In short
Guerre Iran–Israël/États-Unis et “nouvelle guerre du Golfe”, avec extension au Liban et risque d’escalade régionale (missiles, drones, minage du détroit d’Hormuz), sans offensive terrestre annoncée.
Guests (backgrounds)
- Clément Therme: spécialiste de l’Iran, enseignant à l’Université Paul-Valéry (Montpellier).
- Asmi Abidi: politologue, chargé de cours à l’Université de Genève, revenu du Qatar.
- Aline Jacoté: cheffe de la rubrique internationale du Temps, ancienne correspondante en Israël.
- Jean-Marc Ricli: responsable des risques globaux et émergents au GCSP (Genève).
- Anthony Samrani: rédacteur en chef de Lorient Le Jour, en duplex depuis Beyrouth.
Key claims
- Résilience iranienne attendue car pas d’opération au sol; mais succession et loyautés fragilisées, salaires menacés.
- Les États-Unis et Israël divergent: Israël vise l’affaiblissement/durée politique après 7 octobre; Trump veut une sortie rapide.
- Les proxys (Hezbollah/Hamas) sont affaiblis, mais les capacités iraniennes résiduelles (missiles/drones) restent; Houthis pas encore engagés.
- Au Liban, Israël vise surtout le Hezbollah et cherche à pousser le gouvernement à désarmer; risque de guerre longue et de zones grises.
- Les pays du Golfe évitent l’escalade, mais la pression iranienne (ciblage d’infrastructures) augmente le coût et le risque de coalition élargie.
Notable examples
- 12 jours de raids israélo-américains, décapitation du pouvoir iranien; frappes iraniennes sur bases/monarchies du Golfe et menaces sur Hormuz.
- Plus de 40% des missiles/drones tirés contre les Émirats; frappes sur zones civiles (hôtels 5 étoiles, infrastructures).
- Beyrouth: bombardements dans la banlieue sud; frappes non précédées d’avertissement.
- Hezbollah: “100 à 10” (puis possible “10 à 1”), mais pas “0” sans processus long.
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Chapters
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3:04 to 4:24
Experts discuss the implications of recent events in the Middle East and their impacts.
“Asni Abidi, je vais commencer avec vous, parce que vous rentrez, je l 'ai dit, il y a quelques jours, c 'est dimanche, je crois, d 'Arabie Saoudite via le Qatar.”
Anthony Samrani's Perspective from Lebanon
4:24 to 6:06
Insights from Anthony Samrani on the ground situation in Lebanon during the conflict.
“Littéralement sous les frappes israéliennes.”
Iran's Resilience Amidst Attacks
6:06 to 7:30
Clément Therme discusses the resilience of the Iranian regime under military pressure.
“Mais on sent, on a cette impression du côté de Beyrouth qu 'autant il y a une course contre la montre pour terminer le conflit iranien le plus rapidement possible, avant que Trump ne s 'en lasse.”
Military Dynamics and Regional Implications
7:30 to 11:00
Experts analyze the military dynamics and broader implications for the region.
“Mais d 'abord l 'Iran, je crois que c 'est là-bas que tout a commencé et on va s 'y arrêter à un moment.”
Divergence of Strategies: Israel vs. America
11:00 to 14:00
Discussion on the differing military strategies of Israel and the USA in the conflict.
“Sur le front militaire, les mollas annonçaient pouvoir encaisser tous les chocs, tenir six mois.”
Iran and Its Regional Impact
14:00 to 19:32
Explore Iran's role in the ongoing regional conflict and the implications for Israel and the US.
“la rhétorique iranienne qui disait que vous visez, qu 'ils visent uniquement les intérêts américains dans le Golfe, c 'est faux.”
Military Strategies and Political Dynamics
19:32 to 28:00
Discuss the military strategies being employed and the political dynamics influencing the conflict.
“Est-ce un accord avec un régime affaibli ?”
Understanding U.S. and Iranian Relations
28:00 to 29:11
Analyze the historical context of U.S.-Iran relations since 1979.
“veulent venger directement le président Trump, donc il y a une question personnelle.”
The New Gulf War and Its Implications
29:11 to 30:57
Explore the broader implications of the new Gulf conflict involving multiple nations.
“Souvenez-vous, début février, les menaces du guide suprême iranien.”
Gulf States' Response to Iranian Aggression
30:57 to 32:56
Discuss the reactions and strategies of Gulf states amidst Iranian attacks.
“Asni Abidi, voilà des questions qui nous permettent de revenir à ce que vous disiez tout à l 'heure sur la non-réaction pour l 'instant des pays du Golfe, des Émirats.”
Show all 17 chapters
Potential Military Coalitions and Escalation
32:56 to 34:48
Examine the potential for military coalitions involving Gulf states and their allies.
“mais aussi de Benjamin Netanyahou pour se proposer comme l 'unique garant.”
Current Situation in Lebanon and Hezbollah
34:48 to 37:16
Assess the ongoing conflict between Israel and Hezbollah in Lebanon.
“ce qui est une possibilité sérieuse, compte tenu de la position, par exemple, de l 'Allemagne, très en pointe sur la question iranienne en Europe, et la France aussi a toujours été en pointe sur la question iranienne.”
Humanitarian Crisis and Political Consequences
37:16 to 39:46
Discuss the humanitarian impact of the conflict and its political ramifications for Lebanon.
“donc la région la plus proche d 'Israël, avait été complètement nettoyée des armes du Hezbollah.”
Broader Regional Dynamics and Future Scenarios
39:46 to 42:00
Explore the changing dynamics in the Middle East and potential future scenarios.
“de penser que d 'occuper le territoire garantit la sécurité.”
Israël et la Redéfinition du Conflit
42:00 to 44:34
Discussion sur l'impact de la situation actuelle sur Israël et ses relations dans la région.
“Alors au final, Clémentaire, mais est-ce qu 'Israël n 'est pas en train de devenir le grand gagnant de la séquence, d 'assurer sa sécurité pour de nombreuses années dans la région ?”
Risques et Conséquences pour Israël
44:34 to 46:50
Analyse des risques auxquels Israël fait face suite à la guerre et aux accords d'Abraham.
“mais elle ne se traduit pas en domination politique.”
Perspectives Militaires et Opportunités
46:50 to 47:59
Exploration des capacités militaires et des implications potentielles pour d'autres acteurs, notamment la Chine.
“Ça pourrait retourner une partie de l 'opinion américaine.”
Transcript
Automatic transcript. May contain errors.0:17L 'Iran frappé et c 'est une partie du Moyen-Orient qui s 'embrase. Les bases américaines au Moyen-Orient ont été visées en représailles. Le président Trump a défini une mission très spécifique. Notre job, c 'est de l 'accomplir sans relâche. Mais c 'est lui qui a juste la cadence.
0:41Téhéran, asphyxié, 12 jours sous un déluge de feu depuis les premiers raids israélo-américains sur l 'Iran qui ont décapité le pouvoir en place et tué le guide suprême. En répliquant tous azimuts sur les monarchies du Golfe, la République islamique a choisi de s 'isoler toujours plus. 12 jours qu 'Israël, l 'ennemi juré, le petit Satan, comme disent les Mollah, pilonne le pays et frappe aussi au Liban, sans relâche, les bastions pro-iraniens du Hezbollah. Israël est-il en train d 'asseoir sa toute-puissance dans cette partie du globe ? Combien de temps le nouveau guide suprême, tout juste élu en Iran, aura-t-il les moyens de tenir ?
1:21Et comment cette guerre va-t-elle rebattre les cartes au Moyen-Orient ?
