In short
How the Middle East war (Iran, proxies, and threats around the Strait of Hormuz and Bab el-Mandeb/Suez route) could drive a global energy shock, raise oil/gas prices, trigger inflation, and affect Swiss daily costs.
Guests (backgrounds)
- Stéphane Garilly: IMD and University of Lausanne emeritus professor; economist.
- Valérie Lemaigre: chief economist at BCGE (Banque cantonale de Genève).
- Serge Michel: director/editor-in-chief of Heidi News; cofounder of Cometa; regional expert.
- Stéphane Meyerhans: “price watchdog” (surveillance des prix).
Key claims
- Markets price in direct effects: 10–15 million barrels/day effectively blocked; tanker costs and higher expected interest rates.
- Oil can jump (60–65 to 100+; near 120 mentioned), with knock-on effects to fuel and other goods.
- Even if fighting stops, reserves were used (400 million barrels strategic reserves) and rebuilding keeps prices elevated; some fields may not restart quickly; Qatar gas complex damage implies 4–5 years.
- Inflation risk includes “margin-gouging” by businesses; Switzerland’s protection includes a strong franc.
Notable examples
- Spaghetti price calculation: 1.50 CHF to ~1.70 CHF via fertilizer, diesel, shipping, heating, and plastic packaging; plus cereal/insurance/exchange-rate effects.
- Public transport tariffs in Switzerland: +3.9% cited as a possible “crisis pretext.”
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Chapters
Tap a time to open that second in VOImpacts of Middle Eastern Conflict
0:00 to 0:45
Explore how recent bombings in the Middle East could lead to a global energy crisis.
“Au Moyen-Orient, les derniers bombardements pourraient une crise énergétique mondiale.”
Economic Consequences
0:45 to 1:44
Discuss the potential economic impact of the conflict on daily life in Switzerland.
“Cette stratégie de l 'Iran laisse craindre une crise d 'envergure mondiale.”
Transport Fare Increases and Crisis Questions
3:09 to 4:14
Debate on the recent fare increases in public transport and if they are linked to the crisis.
“Stéphane Meurand, je vais commencer ce voyage par la fin, un peu à l 'envers.”
Geopolitical Tensions and Economic Ramifications
4:14 to 6:31
Analyzing Iran's military capabilities and the geopolitical risks to global oil supply.
“Alors, déjà, il faut savoir qu 'on part d 'une situation relativement bonne.”
Global Oil Supply and Economic Concerns
6:31 to 7:46
Discuss the potential closure of strategic shipping routes and its effects on oil prices.
“Elle était géopolitique, évidemment, politique, guerrière.”
Oil Prices and Broader Economic Effects
7:46 to 10:57
Understanding the broader economic effects linked to rising oil prices and related commodities.
“Ça va dans un sens et dans l 'autre, dans le canal de Suisse.”
Financial Markets Reactions
10:57 to 14:00
Overview of how financial markets are responding to the oil crisis and investor sentiments.
“mais effectivement, il y a de quoi s 'inquiéter.”
Impact of Oil on Geopolitics
14:00 to 17:36
Explore how oil supply influences geopolitical tensions and economies.
“Mais le pétrole reste quand même central, central.”
The Ripple Effect of Oil Prices
17:36 to 21:48
Understanding the cascading effects of rising oil prices on various sectors.
“mais cette idée que même si ça devait s 'arrêter maintenant, dont Serge Michel vient nous dire que c 'était improbable, économiquement ça ne résout pas tous les problèmes d 'un coup.”
Inflation and Cost of Living
21:48 to 27:27
Discussing inflation trends and the rising cost of living due to geopolitical events.
“et à une augmentation qui correspond plus ou moins un peu à ces augmentations.”
Show all 21 chapters
Geopolitical Stability in Oil Regions
27:27 to 28:00
Examining the geopolitical stability in oil-rich regions amidst rising tensions.
“Donc, ça signifie tout simplement qu 'il y a un arrêt de cette spirale vers le haut, mais pas une baisse.”
Understanding the Crisis Duration
28:00 to 28:38
Exploration of the ongoing crisis and its potential length.
“Moi, je dis toujours, quand on a la tête au congélateur et les pieds au four, la moyenne, peut -être, elle est agréable, mais ça ne représente pas la réalité des gens.”
Globalization and Its Impact
28:38 to 29:40
Discussion on how globalization connects worldwide events and impacts economies.
“Non, je pense qu 'ils la connaissaient, cette capacité.”
Energy Transition Challenges
29:40 to 31:28
The debate on transitioning energy sources amidst ongoing crises.
“Et en fait, aujourd 'hui, la mondialisation fait que tout est lié.”
Economic Uncertainty and Investment Hesitation
31:28 to 33:35
Analysis of how uncertainty affects business investments and overall economic sentiment.
“Mais qui en répercussion sur le reste du monde, mondialisation, vous avez raison, ça va être une catastrophe pour tout le monde parce qu 'on aurait pu l 'absorber, mais pas aussi rapidement.”
Impacts of Middle Eastern Conflict on Economies
33:35 to 36:43
Discussion on how conflicts in the Middle East may affect local economies and industries.
“On va investir dans sa productivité quoi.”
Linking War to Daily Expenses
36:43 to 38:14
Examining how distant conflicts directly influence everyday consumer prices.
“Je sais que vous m 'avez dit, Alexis, que ce n 'était pas une émission sur l 'Iran, Mais pensez aux Iraniens.”
Cost Breakdown of Everyday Products
38:14 to 40:06
Detailed analysis of how various costs contribute to the price of basic grocery items.
“Comment les conséquences du conflit au Moyen-Orient se font-elles sentir dans notre quotidien ?”
Strategies to Mitigate Price Increases
40:06 to 42:00
Discussion on potential strategies to reduce the impact of rising prices on consumers.
“J 'avais juste besoin que vous me le confirmez, vous savez, moi quand j 'ai des économistes chevronnés face à moi, je révise un peu mes classiques.”
Impact of Political Maneuvering on Prices
42:00 to 45:56
Discussion on the influence of political decisions and transparency on prices and consumer behavior.
“Donc, le politique a une grosse marge de manœuvre sur les prix des denrées qu 'on voit là-autour, c 'est ce que vous voulez dire ?”
Preparing for Economic Crisis
45:56 to 46:31
Strategies for individuals to prepare for potential economic downturns amidst current crises.
“On mélange tous les sujets, mais de nouveau, la crise va être un prétexte pour te serrer la visse.”
Transcript
Automatic transcript. May contain errors.0:10Au Moyen-Orient, les derniers bombardements pourraient une crise énergétique mondiale. Dès qu 'il y a un conflit quelque part, on arrive à avoir une augmentation sur tout, que ça soit sur l 'alimentation, sur le carburant, sur l 'électricité. Dans tout le Moyen-Orient, des millions de barils de pétrole qui partent en fumée dans les bombardements. En même temps, le blocus du détroit d 'Ormouz et les menaces de faire régner la même terreur maritime dans le détroit de Babel-Mandeb, passage obligé vers le canal de Suez. Cette stratégie de l 'Iran laisse craindre une crise d 'envergure mondiale. Deux artères vitales pour l 'approvisionnement de la planète potentiellement verrouillée.
0:56Le gaz, le pétrole qui circule déjà au compte-gouttes et demain, peut -être, le trafic de milliards de dollars de marchandises entravées, restreintes, entre l 'Asie et l 'Europe. Conséquence, le prix des hydrocarbures flambe, les bourses dévissent et le risque d 'une inflation sévère est là. Va-t-on tout droit vers un choc économique sans précédent ? La Suisse peut-elle jouer sur ses réserves ? Et si cette crise devait perdurer, quel impact sur nos vies quotidiennes ?
