Réélu il y a un an, comment Trump a-t-il changé le monde ?

5 Nov 2025 · 1 h 2 min · 29 chapters

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In short

Un an après la réélection de Donald Trump (5 novembre 2024), l’épisode examine comment le trumpisme “détricote” l’État de droit et la démocratie américaine, et comment un “sursaut” démocrate se manifeste dans des élections locales (notamment la mairie de New York).

Guests (arrière-plans)

  • Bruno Tchussani: journaliste/auteur, ancien directeur des conférences TED en Europe, travaille sur la “désaméricanisation”.
  • Philippe Motta: journaliste spécialiste des États-Unis, co-auteur de “Trump de la démagogie en Amérique” et “Trump acte 2”.
  • Afsane Ayat: militante républicaine, américaine d’origine iranienne, “trumpiste pas forcément”.
  • Richard Verly: journaliste au “Blic”, auteur de “Cet Amérique qui nous déteste”.
  • Tristan Desser: correspondant RTS à Washington.

Key claims

  • Trump vise un “executif unitaire” et une contre-révolution contre le libéralisme/délibération; stratégie de la “colère” et de la saturation du récit (“flood the zone”).
  • Le Congrès est affaibli comme contre-pouvoir.
  • Les élections locales montrent une coalition démocrate fracturée mais capable de reconquérir des voix.

Notable examples

  • Zoran Mamdani (34 ans, musulman, socialiste démocratique) élu maire de New York; victoires démocrates en Virginie et New Jersey avec des lignes plus modérées.
  • Licenciements (280 000 fonctionnaires), intimidations judiciaires, menaces contre presse/juges, déploiements de la Garde nationale.
  • Mouvement “No King” (7 millions dans les rues) et pardons liés au 6 janvier.
  • Exemples de post-vérité: accusations sur Zelensky, chiffres “arrangés”, thèse sur le paracétamol et autisme, désactivation de satellites climatiques évoquée.

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Chapters

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Context of Trump's Reelection

0:20 to 1:14

Discussion about the significance of Trump's reelection and recent electoral reversals.

“La première, c 'est un anniversaire, une année déjà, que Donald Trump a été réélu à la présidence des Etats-Unis.”

Introducing the Guests

1:14 to 2:30

Introduction of the panel of guests and their backgrounds.

“Journaliste, auteur, ancien, beaucoup de choses.”

Analyzing Zoran Mamdani's Victory

2:30 to 4:31

Exploration of the implications of Zoran Mamdani's victory in New York.

“Tristan, puisque vous êtes à Washington devant le Congrès sous ce beau soleil de l 'après-midi de novembre, je commence avec vous et avec l 'actualité brûlante.”

Democratic Party Dynamics

4:31 to 6:40

Examination of the Democratic Party's challenges and strategies moving forward.

“regagner des électeurs et donc il faudra qu 'ils arrivent aussi à élargir leur discours, à diversifier leur discours pour pouvoir convaincre le plus grand nombre.”

Trump's Impact on America

6:40 to 10:11

Discussion on how Trump has changed America and its democratic institutions.

“Vous avez bien fait de nous parler de ce redécoupage californien, on en parlera dans la dernière partie de l 'émission quand on se projettera sur l 'avenir à court terme et les mid-terms.”

Cultural Revolution Under Trump

10:11 to 14:01

Analysis of Trump's cultural agenda and its implications for America and Europe.

“qu 'on va revenir sur cette victoire de Mamedani et sur la suite des événements tout à l 'heure mais revenons à ce premier anniversaire de la réélection de Donald Trump.”

Trump's Central Role in Politics

14:01 to 14:44

Explore Donald Trump's pivotal influence in contemporary politics and perceptions of authority.

“Et enfin, dernière chose, une vraie révolution culturelle.”

Economic Promises and Cultural Revolution

14:44 to 16:40

Discuss the economic promises and the cultural revolution attributed to Trump's leadership.

“Eh bien, vous venez de teaser le deuxième chapitre de cette émission, puisqu 'on se penchera précisément sur cette révolution culturelle qui est peut -être en marche.”

The Difficulties of Analyzing Trump's Presidency

16:40 to 18:52

Analyze the challenges in interpreting Trump's presidency and its implications for democracy.

“ils ne sont pas loyaux, et donc on va les frapper.”

Counter-Revolution Against Liberalism

18:52 to 21:02

Examine the counter-revolution against liberal values under Trump's administration.

“Et cette idée du remplacement des institutions américaines aujourd 'hui par ce système autour de cette idée de ce pouvoir exécutif unitaire est aujourd 'hui très prégnante.”
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Debating Democratic Functionality

21:02 to 23:22

Engage in a discussion about the functionality of democracy in the context of Trump’s actions.

“où le président a pris des pouvoirs qu 'aujourd 'hui, on reproche à Donald Trump de faire.”

The Role of Congress Under Trump

23:22 to 25:30

Explore how Trump's presidency has impacted the functionality and role of Congress.

“que le taux de crime à Washington a baissé de 50%.”

Nationalism and Political Strategy

25:30 to 28:00

Analyze Trump's political strategy rooted in nationalism and its consequences for democracy.

“Mais ce Congrès, c 'est le temple des fameux checks and balances, contre-pouvoir, on va le dire, qui est consubstantiel du système.”

La stratégie de la colère de Trump

28:00 to 29:38

Explore how Trump's anger-driven strategy aims to win elections and reshape democracy.

“Vous n 'êtes pas à partir, je crois, de l 'idée que Donald Trump est un dictateur.”

Provocation et opposition

29:38 to 31:34

Discusses Trump's provocative tactics and their effects on opposition responses.

“Merci Richard Broudoujussani, je reviens sur la réponse qu 'on a vue dans le sujet de Christophe, la réponse de Donald Trump aux manifestations No King.”

L'état actuel de la démocratie américaine

31:34 to 33:58

Analyzes the state of American democracy amid Trump's influence and actions.

“Je les pardonne, malgré le fait qu 'ils aient été condamnés, qu 'il y a eu de la violence, des morts et tout ce genre de choses.”

Républicains et adhésion au trumpisme

33:58 to 36:27

Examines the loyalty of Republicans to Trump and the lack of alternatives within the party.

“Pourquoi est-ce que les Républicains, Afsan et Ayat, laissent faire ça ?”

Le syncrétisme du trumpisme

36:27 to 38:08

Looks into how Trumpism unites diverse groups like farmers and tech billionaires.

“Je vais enchaîner sur le monde, sur les conséquences pour le monde, parce qu 'on n 'est pas aux États-Unis, nous, finalement.”

Impact mondial du trumpisme

38:08 to 40:12

Discusses the global consequences of Trump's political actions and ideology.

“Et c 'est vrai que quand on regarde le trumpisme, c 'est un assemblage très hétéroclite.”

La désinformation comme stratégie politique

40:12 to 42:01

Explores how Trump uses misinformation as a political strategy to manipulate public perception.

“Merci Philippe Mottat, j 'ai bien fait de vous laisser faire cette précision.”

La Post-Réalité et la Stratégie de Désinformation

42:01 to 43:50

Explore how Trump's approach embodies a shift towards post-reality and misinformation as political strategy.

“Pour son deuxième mandat, le président américain inonde la zone en ouvrant davantage encore les vannes.”

Trumpisme et Populisme : Un État de Droit en Danger

43:50 to 46:58

Discusses the dangers of Trumpism and populism on democracy and the rule of law.

“Pourtant, les femmes, ça le dérange moins que le climat, en général.”

L'Influence de la Big Tech sur le Trumpisme

46:58 to 48:59

Examines the relationship between Trumpism, technology, and the manipulation of information.

“Oui, il est juste de dire que le trumpisme, il est déjà installé en Europe.”

Contre-Révolution et Échec du Libéralisme

48:59 to 53:36

Analyzes how the failures of liberalism have led to a counter-revolutionary sentiment among the public.

“il n 'aurait pas lieu sans le bras armé du trumpisme qu 'est la tech et aligné, couvert derrière lui.”

Avenir Politique : Les Élections de Mi-Mandat

53:36 to 56:03

Focuses on the upcoming mid-term elections and their potential impact on democracy in the US.

“C 'est en partie ça, et en 2016 c 'est bien ce qu 'est effectivement la colère, le ressentiment par rapport à une globalisation aux États-Unis qui a été amenée par Bill Clinton très largement.”

Elections à venir et tensions politiques

56:03 to 57:11

Discussion sur les élections de mi-mandat et les enjeux politiques américains.

“qui est les élections de mi-mandat dans un an.”

Perspectives sur la démocratie américaine

57:12 to 58:33

Analyse des défis auxquels la démocratie américaine fait face et de l'impact de Donald Trump.

“Bruno Giussani, sur ce point-là, est-ce qu 'elles vont se dérouler normalement ces mi-temps ?”

Populisme et avenir des États-Unis

58:35 to 59:49

Exploration des effets du populisme et des changements économiques sur la société américaine.

“Philippe Mottage vous demande de mettre vos lunettes d 'oracle.”

Réflexions sur le futur politique et commercial

59:55 to 1:00:50

Discussion sur les implications des décisions judiciaires et des stratégies commerciales américaines.

“Si d 'aventure, non pas aux Meters, mais dans 3 ans, Donald Trump décide comme ça de sortir un truc de son chapeau pour se représenter pour un troisième mandat, ce qui n 'est pas possible.”
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Transcript

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0:13Bonsoir tout le monde, ravi de vous retrouver en direct sur le plateau d 'Infra rouge comme tous les mercredis soir pour un nouveau débat d 'actualité. Ce soir, c 'est une double actualité, précisément, qui nous emmène à nouveau aux Etats-Unis. La première, c 'est un anniversaire, une année déjà, que Donald Trump a été réélu à la présidence des Etats-Unis. C 'était le 5 novembre 2024. Et la deuxième actu, c 'est un premier gros revers électoral pour le président américain, survenu cette nuit, avec une triple victoire démocrate dans les scrutins locaux en Virginie, au New Jersey, et surtout à New York, première ville du pays désormais dirigée par un maire très jeune, musulman et socialiste aux Etats-Unis.