1:50comme tous les mercredis soir sur Infrarouge et de plus en plus nombreux, ce qui nous honore et ce qui nous oblige. Alors, où conduit cette nouvelle guerre du Golfe et jusqu 'où va-t-elle redessiner la région, qui est probablement la région la plus stratégique du monde. Cinq invités ce soir pour essayer d 'y voir un peu clair. Clément Therme est avec nous de retour sur le plateau d 'Infrarouge. Bonsoir. Bonsoir. Merci mille fois d 'être là. Grand, grand spécialiste de l 'Iran Université Paul-Valéry à Montpellier où vous enseignez. Asmi Abidi, bonsoir. Bonsoir. Politologue, chargé de cours au Global Studies.
2:20à l 'Université de Genève et de retour du Qatar il y a quelques jours. Vous allez nous raconter. Aline Jacote, bonsoir. Bonsoir. Chef de la rubrique internationale du temps, ancienne correspondante en Israël, ce qui a évidemment son importance ce soir. Jean-Marc Ricli, bonsoir. Bonsoir. Responsable des risques globaux et émergents au GCSP à Genève, le centre de politique de sécurité en matière de risques globaux et émergents. Vous avez du travail en 2026. Et Anthony Samrani est avec nous. On le remercie déjà chaleureusement. rédacteur en chef de Lorient le jour, en duplex et en direct de Beyrouth au Liban, évidemment au cœur de quoi ?
2:54De la guerre, déjà, ou peut -être pas encore, et c 'est peut -être ça qui est pire. Alors l 'Iran est-il en échec et mat ? Et si oui, qui a gagné la partie ? Bienvenue dans Infrarouge. Asni Abidi, je vais commencer avec vous, parce que vous rentrez, je l 'ai dit, il y a quelques jours, c 'est dimanche, je crois, d 'Arabie Saoudite via le Qatar. Pas de chance, vous voyagez le 28, vous vous retrouvez bloqué. Comment vous êtes sortis ? Racontez-nous simplement le périple. C 'est en transitant par l 'aéroport de Doha, comme vous le savez, qui est devenu un hub mondial. Le vol de Doha-Genève fait 45 minutes de vol.
3:25Et au-dessus de l 'espace aérien de Bahreïn, le pilote fait un holding pendant 45 minutes. Donc il fait des tournements. Et c 'est là, bien sûr, où tout le monde se connecte. Et on découvre que le ciel, justement, que l 'espace aérien, il sous le feu. Et que les bombardements ont commencé en direction de l 'Iran. et c 'est là que le commandant de bord nous informe qu 'il allait faire un demi-tour. Donc retour à Doha et puis ensuite quelques jours surréalistes, dans un 5 étoiles, en entente des drones. Une journée à l 'aéroport, on pensait vraiment que peut -être il y aurait une fenêtre et repartir.
3:57En fait, la décision, c 'est la fermeture de l 'espace aérien, la fermeture de l 'aéroport et tous les passagers qui étaient à ce moment-là à l 'aéroport, environ 8500 passagers, tous dispatchés dans les hôtels de Doha. Et j 'ai passé 10 jours. Certains ont pris quand même la route par l 'Arabie Saoudite pour rentrer. J 'ai quand même préféré rester une semaine pour suivre un peu les événements de près. Voilà. Bon, on est content que vous soyez revenus et que vous soyez parmi nous. Anthony Samrani, je l 'ai dit déjà, merci, je le répète, d 'être avec nous en ce moment même en direct de Beyrouth.
4:29Littéralement sous les frappes israéliennes. Israël qui est déterminé, on l 'a compris, à en finir avec le Hezbollah. Avant l 'analyse, j 'aimerais un mot sur votre vie quotidienne. Quand je dis que vous êtes sous les bombes, vous êtes littéralement sous les bombes à laquelle nous parlons.
4:46Bonsoir. De mon côté aussi, je suis ravi d 'être avec vous. Il y a quelques secondes, je crois, juste avant l 'émission, on a écouté deux bombardements assez forts. Le journal se situe à quelques kilomètres de la banlieue sud, qui est la zone la plus frappée au Liban. et je crois que notre sentiment général à nous, journalistes, à Lorient-le-Jour mais aussi à la population il faut bien comprendre qu 'il y a des gens qui souffrent et qui souffrent bien plus que nous, il y a des gens qui dorment à même le sol qui sont réfugiés, qui n 'ont plus rien qui ont dû quitter leur maison qui ont perdu leur appartement, qui ont perdu des proches nous on est vraiment privilégiés pour l 'instant dans cette histoire mais c 'est vrai que la peur elle est partout la tension elle est très forte et je crois que ce qui est encore pire, en tout cas là je vous parle d 'un point de vue plus personnel, c 'est ce sentiment d 'une histoire qui se répète encore et encore et cette absence totale de perspective, ce sentiment finalement que ça ne finira jamais.
5:48Vous disiez on a l 'impression de revivre chaque jour le même jour alors qu 'on est simplement à quelques jours du début de ce nouveau conflit mais vous êtes habitué, ce n 'est pas le premier, vous connaissez ces scènes.
6:03— Oui. C 'est -à-dire que pour l 'instant, la stratégie israélienne, elle consiste essentiellement à bombarder de façon plus ou moins intense, selon les journées, des zones où le Hezbollah est assez présent, et essentiellement le sud du pays et la banlieue sud, et à viser également des zones d 'autres types de zones et où on est dans le cadre d 'attentats ciblés qui, eux, peuvent faire bien davantage de victimes collatérales puisqu 'elles ne sont pas précédées d 'un avertissement. Mais on sent, on a cette impression du côté de Beyrouth qu 'autant il y a une course contre la montre pour terminer le conflit iranien le plus rapidement possible, avant que Trump ne s 'en lasse.
6:50Donc l 'aviation israélienne est très largement mobilisée en Iran. Et au contraire, au Liban, Israël peut agir à sa guise. Israël a le temps. Les enjeux sont moindres. Il n 'y a pas d 'envolée des prix des hydrocarbures. Il n 'y a pas d 'implication des pays du Golfe. Il n 'y a que la France qui se mobilise et encore qui ne suffit pas à peser dans le conflit. et donc on craint que même dans le cas où le conflit iranien s 'arrêtait prochainement, la guerre libanaise pourrait être beaucoup plus longue et qu 'on n 'en soit finalement aujourd 'hui qu 'au début. Et bien on va évidemment reparler tout à l 'heure du Liban avec vous évidemment, avec cette espèce de prédiction pas très heureuse que vous nous faites.
7:34Mais d 'abord l 'Iran, je crois que c 'est là-bas que tout a commencé et on va s 'y arrêter à un moment. Clément Terme, on assiste depuis, on a tous suivi ça depuis 12 jours, régime largement décapité, le guide suprême mais pas seulement, le chef des gardiens de la Révolution, le ministre de la Défense, chef d 'état-major de l 'armée, enfin beaucoup de monde, les infrastructures stratégiques copieusement pilonnées avec application, Anthony Samrani vient de nous le dire, mais le régime qui tient, qui tient bon apparemment, déjà est-ce qu 'il tient bon oui ou est-ce que c 'est une illusion et puis s 'il tient bon, il tient bon jusqu 'à quand ?
8:04Alors oui, la résilience du régime iranien était prévisible parce qu 'il n 'y a pas d 'opération au sol. Donc le changement de régime par les airs, donc il y a une adéquation, si vous voulez, entre l 'objectif politique affiché et les moyens militaires mis à disposition. En même temps, il est trop tôt pour prévoir les effets à long terme. On a vu par exemple la guerre des 12 jours au mois de juin 2025 et des massacres au mois de janvier 2026, des dizaines de milliers d 'Iraniens, voire des centaines de milliers qui sont descendus dans les rues. grande manifestation dans l 'histoire de la République islamique depuis 2009.
8:36On ne sait pas les répliques sismiques de ce choc militaire qui est en train de se produire sur le futur du régime, d 'autant que le régime, plus il survit à l 'intérieur, plus il s 'affaiblit. Parce que sa survie, c 'est au prix d 'une succession qui voit le fils du guide, Moshtaba, prendre le pouvoir, en lien avec les services de renseignement des gardiens de la Révolution qui auraient menacé les membres de l 'Assemblée des experts, les vieux clercs, si vous voulez. C 'est des gyrontocrates. Ils ont plus de 80 ans, tous des hommes, misogynes, extrémistes. Ils sont eux-mêmes menacés pour leur choix, pour choisir le fils du guide, alors qu 'ils préféraient un autre ayatollah qui avait plus les compétences religieuses.