1:30C 'est à peu près la seule certitude à ce jour de l 'aventure relativement illisible de Donald Trump au Moyen-Orient. la guerre a déjà plongé la planète dans un choc énergétique qui lui fait craindre une crise économique majeure. Bonsoir à tous, merci d 'être avec nous en direct sur le plateau d 'Infrarouge, comme tous les mercredis à 20h10. Et ce soir, on va tenter un voyage, on va partir du golfe Persique, de ce fameux détroit d 'Hormuz qui fait la une de tous les journaux, pour nous rendre jusque dans votre porte-monnaie, où les premiers effets de cette nouvelle guerre du golfe se font déjà sentir.
2:01On ne sait pas ce que Donald Trump va nous annoncer tout à l 'heure, Dieu sait, Mais jusqu 'où est-il en train de nous entraîner dans la crise ? On peut se poser la question et on le fait avec quatre experts ce soir. Stéphane Garilly, bonsoir. Bonsoir. Merci mille fois d 'être avec nous, professeur émérite à l 'IMD et à l 'Université de Lausanne. Economiste, on a besoin d 'économiste ce soir pour comprendre. Valérie Lemaigre, bonsoir. Economiste vous aussi et même économiste en chef à la BCGE, la Banque cantonale de Genève. Vous scrutez tous les indicateurs, vous nous direz ce qui vous susurre à l 'oreille, ces indicateurs, si tant est qu 'ils vous susurrent quelque chose.
2:33Serge Michel est avec nous, bonsoir. Bonsoir. directeur et rédacteur en chef de Heidi News, cofondateur de Cometa aussi, grand connaisseur de la région, de toutes les régions en fait ou presque. Et homme inquiet ce soir, vous nous direz pourquoi. Enfin Stéphane Meyerhans, forcément, bonsoir. Bonsoir. Pourquoi forcément ? Parce qu 'officiellement vous êtes le surveillant des prix. Monsieur Prix pour les intimes, chargé de surveiller que la crise ne soit pas notamment un prétexte pour faire monter les prix. On en parlera. Monsieur Prix, ça tombe bien quand on parle des prix. Et alors, la guerre au Proche-Orient, jusqu 'où est-elle une bombe pour notre porte-monnaie ?
3:07Bienvenue dans Offra Rouge. Stéphane Meurand, je vais commencer ce voyage par la fin, un peu à l 'envers. Je vais commencer par vous, avec une actualité qui n 'a pas, a priori, pas de lien, mais qui est quand même la vôtre. Peut -être elle est éclairante. On a appris hier que les transports publics allaient augmenter de 3 ,9 % leurs tarifs. Ils invoquent notamment des hausses des coûts, des hausses des coûts énergétiques. Alors, ça a été annoncé hier, ça a été fait avant. Est-ce qu 'on est déjà en train de nous faire payer un peu par la bande la crise ? Est-ce que c 'est déjà en train de devenir un prétexte ?
3:34Alors, j 'ai appris ça aussi. C 'était pour moi un peu une surprise. Ce que la branche a décidé hier. J 'ai maintenant demandé des explications et aussi une sorte de preuve ou des raisons de démontrer qu 'est-ce qui sont les chiffres derrière. Et je vais, avec mon équipe, certainement examiner ça. Et puis, après, décider en fonction de ce qu 'on voit, de ce qui me sera soumis, comment on va procéder dans cette affaire. Quand on est M.Prix, on se prépare une année compliquée en 2026, parce que la crainte, c 'est ça, c 'est que la crise, alors effectivement, elle ait des répercussions concrètes, mais qu 'elle soit aussi, qu 'elle puisse servir de ci, de là, de prétexte pour augmenter tout et n 'importe quoi.
4:17Alors, déjà, il faut savoir qu 'on part d 'une situation relativement bonne. Le taux de renchérissement, l 'année passée, était plus ou moins à zéro. Quand on compare déjà avec les pays avoisinantes, il y a bien pire en Europe. et aussi les chiffres les plus récents démontrent qu 'ailleurs c 'est un peu pire que chez nous et ça peut déjà nous donner un peu de l 'espoir, mais d 'un autre côté, c 'est vrai, il y a des chocs internationaux comme le choc dont on discute ce soir et évidemment Paris Cochet, ça aura évidemment aussi des effets sur nous, mais on a une chose qui nous protège aussi un petit peu, c 'est notre franc, le franc fort, parce que dès qu 'on est, peu importe quelque chose de l 'étranger, on le paye en francs et quand le franc devient plus fort, pour nous, ça amortit un peu le choc.
5:08Alors, on va reprendre le voyage à l 'endroit. On a commencé par la fin, on y reviendra à la fin tout à l 'heure. En commençant par ce qui se passe dans le Golfe Persique. Serge Michel, vous suivez ceci de près. Je vous ai senti inquiet. C 'est un petit secret que je révèle. Je vous ai senti inquiet au téléphone. Plus inquiet que d 'habitude. Écoutez, ce qui s 'est passé, c 'est que l 'Iran a fait la démonstration de sa capacité de nuisance considérable et que tout le monde le savait sauf apparemment la Maison Blanche et donc cette capacité de nuisance elle est redoutable parce qu 'au fond avec quelques éléments comme des drones, des missiles etc c 'est la planète entière qui est menacée et on parle de 10 000 frappes ou 10 000 cibles parce que parfois il y a plusieurs frappes sur la même cible mais ce nombre de frappes là israéliennes, américaines c 'est ce qu 'il faut pour mettre la Suisse à genoux grosso modo, en termes d 'infrastructures militaires et autres, et stratégiques.
6:03L 'Iran, c 'est 40 fois plus grand que la Suisse, et comme la Suisse, ils ont beaucoup creusé, vous savez, on a fait beaucoup de bunkers en Suisse, de tunnels et tout ça, et ça fait des années qu 'ils creusent et qu 'ils enterrent les choses, et donc on est dans un pays qui, pour l 'instant, résiste bien au choc, même si, bien sûr, il y a des fissures au sein du régime, bien sûr, ils ont des problèmes de communication, ils n 'arrivent pas à se parler, à se réunir, mais néanmoins, ça marche. et ils n 'ont pas forcément besoin de se parler beaucoup puisque chacun est autonome et peut lancer ses drones à sa manière.
6:29Donc à mon avis, on est dans un échec majeur américano-israélien. Votre inquiétude, elle était double. Elle était géopolitique, évidemment, politique, guerrière. Sur le front, le théâtre du conflit, elle était aussi économique. On l 'a entendu dans le sujet. Il y a aujourd 'hui le détroit d 'Hormuz que certains découvrent ou redécouvrent. Et puis il y a les angoisses, la crainte, le spectre de la fermeture, de l 'accès vers le canal de Suez. Et là, vous me disiez, c 'est la fin du monde. Si vous avez des jerrycans dans le garage, c 'est le moment de les remplir. Parce que je pense que le pétrole va augmenter.
7:02Et si vous n 'avez pas de jerrycans, je pense qu 'il faut en acheter. Parce que les bateaux qui traversent aujourd 'hui le canal de Suez pourraient ne plus passer si jamais le Bab el Mandeb, qui veut dire la porte des lamentations. La porte des lamentations, on les compte. Et il est deux fois plus étroit que le détroit d 'Hormuz. Il fait 26 kilomètres, le Bab el Mandeb. Le détroit d 'Hormuz, c 'est grosso modo 54 kilomètres. Donc en fait, les outils yéménites ont démarré finalement une guerre. Ils sont des alliés de l 'Iran, des proxys d 'Iran. Ils sont des alliés d 'Iran, nourris par l 'Iran, armés par l 'Iran.
