrial success of Airbus and the implications of monopolistic economies.

“il faut aussi qu 'on développe quelque chose.”

The Waze Paradox in Local Governance

43:34 to 45:20

Exploring the impact of Waze on a small community and the implications for local sovereignty.

“ou des hommes autoritaires qui ne font que renforcer ce contre quoi on a voté.”

Lessons from Chinese Innovation Systems

45:20 to 47:22

Examining the differences in innovation approaches between Europe and the U.S., and the need for a robust European industrial policy.

“des dizaines de milliers de véhicules qui débarquent.”

Ideological Constraints on Economic Policy

47:22 to 49:44

Discussing the ideological barriers to effective economic policy in Switzerland and Europe.

“on n 'est pas assez ensemble pour développer ensemble, pour avoir un objectif comme...”

Sovereignty and the Role of Switzerland in Europe

49:44 to 52:04

Analyzing the balance of national and European sovereignty and its implications for Switzerland's future.

“Alors, il nous reste une petite dizaine de minutes.”

Switzerland's Neutrality and Global Politics

52:04 to 55:08

Debating Switzerland's role as a neutral party in global politics amidst rising tensions and polarization.

“Après, moi, je pense aussi, je suis un patriote suisse véritable et je pense qu 'il y a une spécificité suisse, que ce soit le modèle démocratique qui est un modèle démocratique extraordinaire.”

La politique suisse face aux défis européens

56:00 to 58:19

Explore how Switzerland navigates its political identity within Europe while addressing global challenges.

“comme on pouvait l 'entendre il y a 150 ans, et d 'un autre côté, vous allez avoir les gens qui vont vouloir simplement se confondre dans l 'Union Européenne, etc.”

L'impact du trumpisme sur l'Europe

58:20 to 59:38

Discusses the implications of trumpism and the historical context of American isolationism for Europe.

“C 'est peut -être une occasion de décrire une nouvelle page de l 'Occident, peut -être moins américaine que jusqu 'à présent ?”

Perspectives sur le sommet Poutine-Zelensky

59:39 to 1:00:18

Speculates on the potential location of a pivotal summit between Poutine and Zelensky.

“comme nous, on fait dans une entreprise.”
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Transcript

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0:21Bonsoir tout le monde, c 'est la rentrée pour Infrarouge. C 'est un bonheur de vous retrouver en direct, comme tous les mercredis soirs, pour une nouvelle saison de débats d 'actualité sur la RTS et sur le Play. Vous êtes de plus en plus nombreux à vous rejoindre. Et on attaque forcément très très très fort cette première saison, avec, je ne sais pas comment il faut l 'appeler, ce tremblement de terre, ce cataclysme, ce coup de massue, vous choisirez le mot qui vous conviendra. Panique à bord en Suisse depuis trois semaines maintenant. Et ce cadeau très très très empoisonné de Donald Trump pour la fête nationale du 1er août.

0:5039 % de taxes douanières sur les exportations de la Suisse vers les Etats-Unis. Un des régimes les plus sévères au monde. Deux fois plus que les Européens. Et surtout, une très très très mauvaise nouvelle et un très très gros problème pour un petit pays qui exporte beaucoup et qui est très dépendant du marché américain. Alors qu 'est-ce qu 'on fait ? Comment se sortir de l 'ornière ? Et comment la Suisse peut se mouvoir ? Est-ce qu 'elle peut encore se mouvoir ? Quel est son chemin entre et parmi tous ses prédateurs ? Dans un monde où tous les coups sont permis. Pas de politique ce soir, mais les regards croisés et pointus de trois invités de prestige.

1:25Giuliano D 'Ampoli est avec nous. Bonsoir. Bonsoir. Écrivain, politologue, ancien conseiller de Matteo Renzi, pour ceux qui s 'en souviennent. Auteur du Match du Kremlin, best-seller s 'il en est. Auteur aussi de ce livre, L 'Heure des Prédateurs, que vous avez peut -être lu, comme tout le monde, j 'ai envie de dire, sur une plage ou ailleurs, pendant cet été. Merci d 'être avec nous. Nicolas Thibaudot, bonsoir. Bonsoir. Un grand bonheur de vous accueillir, ancienne directrice de MPS, Micro Precision System, figure fraîchement retraitée de cette industrie de pointe, de cette industrie suisse qui fait à la fois la richesse du pays et qui vacille aujourd 'hui sur ses appuis.

2:01Et enfin Pascal Saint-Amand est avec nous, bonsoir. Bonsoir. Ancien chef fiscal pour l 'affaire courte de l 'OCDE, grand architecte de la transparence fiscale pendant 15 ans, le secret bancaire, plutôt la fin du secret bancaire, l 'échange automatique, c 'est vous. la lutte contre l 'évasion des multinationales, c 'est vous. L 'impôt mondial de 15%, c 'est vous. Vous conseillez aujourd 'hui des gouvernements, en gros. Quelques gouvernements, on n 'en dira pas plus. Alors, la petite Suisse peut-elle échapper à l 'ogre Trump ? Bienvenue dans la France Rouge. J 'ai dit, Pascal, simplement que vous conseillez des pays.

2:33Quand vous ne surfez pas, vous arriviez de Biarritz aujourd 'hui. Les vagues sont belles, le souhait est bon. Est-ce que vous avez tubé ? Les vagues étaient magnifiques, pas de tube, hélas. Est-ce que tous les gens avec qui vous avez négocié se rendre compte qu 'en fait, vous surfez plus clair de votre temps. Je le cache assez bien, mais là, c 'est fini. La transparence suisse m 'a rattrapé. Je parle de surf pour le bon mot, mais la Suisse devrait peut -être se mettre à apprendre à surfer maintenant. Mais la Suisse a une des plus belles vagues du monde à Sion. Et la Suisse devrait apprendre à mieux surfer les vagues trumpiennes ou plutôt les tsunamis qu 'il y a.

3:06Les tsunamis trumpiens. On est là pour savoir comment faire et peut -être que vous nous donnerez quelques idées. Giuliano da Empoli pour vous c 'est Interlaken cet été retraite d 'écriture un peu moins de surf j 'imagine mais Interlaken on fait quoi du parapente du base jump du dos crôlé sur le lac de Briens c 'est très sportif on développe un complexe parce que moi je suis plutôt promenade en plaine alors que oui c 'est un endroit très sportif oui c 'est votre côté intellectuel italien ça va pas avec le surf il faut choisir un côté ancien monde Nicolas Thibaudot merci mille fois d 'être avec nous pour vous c 'était La Marche Quand je vous ai eu au téléphone, vous étiez sur un sentier escarpé en Valais, j 'imagine.

3:45En Valais, bien sûr, à Orsières. Vous êtes conseillère, maintenant vous faites partie de la classe politique. J 'ai dit pas de politique, c 'est ça pour commencer, mais ce n 'est pas tout à fait vrai puisque vous êtes conseillère communale à Orsières. Oui, exactement. En charge du tourisme. Élu, touriste et économie. Écoutez, on souhaite le meilleur à cette belle commune d 'Orsières. Alors, tant mieux si vous avez pu crapailluter en montagne, faire du surf, vous ressourcer, marcher, puisqu 'il va falloir des forces pour affronter cet automne qui s 'annonce compliqué, en particulier pour la Suisse.

4:14C 'est ce qu 'essayait de nous dire dans sa langue à lui, notre ministre de l 'économie, il y a quelques jours, le brief de Christophe Sirot.

4:28De retour d 'un voyage express à Washington ce 7 août, pas grand-chose dans les bagages du Conseil fédéral, si ce n 'est un helvétisme, une petite phrase emblématique d 'un été entre agitation et confusion. Et c 'est pour ça aussi que nous nous sommes rendus aux Etats-Unis, c 'était de comprendre où est-ce qu 'il y avait eu un problème. Comme on dit un bon vaudois où la chatte a mal au pied. 39 % de droits de douane supplémentaires annoncés à quelques heures du 1er août par l 'administration Trump. Un jour de défaite nationale pour le bon élève suisse, pourtant sixième investisseur étranger aux États-Unis, avec au moins 400 000 emplois créés sur sol américain.

5:08Parce que ce bon élève aurait des pratiques commerciales déloyales, selon un calcul dont seul le président Trump a le secret. Les tarifs douanés du président Trump sont entrés en vigueur. La présidente de la Confédération suisse quitte Washington sans accord pour réduire son taux de droit de douane de 39%. 39 % pour la Suisse, c 'est plus du double des 15 % de l 'Union européenne ou du Japon. Ce, c 'est tout. Horlogerie, exportation de machines, production de gruyères, tout le monde est aux abois. Il faut savoir que ce n 'est pas 39 % qu 'on augmente le prix, c 'est plus de 50 % avec la baisse du dollar et la force du franc suisse.