9:12On voit quand même la base se retrécier à chaque escalade. En plus, il y a quand même un risque pour la loyauté, parce qu 'il y a des pertes importantes côté régime. Donc, il y a aussi des défections, des refus d 'obéir. Il y a quand même aussi le risque de ne plus payer les salaires. On voit aussi des rumeurs sur le fait que le gouvernement peut -être ne sera pas en mesure de payer les salaires pour le dernier mois de l 'année iranienne, qui va se terminer en même temps que la fin du Ramadan. Donc on voit quand même qu 'aussi, il y a des défis à venir. Donc ce choc militaire n 'est pas terminé d 'abord, parce que les États-Unis, est-ce qu 'ils vont proclamer la victoire alors qu 'ils n 'ont pas éliminé, alors qu 'ils ont remplacé un ramenei par un autre en neuf jours ?
9:48Donc ça, c 'est un bilan peu flatteur. Ça, c 'est extrêmement intéressant. Ce que vous dites, pour vous, c 'est exclu que les Américains se retirent... Non, rien n 'est exclu avec le président Trump. Non, c 'est vrai. On ne peut pas dire ça. Mais en tout cas, en termes de communication stratégique, pour les Américains, dire on a fait 12 jours comme le plus grand succès militaire de l 'histoire contemporaine des États-Unis, c 'est difficile. Donc, vendre un succès actuellement, même s 'il y a un choc sur l 'économie mondiale, qui est minimisé effectivement par le président américain. Et puis, la stratégie de l 'impublique islamique est à double tranchant, parce que d 'un côté, ils disent qu 'ils peuvent absorber des chocs militaires pendant longtemps, ça c 'est la propagande, la communication stratégique de la République islamique.
10:23Mais en même temps, ils essayent de pousser le baril vers 200 dollars. ils annoncent aujourd 'hui. Et ça, ça veut dire qu 'au contraire, ils souhaitent que la guerre s 'arrête. C 'est pour ça qu 'ils font un choc sur l 'économie mondiale et qu 'ils mobilisent les pays du Golfe. Donc chaque réplique représa iranienne entraîne affaiblissement interne et affaiblissement régional parce que les États de la région, ils ont bombardé quand même 8 ou 9 de leurs 15 voisins. Donc ça, c 'est quand même assez exceptionnel. Et donc là, ils vont aussi payer un coup. Si par exemple les Emirats gèlent les avoirs iraniens, donc les mesures de rétorsion financière, notamment des pays voisins, qui les aidaient jusqu 'à présent à contourner les sanctions pourrait coûter très cher si la République islamique survit à ce choc militaire.
10:59Jean-Marc Ricli, vous tenez presque le compte de tous les stocks des uns et des autres. Sur le front militaire, les mollas annonçaient pouvoir encaisser tous les chocs, tenir six mois. La vérité, c 'est quoi ? C 'est qu 'ils ont déjà perdu cette guerre, en termes militaires. Non, je ne pense pas qu 'on peut dire ça, parce que si on regarde la courbe des missiles et des drones qui sont lancés, Vous avez un pic le premier jour, ça descend, puis à partir du 5, ça commence à remonter. Donc, ce qu 'on voit quand même, c 'est qu 'il y a des capacités résiduelles dans l 'arsenal iranien. Le problème, l 'avantage comparatif au niveau militaire des Iraniens, c 'était d 'une part tout ce qui est missiles et vecteurs balistiques.
11:48C 'était bien sûr le nucléaire. C 'était tout ce qui est minage. et puis les supplétifs, les proxys dans la région. Si on prend tous ces éléments, les supplétifs avec le Hezbollah, Hamas, ils sont très clairement réduits. Ce qui est intéressant, c 'est que les Houthis ne sont pas encore rentrés en scène dans ce conflit. Alors là, on a potentiellement… Au Yémen donc. Au Yémen et puis là, vous avez un détroit de Bab el-Mandeb qu 'ils ont attaqué d 'ailleurs à la suite des attaques d 'octobre 2023 et puis une opération militaire américaine pour sécuriser. Mais on pourrait imaginer que les Houthis recommencent à attaquer dans la région.
12:28Et là, ça créerait encore plus de pression sur le système global. Maintenant, au niveau des missiles, ces missiles, c 'est clair, ça a été vraiment le point principal du développement militaire des Iraniens. Depuis 2024, on a eu des séquences, des approchements directs entre Israël et l 'Iran. Il y a des missiles qui ont été tirés. On estimait qu 'il restait environ 2500 missiles avant la guerre des 12 jours. Environ 500 auraient été tirés. Donc, si on regarde maintenant, on a environ 1000 missiles, grosso modo, qui ont été tirés. Environ 3000 drones qui ont été également tirés. Ce qui est très intéressant, et c 'est probablement ce que les Américains n 'avaient pas prévu, c 'est l 'escalade.
13:11Il y a deux types d 'escalade au niveau d 'un conflit. C 'est vertical, c 'est -à-dire on augmente l 'intensité, ou alors horizontal. total, on étend le conflit. Et dès le départ, les Iraniens ont étendu le conflit aux voisins. Et si vous prenez... Ce qu 'Ali Khomeini avait prévenu, il avait dit quelques jours avant, quelques mois avant, il avait dit, attention, si vous attaquez, ça va être régional. Alors, tout à fait. Mais si on prend ce qui s 'est passé, par exemple, au Qatar l 'année passée, il y a eu une frappe qui était télégraphiée, quasiment, qui était chorégraphiée. Par contre, là, on voit que plus de 40 % des missiles et des drones qui ont été tirés ont été tirés contre les Émirats arabes unis.
13:44Et puis ça, l 'idée, c 'est de mettre de la pression sur ces États. D 'ailleurs, aujourd 'hui, l 'ancien ministre des Affaires étrangères, Anwar Gargache, qui est maintenant le conseil diplomatique de Mohamed Mouzayed, le leader des Émirats, a dit que la rhétorique iranienne qui disait que vous visez, qu 'ils visent uniquement les intérêts américains dans le Golfe, c 'est faux. Ils ont été touchés. Est-ce que ça, ça préfigure une possible représailles des Émirats ? Et là, ça se ferait encore une plus grande escale. Et puis, il y a tout de suite maintenant cette problématique du minage. On va en parler de la politique représentante, parce que c 'est une vraie question.
14:20Et donc, ce qu 'on voit, c 'est que vraiment, il y a, on pourrait dire, le finale grande de la part de l 'Iran. Aline Jacoté, Israéliens et Américains sont, a priori, main dans la main depuis le début, sauf qu 'ils ne frappent pas les mêmes cibles sur le plan militaire, ils ne visent pas les mêmes endroits. Les Israéliens se concentrent un peu sur Terre, les Américains ont d 'autres priorités. Et puis, parce qu 'ils ont d 'autres priorités, parce qu 'ils ont d 'autres stratégies diverses, divergent, pardon, pour les Israéliens, L 'idée, c 'est d 'en finir avec le régime. Pour Trump, c 'est beaucoup moins clair.
14:50C 'est compliqué de faire une émission après 12 jours de guerre dans une guerre dont on ne sait pas comment elle va se terminer, en train d 'essayer de sculpter sur des nuages pour voir où ça nous mène. Ce qu 'on sait, c 'est qu 'une partie de la réponse tient dans cette divergence de vue entre les Israéliens et les Américains. Oui, et on est vraiment dans une configuration entre Israéliens et Américains qui est complètement différente. Pour les Israéliens, la perception des Israéliens, c 'est que c 'est une guerre de nature existentielle. On est toujours dans l 'après 7 octobre. Et les Israéliens, en fait, une grande partie des Israéliens, si ce n 'est la majorité, je rappelle quand même qu 'il y a 90 % des Israéliens jusqu 'à maintenant dans les sondages d 'opinion israéliens-juifs qui sont en faveur de cette guerre, qui la soutiennent, perçoivent en fait le 7 octobre comme la résultante de la mainmise de l 'œuvre des Iraniens.