7:30Ils ont les mêmes drones que les Iraniens. Et ils ont commencé à tirer des missiles sur Israël. Il n 'est pas exclu qu 'ils visent un bateau. Et s 'il y a un bateau qui est touché avec un drone, alors le trafic mondial, là, c 'est beaucoup plus inquiétant. Parce qu 'au fond, c 'est tout notre approvisionnement et toutes nos exportations aussi. La Suisse est un pays exportateur. Ça va dans un sens et dans l 'autre, dans le canal de Suisse. Voilà, voilà. Stéphane Garéli, avec cette guerre qui est avant tout une tragédie humaine, ce soir on parle d 'économie, Dieu merci qu 'on a d 'autres émissions pour parler de ce qui se passe sur le terrain humain.
8:02Les gens révisent aussi leur géographie, je le disais, certains découvrent, on redécouvre le détroit d 'Hormuz, Babel Mendeb, on le traduit, la porte des Lamentations, l 'accès vers la mer Rouge, etc. Expliquez-nous, comme si on avait 5 ans, pourquoi est-ce que le monde et les marchés s 'affolent ? À ce point, on lit des prédictions affreuses, pas toutes, mais on en lit, en observant ce petit coin de détroit avec 2000 bateaux qui sont bloqués derrière. Parce que 20 % à peu près du pétrole que nous utilisons et aussi 20 % du gaz liquéfié qu 'on utilise passent par ce petit détroit et que ce n 'est pas uniquement l 'Europe qui est concernée, c 'est essentiellement en premier lieu, c 'est l 'Asie.
8:39Et l 'Asie dépend énormément de cela, le Japon, la Corée du Sud, etc. Et si les prix augmentent aussi, c 'est parce qu 'il y a cette pénurie, mais c 'est aussi parce que l 'Asie est prête à surpayer afin de garantir ses approvisionnements. Et c 'est pour ça qu 'effectivement, aujourd 'hui, il y a un gros problème. D 'ailleurs, les Iraniens sont très malins parce qu 'ils disent il y en a quelques bateaux qui peuvent passer, il suffit de nous payer. Moyennant une petite taxe de 2 millions de dollars. À peu près, oui, c 'est 1 dollar le baril. Et effectivement, il y a tout un business qui se fait autour de ce petit détroit, vous avez raison.
9:13Le pays qui est en train aussi de tirer son épingle du jeu en ce moment, Non, c 'est l 'Arabie Saoudite. Parce qu 'ils ont un pipeline qui va de la mer en face du détroit d 'Hormuz, c 'est -à-dire de Damam el-Jubaïl, de l 'autre côté à Ayambou, qui est près de Médine. Et là, ils acheminent à peu près 7 millions de barils par jour, ce qui est énorme. Donc, eux se débrouillent plus ou moins bien. Et c 'est la grande puissance du moment. Mais c 'est vrai, vous avez raison, pour le reste du monde, les gens s 'affolent un petit peu. Et il n 'y a pas que le pétrole, on va en parler après. Il y a le pétrole, il y a le gaz, il y a tout ce qui suit.
9:46Ça va jusqu 'à... Il y a les engrais, il y a le plastique... Le gaz, c 'est les engrais. Et les engrais, c 'est l 'agriculture. Et l 'agriculture, c 'est les denrées alimentaires. Et il y a même tous les emballages. Il y a le plastique autour de vos tomates qui va augmenter. Il y a le plastique du lait dans lequel on va avoir. Tout ça est coordonné. Juste, le plus préoccupant, c 'est le blocage d 'Ivoire maritime, le blocage du détroit d 'Hormuz, où c 'est la destruction en cours, un peu tabou jusqu 'ici dans les guerres modernes, des infrastructures énergétiques, c 'est -à-dire de la capacité de production et d 'extraction pétrolière.
10:16C 'est quoi qui donne l 'aluminium ? C 'est ça, plus l 'aluminium, plus tout ce qui se passe autour, plus aussi, on en parle moins, mais c 'est important, c 'est les centres de données technologiques. Il y en a une trentaine dans les pays de Dubaï, etc. Il y en a 32 ou 33 en Arabie Saoudite. Et si vous commencez à détruire les technologies, à détruire les centres de données, c 'est tout le reste qui part. C 'est les télécommunications et tout ça. Et il n 'y a rien de plus facile que de les détruire. Il suffit de couper l 'électricité à l 'arrivée ou l 'eau et tout s 'arrête. Donc, si vous voulez, il y a un engrenage de conséquences qui se passe aujourd 'hui.
10:50Et c 'est ça qui inquiète tout le monde. Ce n 'est pas que le pétrole. On le voit tout ici autour. C 'est tout le reste qui va suivre la filière du pétrole. Et là, effectivement, alors je ne veux pas faire de catastrophisme, mais effectivement, il y a de quoi s 'inquiéter. Même si ce soir, on arrêtait complètement cette guerre et que le président Trump dit, comme d 'habitude, j 'ai gagné, je suis merveilleux, je suis extraordinaire. je me donne 20 sur 10 dans la gestion de la crise, même s 'il fait ça, ça va nous prendre des mois. Alors c 'est ça qu 'on va décortiquer, c 'est ça qu 'on aimerait comprendre.
11:20Pourquoi est-ce que le mal est déjà fait en quelque sorte ? Valérie Lemaire, d 'abord l 'ambiance. C 'est quoi l 'ambiance au bureau, dans les banques, dans les salles de marché ? On est en panique, on garde la tête froide. Comment on se sent ? Alors déjà, ça dépend dans les banques du type de secteur dans lequel vous êtes. Si vous parlez effectivement des marchés financiers, ça se coûte. Maintenant, ce sont des chocs auxquels, malheureusement, nous aussi, on s 'habitue avec les années. Aujourd 'hui, les bourses, si on prend cet indicateur-là, ils ont corrigé sur le mois de mars mondialement autour de 7%.
12:06Il y en a qui vont au-dessus de 12%. Maintenant, on considère que ça commence à être une correction sérieuse au-dessus de 10%. Il y a des valeurs, effectivement, qui corrigent plus drastiquement. Donc, aujourd 'hui, peut -être qu 'on peut en reparler, je crois que ce qu 'on évalue sur les marchés, c 'est avant tout l 'impact direct. Et l 'impact direct, c 'est par rapport au Détroit-Dormuz, on en a parlé. c 'est qu 'on est en train d 'utiliser 10 à 15 millions de barils jour des réserves. C 'est ce qui manque, c 'est à peu près ces 15-20 millions de barils qui sont bloqués à peu près quotidiennement dans le décroche d 'embranche.
12:47Exactement, et puis on a une pression forte aussi sur le prix des tankers, on en parlait, donc il y a un effet, c 'est celui-là qui aujourd 'hui est évalué par les marchés, on parle de bourse, mais on peut parler surtout des taux d 'intérêt, C 'est -à-dire qu 'aujourd 'hui, les intérêts, non pas faits par les banques centrales à court terme, mais ce qui est anticipé a été révisé. On s 'attendait à avoir réellement des banques centrales qui continuent à être accommodantes, c 'est -à-dire qu 'elles continuent à baisser les taux. Aujourd 'hui, on s 'est révisé. C 'est un scénario qui s 'éloigne. Voilà, donc il y a cet effet, je pense, prix qui est aujourd 'hui intégré.
13:25On ne parle pas de panique, alors ? Ce n 'est pas encore les niveaux de panique, mais c 'est déjà pas mal pour un mois. C 'est déjà quand même un peu inquiétant. Le pétrole. Pétrole, je ne vais pas vous demander un cours de macroéconomie, mais courroie de transmission éternelle entre le géopolitique et le macroéconomique. Ça passe par le pétrole. Alors, historiquement, la façon dont on peut aborder, on va dire, l 'impact d 'un choc géopolitique quelconque soit-il sur la macroéconomie, c 'est à travers les variables du pétrole historiquement. Maintenant, on peut élargir ça et parler des métaux, des métaux de la transition, voire des terres rares.