5:46Pour l 'heure, cette taxe exclut l 'or et les pharmas, premier marché d 'exportation vers les Etats-Unis. Sur les 65 milliards de biens vendus outre-Atlantique, un peu moins de la moitié est aujourd 'hui touchée par ces 39%. Sauf que tout bouge, tout le temps. Alors, quel levier actionner pour amadouer un président américain qui fait de l 'imprévisibilité son arme politique ? Faire de la résistance ? Renoncer à acheter les F-35 américains ? D 'autant plus que les contrats ne sont toujours pas signés ? Ou comme le suggère Damblic, Nikayek, le patron de Swatch Group, taxer nous-mêmes à 39 % les exportations d 'or ?

6:24À moins que la solution se trouve à l 'opposé, dans un jeu de séduction. L 'Union européenne, par exemple, a promis d 'acheter du gaz liquéfié, du LNG. La Suisse en importe aussi, c 'est peut -être une piste. Du gaz liquéfié ou pourquoi pas du bœuf américain, proposition du patron de l 'UDC Marcel Detling dans la NZZ. Ou plutôt la Confédération doit-elle revoir complètement son logiciel ? Faut-il envoyer à Washington des Suisses qui ont déjà leurs entrées à la Maison-Blanche ? Le patron de la FIFA Gianni Infantino ? Ou alors la Suisse va-t-elle sortir de son chapeau un Alexander Stubb, le président finlandais qui joue au golf avec Donald Trump en devisant sur les intérêts européens ?

7:11Des poids lourds de l 'économie suisse, les boss de Roche, Mercuria, Suisse ou Partners Group pourraient-ils faire l 'affaire ? Coutez sur la table, puisqu 'à l 'heure qu 'il est, on cherche encore comment soigner ses relations avec le président américain, on ne sait toujours pas où la chatte a mal au pied. Nicolas Thibodeau, au-delà de cette expression fleurie, les propositions fusent, on le voit tous les jours en Suisse. Ta dernière en date, je crois que c 'était aujourd 'hui le patron de Camibloc qui nous dit qu 'il faut subventionner les exportations à autour de 20%, la moitié de la taxe vers les États-Unis.

7:48On entend les analystes nous dire tantôt que c 'est une catastrophe absolue, chiffrer ça en perte de PIB avec de grosses récessions, une grosse récession en perspective. D 'autres qui nous disent non, on est agile, on a les moyens de diversifier, les moyens de nous en sortir. Est-ce que c 'est grave docteur, ces 39 % sur toutes nos exportations ou une partie substantielle de nos exportations aux Etats-Unis ? Ça c 'est certain que c 'est grave. C 'est vraiment un tsunami parce que c 'est énorme. C 'est plus que qu 'est-ce qu 'on peut supporter en partageant des marges ou en diminuant les prix. C 'est vraiment énorme.

8:25Ce qui est le plus difficile, ce n 'est pas seulement le 39, c 'est la volatilité de la décision. On a été dans un sens, on a rêvé qu 'on aurait la même chose que l 'Europe. On est à 39 %. Maintenant, ça semble que c 'est assez figé, mais c 'est vraiment énorme pour des industries comme nous, on a fait, qu 'on a déjà investi énormément pour aller sur ce marché. Pour des industries comme la vôtre, enfin la vôtre, vous avez quitté MPS en février, mais voilà là on parle typiquement de ceux qui sont touchés la pharma elle aura sondi, la L on l 'a compris l 'or et autre chose mais il reste cette industrie de pointe qui fait la force de la Suisse la vôtre, etc.

9:05Quand vous dites c 'est grave j 'ai envie de dire développé, grave comment ? C 'est grave, c 'est existentiellement grave ? C 'est pas, il y a différents niveaux, il y a par exemple chez MPS les produits les choses qu 'on va livrer aux Etats-Unis qu 'on développe S 'ils commandent chez nous, c 'est beaucoup dans l 'industrie microtechnique de niche. S 'ils commandent chez nous, c 'est parce qu 'ils ne pouvaient pas l 'avoir ailleurs. Donc, pour vous, finalement... Mais, quand même, dans un deuxième temps, ce produit-là, sur le marché américain, il faut qu 'il soit dans le marché, qu 'il puisse l 'utiliser, qu 'il puisse le vendre.

9:39Donc, c 'est dans un deuxième temps qu 'on va voir l 'effet. Par contre, dans les biens d 'investissement, les machines, c 'est direct. Moi, je suis un industriel américain. Je ne peux pas me permettre de payer 39 % de plus à la machine. Je vais plutôt étendre les heures, travailler les week-ends et attendre pour faire un investissement sur des nouveaux équipements. Et la Suisse est très, très forte dans certains équipements. Donc, il envoie de la survie de secteur entier. Dans les biens d 'investissement directs, là, c 'est vraiment difficile. Mais dans un deuxième temps aussi. Pascal Saint-Amand, quelle facture paye la Suisse?

10:13Est-ce qu 'elle a commis pour se retrouver traité trois fois plus sévèrement que les Européens, au même titre que les Syriens. Enfin, je dirais qu 'on ne dit Syrien, personne, mais on disait la Suisse, Ami, enfin voilà, on est censé faire partie du même monde, et puis non. Je pense que 39%, c 'est ce que Trump avait annoncé initialement sur le Vietnam, qui est un des principaux exportateurs vers les États-Unis. Donc, vous êtes vraiment très mal traité, et le Vietnam a eu finalement 15%. La mauvaise réputation-là, elle n 'a rien à voir avec l 'histoire de la Suisse sur le manque de transparence et tout ça.

10:46c 'est que vous avez eu trop de succès, trop de succès dans la pharma, et il ne faut pas, même si la pharmacie n 'est pas encore soumise aux droits de douane, c 'est quelque chose qui est essentiel dans l 'imaginaire et dans la volonté politique de Trump, vous avez l 'or et vous avez le succès. Et ce succès-là lui déplait, je pense que vous n 'avez peut -être pas pris les choses suffisamment sérieusement, mais même ceux qui l 'ont pris sérieusement, comme l 'Union Européenne, se retrouvent avec 15%, vous imaginez, l 'Union Européenne, la première force économique du monde, se retrouvent avec un taux supérieur à celui du Royaume-Uni, qui est isolé, ce qui pose un problème existentiel d 'ailleurs, à l 'Union européenne.

11:22Le tout en ayant promis de payer 650 milliards de dollars en plus. Et c 'est peut -être là, même si effectivement les 39 % ont l 'air assez ancrés maintenant, mais rien n 'est ancré de façon permanente avec Trump, et prendre des engagements d 'Iran. Quand vous regardez les engagements de l 'Union européenne, personne ne peut y croire. L 'achat de gaz, c 'est un fois 20 ou un fois 30 par rapport à ce qu 'il sait aujourd 'hui. ça ne se réalisera pas. D 'ailleurs, quand vous discutez avec les négociateurs européens, ils disent, on a fait les mêmes engagements en 2017 quand il y avait eu la première vague de tarifs et donc on refait le même engagement dont on sait qu 'on ne le tiendra pas.

11:57Donc peut -être que la Suisse, qui est à la limite trop honnête en un sens... Vous la connaissez bien cette Suisse, vous l 'avez pratiquée pendant des années. La Suisse ne va pas dire, on va faire quelque chose quand ils savent qu 'ils ne pourront pas le faire. Et avec le président Trump, hélas, il faut sans doute arriver à ce type d 'extrême. On y viendra, mais je sens une petite critique en creux. Il faudrait qu 'on apprenne à être un peu voyou. Non, vous l 'avez... C 'était un peu... Il faut savoir, en termes de visite. Mais il y a aussi, avec la Suisse, une honnêteté dans la négociation qui ne paye pas forcément.

12:27Donc, on est dans un changement complet de paradigme. Les fondamentaux, c 'est quoi ? C 'est qu 'on a eu de la mondialisation. Et peut -être votre vrai péché, c 'est d 'avoir surprofité de la mondialisation. Et ce que fait Trump, c 'est de la démondialisation. C 'est créer des jobs aux États-Unis. Il ne veut pas de job pharmaceutique en Suisse. ni en Irlande. Il veut tout faire aux États-Unis et pour ça, on met des barrières tarifaires comme on l 'avait fait dans les années 30, à la fin des années 20. Il y a un siècle et ça, c 'est mal fini. Et on déprécie le dollar. Ce qui fait que, comme l 'a dit le producteur de fromage, ce n 'est pas 39 % en réalité.

13:00C 'est près de 50 % d 'écart de prix qui va résulter de cette nouvelle politique. Juste encore, deux mots sur les chiffres. La Suisse investit 300 milliards. Investissement direct des Suisses aux États-Unis, plus de 300 milliards, 350 milliards l 'année passée. sixième investisseur direct aux États-Unis, septième employeur, vous parlez de création d 'emplois, d 'industrialisation aux États-Unis sur place, avec des emplois à très, très haute valeur ajoutée, en règle générale, tout ça, ça compte pas ? Qu 'est-ce qu 'il y a ? Vous êtes très old school, c 'est -à-dire que vous avez des faits. Et je pense que là, on n 'est plus dans les faits.