15:34Et donc, ils vont prendre, ils prennent cette opportunité en fait maintenant, offerte pour essayer d 'en finir de manière pas définitive, parce que je pense que le commandement israélien est parfaitement au courant qu 'ils sont en train d 'affaiblir le régime, mais que le détruire, ça relève du blabla, du discours, parce qu 'on voit très bien que c 'est un régime qui est extrêmement résilient. Mais il s 'agit en tout cas de l 'affaiblir de manière extrêmement forte, de façon à pouvoir affirmer un moment, parce que je vous rappelle quand même qu 'on est à quelques mois des élections en Israël, d 'ici fin octobre.
16:07Il y aura des législatives qu 'il n 'y a pas eu depuis trois ans, ça fait depuis quatre ans, ça fait depuis longtemps que les Israéliens n 'ont pas voté. Donc Netanyahou va pouvoir venir... Il va gagner les législatives. Alors, à mon avis, il va gagner les législatives, mais il répond vraiment à quelque chose de très profond chez les Israéliens, une angoisse, en fait. L 'Iran était perçu comme vraiment la seule entité capable réellement de détruire Israël. Alors après, on peut parler de la réalité des faits versus la perception, mais c 'est ce qui explique pourquoi les Israéliens aujourd 'hui sont aussi massivement derrière cette opération.
16:37Mais pardon, je vous laisse la parole. Donald Trump nous dit hier, nous dit « Ah non, non, mais en fait, je vais terminer cette affaire. » Alors, le timing et les enjeux ne sont pas, évidemment, pas les mêmes. Les timings sont parfaitement antagonistes sur le plan électoral. C 'est -à-dire que, ils sont parfaitement antagonistes, c 'est -à-dire que Trump a tout intérêt à ce que ça se termine le plus vite possible pour des raisons économiques liées au coût de la vie, au prix du pétrole, etc. On voit que sa cote de popularité est en baisse. Au contraire, Netanyahou, en fait, alors il a promis certes une guerre rapide aux Israéliens, on voit que ça va probablement se transformer en guerre d 'attrition parce que le régime de Nébola n 'a pas dit son dernier mot, mais au contraire, la guerre renforce Netanyahou.
17:17Et on voit qu 'à chaque fois qu 'il est en difficulté quelque part, il mène la guerre. Et notamment aussi, je termine juste sur cet aspect, c 'est que je rappelle quand même qu 'on est en passe, de passer à la phase 2 de la trêve à Gaza. Et comme par hasard, à ce moment-là, hop, la tension est détournée vers l 'Iran, je pense que c 'est pas pour rien. Anthony Samrani, on vous lit, je le disais, d 'ailleurs ceux qui ne le font pas, je recommande de vous lire comme ils peuvent tous les jours parce que c 'est passionnant. On s 'interroge dans cette séquence sur la suite des événements en Iran, la suite de cette guerre, la chute du régime, pas la chute du régime.
17:50Tout le monde s 'accorde pour dire sans troupe au sol, d 'une manière ou d 'une autre, sans offensive terrestre, pas de chute du régime, et dans ce cas-là, on se retrouve possiblement avec le scénario d 'un régime affaibli, ce qui fait peut -être les affaires d 'un certain nombre de ses voisins, mais ce qui ne fait pas les affaires des Iraniens du tout.
18:10Je crois qu 'on doit faire très attention parce que, disons que notre analyse peut vite basculer en fonction des évolutions de la guerre. Je m 'explique, si vous m 'aviez posé la question il y a deux jours, je vous aurais dit, militairement c 'est très clair, les Américains et les Israéliens infligent de telles pertes au régime iranien que d 'un point de vue militaire, il va perdre, il va perdre énormément, il va être fragilisé et s 'ouvrira à une autre séquence. Aujourd 'hui, les Iraniens sont dans un moment ces dernières 24 heures. Est-ce que c 'est du bluff ? Est-ce que ça va tenir ? Honnêtement, je n 'en ai aucune idée.
18:45Mais ils sont dans un moment où en tout cas, ils bombent à nouveau le torse, notamment grâce à ce qu 'ils sont en train de faire au détroit d 'Hormuz. Mais également, ils prétendent, nous verrons encore une fois si c 'est vrai d 'un point de vue militaire, ils prétendent que jusqu 'à maintenant, ils ont envoyé des missiles, on va dire pas leurs plus gros missiles justement, mais en grande quantité afin de mobiliser les défenses de leurs adversaires et que désormais, ils passent à la phase 2. ce que je veux dire c 'est que attendons de voir déjà comment va se terminer cette première phase qui devait être normalement un écrasement militaire et ensuite rentrera la deuxième et dans la deuxième effectivement il y aura deux grands enjeux le premier vous venez d 'en parler c 'est ce bras de fer stratégique qui va se jouer entre Trump et Netanyahou où le second veut aller beaucoup plus loin que le premier et la deuxième c 'est de savoir quel est finalement le meilleur scénario de sortie de crise.
19:51Est-ce un accord avec un régime affaibli ? Mais dans ce cas-là, ce régime pourrait être encore plus répressif vis -à-vis de sa population, à condition, bien sûr, qu 'il en ait encore les moyens, puisqu 'on ne peut pas exclure non plus qu 'il y ait des dissensions qui naissent au sein même du régime à la suite d 'une campagne militaire qui est quand même extrêmement douloureuse. Donc, le scénario, finalement, où le régime resterait est un mauvais scénario, a priori, voire un très mauvais scénario pour les Iraniens. Et c 'est un scénario acceptable, ou en tout cas qui serait perçu plutôt positivement, je crois, par certains pays de la région, dont les pays du Golfe.
20:30À notre échelle, à l 'échelle libanaise, ce serait quand même un scénario plutôt positif, puisque ça signifierait tout de même un affaiblissement encore plus conséquent du Hezbollah et un affaiblissement de l 'influence iranienne au Liban. – Jean-Marc Riquelis, la théorie militaire que vous maîtrisez mieux que moi, nous dit, je crois qu 'on ne peut pas changer un régime, faire tomber un régime en le bombardant, ça ne marche pas, ça ne suffit pas. Mais la théorie militaire, elle date aussi d 'avant la supériorité hallucinante, technologique, de renseignement, etc., à laquelle on assiste dans ce conflit.
21:00Donc est-ce que c 'est toujours vrai, cette idée qu 'on ne fait pas tomber un régime, quand on est littéralement capable d 'aller tuer qui on veut, quand on veut, où on veut ? – Alors, tuer quelqu 'un, décapiter, ça ce n 'est pas un problème d 'ailleurs. Alors, la séquence qui était initiée depuis octobre 2023 le montre. Les leaders du Hamas, Hezbollah et la Édola Ramenei ont été neutralisés. Le problème, c 'est qu 'à un moment donné, une fois que vous avez décapité le leader, eh bien, il doit être remplacé. Et ce processus-là d 'imposer une certaine personne, eh bien, implique à un moment donné qu 'il faut des forces sur le terrain.