14:05Mais le pétrole reste quand même central, central. Mais c 'est les matières premières. C 'est une sorte de retour aux fondamentaux quand il y a une crise. Exactement. Et le deuxième qu 'il ne faut pas oublier, on en parlera peut -être, c 'est le dollar. Il y a aussi une variable importante de ce transfert de chocs. Pardon ? Sur le pétrole. Oui, sur le pétrole, Stéphane Garly. Il faut savoir, le premier producteur mondial de pétrole, c 'est les États-Unis. C 'est le premier. Le deuxième, c 'est l 'Arabie Saoudite, qui a la capacité d 'exporter 90 % alors que les États-Unis consomment pratiquement tout ce qu 'ils produisent.
14:35Et c 'est sur eux qu 'ils font varier le prix du pétrole parce qu 'ils peuvent augmenter d 'à peu près 2 ,5 milliards de barils par jour. Donc vous avez raison. Toute la question est de savoir comment ces pays vont utiliser l 'arme du pétrole à des fins géopolitiques. Serge Michel nous disait tout à l 'heure, sous forme de boutade ou pas, peut -être acheter des jerrycans. on nous dit aussi on se prépare très officiellement dans les chancelleries au scénario de pénurie de carburant c 'est sur la table ? C 'est possible, ça dépend d 'où vous êtes en Europe, on s 'approvisionne aussi avec le nord de l 'Europe, avec la Norvège et le reste, donc on est assez diversifié mais il y a des régions du monde où franchement j 'habiterais l 'Asie, je serais inquiet aujourd 'hui le Sri Lanka, le Philippines surtout les pays pauvres de l 'Asie la Chine ça va parce que la Chine et dans une situation où ils peuvent surpayer et imposer un certain nombre de choses.
15:26D 'ailleurs, lorsque vous passez le détroit d 'Hormuz aujourd 'hui avec un bateau, quand vous faites payer 2 millions de dollars pour votre tanker, vous payez en yuan chinois. Donc, c 'est pas mal. Les Pakistanais ont trouvé le truc pour ça. Un tanker, juste pour connaître les ordres de grandeur, moi, je suis passionné des ordres de grandeur. La taxe de 2 millions de dollars, ça correspond à 4 jours du prix d 'exploitation d 'un bateau. Ça paraît énorme, mais ce n 'est pas par rapport au prix du transport qui vaut facilement 20 millions de dollars. Ça dépend si le bateau arrive au port. On est bien d 'accord.
15:57Parce que s 'il est bloqué quelque part au milieu, il vous revient très cher pour ne rien faire. On est obligé de faire des petits allers-retours entre la géopolitique et l 'économie ce soir. Pour comprendre, je reviens, je vais vous resserger avec cette géopolitique et cette annonce attendue de Trump ce soir. Je me retire, je ne me retire pas. De quoi est-ce que je me retire ? De l 'OTAN ? Du conflit ? La question que je vous pose, c 'est est-ce qu 'il y a une chance que tout ceci puisse encore être désamorcé ? – Écoutez, moi, j 'essaye de ne pas écouter ce qu 'il dit, j 'essaye de regarder ce qu 'il fait.
16:25– Ce qu 'il fait, c 'est mieux. – Et ce qu 'il fait, c 'est qu 'il est en train d 'amasser des troupes dans le golfe. Donc, ce n 'est pas un signe pour moi de désescalade. Au contraire, c 'est possiblement l 'annonce, le prémice, disons, d 'une offensive plus large, peut -être terrestre, etc. Donc, voilà, mais il a tellement dit tout et son contraire que ce n 'est pas ça. Après, les Iraniens eux-mêmes, il y a tout un calcul, si vous voulez, d 'une sorte de compte à rebours possible. Ce régime pourrait s 'effondrer quand même parce qu 'il est privé de fonds, d 'entrées d 'argent. Les 2 millions de dollars par bateau, c 'est bien, mais ce n 'est pas ça qui nourrit un pays de 93 millions d 'habitants.
17:02Il y a un compte à rebours pour les Iraniens aussi. Il y a un moment où ils vont devoir discuter parce qu 'ils ont besoin d 'importer du riz, d 'importer du blé et pas mal de choses et ils ont besoin de payer ces marchandises. Il va se passer un moment où c 'est un peu une sorte de poker menteur qui sait qu 'il y a le plus de temps. Trump en a peu, parce qu 'il y a les mid-terms, parce qu 'il n 'arrête pas de dire que dans deux semaines il est parti, mais ça fait des semaines qu 'il dit que dans deux semaines. J 'ai l 'impression qu 'on ne va pas vers une désescalade, mais c 'est un sentiment personnel, c 'est tellement difficile de prédire.
17:31Je m 'arrête encore là-dessus, sur cette politique de sculpture sur nuage, mais cette idée que même si ça devait s 'arrêter maintenant, dont Serge Michel vient nous dire que c 'était improbable, économiquement ça ne résout pas tous les problèmes d 'un coup. Non, parce que ce qu 'on mentionne aussi de plus en plus en comparaison à d 'autres crises, c 'est que là, vous avez des capacités qui ont été détruites de production, de raffinerie, des tankers aussi. Donc, il y a déjà cette problématique-là qui met un certain temps à se reconstruire, notamment au niveau... Et puis, l 'autre aspect que je voudrais mentionner, imaginons que ça s 'arrête le plus vite possible, vous avez utilisé presque les 400 millions de barils de réserves stratégiques.
18:19Donc, on est en train d 'arriver dans le bas du range de la borne des réserves indispensables. 400 millions de barils, c 'est 4 jours de consommation mondiale. Non, non, c 'est un peu plus. Oui, de consommation mondiale. Mais le manque à gagner, c 'est 3 semaines de manque à gagner. Voilà, c 'est un gros mois. C 'est ce qu 'on avait toujours en tête. C 'est un mois, 6 semaines, un peu plus pour que ça ait des effets. Le problème de ça, c 'est que vous allez devoir reconstituer ces réserves. Ce qui veut dire que le prix du pétrole ne peut pas revenir à des niveaux de 60 dollars le baril comme on les connaissait avant l 'acquis.
18:53Donc vous avez quand même une série d 'effets qui vont maintenir le choc. Il y a un élément qui est assez étonnant, c 'est qu 'au fond les pays du Golfe le pétrole sort de terre le gaz sort de terre et ils ont dû fermer le robinet et quand on ferme un champ un puits de pétrole on ne peut pas le rouvrir comme ça. Ce n 'est pas un robinet comme à la maison. Et donc, il est possible que certains champs pétroliers ne donnent plus après parce qu 'ils ont été interrompus. Là, ils ne peuvent plus accepter le pétrole qui sort de terre parce que leurs réservoirs sont pleins et les bateaux ne peuvent plus prendre rien du tout.
19:28Donc, en fait, ils sont obligés de baisser cette production et ça, ça peut avoir des conséquences à très long terme. Puis les champs de gaz, le complexe gazier du Qatar qui a été touché, eux disent que c 'est 4-5 ans de travaux pour le remettre en état. Donc, on est dans quelque chose... On est déjà dans du temps long. Dans une durée, oui. Stéphane Meurant, pour l 'instant, aujourd 'hui, on a parlé du pétrole. On est passé de 60, 65 dollars à plus de 100 dollars. On a touché les 120, je crois, pas loin, il y a quelques jours. Mais pour l 'instant, il n 'y a que le pétrole qui augmente de manière visible.