13:29Il y a un très bon auteur, je relisais le livre tout à l 'heure, qui dit que Trump ne lit pas une seule note, il faut le briefer oralement, et c 'est vrai. Et donc, les faits, c 'est secondaire. Donc, on est dans un monde post-fait. Et il faut faire avec les réputations, avec les sentiments. Et la Suisse est riche, elle a profité de la mondialisation. Trump n 'aime pas la mondialisation. Donc, je pense que là, il y a un élément qui peut justifier l 'approche. Julien de Dempoli, ce pays qui est un peu le vôtre, la Suisse qui est riche, qui s 'en est toujours bien sortie, qui paye peut -être un peu pour son succès.

14:02Est-ce qu 'il aime le calme, ce pays ? Vous qui écrivez au cœur de la carte postale, vous savez qu 'il aime le calme. Aujourd 'hui, il panique. Vous comprenez qu 'il panique ? Il a raison de paniquer ou on a tort de s 'énerver ? Écoutez, je comprends qu 'il panique avec son logiciel. Mais justement, comme cela vient d 'être dit, je pense que ce logiciel doit être un peu modifié à l 'époque Trump. On regarde tout ça très sérieusement. D 'ailleurs, on a toujours tendance un peu à regarder le pouvoir, le monde de la puissance à plus forte mesure, la Maison-Blanche comme un lieu de rationalité où on va pouvoir avancer des faits, etc.

14:38Là, on n 'est plus du tout dans cette dimension-là. Donc, je pense que c 'est normal, je comprends très bien qu 'on puisse, aujourd 'hui, le désarroi qui vient d 'être exprimé. Mais en même temps, premièrement, nous sommes face à une réalité qui est extraordinairement volatile. La semaine dernière, on parlait des 39%. Aujourd 'hui, on parle d 'un possible sommet de paix à Genève. Tout ça dans le monde… Mais qui sont deux sujets qui pourraient avoir lieu simultanément, d 'ailleurs. Qui sont deux sujets qui, a priori, n 'ont rien à voir l 'un avec l 'autre. Mais dans le monde de Trump, tout ça se confond, s 'imbrique, parce que ça pourrait être l 'occasion pour un passage où les 39 % à un moment deviendraient quelque chose d 'autre.

15:22Donc tout ça est très, très volatile. Deuxièmement, je pense que nous ne sommes pas véritablement… La force que déploie Trump ne signifie pas que son modèle est un modèle gagnant. Les premiers chiffres qui nous arrivent aujourd 'hui de l 'économie américaine nous disent que c 'est une économie qui a des fondamentaux d 'ailleurs très solides, très forts et pourtant l 'expérience Trump est en train de la plomber. On voit que les emplois ralentissent, la croissance ralentit. D 'ailleurs, Trump est en train de remplacer les responsables des agences statistiques qui ne donnent pas les bons chiffres.

16:05Donc, on est face là aussi à quelque chose d 'assez provisoire, franchement, qui est peut -être un peu moins solide que ce qu 'on l 'imagine. Vous postulez l 'irrationalité qui se serait emparée de la Maison-Blanche. Si je me fais l 'avocat du diable, c 'est extrêmement rationnel. Le type nous regarde, il dit, oh là là, eux, ils gagnent 40 milliards de plus avec moi que moi avec eux, je vais les taper jusqu 'à ce que ce soit à zéro. C 'est violent mais rationnel. Moi, je ne dis pas qu 'il n 'y a aucune rationalité. La rationalité de base, je pense, du raisonnement de Trump, c 'est de dire, les États-Unis ont, au cours des dernières décennies, fourni une série de ce que les économistes appellent des biens publics au monde.

16:51et en particulier à l 'Europe, en termes de sécurité, en termes d 'infrastructures de commerce, de règles, etc. et n 'ont pas tiré une rente suffisante. Alors, ça se discute. On peut en discuter ou en parler, parce qu 'elle est importante. Je pense que ça se discute. Mais lui, il dit, on va en tirer le plus de rentes possible. Et ça, c 'est la partie, si vous voulez, rationnelle du discours de Trump. On peut ne pas être d 'accord. Je pense que ça risque de mal se terminer, surtout pour les États-Unis eux-mêmes, mais c 'est une question qu 'on peut considérer rationnelle. Et après, par contre, il y a le côté Trump où même cette question de tarifs, on le voit très bien, on le voit dans le cas du Brésil, on le voit dans le cas de l 'Inde, on le voit là maintenant quand il menace le Canada qui vient de reconnaître ou de vouloir reconnaître la Palestine comme État, et leur dit que ça va avoir un impact sur votre négociation commerciale.

17:46On voit quand même qu 'il utilise ces tarifs aussi comme instrument de pouvoir pour imposer son égo. Il y a néanmoins, je pense, une rationalité très forte que les gens un peu comme nous ne reconnaissent pas qui est recréer des jobs aux États-Unis. On a eu 40 ans d 'idéologie libérale, de commerce libre, qui ont abouti à déstructurer des sociétés entières. Et aujourd 'hui, je suis français, dans les campagnes françaises, on vote rassemblement national. Il n 'y a pas des hordes de barbares qui viennent envahir les campagnes françaises. On vote rassemblement national parce qu 'il n 'y a plus de services publics, parce que cette idéologie libérale a déstructuré ces services publics, ces biens publics, et on conduit à transférer les emplois dans d 'autres pays.

18:35Et ça, il a fait le bon diagnostic et sa politique sera sans doute désastreuse, aboutira à l 'inverse de ce qu 'elle est censée faire, mais les pauvres qui ont voté pour lui, parce que beaucoup de pauvres ont voté pour lui, ils ont voté pour lutter contre cette mondialisation, même si en réalité, ils vont avoir l 'inverse. Ils nourrissent en réalité une élite de milliardaires qui va pomper tout l 'argent qui va résulter de cette politique. Nicolas Thibodeau, il y a en Suisse deux catégories de propositions sur la table. De grandes catégories. Il y a d 'abord ceux qui, en gros, disent il faut accepter, payer, se coucher, en gros, en bon français, promettre plus d 'investissements directs, je ne sais pas comment on les décrète dans un pays libéral, mais en tout cas les promettre, délocaliser la production aux Etats-Unis pour certains, signer des contrats d 'armement, plus de contrats d 'armement, acheter du bœuf, on l 'a entendu, chez Marcel Dietling, c 'est surprenant, mais c 'est comme ça.

19:32Enfin bref, payer. Et puis il y a ceux qui, au contraire, disent non, non, il faut résister, il faut contre-attaquer, on a un certain nombre de leviers, il faut boycotter le marché, il faut taxer l 'or, Nick Hayek, Carlos Omaruga, il faut taxer les services numériques, on y reviendra, ça c 'est peut -être intéressant, subventionner les exportateurs. Vous, la patronne d 'industrie fraîchement libérée de ses obligations, de quel côté est-ce que votre cœur penche ? Je pense qu 'il ne faut pas rentrer dans son jeu. Je pense qu 'il faut continuer notre ligne si on a décidé de se développer dans un marché, se développer dans un marché, investir dans ce marché, le marché qui est porteur, diversifier les marchés, pas tout miser sur les États-Unis, mais diversifier les marchés.

20:17Et puis, il faut continuer parce que, de toute façon, c 'est tellement volatile. C 'est une décision à un moment donné, puis deux mois après, une autre décision. Donc, si ça vaut la peine de délocaliser aux États-Unis, il faut le faire pour que, ici, en Suisse, on soit plus fort et non parce que M. Trump, ça va lui apporter des jobs. Il faut que ça apporte, que les deux soient gagnants. Et on a toujours fait comme ça. Et il faut continuer, il ne faut surtout pas commencer à rentrer dans son jeu. Il faut être ferme. Mais donc aujourd 'hui, à très court terme, ça veut dire quoi? Ça veut dire ne pas faire grand-chose, attendre que ça passe.

20:48Alors, par exemple, les achats des avions. Oui. Et je me disais, mais si c 'était l 'inverse, je suis sûr qu 'ils diraient, on va attendre, les avions, mettez en stand-by le contrat. Ils mettraient sur la table pour négocier. Ça ne veut pas dire de ne pas les acheter, mais ça veut dire qu 'on l 'utilise comme argument parce qu 'il mélange les différents domaines, il mélange les arguments. Donc, il ne faut pas qu 'on soit bisounours et qu 'on utilise les mêmes arguments. En négociation, moi, j 'ai appris qu 'on adapte la négociation aux partenaires avec qui on négocie. On ne négocie pas avec un Israélien comme on négocie avec un Suédois ou comme on dénégocie avec un Trump.

21:26Pour l 'instant, le Conseil fédéral de notre gouvernement a décidé de ne pas décider grand-chose. Les F-35, pour l 'instant, tout continue comme si de rien n 'était. Les mesures de rétorsion, il n 'y en a pas. On nous parle d 'augmenter les dépenses militaires, etc. Il est à la hauteur, notre gouvernement? Comment vous le jugez? Vous avez le droit maintenant. Alors moi, je ne voudrais pas être à sa place. Vous ne voudriez pas être à sa place. Je ne voudrais pas être à sa place. Il n 'y a pas de clé parfaite parce qu 'on est dans un autre monde. On n 'a pas les mêmes règles qu 'on avait. On n 'a pas l 'éthique qu 'on avait.