21:38Alors soit on peut le faire avec des forces militaires, ce qu 'on a fait en Irak, ou alors on essaie de capitaliser sur une révolte populaire. La révolte populaire, dans le cas de l 'Iran, c 'était au début janvier. Je pense que là il y avait une fenêtre d 'opportunités. Maintenant, c 'est peut -être beaucoup plus difficile d 'y arriver. Donc en tant que telle, l 'armée aérienne, oui, est très très précise, permet d 'identifier et de neutraliser certaines personnes, mais après c 'est un processus politique et puis là la technologie n 'est pas beaucoup Oui Aline Jacoté ? Oui je voulais juste ajouter une chose à ça c 'est qu 'on peut tuer des hommes mais c 'est beaucoup plus dur de tuer des idées et surtout quand la façon de tuer les hommes, les dirigeants implique autant de victimes civiles je fais la comparaison juste avec Gaza parce que là en Iran on a vu quand même il y a eu notamment cette école de filles qui a été 180 quasi-enfants qui ont été tués – Par un temps maroc pour a priori, donc de fabrication américaine en tout cas.
22:38– Voilà, c 'est ça, donc c 'est le genre quand même de destruction qui dégoûte à juste titre probablement une grande partie de la population iranienne, et de la même manière quand Israël s 'attaque au Hamas dans Gaza, en espérant à un moment ou à un autre que les Palestiniens vont se révolter contre le Hamas, en fait les Palestiniens qu 'est-ce qu 'ils voient ? Ils voient avant tout les destructions infligées par Israël lui-même. Donc je pense que c 'est une stratégie malheureusement qui court à l 'échec. – On parle très peu de l 'armée régulière iranienne, il y a 350 000 hommes, alors les gardiens de la Révolution c 'est eux qui maîtrisent le ciel, l 'espace, les missiles, les drones, tout ça, l 'armée d 'élite, ils sont quoi, 200 000, il y a 350 000 hommes de l 'armée iranienne ordinaire, j 'ai lu ça et là que d 'aucuns espéraient, non pas un coup d 'État, mais des éjections en masse, voire même une alliance de circonstances avec les Kurdes, les rebelles Kurdes, pour marcher sur Téhéran, Tout ça a un sens ou pas ?
23:31C 'est difficile, il y a un contrôle très très ferme de la part des services de renseignement qui dépendent des gardiens de la révolution, c 'est -à-dire l 'armée régulière. L 'armée régulière selon la constitution, elle est chargée de protéger les frontières de l 'État. Et aucunement les gardiens de la révolution qui ont une mission, celle bien sûr de préserver la protection de la République islamique iranienne. Mais si vous me permettez, il y a un point à mon avis qui va façonner un peu le processus de cette guerre, c 'est d 'abord cette guerre, elle est impopulaire. Elle est en passe de devenir la guerre la plus impopulaire d 'abord aux États-Unis, l 'État le plus important.
24:06Et ça, c 'est un élément crucial. Parce qu 'elle est impopulaire, parce que c 'est une entorse au droit international. Vous n 'avez aucun droit d 'aller dans un pays étranger, peu importe la nature du régime, et taper sur le système, et aussi frapper. – Il fut un temps où on thématisait le droit d 'ingérence humanitaire, vous vous souvenez, c 'était pendant nos études. – Oui, bien sûr, voilà, c 'est terminé. Donc ça, c 'est le premier élément. C 'est par ça qu 'on a des pays européens qui sont contre cette guerre. En fait, on a de la peine à mobiliser des États, même les pays arabes. Et ce qui explique d 'ailleurs la réticence des pays du Golfe qui ont tout fait.
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24:37Genève était une fenêtre, c 'est important, l 'unique fenêtre pour retenir un petit peu cette guerre. Les négociations menées par la Suisse et par les Omanais. Et ça, c 'est un élément, on a raté cette opportunité qui est très importante. D 'abord, on a eu cette grande entorse au droit international. On n 'a pas laissé la diplomatie aller jusqu 'au bout. Le ministre Omanais était obligé de prendre Genève, Washington, pour dire au président Trump, nous avons une chance d 'éviter la guerre. Trump a refusé de le recevoir et c 'est DGVN ce qu 'il a reçu, parce qu 'il fait partie de ceux qui sont réticents.
25:10Donc déjà cet élément. L 'impopularité aussi parce qu 'on ne connaît pas les objectifs d 'administration américaine. On est passé de trois objectifs balistiques, du clouère et bien sûr la politique de nuisance. On est arrivé au changement de leader, on est arrivé au régime change, donc changement de régime. Et cette incohérence, elle fait finalement que cette guerre-là, elle n 'est ni portée par la majorité des Américains, ni aussi par d 'autres pays, notamment les pays européens. Et le dernier point, c 'est que nous avons une administration, nos collègues américains, ils évoquent la diplomatie cadastrale.
25:43Nous avons des agents immobiliers qui gèrent. New York Times a fait un excellent article en parlant de diplomatie sans diplomate. On a des gens qui négocient avec l 'État le plus redoutable, avec une diplomatie importante, avec le gendre de Trump et avec un agent immobilier qui est Steve Whitcoff. Et ça, ça ne fait pas finalement une force pour cet événement. Et le dernier point qui fait aussi que cette guerre est impopulaire, c 'est parce qu 'on est passé à la carte kurde. Les Américains ont voulu jouer un peu avec la carte kurde. Et c 'est important de savoir, le régime iranien a été bâti en 1979.
26:21ce n 'est pas pour être populaire ou pour être aimé. Il a été construit pour être fonctionnel, pour être efficace. Aujourd 'hui, il nous montre non seulement sa résilience, comme il vient d 'être dit par Clément Therme, mais aussi, en fait, il a réussi à mobiliser ce qu 'il a comme ressource pour fonctionner et pour mener cette guerre. Mais parmi, et j 'en conclue là sur la stricte situation de l 'Iran, parmi les scénarios qui sont sur la table de vos amis experts, avec lesquels vous prenez du thé tous les après-midi, Clément Therme, il y a quand même la fin du régime dans un des scénarios. Oui, c 'est le scénario principal, parce qu 'en fait, la République islamique, l 'idéologie est déjà morte.
26:58Donc certes, on ne tue pas des idées avec des armes, mais les idées sont déjà mortes en Iran. Je pense qu 'il y a une confusion entre l 'opération militaire israélo-américaine et la trajectoire socio-culturelle de l 'Iran. On en a fait une émission il n 'y a pas longtemps, qui était remarquable, sur les massacres. Donc on n 'est pas dans une situation d 'une guerre qui serait déclenchée à un moment par hasard. On est dans une situation post-massacre. Donc en comparaison des morts, même si c 'est des comparaisons morbides. On parle de plusieurs dizaines de milliers de morts, du 8 au 10 janvier.
27:26Et pour l 'instant, on voit la guerre des 12 jours, on était en dessous de 1 100 morts civiles et militaires, donc les bourreaux, les criminels inclus dedans. Donc pour l 'instant, même la capacité à accepter les pertes par la population iranienne reste très élevée. Donc il y a un espoir aussi, une partie de la population iranienne qui soutient cette opération militaire, et ça c 'est très important. Donc il y a eu un appel à l 'aide de la part d 'une partie de la société civile, Et ça, ça compense beaucoup la capacité à mobiliser du régime et la volonté de revanche. Parce que le choix de Moshtaba Ramenei, c 'est une vengeance.
27:57Et le fait que le guide et son fils, feu le guide et maintenant son fils, veulent venger directement le président Trump, donc il y a une question personnelle. Et aux États-Unis, il faut rappeler quand même que 90 % des républicains soutiennent cette guerre et que 90 % des Américains ont mauvaise image de l 'Iran depuis 1979. Et ça, c 'est un sondage constant depuis 1979, depuis la prise d 'otages. Et donc, le président Trump veut rentrer dans l 'histoire, tourner la page de la République islamique, et donc, il ne vise pas une réélection. Il ne sera pas réélu, il ne va pas se représenter. Il vise rentrer dans l 'histoire.