20:00Ça veut dire quoi ? C 'est -à-dire qu 'il faut se préparer à ce que les autres prix suivent. C 'est ce que vous nous disiez avant. D 'abord, le pétrole et ensuite, il y a un effet retard. Bon, déjà, le pétrole, oui, mais après aussi l 'essence, le mazout, tout ce qui est le diesel, évidemment. Et ça, tout le monde qui voit une station d 'essence, il voit que les prix ont augmenté les deux semaines passées. 20 centimes à peu près déjà. À peu près, oui. Ça dépend pour le diesel un peu plus. Pour l 'essence, c 'est aux alentours de 20%. À tel point que dans certains pays, les États sont déjà intervenus, ce que la Suisse n 'a pas fait, sur la marge qu 'ils ont sur le prix final, à savoir les taxes qu 'ils prennent.
20:38Alors, c 'est assez étonnant. Et ce n 'est pas la première fois. On l 'a vu avec la guerre. en Ukraine, on l 'a vu avec le Covid, toutes ces crises dans des pays avoisinants. Il y a beaucoup d 'activités après-politiques parce que c 'est un sujet qui touche beaucoup les gens et puis on a vu des rabais sur la fiscalité de l 'essence et ainsi de suite. Il y a l 'Autriche qui vient de décider quelque chose, il y a l 'Italie qui a fait un décret d 'urgence, il y a aussi l 'Allemagne qui a fait des décisions dans ce sens, et puis, oui, donc ça déclenche, déjà là, un mouvement. Mais par ricochet, il y a évidemment, et on a parlé un peu de cet effet domino, maintenant, à long terme, avec ces destructions, mais il y a aussi directement, et vous l 'avez dit, monsieur le professeur, cet effet domino, cet effet par ricochet, parce que si vous devez acheter le plastique pour emballer vos tomates, et il devient plus cher, mais vous n 'allez pas le financer vous-même, mais vous allez le répercuter sur le prix final que vous demandez au consommateur.
21:47Donc évidemment, il faut s 'attendre à un effet pari-cochet et à une augmentation qui correspond plus ou moins un peu à ces augmentations. Le problème ou le grand défi pour moi et pour nous les Suisses, c 'est comment est-ce qu 'on peut éviter que des gens tirent profit de la situation, il gonfle la marge sous le prétexte que les coûts ont augmenté plus de ce que finalement est justifié. C 'est là où vous avez un rôle à jouer, ça c 'est le cœur de votre job. Exactement. Valérie Lemaître, tout ce qu 'on est en train de décrire, ça s 'appelle l 'inflation, en fait, en langage économique, et c 'est dans les...
22:24Elle tombe ces jours, demain, c 'est les prévisions en Suisse, tout le monde va nous annoncer le grand retour de l 'inflation. C 'est un peu tôt pour nous parler de ça. au niveau de l 'inflation, vraiment l 'inflation destructrice, on va vous parler si vraiment les choses continuent à se dégrader, d 'inflation et puis de croissance qui va être touchée, donc de stagflation. C 'est ça, l 'inflation sans la croissance, à savoir le mauvais scénario. Ou l 'inflation qui va plus vite que la croissance, donc on détruit quand même de la richesse à la fin. Donc ça, c 'est un peu l 'enchaînement qui peut se dérouler si les choses se maintiennent à des niveaux délicats.
23:06Aujourd 'hui, on peut dire que les prix ont augmenté en moyenne de 80 à plus de 100. Je prends une moyenne. Si ça devait être permanent, effectivement, pour la Suisse, ça veut dire, et c 'est des simulations très rapides, ça veut dire on dit environ 0 ,1 % par 10 % du prix du baril, donc on va dire inflation plus 0 ,3 % globalement si on reste au niveau actuel aux Etats-Unis, en Europe on est plus haut c 'est plus 0 ,3 % aux Etats-Unis je crois 0 ,4 % minimum et puis en Europe également et puis tout ça c 'est lié surtout à notre complexe énergétique je voudrais simplement revenir là-dessus On pense souvent à l 'électricité.
23:58Effectivement, à l 'électricité, il n 'y a pas trop de danger parce que le gaz n 'aura un impact que si on est dans des pics hivernaux. Ce n 'est plus tellement le cas. En revanche, dans tout le complexe de consommation en Suisse d 'énergie, on a encore presque 50 % qui sont liés. Et c 'est à travers l 'emballage, c 'est le transport, la distribution, c 'est beaucoup de prix indirects qui, à un moment donné, vont se retrouver dans une série de biens. Et je ne sais pas si je vais jusqu 'au bout de ce raisonnement, alors j 'y vais. C 'est qu 'aujourd 'hui, les services, qui sont finalement la variable la plus domestique de nos prix, Ces services sont de plus en plus liés en termes de dynamique aux services qui augmentent, à savoir les loisirs, les voyages et la restauration.
24:55Et typiquement, s 'il y a un effet qui peut être assez direct entre le prix des voyages et l 'évolution des services, ils passent à travers. Ils passent par là. les services liés au voyage c 'est toutes les plateformes toutes les choses, toute cette économie qui tourne autour, qui ne c 'est pas strictement le voyage ou la restauration qui est tout, qui est le voyage aérien et qui risque d 'être sous pression je peux dire quelque chose
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25:23pour continuer ça et faire le lien peut -être aujourd 'hui on parle en économie de plus en plus d 'un terme anglais qui s 'appelle affordability, c 'est la capacité de se permettre d 'acheter quelque chose et si vous regardez l 'impression – On pourrait dire l 'abordabilité en fait, ce serait joli. – L 'abordabilité, c 'est très joli. Et alors, ce que l 'on voit qui est intéressant, c 'est que si vous prenez l 'inflation, c 'est une année. Là, si on regarde les cinq dernières années, c 'est là où ça commence à s 'accumuler et on voit que le coût de la vie augmente pour les gens. Et on l 'a fait aux États-Unis par exemple, on parle plus de 3-4%, on parle de 25, de 50 % de plus sur les prix, sur les services, vous avez raison, qui sont de plus en plus chers.
26:04Et les gens aux États-Unis, ils souffrent de cela, comme en Europe de plus en plus, parce qu 'il y a à peu près aux États-Unis, 25 % de la population qui vit ce qu 'on appelle paycheck to paycheck, c 'est -à-dire ils reçoivent leur salaire et ils dépensent intégralement leur salaire. Il n 'y a plus de revenus disponibles, plus il y a 60 % de la population qui vit dans l 'anxiété financière, c 'est -à-dire qu 'ils se disent que si quelque chose casse, mon réfrigérateur casse, ma voiture doit être réparée, je suis perdu, je ne peux pas payer pour ça. On a la même situation en Europe et je crois qu 'il faut parler de l 'inflation mais il faut parler aussi du coût de la vie en général pour les gens parce que ça s 'accumule d 'une année à l 'autre et là on parle de 30 à 50 % de plus en 5 années et c 'est là où je crois que vous intervenez, n 'est-ce pas ?
26:51Il a très envie de le faire. Je pense que c 'est très important de distinguer seulement le renchérissement, ça ne donne pas la vraie image de la situation des gens. Il faut juste mentionner les prix maladiques qui ne sont pas dans le... C 'est un grand débat politique. Mais il y a aussi d 'autres. Même les aspects de fiscalité, les émoluments, ce genre de choses. Tout ça. Et je pense que c 'est vrai que j 'ai parlé tout à l 'heure, avec un peu d 'espoir, entre guillemets, de ce taux d 'inflation qui était très bas en Suisse. Mais si l 'inflation n 'augmente pas, Ça ne signifie pas que les prix baissent.
27:29Donc, ça signifie tout simplement qu 'il y a un arrêt de cette spirale vers le haut, mais pas une baisse. Et que certains prix qui sont… Vous avez parlé des primes maladies. Alors, ceux-là, on fait une émission par mois. Mais il y a certains prix qui échappent un tout petit peu à l 'indicateur classique de l 'inflation. C 'est ça qu 'on est en train de dire. Mais déjà, disons, il y a une sorte de corbet en panier de la ménagère, je crois. Et puis, il vient d 'être adapté, d 'ailleurs, par l 'Office fédéral de la statistique. Il devait plus, mieux refléter maintenant la réalité. Mais évidemment, quand on...