22:01On n 'a pas les négociations comme on a toujours fait. Ce n 'est pas facile, mais je pense qu 'il y a une chose, c 'est que si on prend une ligne, il faut garder la ligne et non aller dans un sens, puis aller dans un autre sens. Juliano Daempoli, face à un président que vous rangez dans le camp des Borgiens, sous ses innombrables nouveaux petits César Borgia, petit ou grand d 'ailleurs, moderne, dont il fait partie et qui, je crois que je vous cite, tire leur force de l 'inattendu, de l 'instable et du belliqueux. C 'est ce qui est en train de se passer. est-ce que notre petite Suisse, elle a une chance face à ces gens-là ?

22:31Est-ce qu 'elle parle un langage nouveau qui n 'est pas le nôtre ? Puis voilà, simplement, on a perdu. Écoutez, je pense que la Suisse, avec son modèle, a quand même surmonté des époques bien plus compliquées que l 'époque Trump. Oui, mais on l 'a beaucoup attaqué sur la manière dont elle les a surmontés, ces épisodes compliqués. Bon, d 'accord, elle les a surmontés, disons. Mais ce qui est vrai, c 'est qu 'un système comme le système suisse et les institutions elles-mêmes qui sont basées sur le développement d 'un consensus, un processus très lent qui permet d 'avancer, est plus adapté à une époque dans laquelle on est dans une négociation, dans un système de règles.

23:16C 'est le cas de l 'Union européenne aussi d 'ailleurs, qui est un système qui est basé sur développer un consensus, être dans un système de règles et tout. Alors face aux Borgiens, un monde est régi par des avocats et par le droit, etc. Et là, c 'est clair que quand on se trouve face à un Borgien, donc à quelqu 'un qui va plutôt asseoir son pouvoir sur des décisions soudaines, parfois irréfléchies, qui vont être sidérantes pour leurs adversaires, sur une prime à l 'agresseur et tout ça, pour des systèmes de consensus, disons, ça devient plus difficile de réagir. Mais ça ne veut pas dire, encore une fois, qu 'on est face à un modèle gagnant.

24:04Moi, je pense que ce modèle-là n 'est pas, le modèle Trump, le modèle bargien, n 'est pas un modèle gagnant. Il peut être un modèle très puissant sur le court terme. Donc, il s 'agit effectivement de s 'équiper pour lui faire face, de s 'adapter en partie, mais je ne pense pas qu 'il faut remettre, qu 'il faille remettre en discussion des systèmes comme l 'Union européenne et comme la Suisse, avec toutes leurs différences, mais qui sont plus basées sur des règles et du consensus, pour faire face à des prédateurs qui... Donc face aux bourgiers, les avocats, encore quelques arguments à faire valoir pour le long terme.

24:42Je pense quand même plutôt que oui sur le long terme. Pascal Saint-Amand, je l 'ai dit, vous soufflez à l 'oreille de quelques gouvernements. si vous souffliez à l 'oreille d 'une autre, qu 'est-ce que vous marmotteriez ? N 'achetez pas les F-35, par exemple ? En tant que Français, j 'aurais tendance à dire que les Français ont du bon matériel. Non, en tant que conseiller du gouvernement suisse, qu 'est-ce que je dirais ? Un, c 'est ne pas réagir. Quand j 'entends, on va taxer de notre côté, non. Parce que là, on rentre dans des logiques économiques aberrantes qui font du mal à tout le monde. Et si l 'Union européenne avait éventuellement la taille pour faire des contre-mesures, la Suisse l 'a pas.

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25:18Donc aussi frustrant que ça puisse être d 'avoir un boulide, un prédateur qui vous bouscule, qui vous martyrisse, on laisse faire et on ne va pas faire de la rétorsion parce que vous n 'avez pas la taille. Ça, c 'est la première chose. Y compris Taxelor, qui est une idée qui fait son chemin ici. Y compris Taxelor. Y compris Taxelor, c 'est économiquement désastreux. On sait que les contre-mesures commerciales aboutissent à des crises économiques et financières graves. Donc un, on ne fait pas ça. Deux, on prend des engagements. On va effectivement acheter ces avions et puis on va faire encore plus d 'investissements aux États-Unis.

25:50Donc ça, c 'est juste. Vous feriez ça ? Oui, je pense que c 'est une idée à regarder de près. Et puis enfin, je ne sais pas, je dirais que peut -être que la Suisse pourrait porter une pétition pour dire que le président Trump mérite vraiment le prix Nobel. Ah, mais ça, c 'est la stratégie du Pakistan qui a très bien marché, d 'ailleurs. Ils ont fait deux choses, parce qu 'il faut regarder un peu partout. J 'ai l 'impression que le Pakistan a assez bien marché. Ils ont fait un deal pas tout à fait clair sur la crypto avec Trump et une partie de sa famille. Et puis, ils l 'ont effectivement formellement présenté.

26:21Comme l 'a fait Benjamin Netanyahou. Au prix Nobel pour la paix. Absolument. Donc voilà, il faut faire le dos rond. Je suis tout à fait d 'accord avec ce qui a été dit. Trump, ce n 'est pas un modèle gagnant. C 'est un modèle gagnant dans le court terme. Ils sont sous testostérone, ils sont sous drogue, ils sont high. Il y a un moment où l 'économie va atterrir. Le problème de ce type de gouvernement autoritaire, c 'est que quand les chiffres ne sont pas bons, on vire la personne qui trouve les chiffres pas bons. Et donc, il y a en quelque sorte une mécanique qui se nourrit d 'elle-même et qui conduit à des régimes de plus en plus autoritaires.

26:56Vous dites le flatter, lui faire plaisir à titre personnel, on en est vraiment là. C 'est -à-dire qu 'aujourd 'hui, on aurait pu lui offrir un caclon en or, une Rolex en diamant, des skis en marbre, ça marche. Un avion. Un avion, comme l 'ont fait les Emiratis. La réponse est oui, c 'est une autre dimension aujourd 'hui des États-Unis qui est une appropriation non pas seulement du pouvoir mais aussi de certains moyens économiques par une petite élite. Juste un mot encore là-dessus. Dans le camp bourgeois en Suisse, on entend quelques propositions qui s 'adressent directement à vous, vous l 'auteur de Paradis fiscaux, comment on a changé le cours de l 'histoire, qui nous disent arrêtons avec cette histoire d 'impôt minimum à 15%, retrouvons notre bonne vieille compétitivité fiscale, faisons de la sous-enchaire, débarrassons-nous de ces contraintes bureaucratiques imaginées par cet horrible énarque républicain, et puis retour à l 'ancien monde.

27:51Comment vous entendez ça à vous ? L 'impôt minimum mondial, c 'est un impôt minimum de 15 % sur les sociétés, sur les multinationales, et la Suisse a décidé de l 'appliquer. et la Suisse elle est entre Caribe et Silla, entre l 'Union Européenne qui veut absolument l 'appliquer et les Etats-Unis dont pendant quelques mois on a pensé qui ne voulaient pas l 'appliquer. Alors il y a eu un accord au sein du G7, qui est un accord très trumpien avec l 'Union Européenne qui est un bel ensemble de démocraties qui cherchent ce consensus mais qui elle pouvait réagir, qui pouvait s 'opposer et qui ne l 'a pas fait.

28:22En tout cas sur cet impôt minimum mondial, l 'Union Européenne, le Japon, le Canada, le Royaume-Uni sont mis d 'accord avec les Etats-Unis pour dire on garde les 15 % mais on ne l 'appliquera pas sur les sociétés américaines. Mais vous allez nous aider, en contrepartie, à appliquer le 15%. Et donc la Suisse se trouve dans cette situation assez inconfortable où si elle n 'applique pas le 15%, elle a un vrai problème avec l 'Union européenne et peut -être même avec les États-Unis, dès lors qu 'on n 'applique pas ça aux boîtes américaines. Et donc la Suisse se trouve là encore dans une situation extrêmement inconfortable.

28:54Ne pas appliquer le 15%, c 'est hélas pas la solution. Aujourd 'hui, peut -être que dans un an ou deux, Les Allemands diront, mais pourquoi est-ce qu 'on fait cet impôt minimum mondial quand les États-Unis en ont un, mais qui est un peu moins fort que le nôtre, et donc on se met en désavantage compétitif, donc peut -être que cet impôt minimum mondial va se tarir ou s 'effilocher. Ce n 'est pas le cas aujourd 'hui. Et donc là, mon conseil à la Suisse, aujourd 'hui, non, ce n 'est pas le moment de le remettre en cause. Vous, ça aurait été étonnant que vous, vous nous disiez, oui, remettez-le en cause.