0:51C 'est à peine croyable. Alors comment Donald Trump a-t-il pour notre premier sujet profondément bouleversé l 'Amérique et ses institutions ? Jusqu 'où le trumpisme est-il en train de saper peut -être les fondements de nos valeurs, de nos principes fondamentaux à nos sociétés démocratiques ? Et que signifie la victoire de Zoran Mamdani et ce petit sursaut démocrate pour les événements à venir ? Cinq invités ce soir sur deux continents. Bruno Tchussani est avec nous. Bonsoir. Bonsoir. Ravi de vous accueillir. Journaliste, auteur, ancien, beaucoup de choses. Fondateur de pas mal de choses. Ancien directeur des conférences TED en Europe.

1:26Ça c 'est important. Auteur d 'un plaidoyer à paraître, on en parlera pour la désaméricanisation de nos vies. Philippe Motta est avec nous. Bonsoir. ancien rien, journaliste on reste journaliste toute sa vie spécialiste des Etats-Unis co-auteur de Trump de la démagogie en Amérique clin d 'œil à Tocqueville et puis de Trump acte 2 ce dialogue avec Stéphane Bussard de notre collègue du temps qu 'on salue, Afsane Ayat est avec nous bonsoir militante républicaine, iranienne américaine d 'origine iranienne républicaine oui, trumpiste pas forcément, pas complètement On verra tout ça tout à l 'heure.

2:05Et donc en duplex de Paris, Richard Verly. Bonsoir à vous Richard, journaliste au Blic. Vous êtes avec nous en duplex. Auteur vous aussi d 'un livre, C 'est Amérique qui nous déteste, dont on parlera tout à l 'heure. Et un autre duplex de l 'autre côté de l 'Atlantique, Tristan Desser est avec nous. Correspondant de la RTS qu 'on retrouve. Bonsoir Tristan, vous le voyez tous les soirs au 19.30. Alors un an après, comment Donald Trump a-t-il changé le monde ? Bienvenue dans Afrarouge. Tristan, puisque vous êtes à Washington devant le Congrès sous ce beau soleil de l 'après-midi de novembre, je commence avec vous et avec l 'actualité brûlante.

2:42Forcément, cette élection, pas surprise puisqu 'il était donné favori, mais enfin quand même c 'est une surprise qu 'un jeune homme, Zoran Mamdani, 34 ans, musulman, socialiste, déclaré, enfin ils appellent ça socialiste démocratique aux États-Unis, qui tout à coup rafle la mairie de New York, la capitale mondiale de la finance. Les États-Unis n 'ont pas fini de nous surprendre décidément. Oui, et c 'est effectivement une victoire qui bouscule le Parti démocrate. Le Parti démocrate qui s 'interroge depuis un petit moment sur sa réponse à Donald Trump, sur sa façon de s 'opposer à Donald Trump.

3:17Il n 'a pas vraiment trouvé la réponse jusqu 'à présent. Il est même fracturé entre plusieurs lignes. Et si on doit résumer, il y a une ligne un peu plus modérée, celle des caciques historiques du parti qui essayent de ne pas effrayer les électeurs, de s 'adresser au plus grand nombre et notamment aux électeurs les plus modérés, les plus centristes, les plus indécis. Et puis il y a une ligne beaucoup plus à gauche, incarnée notamment par Alexandria Ocasio-Cortez et puis donc par maintenant Zoran Mamdani, cette ligne très radicale qui l 'a emportée à New York. Alors bien sûr l 'aile gauche du parti va en tirer une conclusion, c 'est qu 'il ne faut pas hésiter à être radical, à être peut -être parfois un peu populiste, faire une sorte de trumpisme de gauche pour pouvoir l 'emporter.

3:55Ça a marché à New York. Maintenant, il faut aussi relativiser la portée nationale de cette victoire parce que New York, c 'est très particulier, parce que aussi les Républicains vont se faire un malin plaisir d 'assimiler tout le parti à cette ligne très à gauche. Les Républicains qui déjà veulent laisser entendre que le Parti démocrate est un parti extrémiste. et donc les démocrates vont devoir un peu, parfois, sans doute, prendre un peu de recul par rapport à cette ligne très à gauche. Et puisqu 'il fonctionne à New York, ça ne fonctionne pas forcément dans le Wisconsin, dans le Pennsylvanie ou dans le Michigan et c 'est précisément là que les démocrates doivent regagner des voix, regagner des électeurs et donc il faudra qu 'ils arrivent aussi à élargir leur discours, à diversifier leur discours pour pouvoir convaincre le plus grand nombre.

4:42Justement, sur ce point, je vous laisse la parole. Deux secondes, Tristan Dessert. tout le monde aujourd 'hui, la presse mondiale il y a Zoran Mamdani à la une absolument partout est-ce qu 'on est dans un tremblement de terre ou est-ce qu 'on est dans du business à jouel puisque vous venez de le dire on est à New York fief démocrate, son adversaire est Andrew Comeau étant l 'ancien démocrate, enfin c 'est démocrate land donc victoire d 'un démocrate dans démocrate land est-ce que c 'est vraiment un événement ? Oui effectivement vous l 'avez bien résumé la portée symbolique est importante les conséquences réelles ne le sont peut -être pas tant que ça.

5:17Il faudra voir comment Zohan Mamdani arrive à gérer la ville et ce qu 'il arrivera à tenir ses promesses, c 'est autre chose. Mais il y avait hier d 'autres élections en dehors de New York. Il y avait des élections pour le poste de gouverneur en Virginie et dans le New Jersey. Ces deux démocrates qui l 'ont emporté, ce n 'est pas totalement une surprise non plus, mais les deux gouverneurs des femmes l 'ont emporté avec une ligne beaucoup plus modérée. Donc c 'est le signe aussi que le parti démocrate doit peut -être savoir diversifier un peu son discours pour s 'adapter un peu aux attentes locales différentes des électeurs dans ce pays qui est tellement divers et tellement grand.

5:57Et puis autre signe d 'optimisme aussi pour les démocrates, quand on analyse les résultats dans le détail, c 'est de voir qu 'ils ont regagné des électeurs qu 'ils avaient perdus il y a un an lors de l 'élection présidentielle en Virginie, dans le New Jersey. Ils ont réussi à reconquérir certaines parties de l 'électorat. Et puis, il y a aussi cette victoire en Californie sur le redécoupage électoral. C 'est un peu technique, mais en gros, ça permet aux démocrates de redécouper les circonscriptions en Californie en réponse à un redécoupage républicain au Texas. Mais bref, pour résumer, c 'est que le Congrès qu 'on voit derrière moi, il est peut -être à la portée de reconquête pour les démocrates dans l 'élection de mi-mandat qui auront lieu dans un an, notamment à la Chambre des représentants.

6:38et ça c 'est un espoir important pour les démocrates. Vous avez bien fait de nous parler de ce redécoupage californien, on en parlera dans la dernière partie de l 'émission quand on se projettera sur l 'avenir à court terme et les mid-terms. Vous restez avec nous évidemment Tristan Dessert. Abseh Nehyat, un socialiste élu aux Etats-Unis. Ça, socialiste, pour ceux qui n 'ont jamais allé aux Etats-Unis, socialiste c 'est vraiment un très gros mot aux Etats-Unis, c 'est presque une insulte. Il y a communiste qui est vraiment le diable, puis socialiste c 'est pas très loin. C 'est quoi ? C 'est une sorte d 'effet Trump en miroir ?

7:08Il y a une radicalisation de Trump et du coup, en réponse, une gauche radicale ? Non, je pense que la gauche, disons, socialiste, je ne dirais pas radicale, parce qu 'aux États-Unis, c 'est un peu… Enfin, je veux dire plus à gauche. Oui, plus à gauche. Disons qu 'elle existait déjà, et aussi. Avec Alex Henry O 'Kezo-Kante, avec Bernie Sanders, mais sans grand succès électron. Moi, je pense que, comme l 'a dit Tristan, New York est une ville très particulière. C 'est une ville assez démocrate, assez libérale. Même l 'État, elle est généralement gagnée par les démocrates. Donc, si on regarde ces élections, ça ne m 'a pas surpris que Zoran Mamdani soit élu.

7:53Déjà, la deuxième personne, c 'était Andrew Cuomo qui est aussi démocrate. Donc c 'était entre un démocrate et un démocrate plus à gauche. Ce qui démontre déjà comment la ville vote. Je pense que si moi je devais parler des élections, l 'élection qui est beaucoup plus importante, c 'est celui qui s 'est passé dans l 'État de Virginie. Parce que l 'État de Virginie est assez conservatrice. C 'est juste à côté de Washington, c 'est tout autour de Washington. Je la connais bien. C 'est bien. Et je pense que le fait qu 'une démocrate a gagné, est devenue le gouverneur de Virginie, a peut -être signalé aux démocrates comment ils peuvent potentiellement gagner contre les républicains.