28:05Moi, je dis toujours, quand on a la tête au congélateur et les pieds au four, la moyenne, peut -être, elle est agréable, mais ça ne représente pas la réalité des gens. C 'est une... Elle va rester, cette expression. On va la garder. Est-ce que cette crise va durer ? Merci d 'en avoir expliqué les mécanismes, merci de nous avoir donné déjà quelques éléments de réponse quant à sa durée dans le temps, mais j 'aimerais quand même qu 'on creuse ce sujet, de nouveau en revenant à la géopolitique, et à ce que vous disiez tout à l 'heure, je vous ai laissé le dire comme ça, en faisant sans doute ne pas vous entendre, l 'Iran et ses proxys sont en train de découvrir leur capacité de nuisance, et de prendre l 'ampleur de leur capacité de nuisance, est-ce que ça veut dire que le temps heureux de la circulation sympathique et de la navigation pépère dans le détroit d 'Hormuz est durablement terminée.
28:54Non, je pense qu 'ils la connaissaient, cette capacité. Je pense que c 'est la Maison-Blanche qui n 'avait pas... Oui, d 'accord. En tout cas, ils en font la démonstration avec une efficacité redoutable. Voilà. Et moi, ce qui m 'inquiète, c 'est qu 'ayant fait cette démonstration, est-ce que les États-Unis peuvent laisser exister une capacité d 'invisance pareille, l 'ayant finalement découverte ? Donc, c 'est ça qui me fait penser qu 'ils ne vont peut -être pas s 'arrêter très vite en deux semaines. Mais que la crise va durer, c 'est clair. je pense qu 'il y a plein de facteurs retard, comme vous disiez.
29:21Moi, ce que je trouve assez saisissant, c 'est qu 'en fait, on a connu en Suisse les chocs pétroliers des années 70, 73, 79, et c 'était assez sympathique. On faisait des dimanches sans voiture, mais c 'était une époque d 'avant la mondialisation où les Chinois faisaient du vélo. Enfin, ils se déplaçaient en vélo. Aujourd 'hui, ils ont des voitures un peu électriques, mais pas toutes. Et en fait, aujourd 'hui, la mondialisation fait que tout est lié. C 'est -à-dire que ce qui se passe aux Philippines, ce qui se passe en Chine, ce qui se passe aux États-Unis, etc. Tout est lié. Et c 'est pas vrai que c 'est que l 'Asie qui va souffrir du détroit d 'Ormousse parce qu 'au fond le pétrole qu 'elle n 'aura pas de là, elle va le prendre ailleurs ce pétrole-là, nous, enfin bref tout se tient en fait.
30:00Un choc pétrolier est immédiatement un choc totalement planétaire. Voilà, et ça c 'est vraiment la mondialisation qui crée cette nouvelle situation je ne sais pas ce que vous en pensez, vous êtes un professeur de la mondialisation, mais je pense qu 'il y a un effet là qui est assez saisissant, non ? Ah je suis saisi, hein ? J 'espère. Pas de doute. – Le bon côté de cette interdépendance, c 'est que reprenons ces 100 millions de barils par jour, grosso modo, qu 'on consomme, et c 'est 20 millions qui nous manquent, il nous manque un cinquième. Avec les flux, la capacité, la capacité de production américaine qui n 'est pas encore au maximum, puisque son pétrole devient intéressant seulement quand les prix montent.
30:39Est-ce que le monde et son ingéniosité n 'est pas en mesure, en capacité d 'absorber ces 20 % qui manquent pour atténuer les effets de la crise ? Bien sûr. La seule question, c 'est combien de temps il faut pour le faire. C 'est ça le vrai problème. On peut toujours s 'adapter à tout. On l 'a vu dans le passé, ce que vous avez dit, c 'est vrai. Le grand choc aujourd 'hui, c 'est l 'électrification de l 'économie. Mais cette électricité, on va la faire avec quoi ? C 'est ça le vrai problème. Est-ce qu 'on la fait avec du pétrole ? Est-ce qu 'on le fait avec des énergies renouvelables ? Grand débat qui va s 'ouvrir.
31:09Est-ce qu 'on va le faire avec du nucléaire ? Parce que c 'est ça que les gens sont en train de discuter maintenant. et je crois qu 'effectivement on peut s 'adapter avec les énergies nouvelles, avec tout cela. Le problème c 'est qu 'on ne s 'adapte pas en 15 jours. Or ce qui s 'est passé dans cette crise, ça ne fait qu 'un mois qu 'elle est là. Ça ne fait qu 'un mois. Et c 'est une crise qui a coûté aux États-Unis une fortune, on dit un milliard de dollars par jour. Mais qui en répercussion sur le reste du monde, mondialisation, vous avez raison, ça va être une catastrophe pour tout le monde parce qu 'on aurait pu l 'absorber, mais pas aussi rapidement.
31:42on sait qu 'on a des plans pour trouver des énergies nouvelles mais c 'est des plans à quoi ? À 20 ans ? Ça nous revoit au débat sur le nucléaire qui est un débat à 30 ans et qui va revenir et qui est revenu en fait Il y a quand même des pays en Europe qui peuvent un peu nous inspirer je pense à la Norvège qui fait double mouche entre guillemets parce qu 'elle exporte du pétrole et du gaz mais elle produit beaucoup d 'électricité elle a beaucoup nous on n 'a pas le pétrole et le gaz des Norvégiens ils se sont électrifiés très rapidement aussi le Danemark par exemple qui a misé très tôt sur l 'énergie éolienne et je pense qu 'il y a quand même le mot clé dans ce débat c 'est la résilience la robusteté de l 'économie Valérie Lemaigre il y a un autre élément qui vous inquiète quand on se penche sur la manière dont cette crise peut s 'installer dans le temps et donc être importée dans nos économies.
32:44Et ce qui vous inquiète, ça passe par le biais de l 'incertitude qui aujourd 'hui paralyse les entreprises. Et ça, ce n 'est pas bon. Expliquez-nous. Eh bien, donc, c 'est un peu le débat qu 'on a eu l 'an dernier. Qu 'est-ce qui était l 'effet direct des taxes américaines ? Ce n 'était pas tant une histoire d 'augmentation des prix. C 'était beaucoup plus une histoire d 'incertitude par rapport au commerce mondial, par rapport aux exportations. Et même si on n 'est pas exportateur, le contexte global est important pour se projeter dans l 'avenir. Et donc, ce qu 'on observe au niveau des entreprises, et c 'est également, voire encore plus vrai en Suisse, c 'est qu 'il y a eu vraiment une immobilisation.
33:27On n 'a plus voulu investir, ni d 'ailleurs suffisamment dans tout ce qui est technologie et innovation qu 'on faisait quand même très très bien depuis deux ans. On va investir dans sa productivité quoi. Exactement, alors ça on peut parler IA dans un autre contexte, mais clairement aujourd 'hui les entreprises ont marqué un arrêt dans leurs investissements. Et on espérait que la fin de l 'épisode des tarifs signerait le retour, mais non. Ce qui est un peu le cas dans le sentiment, parce que là on a mesuré le sentiment, aujourd 'hui on a eu des indicateurs de sentiments des entrepreneurs, il est plutôt bon.
34:01Mais donc, en fait, on risque de pénaliser cette amélioration avec une nouvelle incertitude qui intervient. Et puis, je ne parle pas de l 'incertitude du monde du Moyen-Orient aujourd 'hui, qui se sentait protégé par les États-Unis, et qui est quand même un monde de croissance et de création de richesses assez dynamique. Qu 'est-ce qui va se passer dans ce monde-là ? Ça a aussi des impacts par rapport à notre dynamique à nous, notre dynamique de l 'horlogerie notamment et d 'autres dynamiques de type pharmaceutique. On peut être optimiste. Oui, soyez optimiste, Stéphane Guerrini. Je crois que vous avez raison et vous l 'avez mentionné.