29:23Si vous pensez contre... Si disparaît, la Suisse a tout intérêt à revenir au fondamentaux Suisses. C 'est son intérêt national. On n 'y est pas. On n 'y est pas encore. On vous aura parfaitement compris. Alors, si Donald Trump semble faire à peu près ce qu 'il veut sur le front des tarifs et de la guerre commerciale, c 'est parce qu 'il table sur quoi ? Sur l 'incontournabilité de son économie. Une incontournabilité qui passe aussi par notre dépendance technologique exponentielle à ses services numériques, ce qui a inspiré à Jean-Marc Hélène une question longue.

29:57Jean-Marc Hélène est de retour lui aussi sur le plateau d 'Enfra-Rouge ça fait plaisir de vous revoir regardez comme il est bronzé comme il est en forme comme il s 'est ressourcé Dieu sait où il était en vacances c 'est un bonheur trêve de small talk avec si l 'heure est grave l 'heure est grave mais parce que vous êtes beau et en forme mais vous êtes tarodé sinon vous ne seriez pas là absolument on a beaucoup parlé de la dépendance de la Suisse au marché européen mais en fait notre dépendance elle est beaucoup plus large que ça on peut parler de nos retraites par exemple avec un exemple, Befaoka, la plus grande caisse de pension suisse qui a confié les trois quarts de la fortune qu 'elle gère à JP Morgan, la filiale suisse de JP Morgan, mais c 'est quand même une banque américaine.

30:34C 'est peut -être un peu risqué. C 'est peut -être un peu risqué, on le verra. Et puis, plus vertigineux encore, c 'est la dépendance quotidienne que nous avons, nous, à l 'oncle Sam. Et je ne parle pas des baskets ou des sodas qu 'on peut consommer, non, je parle vraiment de notre intimité, les messages qu 'on envoie sur WhatsApp, les questions qu 'on soumet à Chagipiti ou à Google, les vacances qu 'on planifie sur Airbnb, je ne parle même pas des photos sur Instagram, etc. Bref, les géants de la tech, ils sont absolument partout dans notre quotidien. On leur confie nos données et puis on leur permet de gagner des milliards en les prenant directement dans notre porte-monnaie et puis en leur permettant aussi de siphonner finalement les marchés publicitaires.

31:13Ce sont des milliards qui échappent à l 'économie suisse et européenne. Et puis, cette dépendance à la technologie, elle est un peu partout. Elle est dans nos écoles, elle est dans nos administrations, elle est aussi dans nos entreprises. Partout, on utilise des outils et de l 'intelligence artificielle qui sont directement au-dessus de la Silicon Valley. C 'est vrai pour la Suisse, c 'est vrai pour l 'Europe. Nous sommes, finalement, numériquement totalement dépendants des États-Unis. Alors, Giuliano D 'Ampoli, est-ce que cette dépendance numérique, elle n 'est pas encore plus dangereuse, plus explosive que la dépendance industrielle au marché américain, finalement ?

31:47Tout à fait, moi je pense que c 'est la vraie question, parce que je pense que de toute façon, notre vie, non seulement la vie de nos sociétés, de nos démocraties, mais même notre vie en tant qu 'individu, comme vous le disiez, elle est en train de se déplacer dans la sphère numérique de plus en plus. Chacun d 'entre nous passe beaucoup d 'heures de sa journée dans cette dimension-là. Et dès qu 'on bascule de la dimension physique, où nous sommes là, ce soir par exemple, en train de discuter, on bascule dans la dimension numérique, on entre dans une autre réalité qui est régie par d 'autres règles qui sont justement pour la plupart des règles dictées par les grandes sociétés de la tech.

32:34et ce sont toujours des sociétés américaines et on bascule dans une sphère, par exemple dans le cas du débat démocratique et de la discussion, qui n 'est plus régie par les règles de notre démocratie, par ce que nous avons développé en Suisse au cours des siècles, mais par autre chose. Et donc c 'est le vrai sujet, même au-delà du thème de la souveraineté militaire qui aujourd 'hui est très présent dans le débat européen. C 'est le vrai sujet de souveraineté qui se pose pour la Suisse et pour les autres pays européens aussi. Mais cette dépendance, c 'est une fatalité ? Ou il est encore temps de se désaméricaniser ?

33:18Non, je pense que nous sommes là aussi dans une position de dépendance qui est factuelle, parce que si on regarde toute la chaîne du numérique à partir des infrastructures, des câbles, des serveurs, et puis des plateformes, etc. On voit qu 'effectivement, la prépondérance américaine est très nette. Si on prend les services de cloud, par exemple, il y a les dix premiers au monde, il y a huit Américains et deux Chinois, même pas un Européen. Donc, on est effectivement dans cette position-là aujourd 'hui. mais est-ce qu 'on a la possibilité d 'en sortir ? Moi, je pense que oui. Il y a aussi une question mentale qui va au-delà simplement de la question de la dépendance physique et économique.

34:07On nous dit, on nous a expliqué que le numérique, c 'est un monde qui s 'imposait à nous avec ses propres règles, avec ses propres codes et qu 'il faisait simplement l 'accepter. En vérité, ce n 'est pas vrai. Si on regarde toutes les technologies au cours de l 'histoire, les mêmes technologies ont produit des effets différents selon les sociétés sur lesquelles elles atterrissaient. Si on prend l 'imprimerie, par exemple, elle a eu des effets très différents dans la Chine des mandarins, dans l 'Europe de la réforme et dans le monde islamique des califas. C 'est trois. Donc là aussi, je pense que notre objectif devrait être de prendre, non pas de faire une bataille ludite, antitechnologiques qui seraient ridicules.

34:54Mais oui, parce qu 'on ne va pas être contre l 'intelligence artificielle, on ne va pas être contre le numérique, ça n 'a aucun sens. Mais est-ce que nous avons la possibilité, nous, d 'importer ces technologies, de produire de ces technologies et de les insérer dans notre société, dans notre vie, selon nos valeurs et nos choix ? Je pense que oui. Le ludisme étant un courant technophobe anglais du 19e siècle. Oui, des solutions des machines. Voilà. Non, mais c 'est simplement parce que tout le monde n 'est pas familier avec le ludisme et les ludites. Merci Jimbo. J 'adore quand vous êtes taraudé.

35:30Écoutez. Alors, moi, c 'est moi qui suis taraudé maintenant parce que j 'ai besoin de vous dans mon oreille. Donc, je vous renvoie en régie mais vous revenez la semaine prochaine, j 'espère. Avec plaisir. Bonne suite de débats. Pascal, Saint-Amand, en gros, on accepte au-delà de ce problème cognitif dont on va parler, dont on continue à parler, mais pour rester sur la dépendance financière, on accepte effectivement de payer une sorte de taxe sur la consommation, une sorte de TVA américaine, privée, qui ne dit pas son nom, de 15-20 % sur tout ce qu 'on fait. Je commande une pizza, paf, 20%. Je réserve un hôtel, paf, 20%.

36:01Je l 'appelle, non pas un taxi, mais voilà, paf, 20%. 20, 30 ou 40. 20, 30 ou 40, d 'ailleurs. Mais c 'est quoi ? Pourquoi on continue d 'accepter ? C 'est là qu 'Union européenne a raté le coche, je pense, dans le débat avec Trump, où on pouvait le prendre au mot. Il dit, moi, j 'ai un déficit sur les biens. J 'ai un déficit commercial, j 'importe plus que je n 'exporte chez vous. Si on regarde les services numériques, on est exactement dans une situation de miroir. Pareil pour la Suisse. Nous, importants, et la Suisse, comme le reste de l 'Union européenne, effectivement, importe massivement des services numériques de la part des États-Unis, et vous êtes en déficit commercial sur les services.

36:44Et ce qu 'on aurait pu dire à Trump, c 'est un langage qui comprend, puisque c 'est le langage qui tient pour les biens, c 'est, nous, on n 'a pas de base industrielle au sens, on n 'a pas de base de services numériques, on veut protéger notre marché, et donc on va mettre un tarif. Et là, c 'était un tarif qui avait du sens. Alors le tarif, c 'est un peu compliqué de faire des tarifs sur les services, on aurait pu mettre une taxe. Alors ça fait 20 ans qu 'à l 'OCDE, j 'ai essayé, et je m 'y suis usé, de mettre en place une taxe globale, les États-Unis avaient dit oui, Trump en 2017 avait dit oui, on va faire quelque chose de global, aujourd 'hui, c 'est pratiquement plus sur la table.

37:16Et donc peut -être que les Européens et la Suisse auraient pu, s 'abriter derrière les Européens, on aurait pu dire, on vous prend au mot, vous voulez taxer nos biens, nous on va taxer nos services. – On aurait pu, c 'est du consignal passé, ça va être un temps totalement inutile puisque ça n 'existe plus. – C 'est trop tard, l 'Union Européenne a fait un deal sur l 'impôt minimum mondial en disant on exclut les boîtes américaines, elle a fait un deal mauvais sur les biens en se prenant 15%, elle est plutôt en difficulté sur l 'Ukraine, donc elle a un peu raté ces trois étapes-là au lieu de les grouper, et sur les services numériques, on est effectivement en difficulté.