8:47Maintenant, c 'est à eux de prendre le choix. Si moi, j 'étais démocrate, je ne le suis pas. Mais si j 'étais démocrate, c 'est là où je regarderais plutôt que Zoran Mamdani. Parce que gagner avec un mandat comme Zoran Mamdani aux États-Unis, c 'est très compliqué. Donc Abigail Spanberger plutôt que Zoran Mamdani. Ça, c 'est votre discours. On va enchaîner rapidement. On reviendra évidemment sur tout ça. Petit teaser de la fin de l 'émission. J 'aimerais juste vous entendre, Philippe Motta, une seconde. Sur la même question. Victoire aux démocrates, en terre démocrate, non événement. ou sursaut quand même ?

9:21Sursaut, événement assurément. Je pense que la question n 'est pas de savoir si on a un Mamdani et une Stenberger. On a un parti démocrate qui n 'échappe pas à sa destinée de coalition. C 'est un parti d 'inclusion. Et ce qu 'on va voir, c 'est une cohabitation, en fait, de tendance, parce qu 'on ne peut pas pratiquer le même démocratisme à New York qu 'on peut le faire à Provos, en Utah, en Californie ou dans l 'Amérique profonde. la difficulté clairement ça va être de trouver de faire émerger une voix nationale qui soit effectivement capable de rassembler dans cette inclusion différentes factions du parti et ça ça va prendre du temps et on n 'est pas certain à ce stade qu 'on a des éléments suffisamment fédérateurs pour faire ça et bien merci pour cette première petite analyse je vous promets avec ceux qui n 'ont pas encore parlé qu 'on va revenir sur cette victoire de Mamedani et sur la suite des événements tout à l 'heure mais revenons à ce premier anniversaire de la réélection de Donald Trump.

10:19On a l 'impression qu 'il est au pouvoir depuis 10 ans. Non, ça fait 9 mois seulement. Un an depuis l 'élection, 9 mois à la Maison-Blanche. Comment Trump a-t-il bouleversé l 'Amérique et le monde au pas de charge ? Le brief de Christophe Cyron.

10:39À la Maison-Blanche, le ballet des bulldozers fait grand bruit. Vous entendez ce bruit ? Ça me rappelle l 'argent. L 'Aile Est détruite pour faire place à une salle de balle, un chantier à 300 millions de dollars, cofinancé par Amazon, Google, Meta, Lockheed Martin et par le président lui-même. Oubliez ses promesses de ne pas toucher à ce symbole de l 'histoire du pays. Une séquence comme une métaphore du deuxième mandat Trump, une charge sans état d 'âme contre toute l 'architecture démocratique américaine. Première image de cette volonté de casser le système, la tronçonneuse d 'Elon Musk.

11:21280 000 fonctionnaires licenciés. Musk, milliardaire de la tech, incarnation de ces nouveaux apparatchiks de la pensée trumpiste. Le président qui fait tout pour museler les contre-pouvoirs, multipliant les intimidations. Contre le patron de la réserve fédérale. Vous voyez ce genre de type avec qui vous tentez de négocier, mais qui n 'est pas vraiment futé ? Menace aussi contre la presse. On va vous poursuivre, vous me traitez tellement mal, vous avez de la haine en vous. Et quand il s 'en prend aux juges qui mettent le nez dans ses affaires, le président sait que la Cour suprême est sur la même ligne conservatrice que lui.

11:59Je hais mes adversaires. Donald Trump remonté comme jamais après l 'assassinat du polémiste Charlie Kirk et qui déploie l 'armée dans des bastions démocrates. Portland, Chicago, Los Angeles, des terrains d 'entraînement, dit-il, pour sa guerre contre les ennemis de l 'intérieur. Minorités, antifa, adversaires politiques. Parallèlement, la police anti-immigration et ses méthodes brutales multiplient les arrestations. 60 000 personnes détenues dans ces geôles depuis janvier. Trump en croisade contre les élites, les musées, les universités, la science. 10 milliards biffés des budgets de recherche sur le climat, le biomédical, le géant.

12:41Trump, qui cherche par tous les moyens à garder la main sur le Congrès, opérant un redécoupage électoral stratégique pour affaiblir l 'opposition démocrate avant les midterms. Et pendant que les milliardaires de son clan s 'enrichissent, les plus faibles s 'appauvrissent. Hausses des coûts de la santé, pertes de prestations alimentaires en raison du shutdown, l 'administration fédérale paralysée à cause du bras de fer budgétaire entre démocrate et républicain. Aux 7 millions de mécontents du mouvement No King, pas de roi, qui crie leur colère dans la rue, le président des États-Unis réplique ainsi sur son réseau social.

13:18En voyant tout ça, peut-on encore parler de l 'Amérique comme d 'un modèle de démocratie ? Richard Verly, à Paris, qu 'est-ce qu 'il faut croire finalement, Après ce qu 'on vient de voir et après ce qu 'on vient de dire sur la victoire de Zoran Mabdani, est-ce qu 'il faut croire que Donald Trump est en train de détricoter par le menu tout l 'état de droit et la démocratie américaine ou est-ce qu 'il faut croire qu 'elle se porte très bien à merveille cette démocratie, qu 'elle est plus vivace que jamais et que New York vient de le démontrer ? Je dirais que Donald Trump essaie de révolutionner l 'Amérique.

13:51Il a un agenda proprement révolutionnaire. C 'est un agenda qui pourrait se résumer en trois mots. la force, le rapport de force en tout, ça c 'est la première chose la deuxième chose c 'est lui Donald Trump au centre du jeu au centre de tous les jeux, tout doit passer par lui il n 'y a que lui qui compte et enfin le troisième élément qui est sans doute le plus inquiétant c 'est que il veut absolument que les autorités en place les juges ou autres lui obéissent après le deuxième champ c 'est la révolution économique il a promis de restaurer l 'économie américaine Alors on a des doutes sur le résultat en matière d 'inflation, mais par contre, partout où il va, il ramène des promesses d 'investissement assez colossales, il faut bien le dire, y compris des Européens.

14:34Et enfin, dernière chose, une vraie révolution culturelle. Et là, ça s 'adresse à nous, les Européens. Ils pensent que nous avons perdu nos valeurs, alors que lui et son camp incarnent les valeurs de l 'Occident. Eh bien, vous venez de teaser le deuxième chapitre de cette émission, puisqu 'on se penchera précisément sur cette révolution culturelle qui est peut -être en marche. Bruno Giussani, pour terminer ce premier tour de table, l 'adversaire malheureux à New York de Zoran Mamdani c 'est Andrew Cuomo ancien démocrate et lui-même avertissait comme ça pour essayer de faire peur probablement que si d 'aventure Mamdani l 'emportait et bien on verrait le lendemain les chars dans la 5ème avenue et Trump en train de se faire prendre des selfies devant la tour Trump ce sont les propos d 'Andrew Cuomo alors il disait ça pour faire peur mais on ne sait pas encore vraiment ce qui va se passer ça s 'est arrivé hier On a vu Donald Trump déployer la garde nationale ailleurs.

15:25Est-ce qu 'on est à l 'aube de quelque chose de grave à New York ? À New York, peut -être pas, je ne sais pas. On verra, la victoire de Mme Dany est plutôt claire. Donc, je pense qu 'il a pour l 'instant les reins solides. Mais c 'est clair que cette victoire-là pose un cadre d 'une sorte de conflit de vision. Il y a quelque part le nationalisme colérique de Trump qui résume tout ce que Richard vient de dire. il faut défaire les institutions il faut défaire les alliances il faut refaire l 'économie etc et de l 'autre côté il y a cette ville globale ouverte représentée par Mme Dany je ne pense pas, je suis très hésitant à lire les résultats d 'élections locales comme un référendum national pour faire attention à ça mais c 'est clair que là on est en présence de deux visions tout à fait différentes et cette colère de Trump cette attitude très personnelle par rapport à la politique par rapport à la façon dont il gère les relations politiques, va probablement l 'amener à mener des tentatives de punition des New-Yorkais d 'une façon ou d 'une autre.

16:31Comme il a essayé de punir les universités, comme il a essayé de punir d 'autres villes, etc. Punir, évidemment, dans sa vision, c 'est -à-dire, c 'est des ennemis, ils ne font pas ce que je veux, ils ne sont pas loyaux, et donc on va les frapper. Philippe Mottat, vous aviez fait un clin d 'œil à Tocqueville, je le disais, avec de la démagogie en Amérique. C 'était votre premier livre. Est-ce que vous iriez, comme le nouvel obs, jusqu 'à parler de la tyrannie en Amérique, désormais ? On y est ? Je dirais, en premier lieu, et en faisant suite à ce que disait Richard Verly, c 'est une présidence extraordinairement difficile à lire et à analyser.

17:06À suivre, déjà. Et, a fortiori, depuis l 'extérieur. Et je crois que j 'y vois, en tout cas, deux raisons principales. il y en a plusieurs mais je vais en choisir en prendre deux, c 'est l 'ampleur de la contre-révolution qui est en jeu, c 'est -à-dire le projet qui est un projet de répudiation complète du libéralisme à travers la destruction effectivement de ce qui fait les institutions d 'un État démocratique. Il faut s 'entendre sur le libéralisme. Oui parce que vous êtes en train de lier le libéralisme à la démocratie comme si c 'était consubstantiel. Dans la répudiation quand on parle de libéralisme aujourd 'hui aux Etats-Unis et de la bagarre contre le libéralisme, ça n 'est pas seulement le multilatéralisme, les valeurs libérales, etc.

17:52C 'est fondamentalement la notion résumée dans cette phrase de Peter Thiel, le fameux Peter Thiel qui dit la démocratie, la liberté est incompatible avec la démocratie. Donc ce qu 'on cherche à faire aux Etats-Unis, cette répudiation par la destruction se fait au profit d 'un régime qui est un régime monarchique autour d 'une théorie légale concoctée qui s 'appelle le pouvoir exécutif unitaire. En d 'autres termes, une révision de la Constitution américaine qui dit il y a un président et il y a le peuple. Si on parle de la théorie dont vous parlez, l 'exécutif unitaire, il se base sur l 'article 2 de la Constitution qui dit le pouvoir exécutif est confié au président des États-Unis.