34:39La situation maintenant, elle est nettement meilleure qu 'en 2022, quand il y a eu la crise ukrainienne. Les entreprises, s 'il n 'y avait pas eu ce qui se passe maintenant en Iran, tout le monde était en train de réviser à la hausse les perspectives de croissance. On avait l 'inflation sous contrôle. S 'il n 'y avait pas eu, il y a eu. Oui, d 'accord. Je veux dire, on n 'arrive pas dans le même contexte. Une crise, dans une situation économique qui est beaucoup plus solide que 2022 où on sortait du Covid. Et là, on est dans une situation, vous avez mentionné l 'intelligence artificielle. La grande différence, c 'est qu 'il y a énormément d 'investissements derrière.
35:14Si on prend les quatre plus grandes sociétés technologiques, c 'est 600 milliards de dollars qui vont être investis cette année. Oui, mais pas en Suisse. Oui, mais aujourd 'hui, c 'est… Alors, justement, ça, c 'est le problème Suisse-Europe. On est en retard dans la productivité, comme vous l 'avez dit, justement parce qu 'on n 'investit pas assez. Pourquoi on n 'investit pas assez ? Parce qu 'il y a trop de réglementations. Alors concrètement, nos entreprises, elles vont avoir mal. Alors, ne regardez pas. Je suis désolée de vous laisser comme ça. Il y a des secteurs, c 'est direct. Les secteurs les plus touchés par l 'augmentation automatique des prix du pétrole, c 'est la chimie pharma, pétrochimie.
35:50Évidemment, on est quand même pas mal exposés. c 'est l 'industrie en général, en particulier la construction. Ça, c 'est vraiment les secteurs les plus sensibles. Et nous, on est exposés quand même à travers ces secteurs-là. Maintenant, ça ne veut pas dire que ce choc, il va entraîner ou il va prolonger l 'incertitude et donc postposer les investissements s 'il dure. Et c 'est pour ça que tous les analystes parlent de longueur de ce choc. Si on est à 4 à 6 semaines, c 'est gérable. Les entreprises... Le temps commence à être court. On est déjà à 4 semaines. Exactement. C 'est ça l 'idée. Oui, pardon, c 'est juste une chose.
36:33Pardon, je le dis parce que je ne suis pas sûr de pouvoir le dire avant la fin de l 'émission. Mais dites-le, dites-le, dites-le. Notre porte-monnaie suisse, pour l 'instant, ça va encore. Non, mais bien sûr, on a un peu honte. À 15, 20 %. Je voudrais juste dire un mot pour les Iraniens. Est-ce que vous imaginez... Je sais que vous m 'avez dit, Alexis, que ce n 'était pas une émission sur l 'Iran, Mais pensez aux Iraniens. Vous imaginez ce peuple qui se fait assassiner par son propre régime en janvier, aujourd 'hui se fait bombarder par les Américains et les Israéliens, qui va sans doute se faire assassiner derrière aussi, parce que si le régime résiste à tout ce qui se passe, vous imaginez un pays comme l 'Iran qui résiste aux deux très grandes puissances militaires que sont les États-Unis d 'Israël, derrière ça, le régime ne se sentira plus de limite, et donc il va faire payer tout ça à sa propre population.
37:19Ils pendent à tour de bras en ce moment en Iran. Et il y a 50 % d 'un plan en Iran. Ils ont une pensée pour eux, parce que bien sûr, notre portefeuille... Mais voilà, je pense que l 'Iran, c 'est dramatique. Les Iraniens surtout. Vous avez bien fait de le dire. J 'avais prévu de le faire quand même avant la fin de l 'émission. Vous savez qu 'il est cher. Mais je vous donnerai peut -être même une occasion de le refaire en fin d 'émission. Pardonnez le cynisme de cette transition. Les crises sont multidimensionnelles et elles ont plein de conséquences. quelles sont les conséquences directes sur votre porte-monnaie maintenant ?
37:50On en vient, on arrive au bout de ce voyage, sur le dernier kilomètre, j 'ai envie de dire, et dans tous les domaines. Pour comprendre, essayons de regarder comment une guerre, au hasard, au Moyen-Orient, peut avoir une influence jusque sur un paquet de pâtes, celui que vous achetez chaque semaine. Focus de Christophe Sirot.
38:14Comment les conséquences du conflit au Moyen-Orient se font-elles sentir dans notre quotidien ? La guerre a propulsé le cours du baril de Brent et celui du gaz naturel à des niveaux spectaculaires. Avec des répercussions attendues, le carburant plus cher, mais une crise comme celle que nous traversons fait aussi grimper les prix de nos achats de tous les jours. Pour comprendre, nous avons fait des calculs théoriques sur la base d 'indicateurs fiables. Exemple, avec un paquet de spaghettis. Mettons arbitrairement qu 'il coûte au départ 1 ,50 francs. Déjà, pour cultiver du blé, il faut de l 'engrais à base de gaz naturel, plus 4 centimes depuis le début du conflit.
38:54Et du diesel pour les machines agricoles, 1 ,5 centime. Le transport du blé jusqu 'à l 'usine, le gazole des bateaux, plus 6 centimes. La transformation ensuite pour sécher les pattes, c 'est beaucoup de chauffage et d 'électricité plus 5 centimes. Emballage plastique, donc pétrole, plus 2 centimes. On est pratiquement à 1 ,70 franc le paquet désormais. Et ça n 'est pas fini. S 'ajoute théoriquement à cela la répercussion du cours des céréales qui s 'envolent, l 'explosion de l 'assurance maritime pour les navires en cas de guerre, l 'évolution des taux de change. Pas sûr que l 'ensemble de ces coûts supplémentaires soient reportés sur le prix final.
39:39Certains intermédiaires peuvent décider de réduire leur marge. Mais ces pâtes qui au départ valaient 1 ,50 francs le paquet vont forcément peser un peu plus lourd dans votre assiette. C 'est ça Valérie Lemaire que vous les économistes vous appelez les chaînes de valeur du commerce mondial. Entre la matière première et le produit fini, il y a quantité de postes, quantité de maillons de cette chaîne et qu 'à chacun des postes, les prix augmentent, ce qui fait à la fin augmenter dans une plus large mesure le prix final, c 'est ça ? En gros, qui joue. Oui, que vous dire. J 'avais juste besoin que vous me le confirmez, vous savez, moi quand j 'ai des économistes chevronnés face à moi, je révise un peu mes classiques.
40:18Juste vous donner un élément intéressant, je pense que j 'ai, par rapport aux céréales, parce qu 'aujourd 'hui, ce n 'est pas l 'envolée des prix des céréales de cette année, La production de cette année, elle est plutôt garantie. La problématique avec les fertilisants, c 'est la production de l 'année prochaine. Donc, c 'est pour ça qu 'il y a aussi cette idée de temps long. Si le temps est long, il va affecter l 'alimentaire, mais de l 'année prochaine. Qu 'est-ce qui va augmenter, Stéphane Meyrens ? Dites-nous tout, donnez-nous vos mauvaises nouvelles, en tout cas vos impressions. Alors, je pense que ce qu 'on a pu constater ensemble aujourd 'hui, qu 'il y aura une répercussion, qu 'il y aura des conséquences.