28:30Donc, il a un agenda qui est au-delà des contingences des prochains mois. Il y a les mid-terms, quand même, avant la légende. Oui, mais lui-même, il peut souhaiter. Certains républicains ne sont pas non plus ses amis. Donc, il peut souhaiter aussi, on le voit souvent sur des présidents en fin de parcours, l 'élimination de ses propres partisans. Je vous en la parle dans deux minutes, mais j 'avance un tout petit peu, Aline Jacoté, vous aurez le droit, vous êtes habile. Vous direz ce que vous vouliez dire. Anthony Samrani, vous êtes bien placé pour savoir mieux quiconque que cette guerre ne concerne pas que l 'Iran.
28:55Le Liban est déjà totalement entraîné dedans. Vous appelez ça la nouvelle guerre du Golfe ? Cette nouvelle guerre du Golfe touche une grosse douzaine de pays, sans compter les Européens du côté de Chypre. Focus de Christophe Siro pour y voir clair. ...
29:15Souvenez-vous, début février, les menaces du guide suprême iranien. Les Américains doivent être conscients que s 'ils déclenchent une guerre cette fois-ci, ce sera une guerre régionale. Au premier jour de l 'opération Führer et Pique, à l 'annonce de la mort du guide dans sa résidence bombardée, le pouvoir transitoire à Téhéran passe à l 'acte. Missiles, drones iraniens déferlent sur Israël, sur les monarchies du Golfe, entraînant une quinzaine d 'États dans le conflit. L 'Iran cible des bases militaires américaines, aux Émirats arabes unis, aux Koweïts, en Jordanie et au Qatar, la base d 'Aloutide, la plus grande du Moyen-Orient.
29:52Une base de la Royal Navy britannique visée à Chypre aussi. Des frappes sur la Syrie, sur le nord de l 'Irak où se tairent les rebelles kurds iraniens en exil. ces milices que Donald Trump voudrait actionner comme levier pour provoquer l 'insurrection en Iran. Frappe sur un aéroport en Azerbaïdjan, sur des raffineries pétrolières en Arabie Saoudite ou au Bahreïn. Bahreïn, signataire comme les Émirats Arabes Unis des accords d 'Abraham en 2020, normalisant les relations avec Israël. Et puis, il y a ces frappes difficiles à décrypter. Dubaï, plaque tournante du blanchiment d 'argent iranien, un complexe hôtelier en feu, un drone qui s 'écrase près de l 'aéroport.
30:37Oman visait aussi un tanker, un port, le sultanat pourtant médiateur dans la crise Etats-Unis-Iran. L 'Iran qui frappe à tout va et qui n 'exclut pas de miner le détroit d 'Hormuz, passage stratégique pour le transit du pétrole mondial. Jusqu 'à quand les monarchies du Golfe vont-elles encaisser sans réagir ? Et quel risque y a-t-il que le conflit déborde au-delà du Moyen-Orient ? Asni Abidi, voilà des questions qui nous permettent de revenir à ce que vous disiez tout à l 'heure sur la non-réaction pour l 'instant des pays du Golfe, des Émirats. Jusqu 'à quand ils vont continuer de recevoir des missiles sur la tête sans réagir ?
31:14C 'est un piège tendu pour les pays du Golfe. La guerre contre l 'Iran, c 'est le projet de vie de Netanyahou. Il a toujours rêvé de ça. Il l 'a eu finalement. Embarquer les Pays du Golfe par l 'administration américaine et par Nathaniel, d 'avoir montré au monde que ce n 'est pas une guerre de croisade. Ce qui a embarqué les Pays du Golfe, c 'est plutôt la réponse iranienne. Oui, la réponse iranienne, absolument. Mais les Pays du Golfe, c 'était les premiers à demander à Donald Trump de ne pas aller, de ne pas frapper. Ils ont mis en garde Donald Trump, ils ont dit, écoutez, on est les plus vulnérables.
31:43Les Iraniens, ils ne peuvent pas, il y a l 'éloignement, ils ne peuvent pas toucher le sol américain. Pour eux, pour les Iraniens, toucher les bases américaines, puisque les Pays du Golfe abrivent des bases aériennes, alors que les pays du Golfe, tous, ont dit aux Iraniens, ces bases ne vont pas servir justement pour se frapper. Pardonnez-moi, je suis vraiment naïf, mais ces États se font frapper, et pour l 'instant, ils ont des armées, qui sont même des armées assez sophistiquées, et ils ne réagissent pas. Pourquoi ? Parce qu 'ils ont quand même encore peur de l 'Iran. Mais bien sûr, ils ont peur.
32:10Si la première puissance au monde et la première puissance au Moyen-Orient n 'arrive pas à quand même arrêter les Iraniens, vous croyez que les pays du Golfe vont le faire ? Ils ont des avions. il y a des facilités très importantes. Je pense qu 'il y a un partage même de coûts. Et c 'est pour ça que les pays du Golfe, ils savent très bien, ils sont conscients. Au contraire, j 'ai discuté avec des collègues des universitaires, ils disent que les Américains leur demandent de protéger leur base. Il y a 17 bases américaines dans les pays du Golfe. Bases, mais aussi des centres d 'opposition. En Arabie Saoudite, il n 'y a pas de bases, mais il y a quand même des positions, ce qu 'on appelle les experts militaires, qui ont été touchées par les Iraniens.
32:45Et maintenant, les Iraniens touchent même les aéroports, touchent même des installations civiles. Donc aujourd 'hui, les pays du Golfe veulent éviter coûte-coup-coute d 'être embarqués dans cette guerre. Ça fera bien sûr les affaires de Donald Trump au niveau du coût financier, mais aussi de Benjamin Netanyahou pour se proposer comme l 'unique garant. Donc les pays du Golfe ne veulent pas, c 'est vrai, mais ils essayent tout de même de plaider encore. Est-ce que les Émiratis vont craquer, le seul pays qui va, parce que les Émiratis ont reçu beaucoup plus de missiles et de drones que tous les pays du Golfe réunis, ça c 'est une question de temps.
33:20Mais il n 'est pas dans l 'intérêt des pays du Golfe, parce que sinon ça va élargir et donner du prétexte aux Iraniens de encore redoubler ces bombardements contre les installations. Ils sont très fragiles, vous ne pouvez pas imaginer, regardez, un missile sur un aéroport et tout l 'espace aérien est fermé. Ils ne peuvent plus importer la question de dessalement. Beaucoup d 'éléments qui font la fragilité de ces pays. Et les Saoudiens ? Les Saoudiens ont aussi un ennemi juré depuis toujours qui est l 'Iran. une occasion à saisir, qu 'ils ne saisissent pas encore. – Alors l 'Arabie Saoudite a dénoncé l 'agression iranienne, le royaume du Bahreïn, dans la presse, c 'est l 'agression iranienne qui est mise en avant, donc ils ont demandé, notamment pour les Émirats Arabes Unis, le Qatar et le Koweït, l 'activation par exemple de l 'accord de défense avec la France, le Bahreïn a fait avec le Royaume-Uni, donc les Européens sont en défense des pays du Golfe, considèrent les gardiens de la révolution comme une armée terroriste, donc c 'est comme la lutte contre Daesh, donc il y a une coalition quand même qui est en train de se constituer sur la base de l 'analyse partagée aussi par des pays du Golfe comme l 'Arabie Saoudite sur le classement des gardiens de la révolution comme une organisation terroriste maintenant une escalade pourrait aussi menacer comme le disait Asni leur prospérité économique donc ils sont à la fois pour l 'instant dans la prudence mais si les représailles durent et plus elles durent plus les pays du Golfe notamment les Émirats Arabes Unis et l 'Arabie Saoudite qui ont une aviation qui peut bombarder l 'Iran pourraient participer à une coalition, mais plus large.
34:44Je pense qu 'ils participeront si les Européens aussi entrent en guerre, ce qui est une possibilité sérieuse, compte tenu de la position, par exemple, de l 'Allemagne, très en pointe sur la question iranienne en Europe, et la France aussi a toujours été en pointe sur la question iranienne. Donc les puissances militaires européennes sont en soutien de ces pays, ont des accords de défense, ont des partenariats très poussés, et plus la guerre dure, et plus le risque d 'une escalade régionale augmente. Mais en même temps, c 'est les représailles iraniennes. Donc, il faut bien souligner, c 'est l 'Iran qui a ciblé des hôtels 5 étoiles, des infrastructures civiles.