18:39et eux en découlent que tous les pouvoirs sont attribués au président des États-Unis. Il faut savoir quand même que cette contre-révolution qui est en marche et dont je ne vois pour l 'instant pas véritablement de frein, et les monnaies, d 'abord ça fait 50 ans qu 'elles cuisent, c 'est de la cuisson lente pour une idéologie extraordinairement radicale qui s 'inspire de penseurs tels que Karl Schmitt, le juriste quand même du troisième range, qui s 'inspirent des fascistes italiens tels que Julius Evola. Et cette idée du remplacement des institutions américaines aujourd 'hui par ce système autour de cette idée de ce pouvoir exécutif unitaire est aujourd 'hui très prégnante.

19:23Et elle est portée par des intellectuels brillants américains qui, d 'ailleurs, accessoirement, sont des gens qui sont à Harvard. Prenons Patrick Denin, dont vous avez peut -être l 'idée, livre, Pourquoi le libéralisme a échoué, c 'est le titre de son livre, le deuxième livre, ça s 'appelle Construire un futur post-libéral. Et il y a une dernière chose aussi que je signale par rapport à ça, sur la méthode, c 'est qu 'il y a une chose, et c 'est intéressant d 'écouter Trump et ses discours, c 'est la question de la délibération. On ne croit plus chez ces gens-là à la possibilité de la délibération, parce qu 'en fait on ne veut pas faire société, on veut exclure tout ce qui est bien commun et tout ce qui est faire, société, comme on dit chez nous, on l 'exclut et notamment on glorifie l 'action et pas la délibération.

20:13À l 'ONU, Trump dit l 'ONU c 'est très bien mais vous parlez trop, vous ne faites rien. On oppose la parole à l 'action. Et tout le mode opératoire est fait autour, on ne délibère pas, on arrive, on fait un plan de paix qui n 'est pas un plan de paix autour de l 'absence de délibération où juste on passe en force. Afsané, le constat est plutôt sévère pour votre président, puisque vous êtes américaine et républicaine. Mais quand même, on peut tout relativiser. Mais quand on voit un Donald Trump qui déploie la garde nationale, on ne va pas faire la liste, mais si on peut la faire un peu, qui déploie la garde nationale, qui fait pression sur ses opposants, qui les attaque en justice, qui fait virer des humoristes, qui met en place tout ce que Philippe Motta vient de dire, est-ce qu 'on peut encore parler de fonctionnement démocratique ?

20:51On peut rester optimiste sur le fonctionnement démocratique des États-Unis ? Je pense qu 'il faut se rappeler qu 'il y a eu déjà des situations dans l 'histoire américaine où le président a pris des pouvoirs qu 'aujourd 'hui, on reproche à Donald Trump de faire. Tel qu 'Abraham Lincoln durant la guerre de l 'île. Tel que Franklin Delano Roosevelt qui est l 'icône des démocrates pendant la Grande Dépression et durant la Deuxième Guerre mondiale quand il a interné des Japonais parce qu 'il pensait qu 'ils étaient contre les Américains. Il a interné, je pense, un million de Japonais et 60 % de ces Japonais étaient des citoyens américains, dans des camps.

21:38Donc, ce que je veux dire, c 'est qu 'on est dans une situation particulière. C 'est deux exemples de guerre. On est dans des moments où les pays sont en guerre. Oui, mais vous devez penser, on doit regarder comment Donald Trump pense et comment les gens autour de lui pensent. Eux, ils pensent qu 'il y a une guerre en interne aux États-Unis contre l 'esprit woke, contre ce libéralisme qui est allé trop à gauche. Donc, ça c 'est mon point de vue, c 'est comme ça qu 'ils pensent. Alors, ils se permettent de mettre à terme cet gauchisme extrême. Mais avec des moyens, donc ma question c 'est, avec des moyens qui sont toujours dans le champ démocratique ou qui commencent à déborder du champ démocratique ?

22:27– Mais qui déborde totalement du choix de dévain. – Disons que, ok, si on parle par exemple du fait qu 'il y a le weaponization, excusez-moi parfois, j 'oublie mes mots. – L 'instrumentalisation. – L 'instrumentalisation de la justice américaine. – Par qui ? – Non, je dis, on dit ça, on reproche ça à l 'administration Trump. – Vous allez nous dire que les précédents faisaient la même chose ? – Je vais vous dire que sous Biden, ils l 'ont fait, Ce n 'est pas qu 'ils ne l 'ont pas fait. Ce n 'est pas que les mains n 'étaient pas sales déjà avant. Je reproche toute l 'instrumentalisation de la justice.

23:02Mais je pense que si Trump envoie le National Guard, par exemple dans une ville comme Washington DC, qui avait un nombre de crimes qui était excessif. Maintenant, est-ce que c 'est la solution à long terme ? C 'est ça ma question. Ça c 'est différent. Mais à court terme, je peux vous dire que le taux de crime à Washington a baissé de 50%. C 'est sûr que si vous envoyez l 'armée, les chars, les tanks et les bombes du clair, les crimes baissent. Mais la question, c 'est est-ce que ça reste démocratique ? Mais bon, oui. Mais vous savez, c 'est où les maires de ces villes doivent prendre les choses en main.

23:41Et je vais revenir à ce que vous avez dit. Parce que moi, je suis un grand... Je crois beaucoup à ce que Ayn Rand avait dit dans les années 30 quand elle est arrivée aux Etats-Unis. Elle a admiré les Etats-Unis pour l 'individualisme et cet esprit de liberté de pouvoir créer et d 'avoir du succès. Et cet esprit collectif qu 'on doit avoir, mais pas dans un extrême, est ce qu 'on voit aux Etats-Unis aujourd 'hui. Les Etats-Unis vont bien. Non, je ne dis pas qu 'ils vont bien, mais je pense que les Etats-Unis étaient malades bien avant Trump, c 'est ça que je dis. Tristan Desser, j 'ai une immense question pour vous, mais je crois que vous avez quelque chose à dire.

24:24Oui, je voulais juste rebondir sur ce qui était dit avant, sur ce pouvoir exécutif unitaire. Et en faisant remarquer, on s 'est installé devant le Congrès, on aurait pu choisir la Maison-Blanche, mais il me semblait important qu 'on se mette devant ce Congrès qui symbolise un peu ces neuf mois. Et un des gros problèmes démocratiques qu 'on a pu observer durant ces neuf mois, c 'est le rôle du Congrès en tant que contre-pouvoir qui a quasiment été effacé durant ces premiers mois de mandat, tout simplement parce que le Congrès n 'a pas réussi à jouer son rôle. Alors les démocrates ici étaient en minorité, donc ils ne pouvaient pas faire grand-chose.

25:00Et puis les élus républicains se sont alignés totalement sur les politiques de Donald Trump et n 'ont pas, en quelque sorte, joué leur rôle de contrepoids, de frein ou de contrepoids, comme prévu par la Constitution. Et normalement, ici, le Congrès et les élus du Congrès sont très jaloux de leurs prérogatives. Même si leur président est de leur bord, ils n 'hésitent pas traditionnellement à s 'opposer, à questionner l 'exécutif. Et Donald Trump, alors ce n 'est pas le premier président, évidemment, à faire pression sur le Congrès, mais il l 'a fait de manière beaucoup plus exacerbée que d 'autres présidents avant lui, et il n 'a pas hésité à intimider, menacer les élus qui, pour une large part, et à quelques exceptions près, se sont couchés, alors même que le Congrès, on parlait de la Constitution américaine, le Congrès, il est dans l 'article premier de la Constitution, la Maison-Blanche, l 'exécutif vient en deuxième, et le cœur vraiment de la démocratie américaine, c 'est censé être ce Congrès, et aujourd 'hui, il a beaucoup, beaucoup de mal à exister.

25:57Mais ce Congrès, c 'est le temple des fameux checks and balances, contre-pouvoir, on va le dire, qui est consubstantiel du système. Est-ce que ce Congrès, magnifique, symbolique, etc., vous nous dites là, il est paralysé, OK, il est paralysé au sens propre, mais est-ce qu 'il est encore en capacité de fonctionner face au logiciel trumpien, au-delà du shutdown ?

26:22Il devrait. C 'est normalement, c 'est là que les élus en commission, en votant les lois, doivent jouer leur rôle. Mais voilà, Donald Trump a menacé d 'envoyer ou de financer des concurrents pour des primaires et menacé les élus de ne pas être réélus. Tout simplement menacé aussi de couper des budgets. Ou il a manié aussi, après le bâton, la carotte en récompensant les élus les plus fidèles. Et alors on a vu quelques tentatives de rébellion. Il y a Rand Paul, par exemple, un élu républicain plutôt libertarien qui s 'est opposé à plusieurs mesures de Donald Trump sur les tarifs douaniers, par exemple, ou sur ses exécutions extrajudiciaires au Venezuela.

27:06On a vu Thomas Massy ou Marjorie Taylor Greene questionner l 'exécutif et exiger même sur l 'affaire Epstein, qui est un dossier toujours en cours. Donc on voit quelques petites tentatives timides de rébellion. Mais non, ce n 'est pas de la rébellion, c 'est en fait juste de tentatives de nouveau jouer ce rôle d 'élu, de représentant du peuple et de poser les questions et de contrôler l 'exécutif. C 'est ce à quoi sert normalement ce congrès. On n 'est pas dans une république autoritaire où toutes les décisions viendraient de la Maison-Blanche. C 'est un État fédéral avec des élus ici qui ont un énorme pouvoir, normalement.