37:50Alors là où l 'Union européenne est plutôt bien, et ça fait écho à ce que vous venez de dire, c 'est sur la régulation, on régule plus. Mais tous ces tycoons, ces grands chefs de la tech essayent de tordre le bras du régulateur alors qu 'en réalité, la bonne approche, c 'est une régulation plus sévère, y compris jusqu 'à l 'interdiction d 'utiliser le téléphone portable ou les services numériques aux enfants de moins de 12 ans. Il est démontré maintenant que ça rembête. Et que ça rembête en particulier à un âge tendre. Et donc, il faut prendre des actions. Et on est totalement passifs. Je pense qu 'on arrive dans une phase où il devrait y avoir une réaction.

38:28En tout cas, il faut l 'espérer. Et c 'est là-dessus qu 'il faut que nous, Européens, on retrouve notre mode de vie et qu 'on ne se fasse pas envahir. L 'intelligence artificielle étant la prochaine étape de technologies qui peuvent rendre très bêtes si on ne résiste pas. Mais c 'est une résistance ici à l 'idée, je vous donne la parole dans une seconde Nicolas Thibodeau, à l 'idée de réguler, de taxer, etc. C 'est aussi parce qu 'il y a cette idée, qui nous vient des États-Unis, que réguler et que taxer, finalement, c 'est pas la bonne... C 'est l 'arme de ceux qui sont mauvais en compétitivité et qu 'il faut mieux soigner notre compétitivité, ne pas réguler, ne pas taxer, faire en gros comme les Américains.

39:01Alors qu 'en fait, c 'est pas tout à fait vrai, les Américains eux-mêmes... Alors qu 'en réalité, les Américains ont ce succès numérique parce qu 'ils ont mis des centaines de milliards en Californie sur l 'industrie de l 'armement. Et donc, ils tiennent un discours de libéralisme absolu pour les autres, mais certainement pas pour eux. Et l 'Union européenne, une fois de plus, mais la Suisse est sans doute en écho avec ce qu 'a fait l 'Union européenne. On respecte vraiment toutes les règles du marché, même quand elles sont absurdes et conduisent à des désavantages compétitifs. Nicolas Thibaudot, qu 'est-ce qu 'on fait ?

39:31Je veux juste rajouter qu 'il y a beaucoup de ces blocs technologiques qui ont été vendus à Amazon, à Google, qui ont été développés en Suisse. Siris a été développé en Suisse, la reconnaissance faciale a été développée en Suisse, Google Maps a été développée en Suisse. Et pourtant, ça ne nous empêche pas d 'être complètement pieds et poings liés par rapport à ces services qui, aujourd 'hui, sont en main américaine. À cause que le système qui englobe tout ça, il est américain. Mais est-ce que cette rente, on appelle ça une rente, 15%, 20%, je ne sais pas, est-ce que ça ne peut pas devenir aussi, comme le dit Pascal Satamon, il parle au conditionnel passé, mais osons le futur, est-ce que ça ne peut pas devenir aussi un levier ?

40:05C 'est -à-dire qu 'on n 'a pas là quelque chose où on peut dire, attendez, on ne va pas se laisser taxer ad vitam aeternam par une idée. Moi, je ne crois pas qu 'on va arriver à faire solutionner notre problème par un excès de régulation. Parce qu 'il y a un monde réfractaire à toute cette régulation. On vient d 'entendre, par exemple, que les États-Unis, qui sont censés être l 'antirégulation par définition, ont développé leur Silicon Valley grâce, en gros, aux milliards du complexe militaro-industriel. Donc, finalement, pourquoi est-ce que nous, on ne joue pas le même jeu? Parce qu 'on n 'est pas un ensemble.

40:40Toute l 'Europe, c 'est un ensemble tellement épargne. Si on additionnait tous les efforts qui ont été développés au niveau même défense en Europe, je suis sûr qu 'on arrive au même montant qu 'aux États-Unis, mais on n 'est pas ensemble. Maintenant, l 'Europe, on a vu que quand ils étaient ensemble, ils arrivent à négocier un tarif qui est quand même beaucoup plus bas que le nôtre. Et puis nous, la solution d 'être tout seul comme ça sur le côté, on n 'a pas la solidité. Là où j 'essaie de vous amener, c 'est à l 'électrochoc que peut éventuellement susciter cette crise et à ce qu 'on pourrait en sortir de positif.

41:13Vous parliez de dimension mentale, Juliano Daempoli, il y a un côté syndrome de Stockholm, du monde entier, du monde occidental face aux États-Unis. On a l 'impression qu 'on est prisonnier presque volontairement, il y a une sorte d 'inféodation volontaire à une logique. Oui, et puis là, il faut bien voir quand même que le pouvoir de Trump est basé sur ça, C 'est un pouvoir hypnotique. C 'est -à-dire, il est là, on les hypnotise chaque jour. Il y a un coup d 'éclat. C 'est un coup d 'éclat permanent. Et donc, constamment, il passe d 'ailleurs… Il y a beaucoup d 'épisodes et du passage sur lesquels ça ne se passe pas très bien pour lui.

41:45Mais de toute façon, le jour d 'après, il est sur quelque chose d 'autre. Et donc, nous sommes tous rivés à ça. Mais pour revenir au discours du numérique, je pense qu 'effectivement, la régulation n 'est pas suffisante. parce que si on veut être des players dans ce monde-là, il faut aussi qu 'on développe quelque chose. Mais j 'ai vu passer ces jours-ci, vous êtes journaliste, vous voyez passer plus de choses que moi. Cet élément que j 'ai trouvé intéressant de l 'Airbus A320 qui est devenu l 'avion commercial le plus vendu au monde. Donné à la barbe des Américains. dépasser Boeing. Et là, vous avez un exemple d 'une réussite industrielle européenne dans un secteur important qui naît d 'un véritable effort européen qui s 'est fait sur 40 ans.

42:42Évidemment, les temps du numérique sont plus réduits, mais je ne vois franchement aucune raison pour laquelle, à côté de la régulation, et là, par contre, je pense que c 'est important par contre de défendre nos valeurs, notre modèle, nos enfants, le développement cognitif de nos enfants, etc. Mais à côté de ça, est-ce qu 'il n 'y a pas un modèle européen à développer aussi du point de vue de la création et du développement d 'initiatives dans le secteur ? Il y a peut -être une autre dimension, je ne sais pas comment elle se résoudra, mais qui est l 'appropriation des moyens économiques par un petit nombre de personnes sous forme monopolistique.

43:19Donc on a des monopoles et on avait cette situation à la fin du XIXe siècle, aux États-Unis notamment. Oui, qui a été cassé, le Sherman Act, il est là pour casser des monopoles. Et qui a provoqué une réaction qui a consisté à casser ça. Alors le paradoxe aujourd 'hui, c 'est que la révolte contre la mondialisation et contre ce phénomène conduit Trump au pouvoir ou des hommes autoritaires qui ne font que renforcer ce contre quoi on a voté. Donc c 'est le paradoxe des démocraties abîmées telles qu 'elles le sont aujourd 'hui. Mais j 'ai tendance à penser, parce que je suis optimiste, qu 'à un moment ou à un autre, il va bien avoir une réaction contre ces monopoles-là.

43:53Et c 'est précisément en Europe qu 'elle peut naître. Et ce qui va avec cette réaction contre les monopoles, c 'est la réaction contre les multimilliardaires, où on ne parle plus d 'avoir un milliard ou dix milliards, mais cent milliards et peut -être un tribiard. Et donc, là, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas quand on nous regardera dans 50 ans, dire, mais ces gens-là étaient fous. Et il va bien y avoir une réaction. Il faut espérer qu 'elle ne soit pas que autoritaire et qu 'elle conduise à des guerres, ce qu 'élas, on voit aujourd 'hui. Mais il faut espérer qu 'on ait des réponses à ces challenges-là, en sachant que la démondialisation peut peut -être créer des opportunités de régulation.

44:34Vous donnez un exemple presque grotesque et pourtant tellement réel à la fin de votre livre. C 'est l 'histoire de Waze, cette application qu 'on utilise peut -être, qui nous dit, voilà, là, il y a du trafic, passez par-ci, passez par-là, qui a fait le cauchemar d 'un endroit qui s 'appelle Lieu Saint, comme par hasard, en banlieue parisienne. Racontez-nous juste en deux mots ce qui s 'est passé. Oui, Lieu Saint, c 'est une petite commune de 15 000 habitants de la 3e cerchure parisienne, très tranquille, pavillonnaire et tout, où les gens vont plutôt habiter pour trouver la paix. Et d 'un jour à l 'autre, dans les rues du centre de Lieux Saint, il y a d 'abord quelques centaines et ensuite des milliers, des dizaines de milliers de véhicules qui débarquent.