35:22Donc, ça aussi, il y aura des représailles à minima financière. Donc, il y aura un coût. Il ne faut pas oublier ce coût économique pour la République islamique. Il y aura une guerre après la guerre. On ne reviendra pas à une situation antérieure du rapprochement qu 'on connaissait depuis 2023. Anthony Samrani, avant ces scénarios futurs, il y a un scénario actuel. On n 'a pas besoin de spéculer, c 'est le vôtre au Liban. J 'aimerais qu 'on en parle. Avec cette question d 'abord, j 'allais dire le Liban est en guerre. Mais est-ce que le Liban est en guerre ou est-ce qu 'une nouvelle fois, Israël et le Hezbollah sont en guerre au Liban ?
35:54Israël est en train de mener une guerre contre le Hezbollah qui se trouve sur le sol libanais. Je ne pense pas qu 'on puisse dire qu 'Israël mène une guerre contre le Liban puisque les infrastructures officielles ne sont pas ciblées. Il y a quelques minutes, il y a eu une menace israélienne via la chaîne Chanel 12 israélienne comme quoi l 'État hébreu pourrait cibler, y compris les infrastructures officielles, si le gouvernement n 'accélérait pas son action dans la perspective de désarmer le Hezbollah. Mais encore une fois, si vous voulez, tout ça peut créer des zones grises. Les deux types de zones grises, c 'est l 'une dont je vous parlais tout à l 'heure, c 'est -à-dire des attentats qui ne sont pas précédés d 'un avertissement, des frappes ciblées qui ne sont pas précédées d 'un avertissement et qui là peuvent avoir lieu n 'importe où.
36:45Il y en a eu une ce matin à Beyrouth, dans un quartier majoritairement sunnite. Et l 'autre chose, c 'est clairement l 'un des objectifs israéliens dans cette campagne militaire, c 'est d 'exercer le plus de pression possible sur le gouvernement actuel pour en faire quelque part un allié objectif dans la perspective de désarmer le Hezbollah. Et de ce point de vue-là, il peut aller très loin, parce qu 'il considère que le gouvernement libanais n 'en fait pas assez, parce que le gouvernement libanais avait assuré que le sud du Litanie, donc la région la plus proche d 'Israël, avait été complètement nettoyée des armes du Hezbollah.
37:24Et on le voit depuis le début de la guerre que ce n 'est pas le cas. – Est-ce que, pardonnez la brutalité de cette question, mais est-ce qu 'il y a un drame humanitaire, déjà des centaines de milliers de déplacés, est aussi potentiellement l 'occasion pour le Liban de se débarrasser du Hezbollah, donc l 'aube d 'un scénario plus heureux, d 'un avenir plus heureux pour votre pays ? – C 'est très difficile de répondre à ce type de questions, et encore plus quand votre pays se fait bombarder, mais ce que je peux vous dire, c 'est que Israël a les capacités militaires pour affaiblir le Hezbollah. On va dire que le Hezbollah était à 100 avant la guerre de 2023.
38:03Il est tombé à 10. Peut -être qu 'il passera à 1. Mais avec ce type de mouvement, l 'étape la plus difficile, c 'est l 'étape de 1 à 0 qui peut prendre, elle, des années, tant ce mouvement est ancré dans la population, avec une idéologie très forte, etc. Et ça, je pense que ce n 'est pas Israël qui peut le faire. Et en tout cas, il le ferait à un prix beaucoup trop important pour le Liban. Par ailleurs, outre le coût humanitaire de cette guerre qui est quand même un désastre, on parle de centaines de milliers de personnes, on est bientôt aux millions aujourd 'hui qui sont déplacées, outre ce coût qui est quand même conséquent, il va y avoir le coût politique pour la suite.
38:43Et le coût politique pour la suite, ça va être d 'une part les tensions en interne qui vont être renforcées, qui vont être très fortes, et d 'autre part, le fait qu 'Israël va être en telle position de force vis -à-vis du Liban qu 'il va pouvoir imposer ses conditions et ces conditions peuvent être le fait de créer une zone tampon dans le Liban Sud et d 'occuper à nouveau le Liban pendant une certaine période ou bien de tenter d 'imposer une paix par la force aux conditions israéliennes. Aline Jacoté, je vous voyais opiné du chef. Oui, tout à fait. Je pense qu 'en effet, c 'est le risque. C 'est comme ce qui s 'est passé finalement à Gaza, le scénario qui a commencé à se dessiner, celui d 'une réoccupation israélienne dans Gaza pourrait aussi se produire au Liban.
39:30C 'est vrai que ça a toujours été une thèse israélienne depuis le début, depuis la guerre des Six Jours de 1967. C 'est quelque chose qui avait été théorisé, que la présence israélienne, quelque part, garantissait la sécurité. Malheureusement, on a vu, avec les années qui ont passé, que ça n 'était pas le cas. C 'est aussi une illusion, probablement à long terme, de la part d 'Israël, de penser que d 'occuper le territoire garantit la sécurité. Et puis surtout, c 'est un bourbier sur des années. en fait. C 'est un peu le problème, c 'est que hier soir, Netanyahou et son ministre Smotrich viennent d 'annoncer en fait une nouvelle enveloppe militaire très importante de milliards pour financer la guerre.
40:06Alors l 'argent y a, mais le problème c 'est aussi les réservistes, c 'est les forces des Israéliens aussi, sur le long terme. On a promis une guerre courte, elle va durer, et je ne sais pas combien de guerres ils vont devoir encore eux aussi supporter, alors que le centre même d 'Israël est bombardé. Ça c 'est quand même aussi une nouveauté, je voulais juste amener ce point-là. c 'est que cette fois-ci, en fait, l 'Iran bombarde vraiment le centre d 'Israël. Alors peut -être que l 'intensité est différente, mais en l 'espace lundi, en l 'espace de quelques heures, les Israéliens ont dû courir pas moins de 11 fois aux abris, et donc je pense quand même qu 'il y a une fatigue qui va aussi s 'installer, même si le coup de Netanyahou, à première vue, est très prometteur.
40:43Alors, la question qui monte en filigrane de ce que vous êtes en train de dire particulièrement, c 'est celle des gagnants, enfin des perdants et du gagnant, peut -être. Une question qui taraude un peu, comme souvent Jean-Marc Hellon, le coproducteur de cette émission. Et c 'est la question. Jean-Marc, bienvenue. Bonsoir Alexis, bonsoir tout le monde. Taraudé par une excellente question, une fois de plus, vous me donnez des complexes. Oui, évidemment, la grande question c 'est de savoir jusqu 'à quel point la guerre qu 'on est en train de vivre va modifier durablement les équilibres au Moyen-Orient.
41:15Israël qui est en train de frapper très durement son grand ennemi, celui qui a juré de l 'année en tir. Il est en train de le mettre à genoux, mais pas seulement lui, on l 'a dit, tous ses proxys. Il pilonne le sud du Liban pour essayer de toucher le Hezbollah. Tout cela alors qu 'il ne reste pas grand-chose du Hamas dans la bande de Gaza avec cette guerre sanglante. Parmi les adversaires d 'Israël, finalement, il reste les outils. Il reste les outils au Yémen, mais qui seuls et sans l 'appui de l 'Iran. Pas sûr qu 'il pèse encore bien lourd dans la bataille. Et puis parallèlement à toutes ces considérations, là aussi dit, l 'Iran s 'isole de plus en plus en voyant ses drones, ses missiles sur les pays du Golfe.