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27:42Je repasse par Paris avec vous, Richard. On a commencé à voir, avant le sursaut de démocrates, là ou pas, avant les élections locales de la nuit dernière, on a vu ce mouvement knocking, avec évidemment la réponse tout en couleur de Donald Trump. C 'était quand même 7 millions d 'Américains dans les rues. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire, je vous demande toujours de diagnostiquer l 'état de la démocratie américaine. Vous n 'êtes pas à partir, je crois, de l 'idée que Donald Trump est un dictateur. On en est où alors, aujourd 'hui ? Écoutez, je reprends l 'expression qui est de Philippe, de nationalisme colérique.

28:13Je pense d 'abord qu 'il y a un pari politique de Donald Trump. Ce pari, c 'est que c 'est la colère qui va lui permettre de remporter les élections de mi-mandat qui auront lieu dans exactement un an. Donc, il fait tout pour attiser cette colère. Ce qu 'on voit en ce moment, toutes les attaques contre ce qu 'on pourrait qualifier d 'État de droit américain, elles sont calculées à mon sens. Ça procède d 'une stratégie qui est effectivement la stratégie de la colère. Alors, dans quel État est la démocratie américaine, eh bien, l 'autre élément qu 'il faut bien reconnaître, c 'est que pour l 'instant, la base de Donald Trump, elle lui reste fidèle.

28:47Alors, il y a les sondages qui disent qu 'il est devenu plus impopulaire, mais il a réussi à conserver autour de lui cette Amérique. Il n 'y a qu 'à voir, je dirais, la dévotion qui était celle lors des funérailles de Charlie Kirk, cet activiste assassiné. Donc, est-ce que ça, ce n 'est pas démocratique ? Posons-nous cette question. Il faut avoir le courage de le réaliser. Il y a, dans l 'électorat de Donald Trump, la volonté de revanche et le sentiment que précisément ce qui trahissait la démocratie américaine, c 'était la prise de contrôle de plus en plus grande de ce que eux appellent le wokisme d 'une manière générale.

29:24Donc cette contre-révolution, elle naît bel et bien d 'un sentiment d 'oppression, mais moi j 'insiste sur un aspect, c 'est la stratégie de la colère, c 'est voulu par Trump et d 'ailleurs pas seulement pour la politique intérieure, dans la politique internationale également. Merci Richard Broudoujussani, je reviens sur la réponse qu 'on a vue dans le sujet de Christophe, la réponse de Donald Trump aux manifestations No King. Vous avez vu comme moi, on a vu en extrait cette vidéo créée par l 'IA surréaliste où il pilote un avion de chasse avec une couronne et puis défec littéralement sur... Avec la musique de Top Gun.

29:55Avec la musique de Top Gun. Est-ce qu 'il n 'a pas réussi quelque chose là de totalement nouveau, à savoir court-circuiter toute forme d 'opposition, toute forme d 'opposition solide en opposant à l 'opposition raisonnée, une sorte de logique de provocation pipi-caca qui fait qu 'on ne sait même pas comment réagir. Mais évidemment, on ne sait plus comment réagir et ça, ça se passe trois fois par jour avec Trump. C 'est tout à fait son mécanisme qui prétendrait être dialectique et qui ne l 'est pas parce qu 'il stoppe complètement la dialectique. L 'idée, c 'est qu 'il y a 7 millions de personnes dans les rues, ils disent « no king » et « no king », ça remonte aux Etats-Unis.

30:32C 'est énorme, « no king », bien sûr. « No king », le roi d 'Angleterre, etc. et c 'est fortement symbolique et donc il y aurait toute une discussion à développer sur qui sont ces personnes, qu 'est-ce qu 'elles veulent et puis où est-ce que ça va mener et lui il stopnette cette question avec ce type de provocation mais on en a vu de tous les genres de provocation comme ça sur Gaza Gaza bien sûr et puis Trump habillé en pape Trump habillé en roi, ce genre de choses il y en a deux ou trois par jour mais il ne faut pas oublier une chose et je le dis parce que Thurston est là devant le Congrès, le Capitole, il ne faut pas oublier que le premier jour après avoir prêté serment, il est allé à la Maison Blanche et une de ses premières signatures, c 'était pour pardonner tous les protestataires du 6 janvier de quatre ans avant, qui avaient pris d 'assaut le Congrès.

31:23Et ça, c 'est un peu une sorte d 'acte fondateur. C 'est carrément une remise en discussion de tout l 'appareil légal et institutionnel. C 'est dire immédiatement dès le premier jour, Moi, je n 'ai rien à voir avec ça. C 'est mon pouvoir de les pardonner. Je les pardonne, malgré le fait qu 'ils aient été condamnés, qu 'il y a eu de la violence, des morts et tout ce genre de choses. Et de là, tout descend. Quel est le point commun ? Allez-y, Philippe Mottin. Je me tais. Philippe Mottin. Juste une chose par rapport, d 'abord à ce que disait Tristan Dessas sur la réponse au Congrès. C 'est évidemment difficile pour les démocrates, puisque numériquement, ils sont les plus faibles.

31:56Et puis, il ne faut pas oublier non plus la notion de violence et la terreur que peut instiller Donald Trump, qui dit qu 'on a des ennemis intérieurs et effectivement, on voit bien, il les poursuit. Ça peut être aussi bien en justice, avec un département de justice qui est totalement assujetti à Donald Trump. Et donc, on va faire une enquête contre John Bolton, l 'ancien conseiller de la sécurité nationale. L 'ancien patron du FBI. James Comey, etc. Et puis, il y a aussi le harcèlement fiscal. Plus, plus, plus, etc. Donc, je crois que c 'est un facteur qu 'il ne faut pas négliger. En réponse à Richard Verlis, en soulignant ce qu 'il disait, je pense qu 'il y a une chose très intéressante sur, et à votre question en fait, les Américains sont presque un peu démunis aujourd 'hui quand il s 'agit de faire cette détermination en se disant est-ce que nous sommes en train de devenir un pays, une démocratie libérale, l 'autorité ?

32:49Ils nous disent tous quand même, surtout les Pétolos nous disent c 'est fou la vitesse à laquelle notre pays change. Nous sommes tous d 'accord là-dessus. Mais en fait, et nous Européens, évidemment quand on fait des références ou fascisme, etc., on a ces références, elles sont profondes chez nous. On est dans des formes différentes d 'autoritarisme et les Américains sont un peu démunis, je dirais conceptuellement, et ils s 'interrogent, il y avait un essai très intéressant de The Atlantic de George Packer, qui est vraiment un essayiste américain qu 'il faut lire, qui disait vous à l 'étranger, nous on n 'a jamais vécu ça, vous vous l 'avez vécu, donc vous avez d 'une certaine manière une capacité à déchiffrer l 'autoritarisme et ses glissements.

33:31Mais de manière symétrique, nous, en Europe, on a effectivement, parce qu 'on comprend mal le fond, je crois, de cette contre-révolution, à déchiffrer une forme américaine de totalitarisme. Et moi, je dis aujourd 'hui que tous les indices sont comme ceux de cette caméra, ils sont rouges vifs, c 'est -à-dire qu 'ils sont sur ce qui est en train de devenir effectivement à travers la fin de la séparation des pouvoirs, y compris de la séparation de l 'Église et de l 'État, qui est un des piliers aujourd 'hui revendiqués par la minorité, par la branche catholique de la coalition Maga, on est en train effectivement de glisser progressivement de ce que serait la version américaine contemporaine d 'un État autoritaire.

34:16– Autoritaire. Pourquoi est-ce que les Républicains, Afsan et Ayat, laissent faire ça ? Les Républicains, ils ont bon temps, les Républicains, c 'est l 'establishment de toujours les Républicains. C 'est vrai qu 'on construit toutes les institutions dont on est en train de thématiser la destruction ou le sabordage. Pourquoi est-ce que les Républicains continuent d 'adhérer presque comme un seul homme à leur président ? Déjà, j 'aimerais dire une chose qui a été le cas. J 'ai grandi aux États-Unis et j 'ai vu plusieurs présidents qui étaient au pouvoir. Chaque fois que vous avez un congrès qui est du même parti que le président, ils votent tous de la même manière.

34:54Ce n 'est pas nouveau. Si, la seule chose, c 'est que maintenant, c 'est devenu très transparent. Moi, je me rappelle, ce que vous voyez, Bill Clinton, quand il avait un congrès qui était complètement démocrate, il pouvait passer toutes les lois qu 'il voulait passer. Parce qu 'une fois qu 'on a la majorité, ça se passe comme ça. Donc, c 'est pour ça que c 'est très important de contrôler. Maintenant, je reviens à votre question. L 'adhésion des Républicains au logiciel trumpien, qui n 'est pas le logiciel républicain. Oui, mais le problème, c 'est que quelle est l 'alternative ? C 'est ça, c 'est l 'absence d 'alternative.

35:27Il n 'y a pas d 'alternative, parce que l 'alternative, c 'est le wokisme. Et donc, moi, je pense que c 'est pour ça… C 'est le wokisme, c 'est comme ça qu 'il a résumé les choses. C 'est vraiment cette peur de la gauche et ce wokisme… Et des Européens, dont on va parler dans un moment. Et vous continuez à parler de fascisme. Moi, je sais que, par exemple, en Europe, quand Mélanie a été élue, on l 'a traité de fasciste. Avant qu 'elle ne soit élue, elle n 'est pas fasciste. Elle était un petit peu. Elle était proche du milieu, pour le coup, fasciste, vraiment fasciste. Ce qui est généralement, d 'un point de vue européen, tout ce qui est un peu plus à droite que la droite, est fasciste.