45:24Et c 'est simplement parce que Waze, donc cette application, leur conseille de quitter l 'autoroute pour passer par Lieux Saint, pour gagner quelques minutes de temps. Et j 'ai trouvé que ce n 'est pas du tout un des effets les plus importants de la numérisation et de l 'époque que nous vivons, mais je trouve que c 'est un exemple qui pose bien la question de la souveraineté, c 'est -à-dire ce maire de Lieux 5 que j 'ai rencontré. Michel Bisson, il est très bien. Sur son territoire, c 'est lui qui met les feux rouges, qui a priori règle la circulation et tout. Un municipal. Un municipal comme vous aussi.

46:08Vous pouvez comprendre sa situation. Et en même temps, en réalité, qui est souverain sur ce territoire-là s 'il y a une application, en plus une application comme dans tous ces cas-là, qui n 'a pas de numéro de téléphone, pas de présence, pas d 'établissement, parle d 'éminence grise qui ne répond à aucun appel. Donc, il n 'a même pas d 'employé en France. Donc, lui, au moment où il a vu qu 'en plus, pour gagner quelques minutes de temps, et donc là, on voit bien qu 'il y a effectivement une question de comprendre et si on garde une souveraineté démocratique par rapport, par exemple, à notre territoire, ou si elle bascule ailleurs et à quelles conditions dans ce cas.

46:58Vous utilisez, j 'imagine, Waze. Si vous n 'utilisez pas Waze, si vous utilisez Airbnb ou Booking ou Uber, où on en parle, etc., est-ce qu 'il n 'est pas urgent de sortir de cette espèce de paresse américaine qu 'on a tous? Oui, c 'est sûr. Mais les Chinois, ils l 'ont fait. Ils ont développé leur propre système. Pour ça, il faut une masse critique. Et comme on n 'est pas une masse, mais 26 ou 30 ou 40 masses, on n 'est pas assez ensemble pour développer ensemble, pour avoir un objectif comme... Vous êtes capitaine d 'industrie, même si vous venez de prendre votre retraite. Encore une fois, les États-Unis tiennent un discours, mais ils ont des actes qui sont relativement différents.

47:44Sur le financement public de l 'innovation, il est massif. Sur les politiques industrielles, quand tout à coup, les États-Unis sortent d 'égal une politique économique ou une politique industrielle, ça se compte en centaines de milliards de dollars. En Suisse, vous dites politique industrielle ou politique économique, on vous tombe dessus en vous traitant de communiste, d 'affreux collectiviste qui veut un plan quinquennal plutôt que l 'économie libre. Est-ce que là, on n 'a pas peut -être un petit peu des choses à apprendre? On a déjà commencé à apprendre. Avec Inno Suisse, on a déjà changé le système et puis on a pu s 'adapter pour pouvoir avoir.

48:19Mais c 'est petit, petit, comparé à ce qu 'il y a aux États-Unis, ce qui a été fait, développé pour développer pour développer l 'économie américaine. Ce que je veux dire, c 'est qu 'il y a des tabous. On croit que c 'est des tabous parce qu 'on a été biberonnés à une certaine idéologie, mais qu 'aujourd 'hui, en fait, n 'en sont plus. Puis on se rend compte que ça n 'était pas des tabous, c 'était presque une arnaise. C 'est difficile de basculer sur un autre système. Vous avez utilisé le mot ? Idéologie. On est dans une idéologie. Et on s 'est pris, nous, Européens, dans ce jeu de l 'idéologie qui a commencé dans les années 80, pour de bonnes raisons.

48:52On avait des monopoles inefficaces, on avait des services publics qui ne fonctionnaient pas si bien, on a dit le marché va réguler. Et on a donné les clés au marché en perdant le bon sens. En étant beaucoup plus royaliste que le roi. J 'avais travaillé dans une vie précédente sur la libéralisation du marché de l 'électricité, qui est une absurdité économique, mais on faisait ça, pourquoi ? Parce que c 'est le marché, parce que c 'est bien. Donc j 'étais régulateur du marché de l 'électricité, on fait une réunion de l 'état-major du régulateur français, il disait qu 'il faut qu 'on fasse un communiqué de presse pour dire que c 'est bien.

49:25Et au bout d 'une demi-heure de brainstorming, on s 'est rendu compte qu 'en fait, il n 'y avait aucun avantage et que ça allait nous conduire vers des hausses de prix et une baisse de la qualité de service. Vous avez quand même fait le communiqué de presse. Et donc le président de la commission a dit, on arrête. Mais tout le monde était capturé par cette idéologie et on est hélas, ce jour-là, il est temps de repenser par soi-même, en quelque sorte. Alors, il nous reste une petite dizaine de minutes. Je vous garderai volontiers toute la nuit, mais je ne peux pas. On va faire un tout petit peu de géopolitique quand même.

49:51sortir des 39 % de la Suisse. Pas de la Suisse, non. L 'heure des prédateurs, c 'est le titre de votre livre, Juliano D 'Empoli, elle a sonné L 'heure des prédateurs, fini les règles internationales, fini le savoir-vivre, le sympathique concert des nations, retour au réalisme glacial, à la loi du plus fort. La Suisse, qui, elle, tient quand même beaucoup au respect des règles en tant que tout petit pays, est-ce qu 'il y a une place pour elle dans ce nouveau monde ou est-ce que vous êtes horriblement pessimiste ? Non, je suis tout à fait optimiste. Encore une fois, la Suisse, on a très bien tiré dans des époques dans lesquelles il y avait encore moins de règles qu 'aujourd 'hui.

50:29Elle a bien entendu toujours des ajustements à faire, mais je pense que là, elle a un modèle qui reste très performant. Il faut bien entendu, quand vous parlez d 'ailleurs à chaque fois de ces 27, 28, 29 pays, je pense que c 'est vrai, c 'est le problème de l 'Europe, mais je pense que la Suisse fait partie de cette Europe et je pense donc qu 'il y a quand même toute une série par rapport aux arguments dont nous avons parlé ce soir où la Suisse toute seule, effectivement, aura peut -être du mal à faire le poids, mais la Suisse, une Suisse qui est insérée dans l 'Europe et qui dialogue de façon constructive avec l 'Europe, peut très bien s 'en tirer.

51:18C 'est le cas d 'ailleurs de la plupart des pays européens. Il y a toute une série de domaines dans lesquels nous ne pouvons pas avoir, plus avoir une souveraineté nationale. Donc il faut qu 'on fasse les pas qui sont nécessaires pour qu 'il y ait une véritable souveraineté européenne sur ces sujets-là. C 'est le cas de la défense, c 'est le cas probablement du numérique. Il peut y avoir d 'autres cas. Parce que là, pour l 'instant, on est un peu dans un entre-deux où il n 'y a plus de souveraineté nationale sur ces sujets, mais il n 'y a pas encore de souveraineté européenne. Et donc, c 'est le pire.

51:54Parce que là, vous êtes au milieu du guet et du coup, il y a des gens qui ont envie de revenir en arrière, mais ce n 'est pas véritablement possible. Et la seule façon, c 'est d 'avancer sur ça. Après, moi, je pense aussi, je suis un patriote suisse véritable et je pense qu 'il y a une spécificité suisse, que ce soit le modèle démocratique qui est un modèle démocratique extraordinaire. Mais là, vous jouez à Emmanuel Macron, par exemple. Mais je ne vous la joue pas. C 'est dû en même temps. Alors, il faut être dans l 'Europe et en même temps, il ne faut pas l 'être complètement... De toute façon...

52:24C 'est ça la bonne réponse. Mais oui, en même temps. Voilà. Une souveraineté européenne et une souveraineté nationale. Et c 'est ce que l 'Europe n 'a pas bien su faire jusqu 'à présent. Elle n 'a pas su construire une souveraineté européenne, mais elle l 'a fait contre les souverainetés nationales. Donc, on a réveillé des crises identitaires sans être capable de construire la souveraineté européenne. Et donc, c 'est dans cet équilibre subtil qu 'il va falloir jouer encore plus en Suisse. On parle d 'État pour l 'Union européenne, de canton pour la Suisse. On est très fragmenté et en même temps, il y a une identité.

52:51Et il faut combiner cette identité avec la construction d 'une souveraineté. On n 'a pas encore trouvé la clé, mais on y va. Et puis, on voit que les États-Unis, de leur côté, ça se craquelle aussi. Quand on voit la confiance dans le dollar, elle est en train de s 'éroder. Et c 'est un changement fondamental si les États-Unis ne peuvent plus se financer sur le dos du reste du monde en imprimant des dollars. Et on voit qu 'il commençait à avoir des doutes. Cette Suisse qui, à la fois, gagnerait, nous le dit-on, à se rapprocher de ses voisins et de ce grand ensemble et qui, en même temps, tire son épingle du jeu à avoir sa spécificité différente.