40:56Ça, c 'est clair. Et je crois qu 'il y a tout le monde qui, plus ou moins, est d 'accord sur ça. Après, sur l 'ampleur, tout dépend. Vous avez fait un calcul là tout à l 'heure. D 'ailleurs, pour l 'électricité, une réduction du tarif du réseau l 'année prochaine qui va économiser 30 millions, entre autres grâce à mes services. Ça va peut -être compenser un peu les choses. Ça ne va pas tout compenser, mais c 'est juste pour donner un exemple où on s 'investit pour atténuer un peu ces augmentations. et je pense que tout dépend le grand défi c 'est comment est-ce qu 'on peut atténuer je crois qu 'il y a évidemment le contrôle l 'observation mais je crois qu 'il y a deux recettes de base ou deux choses de base qu 'il faut toujours avoir en tête la première chose c 'est essayer de réduire les coûts donc des coûts qui ne sont pas nécessaires chez nous en Suisse pour atténuer ce choc mais ça peut être le coût de la réglementation par exemple ce genre de choses les coûts étatiques, ça peut aussi être la fiscalité.
41:57Il y a dans d 'autres pays où on a réduit le taux de TVA, par exemple. Donc, le politique a une grosse marge de manœuvre sur les prix des denrées qu 'on voit là-autour, c 'est ce que vous voulez dire ? Évidemment, là, il y a un élément. Et la deuxième chose, je crois, et là, on fait quand même des fois un peu défaut, en Suisse, c 'est la transparence. Parce que l 'intransparence, c 'est toujours en faveur de celui qui vend, et la transparence, c 'est l 'arme du consommateur et de la consommatrice. Dans beaucoup de domaines, on n 'a pas énormément de transparence, on n 'a pas assez de transparence.
42:32Et vous avez au début de l 'émission les pompes à essence. Là, on a déjà un peu plus de transparence, mais vous avez la protection par la distance. Vous ne faites pas plus de 5 km pour aller à une haute station d 'essence. Économiquement, ça n 'a aucun sens. et aujourd 'hui il n 'y a pas de données en temps réel qui permet aux consommateurs de faire jouer la concurrence et il n 'y a pas non plus une concurrence systémique qui s 'installe par cette transparence des prix. Dans quel secteur ? Vous n 'avez pas répondu à ma question Stéphane. Votre réponse était brillante, elle était bien meilleure que ma question mais je vous repose quand même ma mauvaise question.
43:07Dans quel secteur il faut s 'attendre à voir mal ? Je pense que c 'est l 'énergie. D 'ailleurs quand je regarde les doléances que j 'ai reçues l 'année passée c 'était déjà l 'énergie, c 'était un peu le résultat de la guerre en Ukraine et puis on voit la suite maintenant avec cette guerre au Proche-Orient. Donc ça va rester certainement un grand problème. Évidemment, peut -être indirectement aussi un peu l 'électricité, mais je pense plutôt justement Maso-Diesel et ainsi de suite. Et tous ces effets secondaires dont on a parlé tout à l 'heure et dans d 'autres domaines, je crois que le domaine de la construction est très dépendant aussi de ces matières-là qui sont produites là-bas.
43:45après justement l 'engrais. L 'engrais, les fertilisants. Donc dans le domaine de l 'agriculture, il peut y avoir des effets par ricochet aussi. Ça fait beaucoup de secteurs. Il y a une population, souvent les plus âgés, qui, par rapport à la population active, vit peut -être plus du revenu du capital que de son travail. Pour eux, il double mauvaise nouvelle, l 'augmentation des prix, puis il baisse du rendement du capital. Oui, alors ça c 'est l 'effet automatique qu 'on pourrait extrapoler. Aujourd 'hui, ce qu 'on a dit tout à l 'heure, c 'est que la correction qu 'on a vue n 'est pas une correction qui sectionne complètement le revenu du patrimoine.
44:31Il faut comprendre que le patrimoine suisse, depuis 2019, il a encore augmenté de 30%. On en parlera la semaine prochaine. Donc, indépendamment de tout le reste, il a augmenté de 30%. 3 600 milliards de fortune privée en Suisse. Oui, alors ça, c 'est encore différent. Moi, je vous parle vraiment de l 'augmentation depuis 2019. Et cette augmentation, c 'est environ 1 000 milliards. Par répartie très équitablement. Par répartie très équitablement. On est d 'accord. Et c 'est surtout investi... L 'augmentation a surtout été investie sur les marchés des actions. Donc, ce qui est vrai, c 'est que ça sensibilise de plus en plus le particulier plus âgé qui vit sur son patrimoine.
45:13Bien sûr. Il faut aussi mettre toutes les conditions. Ça le sensibilise plus à l 'évolution des marchés financiers. Alors, il n 'y a pas besoin d 'être forcément très riche ou d 'avoir un portefeuille pour subir les baisses de rendement du capital. Il suffit de travailler et d 'avoir un deuxième pilier. Là aussi, il faut se faire des soucis pour notre prévoyance. Je vous emmène très loin, Stéphane Guerrini. Pourquoi vous me regardez, moi ? Parce que vous êtes prof d 'économie, après tout. C 'est à vous de répondre à ce type de questions. Mais faites comme tous les profs d 'économie, inventer une réponse.
45:38La seule fois que j 'ai dit que je ne savais pas ici à la RTS, ça a été un scandale. Bref. Je crois qu 'effectivement, si on n 'augmente pas l 'âge du travail et qu 'on part à la retraite un petit peu plus tard, tôt ou tard, on va avoir des problèmes dans ce pays, clairement. On mélange tous les sujets, mais de nouveau, la crise va être un prétexte pour te serrer la visse. Bien sûr, mais je crois que quelque part, c 'est un message qui est écrit sur le mur et que tôt ou tard, il va falloir le lire. Bon, pas mal de portes sont en train de s 'ouvrir, elles ne sont pas trues. Certaines sont des portes des lamentations.
46:12Je termine en 5 secondes. Un conseil à donner aux gens qui nous regardent ? Qu 'est-ce qu 'ils peuvent faire ? Est-ce qu 'ils peuvent se préparer ? Est-ce qu 'on peut se préparer à une crise économique ? Profiter de la transparence. Oui. Chercher la transparence. Comparer, comparer, comparer. OK. Et votre conseil à vous, Serge Michel, c 'est n 'oubliez pas les Iraniens parce que c 'est bien de penser à son porte-monnaie mais c 'est aussi bien de penser à l 'avenir de ce pays qui est une civilisation ancienne et magnifique. Eh bien, merci à tous les quatre d 'avoir fait ce voyage un peu compliqué, mais fort intéressant, du Golfe Persique jusque dans nos portes monnaies.
46:45Infrarouge, c 'est fini pour aujourd 'hui. On se retrouve même lieu, même heure, la semaine prochaine pour parler de quoi ? Eh bien, de ce patrimoine, de ces fortunes suisses qui explosent, de ces fortunes transmissibles. 3 600 milliards aujourd 'hui de francs de fortunes transmissibles. en Suisse, déjà 100 milliards par année. Ça pose des questions de concentration des richesses, ça pose des questions de fonctionnement du système économique et puis ça pose des questions fiscales, puisqu 'évidemment, ce sera probablement le gros éléphant dans la pièce des dix prochaines années. Cet argent commence à donner envie à certains.
47:18Non, peut -être pas à vous, Stéphane Garelli. Ce sera un gros sujet, faites-moi confiance. Tout de suite, une autre tempête, Twister sur la RTS. Excellente soirée chez nous ou ailleurs. Bye bye.
47:44Sous-titrage ST' 501
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Des marchés dans le rouge, le prix du pétrole qui s'envole : et si la guerre au Moyen-Orient débouchait sur une crise économique planétaire ? C'est en tous cas ce que craignent de nombreux experts, si le conflit devait se prolonger. Alors, quelle sera l'ampleur de ce choc mondial ? Combien devrons-nous payer pour faire le plein ou nous chauffer ? Et peut-on encore éviter que l'inflation ne touche trop durement notre économie ? Guerre au Moyen-Orient : une bombe pour notre porte-monnaie ? C'est le débat d'Infrarouge, mercredi 1er avril.