36:06Non, mais pour le coup, Jean-Germain Loney, elle est de sa jeunesse, elle était vraiment néo-fasciste. Le problème, c 'est que quand on utilise ce mot très facilement, après, elle perd un peu la sens. Et donc, moi, je suis d 'accord avec vous que la situation aux États-Unis, c 'est beaucoup plus extrême que ce qui s 'est passé, par exemple, en Italie. Mais on les met dans le même panier. Je vais enchaîner sur le monde, sur les conséquences pour le monde, parce qu 'on n 'est pas aux États-Unis, nous, finalement. Mais juste, Richard Verli, encore un mot. Vous sortez en ce moment dans les bonnes librairies Cet Amérique qui nous déteste la comprendre pour mieux y répondre.

36:51expliquez-nous en cinq secondes ce que Jeff Bezos, patron d 'Amazon, multimilliardaire de la tech, a en commun avec un électeur redneck évangéliste de Caroline du Sud. Comment est-ce que Trump réussit le syncrétisme incroyable de ces deux entités qui n 'ont rien à voir l 'une avec l 'autre ? Je dirais Jeff Bezos a peur et l 'électeur redneck vénère la force. Voilà, tout simplement. Jeb Bezos fait partie de ces géants de la tech qui ont peur. Ils ont peur pour leurs intérêts économiques. Ils ont peur pour leur entreprise. Et ils essayent aujourd 'hui de s 'accommoder de Donald Trump en lui répétant systématiquement « Merci, monsieur le président ».

37:34L 'électeur redneck, lui, il est convaincu d 'une chose. Il n 'y a que la force qui compte pour obtenir le respect des valeurs qui sont les siennes et qui l 'estiment, encore une fois, être les valeurs au-delà des États-Unis, de l 'Occident. c 'est bien le problème. La force au service des valeurs dans l 'histoire, ça a quand même produit des choses problématiques. Très rapidement Tristan, puisque je vous vois lever le doigt sous le soleil de Washington. Oui, pour compléter et répondre à cette question sur comment le Trumpisme arrive à agréger des électeurs et des intérêts si différents entre effectivement des agriculteurs du Sud ou du Midwest, des ouvriers, les secteurs de la tech ou les milliardaires de la Silicon Valley.

38:17Et c 'est vrai que quand on regarde le trumpisme, c 'est un assemblage très hétéroclite. Et on peut se demander, et pardonnez-moi, j 'anticipe un peu sur la suite de l 'émission peut -être, au point qu 'on se demanderait, mais que pourra-t-il rester du trumpisme ? Et on peut souligner que quelqu 'un comme J.D. Vance, le vice-président, qui a beaucoup d 'influence et un poids politique important, eh bien il est aussi à la croisée de tous ses courants. Parce qu 'il a travaillé dans la tech et il séduit et il rassure ses patrons de la tech. Il est aussi, alors c 'est un catholique, mais il séduit et rassure tous les milieux chrétiens, que ce soit catholique ou évangélique, parce qu 'il a cette foi qu 'il met en avant.

38:55Il a ce côté un peu redneck, il a grandi de là, on se souvient de son livre, Hildy Elegy, de ses campagnes. Il a ce discours sur la mondialisation, ses excès et l 'industrialisation nécessaire, la réindustrialisation nécessaire du pays. Donc voilà, J.D. Vance structure un peu ce trumpisme et représente peut -être l 'avenir du trumpisme, du post-trumpisme. La Hillbilly-Ellegy qui reste un assez bon livre, quoi qu 'on en pense, de J.D. Vance qui est loin d 'être un idiot. Très vite, il faut qu 'on enchaîne, on parle du monde. Dites-moi, Philippe Matin. Je ne pense pas que ce soit la peur qui motive Jeff Bezos.

39:33Dans la triade trumpienne de cette constellation, vous avez les populistes nationalistes, Steve Bannon, Lorraine, ou la base MAGA. Vous avez les oligarques de la TEC, d 'idéologies libertariennes, qui refusent et qui ne reconnaissent pas la puissance de l 'État à réglementer, à lever l 'impôt. Des libertariens qui veulent une privatisation de l 'État. Et vous avez maintenant la droite catholique religieuse, inspirée largement désormais, ou entraînée par J.D. Vance, dont on n 'avait pas vu le rôle, très important, et qui tout d 'un coup est mise en lumière à travers les suites de l 'assassinat de Charlie Kirk.

40:13Merci Philippe Mottat, j 'ai bien fait de vous laisser faire cette précision. Ce qui se passe aux Etats-Unis finissant toujours irrémédiablement par traverser l 'Atlantique. Donald Trump ne serait-il pas en train d 'imposer une véritable révolution culturelle, comme le dit Philippe Mottat, à 360 degrés dans ce qu 'on appelait hier encore, il n 'y a pas si longtemps, le monde libre ? Focus de Christophe Sirot.

40:38« Flood the zone », en français « inonder la zone », le fameux slogan de Steve Bannon, rappelez-vous l 'idéologue du premier mandat Trump. Une tactique qui consiste à saturer l 'espace public avec un tel flot de déclarations qu 'il devient impossible de tout vérifier pour les médias. Et pour la critique, c 'est un défi colossal de bâtir un contre-argumentaire cohérent. Cette stratégie du contrôle du récit à coup de décret, Donald Trump l 'applique à un rythme toujours plus effréné entre annonces chocs et contre-vérité, notamment quand il accuse Volodymyr Zelensky d 'avoir déclaré la guerre à la Russie.

41:14Vous êtes en train de jouer avec la Troisième Guerre mondiale. Une rhétorique fantasque et décomplexée. Les gens ne savent pas vraiment si le Danemark a un droit légal sur le Groenland. J 'ai déjà mis fin à cette guerre, et bientôt huit. Contre-vérité, fausse assertion, chiffre arrangé, C 'est aussi sa méthode pour justifier la punition douanière, les 39 % de taxes infligées à la Suisse. Nous avons un déficit de 40 milliards avec la Suisse. C 'est un gros déficit. Orientation du récit quand il faut galvaniser ses troupes, notamment l 'influent bloc des chrétiens évangéliques. Après avoir échappé à un attentat, Trump se présente dès son investiture comme un élu en mission divine.

41:56J 'ai été sauvé par Dieu pour rendre sa grandeur à l 'Amérique. Pour son deuxième mandat, le président américain inonde la zone en ouvrant davantage encore les vannes. À la post-vérité, où les croyances l 'emportent sur les faits objectifs, succède aujourd 'hui la post-réalité, le rejet de la réalité si elle ne correspond pas aux croyances. Comme lorsqu 'il prétend que le paracétamol administré aux femmes enceintes favorise l 'autisme chez les enfants, alors qu 'aucune étude scientifique ne valide cette thèse. « Prendre du paracétamol, c 'est pas bien. Je le dis, c 'est pas bien. » Un exemple parmi tant d 'autres, selon cet expert.

42:37« Il envisage de désactiver, par exemple, deux satellites qui nous renseignent sur les questions de réchauffement climatique parce qu 'il ne veut pas voir l 'existence de ce réchauffement climatique. » Noyer la critique sous un déluge de mensonges, la désinformation érigée en stratégie politique, mais jusqu 'où fera-t-elle tâche d 'huile ? Bruno Giussani, notre vieux monde, avec quelques principes dont on a parlé dans la première partie de l 'émission. La démocratie, un peu remplacée par une forme d 'autoritarisme, on vient de le dire, ou d 'exécutif unitaire. Le libéralisme, remplacé par du protectionnisme, c 'est assez clair.

43:14le droit, l 'état de droit remplacé ici et là par un peu de muscle et par un peu de force et puis la raison primauté de la raison remplacée par aujourd 'hui soit le sens commun, soit les passions tout ce corpus là qui est remplacé par un autre ça s 'appelait en gros les lumières est-ce que Donald Trump est en train d 'éteindre les lumières sur la planète ? Je pense que c 'est une façon pour décrire ce qui se passe, il y en a certainement d 'autres mais clairement on est dans ce type de mouvement, il y a ce type de glissement en cours, si on regarde parce que si on pense à ce qu 'on vient d 'écouter, les mots servent à décrire la réalité, mais servent aussi à créer la réalité, et Trump est en train de créer sa réalité.

43:51Et puis les mots non-dits ou les mots interdits cachent la réalité, comme toutes ces longues listes de mots qu 'on a vues dans les derniers mois qui sont interdits dans les rapports scientifiques, dans les documents publiés par l 'Ogarnement, des mots comme climat, parce que Trump n 'est pas en train de parler, mais aussi des mots comme femme, par exemple, qui disparaissent de la documentation. Pourtant, les femmes, ça le dérange moins que le climat, en général. En fonction de ce qu 'on vient de dire au début, c 'est -à-dire de femmes élus gouverneurs, peut -être que ça les a dérangés un petit peu.

44:18Non, mais ce que je veux dire par là, c 'est qu 'on est vraiment en présence d 'une situation, comme disait Philippe, qu 'on n 'arrive pas à lire parce qu 'on n 'a pas vraiment les instruments intellectuels presque pour la lire. On a des catégories que nous avons héritées du passé, qu 'on a essayé d 'appliquer à ça et d 'ajuster, mais ce qui est en train de se passer, Pour moi, ce n 'est pas un début de glissement vers l 'autoritarisme. On est en plein dedans. On peut faire une longue liste des caractères de l 'autocrate et Trump. On remplit pratiquement toutes, en tout cas, en termes du mouvement, en cette direction-là.