53:24C 'est ce débat qui dure depuis maintenant des décennies en Suisse par rapport au continent européen. Nicolas Thibodeau, qu 'est-ce qu 'on fait ? La Suisse, elle a joué son jeu d 'une manière un peu solitaire, un peu solo. Jusqu 'à présent, ça lui a plutôt bien réussi jusqu 'à présent quand même. Il se négocie par exemple un accord de libre -échange avec la Chine, les Européens attendent toujours. Est-ce qu 'on peut continuer à essayer d 'imaginer qu 'il y a une voie royale, voie express, 100 % suisse ou est-ce qu 'il faut rentrer en rond? Je pense que le monde a quand même changé. Il y a des polarisations qui font qu 'il faut qu 'on se regroupe pour être plus solide.

53:59Quand on avait moins de polarisation, la possibilité d 'avoir son chemin différents des autres étaient peut -être plus possibles maintenant. Je regarde dans le domaine spatial, on a fait partie intégrante de l 'ESA et ça a été vraiment un succès. Donc, il faut qu 'on trouve un moyen de pouvoir avoir une collaboration qui est beaucoup plus solide, beaucoup plus transversale, tout en ayant la possibilité d 'avoir une spécificité. Pour enfoncer un petit peu ce clou en même temps, Giuliano D 'Ampoli est resté sur le front strictement géopolitique. La Genève internationale était en déliquescence jusqu 'à il y a quelques jours, ou quelques heures.

54:42On nous annonçait que c 'était la fin, que le multilatéralisme était mort, que Trump allait tuer Genève et l 'esprit de Genève. Et puis voilà que tout à coup, paf, Emmanuel Macron nous dit, tiens, si on organisait un sommet Poutine-Zelensky à Genève, la Genève et la Suisse des bons offices réapparaissent. Ça plaide, pourquoi ? Parce que la Genève et la Suisse, des bons offices, c 'est la Suisse neutre, la Suisse qui ne rentre pas dans le rang, la Suisse qui est non-alignée, et puis en même temps, vous nous dites qu 'il faut qu 'on commence à s 'aligner, à se trouver des amis, alors on fait comment ?

55:12En même temps, ça va à un moment, mais... Écoutez, de toute façon, la politique, vous posez une question trampienne, c 'est -à-dire, vous savez, la politique, c 'est comme ça, c 'est -à-dire, il faut effectivement concilier de l 'inconciliable, trouver des... Je pense que la Suisse a très bien réussi à faire ça au cours de l 'époque. Ce qui est important, c 'est de ne pas se radicaliser d 'un côté ou de l 'autre. Je pense que ça, c 'est d 'ailleurs un des problèmes du tout numérique et du débat fait à coups de tweets où on ne nous présente que des options radicales d 'un côté et de l 'autre. Et donc, vous allez avoir ceux qui veulent sortir et couper tous les liens avec l 'Europe et la neutralité comme on pouvait l 'entendre il y a 150 ans, et d 'un autre côté, vous allez avoir les gens qui vont vouloir simplement se confondre dans l 'Union Européenne, etc.

56:11Et ça, sur tous les sujets, le problème, c 'est de n 'avoir que deux options très radicales d 'un côté et de l 'autre, et de devoir presque avoir honte d 'essayer de chercher une voie qui soit entre les deux. Par contre, la politique, ça s 'est toujours fait comme ça, et je pense que c 'est la manière suisse, d 'ailleurs, de faire de la politique, et ce serait bien de continuer. Elle vous a enragé, fait enragé pendant quelques années, la Suisse, quand vous étiez à la tête de la politique fiscale de l 'OCDE, parce qu 'elle s 'en amant, c 'était compliqué, etc. Vous êtes optimiste pour elle, maintenant, dans cette…

56:45Oui, parce que la Suisse a retenu des leçons. Être totalement isolée dans cette fièvre obsidionale où je reste dans ma forteresse, puis il y a un moment où il y a du multilatéralisme, on dit qu 'il faut changer les règles, et les Suisses attendent la dernière minute, ils se sont rendus compte que ça ne payait pas. Et depuis plus de dix ans maintenant, la Suisse a été capable d 'anticiper, si on reste dans le domaine fiscal, l 'impôt minimum mondial, le reste, et d 'être sous l 'écran radar et d 'être très performante. Et donc, l 'ouverture de la Suisse sans perte d 'identité, c 'est ça la contradiction, c 'est ça le point de tension, c 'est quelque chose que la Suisse a été capable de faire.

57:22Et là, Trump nous rend en quelque sorte un grand service en tant qu 'Européens, et j 'inclus la Suisse dans l 'Europe, n 'est-ce pas, même si je suis français. c 'est qu 'il crée ce sentiment européen. Et j 'imagine que les 39 % vont aider la Suisse à comprendre que tout seul, vous ne pouvez pas faire face. Les Européens auraient pu mieux faire, mais enfin, ils ont fait quand même nettement mieux que la Suisse. Donc là, on a une fenêtre d 'opportunité avec ce défi de concilier, c 'est inconciliable, la souveraineté nationale et puis une souveraineté européenne, avec la Suisse qui ne sera pas dans la souveraineté européenne, mais qui peut être sous cette coupe tutélaire de l 'Union européenne.

58:01Tout est dans la définition de la tutelle. Qui peut la protéger. On fera quelques émissions là autour. Et la neutralité, moi, me paraît importante. On en parlait en préparant l 'émission. Il y a deux jours, je disais, ce qui serait bien pour la Suisse, c 'est d 'accueillir un sommet. Alors, je ne suis pas sûr que le fait que le président Macron ait proposé Genève soit vraiment une faveur pour Genève aux yeux de Trump. Mais on voit que vous avez un rôle à jouer dans l 'Union européenne, vous pouvez profiter de cet ensemble, et le trumpisme et le fait que les États-Unis se détachent un peu du bloc occidental, en réalité, c 'est ça, et je pense que c 'est un mouvement assez fondamental, il est déjà intervenu dans l 'histoire américaine, l 'isolationnisme, ce n 'est pas nouveau aux États-Unis, mais là on a, je pense, quelque chose d 'assez fondamental et qui va durer, c 'est une chance pour nous de construire une Europe ouverte et plus intelligente.

58:50C 'est peut -être une occasion de décrire une nouvelle page de l 'Occident, peut -être moins américaine que jusqu 'à présent ? Oui et non, parce que moi je pense que quand même dans tout ce système économique, on n 'est pas gagnant s 'il y a une partie qui est trop faible. Et ce qui est arrivé aux États-Unis, c 'est cette désindustrialisation qui a fait qu 'ils se sont retrouvés « humiliés » et aujourd 'hui ils essaient de se refaire, mais pas de la bonne façon, je pense. Mais c 'est un peu ça, c 'est qu 'on a créé vraiment un État qui est faible. Les États-Unis étaient faibles parce qu 'ils ne produisaient plus, mais ils consommaient.

59:30Donc aujourd 'hui, il faut que... La solution, ce n 'est pas de mettre des tarifs, mais c 'est plutôt de regarder quelles sont leurs forces, vers quoi, où ils doivent innover, où ils doivent investir, comme nous, on fait dans une entreprise. On cherche quels sont les domaines qui sont proches de nos compétences au lieu de taper sur le clou des exportateurs. Vous qui savez tout, Giuliano Dampoli, en conclusion, ce sommet, Poutine-Zelensky, s 'il a lieu, ce sera à Genève ou à Rome ? Là, vous êtes dans un conflit d 'intérêt assez grave. Je pense que si le Vatican est d 'accord pour l 'accueillir, ça pourrait être plutôt au Vatican.

1:00:11Ce serait un camouflet quand même pour nos bons offices, non ? – Non, mais il y en aura d 'autres. – Il y en aura d 'autres, vous êtes un optimiste quand même, ça fait plaisir, merci. Merci mille fois à tous les trois d 'avoir participé à cette émission, je ferai bien durer les choses, mais je ne peux malheureusement pas. Merci à vous de nous avoir suivis et de retour pour cette nouvelle saison, on se retrouve la semaine prochaine, je ne sais pas de quoi on parlera, on verra bien, tout de suite, doc à la une, l 'Amérique toujours, en guerre toujours, mais cette fois contre ses propres femmes, vous allez voir.

1:00:36Excellente soirée sur la RTS ou ailleurs, bye bye. – Sous-titrage ST' 501

1:00:57Sous-titrage ST' 501

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La Suisse est en état de choc depuis le 1er août et le coup de massue tarifaire asséné par Donald Trump. Ce n'est ni à 15%, ni à 31%, mais désormais à 39% que les exportations helvétiques sont taxées à la douane américaine. Véritable catastrophe pour son économie, la nouvelle donne pousse la Suisse dans les cordes. Comment réagir ? Faut-il se soumettre ? A-t-on les moyens de contre-attaquer ? Comment apprivoiser Donald Trump ? Et à quel saint se vouer à l'heure des prédateurs ? "La petite Suisse peut-elle échapper à l'ogre Trump ?" C'est le débat d'Infrarouge, mercredi 20 août.

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La petite Suisse peut-elle échapper à l'ogre Trump ?Infrarouge ‐ RTS · 1 h 1 min
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