41:54Même si personne ne répond pour l 'instant, pas sûr que ça les incite aussi à se positionner face à Israël. Alors au final, Clémentaire, mais est-ce qu 'Israël n 'est pas en train de devenir le grand gagnant de la séquence, d 'assurer sa sécurité pour de nombreuses années dans la région ? Bref, d 'asseoir sa toute puissance. Alors comme Anthony a dit sur l 'Hezbollah, qui est passé de 100 à 10, et peut -être de 10 à 1, mais de 1 à 0, ce n 'est pas fait. Pour la République islamique, c 'est la même chose. Tant que le régime sera en place, ce ne sera pas une victoire complète pour Israël. Et il y a un autre point aussi, c 'est les milichites en Irak.
42:27C 'est le seul réseau que Israël n 'a pas bombardé ces dernières semaines, ces derniers mois, même s 'il y a eu des rumeurs à l 'automne, et eux pourraient participer dans la phase 2 de la confrontation militaire, si la guerre perdure, à des frappes sur les installations militaires américaines en Irak. Donc, il y a aussi cette question des milichites en Irak qui est l 'autre point fort de ce taxe de la résistance qu 'on appelle désormais, vous avez raison, la résistance sans axe. Donc, c 'est vrai qu 'il y a un affaiblissement, un effritement, mais il y a quand même, notamment à l 'extérieur de l 'Iran, cette idéologie perdure au Pakistan, en Afghanistan, en Irak.
43:00Donc il y a une dimension transnationale qui rend la seule réponse militaire insuffisante pour Israël, pour une fois peut -être une victoire militaire établie, asseoir une acceptabilité politique de sa présence. Parce que là aussi, du côté israélien, plus il y a des conquêtes militaires, plus il y a une expression de sa puissance militaire, il y a un coût politique qui est associé. Donc l 'acceptabilité de l 'existence d 'Israël aussi est posée dans toute la région. et donc là même la disparition de la République islamique ne ferait pas disparaître le conflit israélo-arabe. C 'est -à-dire que Netanyahou a été très malin politiquement depuis les années 90, comme vous l 'avez souligné, en faisant une confusion entre la menace iranienne et la question palestinienne, mais la question palestinienne restera même si la République islamique disparaît.
43:45La cause. Exactement. La cause plus importante que la vie quand on lit Anthony Samrani. Anthony Samrani, c 'est un scénario qu 'on redoute, de voir Israël qui profite finalement de cette situation pour asseoir sa toute puissance dans la région ?
44:04On a très clairement depuis le 7 octobre une région qui est en train de se redessiner et qui est en train de se redessiner à l 'avantage d 'Israël et notamment en raison des faiblesses immenses et c 'est la grande découverte on va dire depuis le 7 octobre de ce qu 'on a appelé l 'axe iranien avec un changement de régime en Syrie, avec l 'affaiblissement du Hezbollah, du Hamas, etc. Et c 'est vrai que s 'ouvre ou semble s 'ouvrir dans la région une ère israélienne, mais cette ère israélienne, pour le moment, elle est symbolisée par une domination militaire sans contestation possible, mais elle ne se traduit pas en domination politique.
44:48et c 'est là que se posera une double question d 'une part notamment pour les pays du Golfe qui perçoivent notamment l 'Arabie Saoudite qui perçoit de plus en plus Israël comme un acteur de déstabilisation au Moyen-Orient et l 'autre question qui se posera c 'est est-ce qu 'Israël lui-même peut être un hégémon dans la région sans proposer un plan un plan qui passerait nécessairement par la création d 'un État palestinien puisqu 'il ne peut y avoir de paix dans la région sans passer par cette étape ? Est-ce qu 'il peut être un hégémon simplement par la force ? Il y a une reconfiguration régionale qui est en cours et qui est très intéressante avec la création de deux axes qui sont en train de se former avant même cette guerre et qui vont probablement s 'accélérer après cette guerre, avec d 'un côté les alliés d 'Israël, donc on a Israël, les Émirats Arabes Unis, l 'Inde, Chypre, etc.
45:49Et de l 'autre côté, on a les pays qui se méfient de cette force montante avec un rapprochement là aussi historique et très intéressant entre la Turquie, l 'Arabie Saoudite, le Pakistan. Et le Liban se retrouve un peu entre ces deux axes. Il pourrait pencher du côté israélo-américain compte tenu du rapport de force sur le terrain et en même temps sa proximité de fait et politiquement et économiquement avec l 'Arabie saoudite fait qu 'il ne peut pas être trop loin de cet axe saoudien. Aline Jacoté, rapidement parce qu 'on arrive presque au terme d 'émission. Israël, Netanyah en lançant cette guerre avec les Etats-Unis a gagné les élections, je pense d 'avance, mais par contre il fait prendre deux risques majeurs à Israël.
46:40Le premier risque c 'est qu 'Israël devienne finalement le bouc émissaire des Américains. si la guerre continue et si les pertes américaines sont trop importantes et si le coût de la vie est trop important. Ça pourrait retourner une partie de l 'opinion américaine. Le deuxième risque, c 'est qu 'il y a quand même ces accords d 'Abraham qui ont été signés et du coup ces pays du Golfe, en fait, qui maintenant se retrouvent entraînés dans le conflit, ne doivent pas être forcément très satisfaits. Puis je rappelle quand même qu 'il y a un certain nombre qui ont été aussi dans ce fameux Conseil de la paix de Donald Trump et qui maintenant, et ce Conseil de la paix, je rappelle, qui est né en janvier et qui était censé assurer la stabilité au Proche-Orient.
47:16On est quand même dans un autre scénario deux mois plus tard. Je termine sur les accords d 'Abraham. Après, je pense qu 'il faut aussi élargir la focale parce que si ce conflit continue, il y a toute la problématique de la relation entre les Etats-Unis et les Etats du Golfe. Et puis, au-delà de ça, sur les capacités militaires sur le long terme, où on voit un épuisement des capacités militaires et ça, ça pourrait fournir des fenêtres d 'opportunité à d 'autres acteurs, notamment la Chine et ses béléités sur Taïwan. Il faut savoir que des missiles d 'intercepteurs de Corée du Sud, maintenant, sont transférés dans le Golfe parce que les Américains n 'en ont plus assez.
47:56Et donc là, ça change... Les Coréens ne sont pas très rassurés. Les Coréens et les Alliés dans la région ne sont pas très rassurés. Et donc là, ça peut aussi mener à une fenêtre d 'opportunité que Chine pourrait essayer de... Cette dernière intervention brillante servira de teaser à une prochaine émission sur les conflits que nous réservons encore cette année 2026 puisque loin d 'être exclu que ce soit le dernier et on va reparler parce qu 'on a de loin pas tout dit j 'ai besoin de vous retrouver rapidement sur le plateau d 'Infrarouge merci à tous les quatre, merci mille fois tous les cinq puisque merci à vous Anthony Samrani d 'avoir pu vous libérer dans les circonstances que l 'on sait Infrarouge, c 'est terminé vous l 'avez compris, on se retrouve semaine prochaine même lieu, même heure avec Jean-Marc Hélène sur la RTS, tout de suite, qu 'est-ce qu 'il y a tout de suite il y a White House Down, la chute de la Maison Blanche.
48:40Mais rassurez-vous, je crois que c 'est une fiction. Enfin, rassurez-vous, je ne sais pas. Excellente soirée sur la RTS. Bye bye. ... ... ... ... ... ...
From the publisher
Décapitée au premier jour de l'offensive américano-israélienne et bombardée depuis plus de dix jours, la République islamique aux abois jette ses dernières forces dans la bataille et fait feu tous azimuts contre ses voisins du Golfe. Plus isolé que jamais, limité dans ses capacités militaires et alors que son allié le Hezbollah est lui aussi sous le feu israélien au Liban, le régime des mollahs a-t-il perdu la partie ? Et le cas échéant, l'État hébreu ne serait-il pas le grand gagnant de la séquence ? "Moyen-Orient : l'Iran échec... et mat ?" C'est le débat d'Infrarouge, mercredi 11 mars.