44:52Donc, on est certainement plein dedans. Eh bien, dis donc, Tristan Dessert, plus que d 'éteindre les lumières, est-ce qu 'il n 'est pas en train de les rendre has-been, finalement ? Ce qui est encore pire, j 'ai envie de dire. C 'est -à-dire que de nous faire croire que l 'État de droit est une sorte de truc qui est un peu vieillot, qui empêche de gouverner en rond. Oui, absolument. Et le trumpisme, comme tous les populismes, se nourrit de ça. Alors déjà, sur la forme, on l 'a vu, cette provocation permanente, cette idée de casser les tabous, montre que finalement, des tabous, il n 'y en a pas, que ce soit sur la forme de la communication et aussi, sur le fond, pourquoi s 'embarrasser avec des concepts comme la constitution, l 'état de droit, le respect des fondamentaux, puisque effectivement ce sont des freins à l 'action.

45:41Et il faut quand même dire que la force du trumpisme, c 'est aussi de se nourrir de l 'impuissance ou l 'hésitation ou la lenteur des politiques traditionnelles. Il faut quand même se souvenir que les démocrates qui étaient au pouvoir il n 'y a pas si longtemps n 'ont pas réussi à faire baisser l 'inflation, n 'avaient pas réussi à juguler la crise migratoire à la frontière mexicaine et ça a joué un énorme rôle dans la victoire de Donald Trump. Et quand on parle avec des électeurs ici de Donald Trump, ils ne sont pas toujours tous d 'accord avec lui, avec ce qu 'il dit ou avec ce qu 'il fait. Ils sont parfois même assez critiques, mais il y a quelque chose qui revient souvent, c 'est oui mais au moins lui il agit, lui il fait les choses et il nous a compris, il se bat pour nous.

46:22Et cette action permanente, y compris avec la provocation, et bien elle a cette force, et Donald Trump a cette force, c 'est un showman, c 'est un homme de spectacle, de montrer qu 'il agit. Et peut -être que les opposants à Donald Trump et les opposants au populisme en général devraient tirer une leçon, c 'est que ça ne sert peut -être pas à grand-chose de s 'indigner ou de monter sur ses grands chevaux, sur ses grands principes de la démocratie et comprendre d 'où vient le succès du trumpisme ou du populisme et comprendre aussi que pour s 'y opposer, la meilleure façon, c 'est peut -être tout simplement de se mettre au travail et d 'entendre les électeurs et de répondre à leurs besoins et leurs attentes.

46:58Je traverse à Dessin, à Nouveau-L 'Atlantique, pour aller vers Paris, Richard Verly, puisque cette petite musique qui consiste à dire que l 'état de droit empêche de gouverner en rond, elle commence à résonner et à monter autour de vous, dans la capitale française et ailleurs en Europe, jusqu 'en Suisse peut -être d 'ailleurs. Oui, il est juste de dire que le trumpisme, il est déjà installé en Europe. D 'ailleurs, on pourrait presque parler de vase communiquant, parce que le national-populisme qui est à l 'œuvre en Europe, qui a d 'ailleurs le vent en pouce dans beaucoup de pays, il a aussi nourri ce qui se passe aujourd 'hui aux États-Unis.

47:31Alors toute la question, c 'est de savoir à quel moment, au fond, ou qu 'est-ce qui va être importable de l 'Amérique de Trump et qu 'est-ce qui ne l 'est pas. Trump, lui, il pense que tout peut être importé puisque son objectif et l 'objectif de son camp, c 'est d 'avoir, au fond, le monopole du national-populisme, au sens, il veut que le continent européen devienne trumpiste. Il le dit d 'ailleurs, il adoupe des dirigeants. Alors on connaît le Premier ministre hongrois Orban, il y a maintenant le nouveau président polonais, il y a des leaders identifiés dans beaucoup de pays. Ça c 'est une volonté hégémonique de Donald Trump.

48:06Après, est-ce que tous ces nationaux populistes européens se reconnaissent dans Trump ? Eh bien non, et là c 'est la grande question. Par exemple, Mme Mélanie, elle fait ami-ami, mais il est clair que Trump lui pose quand même des problèmes. Ici, en France, Mme Le Pen, clairement, n 'est pas du tout dans le camp de Donald Trump. Donc, toute la question est de savoir si, encore une fois, par sa force de persuasion, de communication, par sa capacité, je dirais, à déferler sur le continent européen, il va devenir de facto aussi le leader d 'un trumpisme made in Europe. Merci, Richard. Bruno Giussani, vous signez, vous aussi, un livre à paraître dans quelques jours, le 14 novembre, Moins d 'Amérique dans nos vies.

48:47s 'apporte évidemment face à un plaidoyer pour notre souveraineté numérique. Vous écrivez beaucoup sur le champ que vous connaissez, à savoir la technologie, la tech, la big tech et son rôle dans tout ce qui est en train de nous arriver. Cette contre-révolution dont tu es en train de parler, il n 'aurait pas lieu sans le bras armé du trumpisme qu 'est la tech et aligné, couvert derrière lui. Absolument. C 'est ce qu 'on disait avant. Je m 'inscris un peu en fou avec, par rapport à Richard qui dit la big tech a peur. Moi, je pense que la Bitech a compris en fait que l 'affaiblissement du système américain par Trump et par les trumpistes leur ouvre la porte à une domination encore plus grande de nos vies.

49:27Et nos vies sont dominées par les systèmes technologiques américains. On a une situation de presque vassalité en Europe par rapport à ça. Individuellement, par rapport à tout ce qu 'on fait digitalement toute la journée, et aussi du point de vue des entreprises, de l 'État. on a nos États qui littéralement tournent sur les serveurs et les machines des entreprises américaines, pas nécessairement toujours en Europe, souvent carrément aux États-Unis, et donc soumis aussi à la législation américaine, qui en plus est souvent extraterritoriale ou interprétée comme telle, etc. Et donc il y a cette symbiose, cet alignement entre les intérêts nationaux représentés par Trump et interprétés par Trump, et l 'intérêt commercial de ces grosses entreprises qui se prête très bien à devenir l 'outil de coercition de Trump par rapport aux autres, aux anciens alliés.

50:18Trump a dit, par exemple, ceux qui osent réglementer ou taxer nos magnifiques, ces mots, nos magnifiques entreprises technologiques, subiront nos foudres, les siennes. Et cette menace-là est réelle, parce qu 'évidemment, il y a les droits de douane et tout le reste. donc c 'est une sorte de bras armé tout à fait. Afsane Eyad, je reviens sur le terme de post-réalité qui a été utilisé par Christophe Sirot qui aurait succédé ou qui succède peut -être à la post-vérité post-réalité c 'est quoi ? On n 'aime pas les statistiques du travail on vire la statisticienne on n 'aime pas trop l 'idée de climat, on vire le sujet du climat on s 'affranchit vraiment pour le coup cette fois de la réalité ça, ça fait partie vraiment du logiciel.

51:09Est-ce que ça, ça ne vous interpelle pas un petit peu quand même ? Ou alors, il y a raison, et puis de nouveau, on a menti à tout le monde. Non, je pense que la post-réalité, on ne doit pas avoir de post-réalité. Mais pour ce qui est sur les deux points que vous avez mentionnés, même si je ne prendrais peut -être pas la décision de licencier la statisticienne en chef, la commissionnaire, mais le fait qu 'ils ont annoncé une erreur de 900 000 emplois sur, je pense, 12 mois, sur les derniers 12 mois, et ils l 'ont annoncé au mois de septembre. Le problème avec de telles annonces, pour quelqu 'un que depuis des mois il disait que le Federal Reserve devait baisser les taux d 'intérêt, pour lui, c 'était une validation qu 'il avait raison et que cette personne, à cause de cette personne, c 'est parce que Trump, il va toujours trouver…

52:16D 'accord, prenons un autre exemple. Le paracétamol le rend autiste. Non, non, ça c 'est du n 'importe quoi. Ok, mais bon. Non, mais je pense que le problème, c 'est que Trump, il prend les points et il va à l 'extrême. Moi, je vais être la première à dire que l 'industrie pharmaceutique aux États-Unis a une influence anormale sur les institutions qui la gèrent. Ce qui veut dire qu 'on n 'a pas autant de confiance aujourd 'hui dans le FDA qu 'on avait peut -être 50 ans en arrière à cause de cette influence. L 'OFSP américaine, on va dire, l 'FDA. – Mais c 'est la réalité, c 'est que les institutions elles-mêmes ont réduit cette confiance à cause des mauvaises décisions qu 'ils ont faites.

53:04Mais je suis d 'accord avec vous que post-réalité, ou inventer sa propre réalité… – C 'est problématique. – C 'est problématique, bien sûr. – Philippe Mottard, on va parler, on va se projeter, il nous reste moins de 10 minutes, presque 5, mais sur la suite, j 'aimerais encore un mot sur cette contre-révolution, puisqu 'on vous la doit ce soir sur le plateau, ce terme-là. Est-ce que ça n 'est pas l 'autre nom de l 'échec, pardon, ça va se faire l 'avocat du diable, de l 'échec du libéralisme bon pain, de la mondialisation heureuse qui nous promettait mon zémerveille à nous les Occidentaux, on est perdant clairement dans le grand schéma des choses aujourd 'hui, ça va plus mal pour tout le monde, et du coup le système a trahi, on se tourne vers autre chose, et c 'est ça la contre-révolution.

53:40C 'est en partie ça, et en 2016 c 'est bien ce qu 'est effectivement la colère, le ressentiment par rapport à une globalisation aux États-Unis qui a été amenée par Bill Clinton très largement. – Mais la raison pour laquelle ça se passe, là-bas et aussi ici, c 'est que la même chose est à l 'œuvre. – Les bénéfices de la mondialisation heureuse n 'ont pas été également partagés aux États-Unis. En fait, on a fait croire aux consommateurs américains, aux citoyens américains, que ces produits bon marché s 'allaient bénéficier pour son statut économique, pour son pouvoir d 'achat, mais on n 'a jamais augmenté le pouvoir d 'achat.

54:17Et simultanément, au moment où on le disait, vous pouvez consommer meilleur marché, on n 'a jamais voulu augmenter le salaire minimum, etc. parce que le business américain a cette logique jusqu 'au bout d 'un capitalisme qui se préoccupe peu du contrat social. On n 'est pas dans un contexte de solidarité. Donc, assurément, il y a eu des excès, il y a eu des erreurs dans cette mondialisation. Je vais quand même revenir sur… Non, non, très très rapidement parce que j 'aimerais qu 'on parle quand même de l 'avenir, il nous reste moins de cinq minutes. Mais n 'ouvrez pas un nouveau chapitre. Ou alors, revenez rapidement.

54:50C 'est bon, j 'attends le nouveau chapitre. Vous attendez le nouveau chapitre, gagné. Non, parce que j 'aimerais qu 'il nous reste un minute, qu 'on se penche sur la suite, puisque la suite, c 'est bientôt les élections législatives de mi-mandat, les mid-term, c 'est dans exactement une année. Les démocrates veulent voir dans les trois scrutins de la nuit passée une sorte de sursaut. Ont-ils raison ou non ? Le réveil démocrate a-t-il sonné ? Écoutez ce qu 'en disait Zoran Mamdani juste après sa victoire. Après tout, si quelqu 'un peut montrer à une nation trahie par Donald Trump comment le battre, c 'est bien la ville qu 'il a vu naître

55:27Et s 'il existe un moyen d 'effrayer un despote c 'est précisément en démantelant les conditions qui lui ont permis d 'accumuler du pouvoir Ce n 'est pas seulement un moyen d 'arrêter Trump c 'est aussi un moyen d 'arrêter le suivant. Tristan Dessert, on commence avec vous, on boucle la boucle. Voilà quelqu 'un qui nous dit qu 'on va s 'attaquer aux racines du mal. La révolution est en marche, la machine anti-Trumpienne est en marche. Vous avez des doutes ? Il faudra voir ce que ça donne. Il y a un rendez-vous qui est clair, qui est dans le calendrier, qui est les élections de mi-mandat dans un an.

56:08et c 'est vraiment là que ça va se jouer. Déjà, politiquement, est-ce que les démocrates arriveront à reprendre le contrôle au moins de la Chambre des représentants ? Pour le Sénat, ça sera plus dur. Pour la Chambre des représentants, ils ont une chance. Et si c 'est le cas, ils pourront jouer leur rôle de contre-pouvoir un peu plus. On peut peut -être même rêver d 'avoir de nouveau du travail bipartisan, d 'un peu de compromis qui se ferait dans les couloirs du Congrès. On en est loin aujourd 'hui, mais pourquoi pas ? Et puis il faudra évidemment surveiller la façon dont se déroulent ces élections, puisque aujourd 'hui on a un doute, et ça paraît extraordinaire de le dire dans un pays comme les États-Unis, mais on n 'est pas encore sûr à 100 % que ces élections vont se dérouler sereinement, légalement, et que le résultat des élections sera accepté.

56:56Il y a déjà eu hier, on entendait la porte-parole de la Maison-Blanche accuser la Californie d 'avoir commis des fraudes électorales sans preuve, comme d 'habitude. Donc voilà, il faudra surveiller ça. Et si ces élections se déroulent bien et dans la sérénité, ce sera déjà une petite victoire. Bruno Giussani, sur ce point-là, est-ce qu 'elles vont se dérouler normalement ces mi-temps ? Non. Non, non. Au mieux, elles vont se dérouler, mais pas normalement. Moi, je pense qu 'en fait, il y a une stratégie de l 'attention en acte. L 'envoi des troupes dans les villes, la pression sur le gouverneur, tout ce genre de choses, composent une stratégie de l 'attention qui vise quelque part à préparer le terrain pour soit une suspension, soit un délai, soit carrément une annulation des élections de mi-terme.

57:39Richard Verly, vous avez l 'air d 'y croire encore à cette démocratie américaine. Ça va se passer normalement dans une année. Oui, parce que le plus grand ennemi de Donald Trump, au fond, c 'est lui-même. C 'est ces excès qui risquent de nourrir la réaction et la contre-contre-révolution, si je peux dire. Donc je crois qu 'il ne faut pas désespérer du peuple américain, y compris des supporters de Donald Trump, qui vont d 'abord regarder l 'économie. Alors c 'est ça la grande question, ne l 'oublions pas. La vraie question c 'est si l 'économie américaine redémarre, si les promesses d 'investissement se traduisent en résultats, alors là pour le coup il aura un nouveau socle sur lequel s 'appuyer Donald Trump.

58:16Et je voudrais quand même dire un mot à mon ami Bruno Giussani, je sais qu 'il aime beaucoup les géants de la tech, mais on ne m 'enlèvera pas de l 'idée que ces gens sont aussi gouvernés par la peur, ils ont peur de perdre leur précaré et leurs intérêts, et c 'est aussi pour ça qu 'ils disent merci à Trump. On va vous réconcilier, avoir envie de gagner et avoir peur de perdre. C 'est un petit peu la même chose. Philippe Mottage vous demande de mettre vos lunettes d 'oracle. Je ne sais pas si les oracles ont des lunettes, mais comment ça se passe dans une année ? Bien ou mal ? Admettons que les démocrates reprennent la Chambre.

58:45Grosse nuisance. On pourrait imaginer une succession de tentatives d 'impeachment, de destitution qui n 'auront pas lieu parce qu 'il faudrait prendre le Sénat. C 'est plus difficile. Moi, je vais aller un peu plus loin. J 'ai l 'impression que ce qui aujourd 'hui va déterminer et ce qui est en train de déterminer l 'avenir des États-Unis on est sous un régime populiste, et de gauche et de droite. Donc, d 'une certaine manière, le populisme, c 'est le ressentiment, c 'est la colère, il est à droite et à gauche, donc il n 'est pas partisan. C 'est le développement de l 'intelligence artificielle, et notamment la robotisation, l 'automisation et la perte des jobs.

59:19On l 'a déjà vu, Amazon, 14 000 employés, etc. C 'est -à-dire que cette promesse de la réindustrialisation américaine, elle ne va pas avoir lieu. L 'IA va détruire énormément d 'emplois aux États-Unis. On va se retrouver face au même problème. Juste un dernier mot sur le wokisme, il faut écouter Manbani. Il n 'a absolument pas parlé du wokisme, c 'est fini ça. Les démocrates n 'en parlent plus, ils ont compris. Ils ont compris et les centristes et les plus à gauche ne parlent plus du wokisme. On sait que c 'est une erreur, on sait que c 'est une impasse et donc là, ça n 'est plus une question je pense qui va déterminer l 'avenir du régime politique américain.

59:54Le mot de la fin pour vous en 5 secondes, Afsane Ayat. Si d 'aventure, non pas aux Meters, mais dans 3 ans, Donald Trump décide comme ça de sortir un truc de son chapeau pour se représenter pour un troisième mandat, ce qui n 'est pas possible. Est-ce que là, c 'est la ligne rouge qui fait que vous le lâchez ou vous restez avec lui ? Non, mais ça, ça va… Moi, j 'ai toujours dit que ça, ce n 'est pas acceptable. Juste une dernière chose. Une dernière chose, si je peux, quand même, par rapport à la Suisse, c 'est la décision de la Cour suprême qui est attendue sur la légalité ou pas de l 'invocation par l 'administration Trump des pouvoirs exécutifs d 'urgence parce qu 'il y a péril national qui justifie la guerre commerciale qui est menée par les États-Unis.

1:00:32Jugement extrêmement intéressant. Qui tombera, Tristan Desser nous donnera en primeur. D 'immense importance pour la Suisse. Et je précise que le 30 septembre à New York, Jameson Greer, le négociateur américain, disait même si la Cour suprême devait nous donner tort, on trouverait les moyens de continuer cette guerre commerciale. Voilà qui répond à la question finalement. Merci à tous les cinq à Washington, à Paris, à Genève. C 'était un plaisir de vous avoir à Frarouge. C 'est malheureusement déjà fini pour aujourd 'hui. On se retrouve la semaine prochaine un peu plus tôt que d 'habitude. Je suis d 'accord avec vous, zut, mais c 'est comme ça.

1:01:03Ce sera à 20h, en public, en prime time, en direct, toujours. Pourquoi ? Pour notre deuxième et dernier débat de votation avant le 30 novembre, on va parler du service citoyen avec une grande question en filigrane. Qu 'est-ce que vous êtes prêts à donner ? Jusqu 'où vous engagez-vous pour le collectif ? C 'est une bonne question. C 'est presque le même sujet. Tout de suite, donc à la une. Excellente soirée sur la RTS ou ailleurs. Bye bye.

1:01:41Sous-titrage ST' 501

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C'était le 5 novembre 2024. Donald Trump remportait la présidentielle américaine en déjouant à nouveau les pronostics. Un an plus tard, comment le président et son mouvement MAGA ont-ils bouleversé la démocratie et les institutions américaines ? Quelle influence sur nos démocraties, sur le monde et sur nos certitudes ? Et les élections de mi-mandat, en 2026, peuvent-elles changer la donne ? Comment Trump a-t-il changé le monde ? C'est le débat d'Infrarouge, mercredi 5 novembre.

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Réélu il y a un an, comment Trump a-t-il changé le monde ?Infrarouge ‐ RTS · 1 h 2 min
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